ÉTUDES
DANS LES ÉCRITURES
VOLUME
II - LE
TEMPS EST PROCHE
ÉTUDE
V
MANIÈRE DU RETOUR ET DE L'APPARITION
DE NOTRE SEIGNEUR
L'harmonie entre la manière dont s'effectue le second avènement de
notre Seigneur et d'autres traits du plan divin. — Comment et quand l'Église le verra. — Comment et
quand la gloire du Seigneur sera révélée de telle manière que toute
chair la voie. — Accord parfait entre des déclarations en apparence
contradictoires. — II vient « comme un voleur » ; non pas avec des signes extérieurs visibles. — Cependant avec un
cri de commandement, à la voix d'un archange et au son de la grande
trompette. — « II sera révélé au milieu
de flammes de feu exerçant la vengeance ». — Et pourtant il viendra de la même manière qu'il s'en est allé.
— Preuve de l'importance des temps prophétiques à cet égard. —
Harmonie des indices actuels.
Ce que
nous venons de voir au sujet de la clôture proche des Temps des Nations
et l'assurance que la consommation de l'espérance de l'Église doit précéder
cette clôture, ne peut qu'aiguiser l'appétit de ceux qui attendent la
consolation d'Israël. Ils auront faim de connaître la moindre
information que le Père a pu fournir par les prophètes concernant la
moisson, la fin ou dernière période de cet âge, la séparation du
froment d'avec l'ivraie parmi les membres vivants de l'Église nominale et
le moment du changement des vainqueurs, pour être avec leur Seigneur et
Chef et lui être semblables.
Pour
apprécier la nature raisonnable des enseignements prophétiques sur ces
sujets profondément intéressants, il est absolument nécessaire que nous
ayons une vue claire tant du but ou objet de la seconde venue de notre
Seigneur que de la manière dont il sera révélé. Nous espérons que
tous nos lecteurs actuels ont été Convaincus par la lecture du Volume 1
que le but de sa venue est de réconcilier avec Dieu quiconque veut,
lorsqu'il les gouvernera, les enseignera et les disciplinera ; ce que l'Écriture
appelle juger et bénir le monde. Considérer la manière de la venue et
de l'apparition du Seigneur est, par conséquent, d'une importance
capitale, avant d'aller plus en avant dans notre étude du temps de la
moisson, etc. Il faut que le lecteur ait clairement présent à l'esprit
le but du retour du Seigneur pendant qu'il en étudie la manière ; et
tous les deux, lorsqu'il se met à étudier le temps. Cela est nécessaire
pour contrebalancer les vues erronées qui préoccupent déjà de nombreux
esprits, vues basées sur de fausses idées du but et de la manière de la
venue du Seigneur.
Saisissez et retenez le plus fermement possible le fait déjà démontré
que le plan de Dieu, exécuté par Christ, est un tout harmonieux et que
l’œuvre du second avènement est unie à l'œuvre du premier comme
l'effet à la cause : c'est-à-dire que le grand travail de rétablissement
lors du second avènement suit l'œuvre de la rédemption accomplie au
premier avènement, comme une conséquence logique du plan divin. C'est
pourquoi le retour du Seigneur est l'aurore de l'espérance pour le monde,
le temps de dispensation des faveurs assurées par la rédemption, —
l'Age de l'Évangile étant simplement une parenthèse durant laquelle l'épouse
de Christ est choisie pour être associée avec son Seigneur dans le grand
travail de rétablissement qu'il vient accomplir.
Et comme l'Église de Christ, qui s'est développée durant l'Age
de l'Évangile, doit être associée à son Seigneur durant le grand
travail de rétablissement de l'Age Millénaire, le premier travail de
Christ à son second avènement doit être le rassemblement de l'Église
élue. C'est à cela que le prophète fait allusion quand il dit Psaume 50
: 5 : « Assemblez-moi mes saints, qui ont fait alliance avec moi par le
sacrifice. » Ce temps de rassemblement ou de moisson se trouve dans la période de
chevauchement des deux âges. Comme nous le démontrerons, c'est une période
de quarante ans, qui, à la fois, termine l'âge de l'Évangile et
introduit l'âge Millénaire (Vol 1, p. 242 — 244 ; 260 — 264 et la
Carte des Ages). Cette période de la moisson n'a pas seulement pour but
d'accomplir la séparation du froment d'avec l'ivraie dans l'église
nominale, la récolte et la glorification de la classe du froment; mais
elle doit aussi servir à brûler (détruire) l'ivraie, (comme ivraie ou
imitation du froment, non comme individus : le feu est symbolique aussi
bien que l'ivraie), la récolte et la destruction des fruits gâtés de « la vigne de la terre » (ambitions humaines, avidité et égoïsme), lesquels ont crû et mûri
pendant des siècles dans les royaumes de ce monde et dans les diverses
organisations humaines, civiles et sociales.
Lorsque nous avons traité plus spécialement le but du retour de
notre Seigneur, nous avons démontré qu'il viendra en personne ;
permettez-nous encore de mettre le lecteur studieux en garde contre une
confusion de pensées en considérant les deux expressions de notre
Seigneur, contradictoires en apparence : « Voici, je suis avec vous
tous les jours, jusqu'à la fin du monde » (dionos, âge) et « Je vais vous préparer une place... et je reviendrai, et vous prendrai
avec moi » Matthieu 28 : 20 ; Jean 14 : 2, 3. L'exemple suivant servira à
illustrer l'harmonie de ces deux promesses : Un homme dit à son ami au
moment de se séparer : N'oublie pas que je serai avec toi durant tout ton
voyage ! Comment ? Ce n'est certainement pas en personne, puisqu'ils
prenaient le train pour aller dans des directions opposées à des
endroits différents. Son idée était que par l'affection, la pensée et
l'intérêt qu'ils avaient l'un pour l'autre, ils ne seraient pas séparés.
C'est ainsi, mais dans un sens plus élevé, que le Seigneur a toujours été
avec son Église ; sa divine puissance le mettant à même de la
surveiller, d'en diriger et d'en aider chaque membre, du premier au
dernier. Mais nous ne considérons pas maintenant la présence du Seigneur
avec nous dans ce sens figuré, nous considérons la manière dont se fera
sa seconde présence et son apparition en personne « lorsqu'il viendra pour être,
dans ce jour-là, glorifié dans ses saints et admiré dans tous ceux qui
croient ».
Les Écritures enseignent que Christ revient pour régner; qu'il
doit régner jusqu'à ce qu'il ait mis tous les ennemis sous ses pieds,
c'est-à-dire tout adversaire, toutes choses qui entraveraient le grand rétablissement
qu'il vient accomplir — le dernier ennemi qui doit être détruit étant
la mort 1 Corinthiens 15 : 25, 26 — et qu'il régnera mille ans. Nous
trouvons par conséquent, comme nous devions nous y attendre, qu'une place
beaucoup plus grande a été réservée, dans la prophétie, au second avènement,
à ses mille ans de règne glorieux et au renversement du mal qu'aux
trente-quatre années de sa première venue en vue de la rédemption. Et
comme nous avons trouvé que la prophétie précise les différents points
importants de ces trente-quatre ans, de Bethlehem et Nazareth jusqu'au
fiel, au vinaigre, au partage des vêtements, à la croix, au tombeau et
à la résurrection, de même, nous trouvons qu'elle indique également
différents points des mille ans de la seconde présence, particulièrement
leur commencement et leur fin.
La seconde présence de notre Seigneur couvrira une période de
temps beaucoup plus longue que la première. La mission de son premier avènement
se termina en moins de trente-quatre ans ; tandis qu'il lui faudra mille
ans pour accomplir l'œuvre déterminée de sa seconde présence. On peut
d'ailleurs facilement voir que si l'œuvre du premier avènement était
tout aussi importante que celle du second — voire si importante que sans
elle l'œuvre du second avènement n'aurait jamais été possible — elle
n'était cependant pas si variée que celle de celui-ci, et dès lors
exigea moins de description.
En étudiant ce qui a trait au second avènement, nous ne devons
pas plus que pour le premier nous attendre à ce que toutes les prophéties
désignent un moment de l'arrivée de notre Seigneur plus particulièrement
rempli de faits remarquables, et qu'elles attirent l'attention de tous les
hommes sur le fait de sa présence. Telle n'est pas la méthode habituelle
de Dieu et tel ne fut pas le cas lors du premier avènement. La première
venue du Messie ne fut marquée par aucune démonstration soudaine ou étonnante
en dehors de l'ordre habituel des choses ; mais elle fut manifestée et
prouvée par l'accomplissement graduel de la prophétie montrant à
l'observateur attentif que les événements qui devaient être attendus
s'accomplissaient en leur temps. Ainsi en sera-t-il à son second avènement.
Il est moins important de découvrir le moment de son arrivée que de
discerner le fait de sa présence lorsqu'il est arrivé, tout comme au
premier avènement il fut beaucoup plus important d'être capable de
discerner sa présence (et plus vite on le fit mieux cela valut), que de
connaître la date de sa naissance. Lorsque l'on considère le second avènement,
c'est l'acte de la venue et le moment de l'arrivée qui trop fréquemment
préoccupent le plus tandis que c'est une période de présence, comme fut
le premier avènement, qu'il faudrait constamment avoir devant l'esprit.
Le moment précis où cette présence commence perdrait alors de son
importance ; son but, par contre, et l'œuvre qui doit s'accomplir durant
cette période de sa présence recevrait une plus grande considération.
Il est également nécessaire de bien nous souvenir que notre
Seigneur n'est plus un être humain ; qu'en tant qu'homme il se donna
lui-même en rançon pour l'homme et qu'il ne devint homme que dans ce but
même 1 Timothée 2 : 6 ; Hébreux 10 : 4, 5 ; 1 Corinthiens 15 : 21, 22.
Il est maintenant souverainement élevé à la nature divine. C'est
pourquoi Paul dit : « Si même nous avons connu Christ selon la chair, toutefois maintenant
nous ne le connaissons plus [ainsi, Laus.}] » 2 Corinthiens 5 : 16. Il
ressuscita des morts, en esprit vivifiant 1 Corinthiens 15 : 45 et non pas
en homme, de la terre et terrestre. Il n'est plus en aucun sens ou à
aucun degré un être humain ; car il ne faut pas oublier ce que nous
avons appris (Vol. I, chap. X), que les différentes natures sont séparées
et distinctes. Du moment qu'il n'est plus en aucun sens ou à aucun degré
un être humain, nous ne devons pas nous attendre à le voir revenir comme
un être humain, semblable à ce qu'il était à son premier avènement.
Sa seconde venue se fera d'une manière différente aussi bien que pour un
but différent.
Remarquons le fait que le changement de notre Seigneur de la nature
humaine à la nature divine après sa résurrection, fut un changement
encore plus grand que celui qui eut lieu environ trente-quatre ans
auparavant, lorsqu'il déposa la gloire de l'être céleste, et « fut fait chair ». Nous pouvons, avec grand profit, considérer très minutieusement
chacune de ses actions durant les quarante jours qui s'écoulèrent après
sa résurrection, avant qu'il s'en aille « auprès du Père », parce que durant ces quarante jours il est le Jésus ressuscité qui
doit venir de nouveau, et non l'homme Christ Jésus qui s est donné lui-même
en rançon pour nous, dans la mort. Celui qui fut mis à mort, être
humain dans la chair, fut aussi, dans sa résurrection, rendu vivant, être
spirituel. — 1 Pierre 3 : 18.*
* Dans ce passage les mots “ quant à ” ou “ selon ” et “par ”
ont été ajoutés par les traducteurs et induisent en erreur. Le texte
grec se lit simplement : “ Mis à mort chair, rendu vivant esprit ”.
Notre Seigneur mis à mort dans sa chair comme être humain, fut ressuscité
de la mort être spirituel. Et puisque l'Église doit être “ changée
” pour être semblable à Christ, il est évident que le changement qui
se produisit dans le Chef était semblable à celui qui est décrit comme
étant réservé aux vainqueurs qui seront changés de la nature humaine
à la nature divine et seront fait semblables à leur Seigneur, — “
participants de la nature divine ”. La description suivante du
changement des saints est dès lors applicable aussi à leur Seigneur,
savoir “ II est semé en déshonneur, il ressuscite en gloire ; il est
semé en faiblesse, il ressuscite en puissance : il est semé corps
animal, il ressuscite corps spirituel ”.
A son second avènement il ne vient pas pour être assujetti aux autorités
qui existent, pour payer le tribut à César et pour souffrir
l'humiliation, l'injustice et la violence, mais il vient pour régner,
pour exercer tout pouvoir dans le ciel et sur la terre. Il ne vient pas
dans le corps de son humiliation, un corps humain qu'il prit pour souffrir
la mort et qui était inférieur au corps glorieux qu'il avait auparavant
Hébreux 2 : 9 ; mais il vient dans son corps spirituel qui est « l'empreinte de la personne du Père » Hébreux 1 : 3 ; car, à
cause de son obéissance même jusqu'à la mort, il est maintenant
souverainement élevé à la ressemblance et à la nature divines, et il a
reçu un nom qui est au-dessus de tout nom, — celui du Père excepté
Philippiens 2 : 9 ; 1 Corinthiens 15 : 27. L'apôtre montre « qu'il n'a pas encore été manifesté » à notre compréhension
humaine ce qu'il est maintenant ; nous ne savons par conséquent pas ce
que nous serons, quand nous lui serons faits semblables ; mais nous (l'Eglise),
nous pouvons nous réjouir dans l'assurance d'être un jour avec lui, et
semblables à lui, le voyant tel qu'il est 1 Jean 3 : 2, non dans
l'humiliation comme il était à sa première venue, lorsqu'il avait déposé
sa gloire première, étant devenu pauvre pour nous, afin que par sa
pauvreté nous fussions enrichis.
Si nous considérons la sagesse et la prudence des méthodes de notre
Seigneur lorsqu'il manifesta sa présence à ses disciples après comme
avant sa résurrection, cela peut nous aider à nous souvenir que la même
sagesse sera déployée dans ses méthodes de révélation de lui-même à
l'Église et au monde lors de son second avènement. Ces méthodes ne sont
pas nécessairement similaires, mais dans chaque cas elles répondent très
bien à son but ou objet qui n'est jamais d'alarmer et d'exciter les
hommes, mais de les convaincre par une persuasion calme et raisonnée des
grandes vérités qu'il veut leur faire saisir. Le premier avènement de
notre Seigneur n'eut pas lieu pour effrayer, exciter ou alarmer personne.
Considérez comme il vint tranquillement et sans en imposer ! Il vint si
modestement que seuls ceux qui avaient la foi et l'humilité furent
capables de reconnaître dans l'enfant d'humble naissance, dans l'homme de
douleurs, dans l'ami des petits et des pauvres et finalement dans le
crucifié, le Messie si longtemps attendu.
Il est vrai que la manifestation de sa présence après sa résurrection
a dû, conformément à la nature dès choses, avoir été un fait plus
stupéfiant, surtout si le fait de la transformation de sa nature est pris
en considération. Mais il fallait que le fait de sa résurrection et de
son changement de nature fût pleinement manifesté, non pas alors à tout
le monde, mais à des témoins choisis qui rendraient aux générations
futures un témoignage digne de foi des faits qu'ils avaient vus eux-mêmes.
Si tout le monde alors avait été informé de ces choses, le témoignage
parvenu jusqu'à nos jours aurait été probablement beaucoup moins digne
de confiance, étant tellement coloré et déformé par les idées des
hommes et mélangé avec leurs traditions, que la vérité aurait paru
presque ou tout à fait incroyable. Mais Dieu ne confia la vérité qu'à
des témoins choisis, fidèles et dignes de foi. Remarquez, en lisant le récit
de la résurrection et de la transformation de Christ, comme le but fut
parfaitement atteint ; et combien la preuve qui leur en fut donnée fut
claire, positive et convaincante. Remarquez aussi avec quelles précautions
il manifesta et démontra ces grandes vérités à ses disciples, afin de
ne pas les alarmer ou trop les exciter. Aussi pouvons-nous être certains
que les mêmes sagesse, prudence et habileté seront déployées dans ses
méthodes pour faire connaître le fait de sa glorieuse présence à son
second avènement. Dans tous les cas, celui qui a le jugement calme et
sain sera vite convaincu, alors qu'il sera nécessaire, pour le monde en général,
qu'il soit amené par une sévère discipline à accepter le témoignage,
tandis que ceux dont le cœur est accessible à la vérité en auront
l'intelligence bénie plus tôt. Les preuves de la résurrection et de
son changement à la nature spirituelle ne furent pas données à Ses
disciples toutes à la fois, mais peu à peu selon qu'ils étaient
capables de les supporter, et d'une manière calculée pour leur faire la
plus profonde impression.
Durant les trois ans et demi du ministère de notre Seigneur, ses
disciples avaient sacrifié amis, réputation, affaires, etc., pour vouer
leur temps et leur énergie à proclamer la présence du Messie et l'établissement
de son royaume. Mais ils avaient nécessairement des idées confuses sur
la manière et le temps de l'exaltation de leur Maître, ainsi que sur la
promesse qu'il leur avait faite de leur exaltation avec lui. Une pleine
connaissance n'était pas non plus nécessaire à ce moment-là ; il était
tout à fait suffisant qu'ils suivissent fidèlement et pas à pas chaque
nouvelle lumière ; c'est pourquoi le Maître les enseignait petit à
petit, selon qu'ils étaient capables de le comprendre. Lorsque la fin de
son ministère fut proche, il leur dit: « J'ai encore beaucoup de
choses à vous dire ; mais vous ne pouvez les supporter maintenant. Mais
quand celui-là, l'Esprit de vérité, sera venu, il vous conduira dans
toute la vérité... il vous annoncera les choses à venir et vous
rappellera toutes les choses que je vous ai dites ». — Jean 16 : 12, 13 ; 14 : 26.
Qui
peut décrire leur grand désappointement bien que dans la mesure du
possible ils eussent été armés et préparés à cet effet, lorsqu'ils
virent tout à coup saisi du milieu d'eux et ignominieusement crucifié
comme un malfaiteur celui dont ils attendaient et annonçaient le royaume
et la gloire, choses qui leur avaient semblé si près de se réaliser
cinq jours seulement avant sa crucifixion Jean 12 : 1, 12-19. Quoiqu'ils
le sussent faussement accusé et injustement crucifié, cela ne changeait
rien au fait que leurs espérances nationales, si longtemps caressées,
d'un roi juif venant restaurer leur nation en prestige et en influence et
réaliser leurs propres espérances, ambitions et rêves, relativement à
des charges importantes et à de grands honneurs dans ce royaume, étaient
toutes soudainement ruinées par la tournure défavorable qu'avaient prise
les choses dans la crucifixion de leur roi.
Le Maître
savait cependant fort bien combien ils seraient désolés, désemparés et
perplexes, car c'est ainsi qu'il fut écrit par le Prophète : « Je frapperai le berger, et
les brebis seront dispersées » Zacharie 13 : 7 ; Marc 14 : 27. Durant les quarante jours entre sa résurrection
et son ascension, son principal souci fut, par conséquent, de les
rassembler de nouveau et de rétablir leur foi en lui comme le Messie si
longtemps attendu, en leur prouvant la réalité de sa résurrection et en
leur révélant que depuis sa résurrection, bien qu'il conservât
toujours la même personnalité, il n'était plus un être humain, mais un
être spirituel, souverainement élevé, ayant « toute puissance dans le ciel et sur la terre. » — Matthieu 28 : 18.
Il leur fit parvenir graduellement la nouvelle de sa résurrection, premièrement
par les femmes (Marie de Magdala, et Jeanne, Marie la mère de Jacques, et
Salomé, et d'autres avec elles — Marc 16: 1; Luc 24: 1, 10) qui étaient
venues de grand matin au sépulcre pour embaumer son corps avec des
aromates et des parfums. Pendant qu'elles se demandaient qui leur
rouleraient la pierre de l'entrée du sépulcre, il se fit un tremblement
de terre ; et lorsqu'elles y arrivèrent, elles virent la pierre déjà
roulée et un ange du Seigneur assis dessus qui leur dit: “Pour vous
ne craignez pas; car je sais que vous cherchez Jésus qui a été crucifié.
Il n'est point ici; il est ressuscité comme il l'avait dit. Venez, voyez
le lieu où il était couché, et allez promptement dire à ses disciples
qu'il est ressuscité des morts. Et voici il vous précède en Galilée:
c'est là que vous le verrez.” — Matthieu 28 : 5-7.
II semble que Marie de Magdala quitta ses compagnes et courut le
dire à Pierre et Jean (Jean 20 : 1, 2), tandis que les autres femmes
allaient le raconter au reste des disciples. Après que Marie de Magdala
les eût quittées et pendant qu'elles étaient en chemin, Jésus vint au-devant
d'elles et leur dit (Matthieu 28 : 9, 10): “Salut !” Elles s'approchèrent
pour saisir ses pieds et l'adorèrent. Alors Jésus leur dit : “Ne
craignez pas ; allez dire à mes frères de se rendre en Galilée (leur
demeure) : c'est là qu'ils me verront.” Avec crainte et joie, elles
coururent le raconter aux autres disciples. Dans le tumulte de leurs
sentiments, qui étaient un mélange de surprise, de perplexité, de joie,
de crainte et de bouleversement général, elles avaient grand peine à
trouver des mots pour raconter leur nouvelle étrange et merveilleuse.
Lorsque Marie rencontra Pierre et Jean, elle leur dit tristement: “Ils
ont enlevé du sépulcre le Seigneur et nous ne savons où ils l'ont mis”
(Jean 20 : 2). Les autres femmes racontèrent alors comment, au Sépulcre,
elles avaient eu une vision d'anges, leur annonçant qu'il était vivant
(Luc 24 : 22, 23), et comment plus tard elles avaient rencontré le
Seigneur sur le chemin. Matthieu 22 : 8, 10.
La plupart des disciples accueillirent leur histoire simplement
comme le produit d'une excitation superstitieuse; mais Pierre et Jean
dirent: Allons-y et voyons par nous-mêmes. Marie retourna au sépulcre
avec eux. Pierre et Jean virent que le corps n'y était plus et que le
suaire était soigneusement plié et mis à part, tandis que la pierre
avait été roulée loin de l'entrée. Ils s'en retournèrent consternés,
tandis que Marie restait là en pleurant. Comme elle pleurait, elle se
baissa pour regarder dans le sépulcre et elle vit deux anges qui lui
dirent : “Femme, pourquoi pleures-tu ?” Elle leur répondit: “Parce
qu'ils ont enlevé mon Seigneur, et je ne sais où ils l'ont mis.” Comme
elle se retournait, elle vit Jésus debout, mais elle ne le reconnut pas.
Il lui demanda “Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ?” Elle,
pensant que c'était le jardinier, lui dit : “ Seigneur, si c'est toi
qui l'as remporté, dis-moi où tu l'as mis, et je le prendrai”. Alors,
avec le ton qui lui était si familier et qu'elle reconnut de suite, le
Seigneur dit: “Marie !”
Cela suffit pour fortifier sa foi dans ce que les anges lui avaient
dit, savoir qu'il était ressuscité, ce qui jusque là lui avait 'semblé
être un songe ou une histoire oiseuse; et dans sa joie elle s'exclama:
“Maître !” Sa première impulsion fut de l'entourer de ses bras et de
rester en sa présence. Mais Jésus l'informa doucement qu'elle avait
maintenant une mission importante à accomplir: celle d'aller porter
incessamment ce témoignage du fait de sa résurrection aux autres
disciples qui étaient toujours dans la consternation et l'incertitude,
afin de rétablir leur foi. Jésus lui dit: “Ne me touche [en grec
haptomai, ne m'entoure] pas [ne t'attarde pas à me manifester davantage
ton affection], car je ne suis pas encore monté vers mon Père [je serai
encore avec vous pour un peu de temps]. Mais va trouver mes frères et
dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père ; vers mon Dieu et
votre Dieu ” (Jean 20 : 17). Par les autres femmes aussi il avait envoyé
le message qu'il les reverrait en Galilée.
Là-dessus il rejoignit deux des disciples tristes et troublés qui
allaient de Jérusalem à Emmaùs, et il s'enquit de la cause de leur
tristesse et de leur abattement (Luc 24 : 13-35). L'un d'eux répondit:
“Es-tu le seul qui, séjournant à Jérusalem, ne sache pas ce qui y est
arrivé ces jours-ci ? — Quoi ? leur dit-il. — Et ils lui répondirent:
Ce qui est arrivé au sujet de Jésus de Nazareth, qui était un prophète
puissant en œuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple, et
comment les chefs des prêtres et nos magistrats l'ont livré pour le
faire condamner à mort et l'ont crucifié. Nous espérions que ce serait
lui qui délivrerait Israël; mais avec tout cela, voici le troisième
jour que ces choses se sont passées [Ici ils se souvenaient probablement
de ce qu'il leur avait dit : Jean 2 : 19, 21, 22]. Il est vrai que
quelques femmes d'entre nous nous ont fort étonnés: s'étant rendues de
grand matin au sépulcre et n'ayant pas trouvé son corps, elles sont
venues dire que des anges leur sont apparus et ont annoncé qu'il est
vivant. Quelques-uns de ceux qui étaient avec nous sont allés au sépulcre,
et ils ont trouvé les choses comme les femmes l'avaient dit; mais lui,
ils ne l'ont point vu.” Quoi d'étonnant à ce qu'ils fussent tous
troublés; et comme tout leur paraissait étrange! Combien les événements
des quelques derniers jours avaient été singuliers et saisissants !
Alors, par de pénétrantes paroles, l'étranger leur démontra
l'accomplissement des prophéties précisément par les choses qui les
avaient tant abattus et que les prophètes avaient enseignées concernant
le vrai Messie, lequel, avant de pouvoir gouverner, bénir et élever Israël
et le monde tout entier, devait premièrement “avec sa propre vie” le
racheter de la malédiction de la mort qui était venue sur tous les
hommes par Adam; et qu'après sa résurrection et son élévation à la
gloire par Jéhovah, leur Maître devait accomplir tout ce qui avait été
prédit par les prophètes concernant sa gloire et son honneur futurs,
aussi sûrement qu'il avait accompli les prophéties qui prédirent ses
souffrances, son humiliation et sa mort. C'étaient là étonnant prédicateur
et merveilleux sermon! Ces paroles suggéraient de nouvelles idées et
ouvraient de nouvelles espérances. Comme ils arrivaient au village, ils
le contraignirent de demeurer avec eux, parce que le soir approchait et
que le jour était sur son déclin. Il entra donc pour rester avec eux.
Pendant qu'ils étaient à table, il prit le pain, et après avoir rendu
grâces, il le rompit et le leur donna. Alors leurs yeux s'ouvrirent, mais
il disparut de devant eux.
Ils ne l'avaient donc pas reconnu Jusqu'à ce moment-là, et
pourtant ils avaient marché, causé et s'étaient mis à table ensemble.
Ce n'est pas à son visage qu'ils le reconnurent, mais par le simple acte
de bénir et de rompre le pain selon sa manière habituelle d'autrefois,
rassurant ainsi leur foi dans ce qu'ils avaient déjà entendu — qu'il
était ressuscité et les reverrait.
Alors les deux disciples surpris et remplis de joie se levèrent à
l'heure même et retournèrent à Jérusalem, se disant l'un à l'autre:
“Notre cœur ne brûlait-il pas au dedans de nous, lorsqu'il nous
parlait en chemin et nous expliquait les Écritures ?” Arrivés à Jérusalem,
ils trouvèrent les autres disciples qui se réjouissaient également en
disant: Le Seigneur est réellement ressuscité et il est apparu à Simon.
Eux racontèrent ce qui leur était arrivé en chemin et comment ils
l'avaient reconnu lorsqu'il avait rompu le pain. Probablement qu'ils étaient
à peu près tous réunis ce soir-là, oubliant maisons, affaires et
toutes les autres choses. Marie de Magdala, avec des larmes de joie,
disait: Je l'ai reconnu au moment où il prononça mon nom; jusque-là je
ne pouvais pas croire ce que m'assuraient les anges à propos de sa résurrection
; puis les autres femmes racontaient aussi leur merveilleuse expérience
du matin et comment elles l'avaient rencontré en chemin. Simon avait, lui
aussi, son histoire à raconter; et voici encore deux autres témoins
arrivant d'Emmaùs. Quelle journée pleine d'événements ! Quoi d'étonnant
à ce qu'ils aient désiré, après cela, se rencontrer le premier jour de
chaque semaine, pour s'entretenir de ces choses et rappeler à leur mémoire
toutes les circonstances se rapportant à ce prodigieux événement de la
résurrection du Seigneur, pour que leur cœur “brûle” toujours à
nouveau!
Pendant que la petite société excitée et débordante de joie était
ainsi assemblée, se racontant les uns aux autres leurs différentes expériences,
le Seigneur Jésus lui-même parut soudain au milieu d'eux (Luc 24 :
36-49) et leur dit : “La paix "soit avec vous !” D'où était-il
venu ? Toutes les portes de la maison où ils étaient assemblés étaient
fermées à cause de la crainte qu'ils avaient des Juifs (Jean 20 : 19,
26), mais il était apparu soudainement, sans que rien n'eût révélé
son approche; ils en furent terrifiés au point qu'ils crurent voir un
esprit. Mais il les rassura et leur dit de calmer leurs craintes; il leur
montra ses mains et ses pieds en leur disant : “C'est bien moi;
touchez-moi et voyez : un esprit n'a ni chair ni os, comme vous voyez, que
j'ai”. Et tandis qu'ils ne croyaient pas encore tant leur joie et leur
étonnement étaient grands, il leur dit: “Avez-vous quelque chose à
manger ?” Ils lui présentèrent du poisson rôti, il en prit et en
mangea devant eux. Alors il leur ouvrit l'entendement
(“understanding" — Trad.) les yeux de la pensée, et leur
expliqua les Écritures, leur montrant par la loi et les prophètes que
ces choses étaient arrivées exactement comme elles avaient été prédites.
Mais Thomas était alors absent (Jean 20 : 24) ; aussi, lorsque les autres
disciples lui dirent qu'ils avaient vu le Seigneur, il ne voulut pas
croire, mais dit : “ Si je ne vois dans ses mains la marque des clous,
et si je ne mets ma main dans son côté, je ne croirai point.”
Huit jours s'étaient passés sans aucune manifestation nouvelle; ils
avaient eu le temps de penser calmement et de s'entretenir ensemble des
expériences de ce jour merveilleux, lorsque, étant de nouveau assemblés
comme auparavant, Jésus se présenta au milieu d'eux absolument comme le
premier soir en disant: “La paix soit avec vous !” (Jean 20 : 26).
Cette fois, Thomas était présent, et le Seigneur s'adressant à lui, lui
dit: “ Avance ici ton doigt, et regarde mes mains; avance aussi ta main
et mets-là dans mon côté; et ne sois pas incrédule, mais crois!” Il
montrait ainsi qu'il savait ce que Thomas avait dit, sans que cela lui eût
été raconté; et il donnait cette preuve de sa résurrection à Thomas
qui l'avait demandée pour pouvoir croire. Thomas répondit avec joie:
“Mon Seigneur et mon Dieu !”
Il dut se passer après cela un assez long intervalle avant qu'il y eût
une nouvelle manifestation de la présence du Seigneur, et les disciples,
qui étaient Galiléens commencèrent à penser à leur maison et à leur
avenir; se souvenant en plus du message que le Seigneur leur avait adressé
par les femmes, qu'il irait devant eux en Galilée, ils s'y rendirent.
Probablement que le Seigneur les rencontra en chemin, sur une montagne,
comme Matthieu le relate. Ils étaient extrêmement troublés; ils ne
ressentaient plus à son égard la même familiarité qu'ils avaient
autrefois; il leur semblait être tellement différent depuis sa
crucifixion de ce qu'il était auparavant; il apparaissait et
disparaissait en temps et lieux si particuliers et il ne ressemblait plus
à “l'homme Christ Jésus”. C'est pour cela que Matthieu dit : “Ils
se prosternèrent devant lui, mais quelques-uns eurent des doutes”. Après
leur avoir dit quelques paroles, le Seigneur “disparut” de leur
présence et les laissa dans l'étonnement, se demandant ce qui allait
encore arriver. Durant les premiers temps de leur retour en Galilée, rien
d'extraordinaire ne se passa et il n'y eut aucune nouvelle indication de
la présence du Seigneur. Sans doute ils s'assemblèrent maintes fois et
s'entretinrent de la situation, s'étonnant de ce qu'il ne leur apparût
pas plus fréquemment.
Comme ils attendaient, les jours et les semaines leur semblaient longs.
Ils avaient depuis longtemps laissé de côté les travaux ordinaires de
la vie pour suivre le Seigneur de lieu en lieu, recevant ses instructions
et prêchant aux autres: “Le Royaume des cieux est proche” (Matthieu
10 : 5-7). Ils ne désiraient pas retourner à leurs anciens travaux;
cependant, comment devaient-ils procéder avec l'oeuvre du Seigneur ? Ils
comprenaient assez clairement la situation pour voir qu'ils ne pouvaient
prêcher plus longtemps que le royaume était arrivé, parce que tout le
peuple savait que leur Maître et Roi avait été crucifié ; cependant
personne d'autre qu'eux ne connaissait le fait de sa résurrection. Tandis
que les onze étaient perplexes et inquiets, attendant quelque chose, sans
trop comprendre quoi, Pierre leur dit : Nous ne pouvons pourtant pas
rester oisifs; je vais retourner à mon ancien métier de pêcheur; et six
des autres dirent : Nous ferons de même ; nous irons avec toi (Jean 21 :
3). Il est fort probable que le reste des disciples retournèrent également
à leurs anciennes occupations.
Qui pourrait douter que le Seigneur n'assistât souvent, quoique
invisible, aux divers entretiens qu'ils eurent ensemble gouvernant et
dirigeant le cours des circonstances, etc..., pour leur plus grand bien.
S'ils avaient eu un grand succès et qu'ils se soient trouvés absorbés
par leurs affaires, ils auraient bientôt été impropres au plus élevé
service de même que s'ils n'avaient pas de succès, cela aurait pu paraître
vouloir les forcer. Aussi le Seigneur adopta un plan par lequel il leur
enseigna une leçon, comme il le fait souvent avec ses disciples, savoir:
Qu'il peut diriger le succès ou l'insuccès de leurs efforts dans quelque
direction que ce soit selon son bon plaisir.
L'ancienne raison Sociale de pêcheurs réorganisée, ils prirent ensemble
leurs bateaux, filets, etc., et sortirent pour faire leur première prise.
Mais ils travaillèrent toute la nuit sans prendre de poisson et commencèrent
à se sentir découragés. Le matin, un étranger les appelait du rivage
pour connaître leur succès. Pauvre succès ! Nous n'avons rien pris, répondirent-ils.
Essayez encore, dit l'étranger. Lancez maintenant vos filets de l'autre côté
du bateau. C'est inutile, ami, nous avons essayé des deux côtés toute
la nuit, et s'il y avait du poisson d'un côté, il y en aurait de l'autre.
Toutefois pour vous le montrer, nous essayerons encore une fois. Ils
firent ainsi et obtinrent une immense capture. Que c'est curieux! dirent
quelques-uns; mais le vif et impressionnable Jean eut tout de suite la
pensée exacte et dit : Frères, c'est le Seigneur; lui seul pouvait faire
cela! Ne vous souvenez-vous pas la manière dont il a rassasié les foules,
etc.? Ce ne peut être que le Seigneur qui est sur le rivage, ce n'est
qu'un moyen choisi par lui pour se manifester à nous. Ne vous
rappelez-vous pas qu'il fit exactement la même chose lorsqu'il nous
appela pour la première fois ? Alors aussi nous avions travaillé toute
la nuit sans rien prendre, quand il vint à nous en disant: “ Jetez vos
filets pour pêcher ” (Luc 5 : 4-11). Oui, certainement c'est le
Seigneur, bien que depuis sa résurrection nous ne puissions le reconnaître
à son apparence, car maintenant il apparaît sous différentes formes.
Mais nous le reconnaissons chaque fois par quelque circonstance particulière,
semblable à celle-ci, qui nous rappelle un incident notoire de notre vie
passée avec lui.
Et, abordant au rivage, ils y trouvèrent Jésus avec du pain et du
poisson; ils apprirent la leçon que sous sa direction, ses soins et à
son service ils ne connaîtraient jamais le dénuement (Luc 12 : 29, 30).
Ils ne lui demandèrent pas s'il était le Seigneur; car en cette occasion
comme en d'autres, les yeux de leur entendement étant ouverts, ils le
reconnurent, non pas à son apparence physique, mais à son miracle. Alors
suivirent les enseignements de cette heure délicieuse pendant laquelle il
rassura Pierre, lui montrant qu'il était toujours accepté, bien qu'il
l'eût renié, lui, le Seigneur, vu sa repentance et ses pleurs. Pierre
ressentait maintenant à nouveau l'amour de son Maître et le privilège
qui lui était maintenu de paître ses brebis et ses agneaux. Il nous
semble entendre le Seigneur lui dire: Tu n'as pas besoin de reprendre ton
métier de pêcheur, Pierre ; je t'avais jadis appelé à être pêcheur
d'hommes, et comme je sais que ton cœur est toujours loyal et zélé, je
renouvelle ta mission de pêcheur d'hommes.
Puis, en mangeant avec eux, “il leur commanda de ne pas s'éloigner de Jérusalem,
mais d'attendre la promesse du Père, laquelle, dit-il, vous avez entendue
de moi, c'est que si Jean a baptisé d'eau, vous, vous serez baptisés
dans l'Esprit saint peu après ces jours-ci" (Actes 1 : 4, 5, Laus.).
Ainsi, vinrent-ils à Jérusalem, comme il le leur avait dit, et ce fut là,
quarante jours après sa résurrection, qu'il se rencontra et conversa
avec eux pour la dernière fois. C'est à ce moment-là qu'ils prirent
courage pour lui poser la question au sujet du royaume qu'il leur avait
promis, et ils lui dirent: “Seigneur, est-ce en ce temps que tu rétabliras
le royaume d'Israël ?” Cette pensée du royaume prédominait sur toutes
les autres dans l'esprit de tout Juif. Israël, comprenaient-ils, devait
être la principale des nations sous le Messie ; ils ne connaissaient rien
des longs Temps des Nations ; ils ne voyaient pas encore que la bénédiction
principale avait été enlevée à l'Israël selon la chair (Matthieu 21 :
43 ; Romains 11:7), et qu'eux-mêmes devaient être les membres d'Israël
spirituel, la sacrificature * royale, la nation sainte par le moyen de
laquelle, comme corps de Christ, les bénédictions parviendraient au
monde. Ils ne comprenaient encore rien de ces choses. Comment
l'auraient-ils pu ? Ils n'avaient pas encore reçu le saint Esprit
d'adoption comme fils, mais étaient toujours sous la condamnation; car
bien que le sacrifice de la rançon eût été accompli par le Rédempteur,
il n'avait pas encore été formellement présenté en notre faveur dans
le Très-Saint, dans le Ciel même (Jean 7 : 39). Par conséquent, notre
Seigneur n'entreprit aucune explication en réponse à leur question, mais
il dit simplement : “ Ce n'est pas à vous [maintenant] de connaître
les temps et les saisons que le Père a réservés à sa propre autorité;
mais vous recevrez la puissance* lorsque le saint Esprit viendra sur vous;
et vous serez mes témoins à Jérusalem et dans toute la Judée et la
Samarie, et jusqu'au bout de la terre.” — Actes 1 : 7, 8.
*
Cette puissance promise de connaître et de comprendre les temps et les
saisons, comme toutes les choses appartenant à un véritable témoignage,
s'applique à l'Église entière, du premier au dernier de ses membres ;
et sous la conduite et la puissance du saint Esprit, il est pourvu à une
nourriture au temps convenable pour chaque trait du plan, afin qu'en tout
temps nous puissions être ses témoins jusqu'à la fin de cet âge. Jean
16 : 12, 13.
Le
Seigneur marchait avec eux, lorsqu'ils furent arrivés au mont des
Oliviers, il éleva les mains et les bénit; puis il fut séparé d'eux et
élevé en leur présence, et une nuée le déroba à leurs yeux (Luc 24 :
48-52; Actes 1 : 6-15). Ils commençaient maintenant à voir un peu plus
du plan de Dieu. Le Seigneur, qui était descendu du ciel, était retourné
au Père, comme il le leur avait dit avant sa mort. Il était allé leur
préparer une place et il reviendrait pour les prendre avec lui. Il s'en
était allé au loin pour recevoir le royaume promis et revenir ensuite
(Luc 19 : 12) ; en attendant, ils devaient être ses témoins sur toute la
terre afin d'appeler et de préparer un peuple pour le recevoir lorsqu'il
viendrait pour être glorifié dans ses saints et pour régner comme Roi
des rois et Seigneur des seigneurs. Ils comprenaient que leur nouvelle
mission de proclamer à toute créature un roi venant du ciel, avec toute
puissance dans le ciel et sur la terre, était une œuvre beaucoup plus
importante que celle des années précédentes où ils annonçaient
l'homme Christ Jésus et où ils le suivaient, lui, le méprisé et le
rejeté des hommes. Leur Seigneur ressuscité était en effet changé, non
seulement dans son apparence personnelle, apparaissant une fois dans tel
lieu et de telle manière et une autre fois dans un autre lieu et d'une
autre manière pour manifester sa toute-puissance, mais il était aussi
changé dans sa nature. II ne s'adressait plus aux Juifs et ne se montrait
plus lui-même a eux; car depuis sa résurrection personne ne l'avait vu
en aucun sens, excepté ses amis et ses disciples. Sa parole : “Encore
un peu de temps et le monde ne me verra plus” s'était accomplie à la
lettre.
C'est
de cette manière que la foi des apôtres et de l'église primitive fut établie
sur le fait de la résurrection du Seigneur. Leurs doutes étaient écartés
et leurs cœurs réjouis; ils retournèrent à Jérusalem et persévéraient
dans la prière, les supplications et l'étude des Écritures, attendant
la filiation promise par le Père, le don de la compréhension spirituelle
et les dons spéciaux de puissance pour opérer des miracles, ce qui
devait les rendre capables de convaincre les vrais Israélites et d'établir
l'Église de l'Évangile au jour de la Pentecôte. — Actes 1 : 14 ; 2
:1.
II est
vrai que notre Seigneur à son second avènement ne manifestera pas sa présence
de la même manière qu'il l'a fait durant les quarante jours après sa résurrection
; mais nous avons cependant sa promesse que les “ frères ne seront pas
dans les ténèbres ” (1Thessatoniciens 1 : 4). Et qui plus est, nous
aurons une assistance qu'ils n'ont pas eue et ne pouvaient avoir pendant
ces quarante jours, savoir “ la puissance d'en-haut ” pour nous
montrer les choses à venir. C'est pourquoi nous aurons, au temps voulu,
l'entière compréhension de la manière, du temps et des différentes
circonstances qui accompagnent son apparition, choses qui, si nous les
attendons et les observons Soigneusement, ne seront pas moins
convaincantes que ne le furent les preuves de la résurrection de notre
Seigneur fournies: à l'Église primitive, quoique de façon toute différente.
Que notre Seigneur, à son second avènement, puisse prendre la
forme humaine et apparaître ainsi aux hommes, comme il le fit à ses
disciples après sa résurrection, cela ne laisse aucun doute ; non
seulement parce qu'il est apparu ainsi sous une forme humaine pendant ces
quarante jours, mais aussi parce que des êtres spirituels ont autrefois
manifesté leur pouvoir d'apparaître aux hommes en chair et sous des
formes variées. Mais une manifestation semblable serait hors d'harmonie
avec te caractère général du plan de Dieu, aussi bien qu'avec les
indications scripturales qu'il nous a données concernant la manière dont
il doit se manifester, comme nous le verrons. Par contre, le plan du
Seigneur est que son royaume spirituel communiquera, réalisera et
manifestera sa présence et sa puissance par le moyen d'agents terrestres
humains. Tout comme Satan, le prince; de ce monde, bien qu'invisible à
l'homme, n'exerce pas moins une grande influence dans ce monde par ceux
qui lui sont soumis, qui sont possédés de son Esprit et gouvernés par
lui, ainsi le nouveau Prince de la paix, le Seigneur, opérera
principalement en des êtres humains et manifestera sa présence et son
pouvoir au moyen d'agents humains, ses sujets, possédés et dirigés par
son esprit.
Voir
avec l'œil naturel et entendre avec l'oreille naturelle n'est pas tout ce
que l'on comprend sous ces termes voir, entendre. “Personne ne vit
jamais Dieu” et pourtant tout enfant de Dieu l'a vu, l'a connu et a eu
communion avec lui (Jean 1 : 18 ; 5 : 37 ; 14 : 7). Nous entendons l'appel
de Dieu, notre haut appel céleste et nous entendons la voix de notre
Berger; nous regardons constamment à Jésus et voyons le prix, la
couronne de vie qui nous est promise, non par notre vue et par notre ouïe
naturelles, mais par notre compréhension. Il est beaucoup plus précieux
pour nous de voir par les yeux de notre compréhension et de notre foi
notre Seigneur glorifié, comme étant le Roi de gloire spirituel,
hautement élevé, notre Rédempteur aussi bien que notre Roi, que de le
voir avec les yeux naturels comme le virent les disciples avant la Pentecôte.
Il y
avait une nécessité pour que le Seigneur apparût à ses disciples comme
il le fit après sa résurrection, nécessité qui n'existera pas à son
second avènement, son but alors sera mieux servi d'une manière différente.
En fait, s'il était apparu ainsi à son second avènement, cela eût été
au détriment du dessein qui doit s'accomplir alors. Son but, en
apparaissant à ses disciples, après sa résurrection, était de les
convaincre que celui qui était mort est vivant pour toujours, afin qu'eux
pussent aller comme témoins proclamer sa résurrection (Luc 24 : 48), et
que leur témoignage pût être un sûr fondement pour la foi des générations
à venir. Puisque nul homme ne peut être agréable à Dieu, ni recevoir
le saint Esprit d'adoption sans la foi en Christ, il était nécessaire
non seulement pour les disciples d'alors, mais pour tous depuis ce moment-là,
que les preuves de sa résurrection et de son changement fussent telles
que l'homme naturel pût les saisir et les apprécier. Après qu'ils
eurent été faits participants du saint Esprit et qu'ils purent
comprendre les choses spirituelles (voyez 1 Corinthiens 2 : 12-16), ils
auraient pu croire les anges au sépulcre par rapport à la résurrection
du Seigneur, même s'ils avaient vu le corps de chair de l'homme Christ Jésus
demeurant encore dans la tombe ; mais avant, cela n'était pas possible ;
il fallait que le corps fût enlevé pour qu'ils pussent croire à la
possibilité de sa résurrection. Après que le saint Esprit les eut
rendus capables de discerner les choses spirituelles, ils auraient pu
croire au témoignage des prophètes que Jésus devait mourir, ressusciter
d'entre les morts et être souverainement élevé comme Roi de gloire,
sans qu'il eût besoin d'apparaître comme homme et de revêtir diverses
formes humaines, afin qu'ils pussent le toucher et le voir monter au ciel.
Il fallait tout cela pour les disciples, comme il le faut pour tous les
hommes naturels. Par la foi nous venons à Dieu par Christ, et recevons la
rémission de nos péchés et l'Esprit de filiation pour comprendre les
choses spirituelles.
Même
lorsqu'il éloignait d'eux ou de leur foi les obstacles naturels, en
prenant une forme humaine, etc., ce n'était pas par une vue naturelle ou
parce qu'ils pouvaient le toucher de leurs mains que notre Seigneur
persuadait ses disciples et les rendait propres à être des témoins pour
d'autres, mais en raisonnant avec eux, en s'appuyant sur les Écritures:
“II leur ouvrit l'entendement, pour qu'ils comprissent les Écritures.
Et il leur dit: C'est ainsi qu'il est écrit et c'est ainsi qu'il fallait
que le Christ souffrît et qu'il se relevât d'entre les morts le troisième
jour et qu'on prêchât en son nom la conversion et le pardon des péchés
parmi toutes les nations en commençant par Jérusalem. “ Or, vous êtes
témoins de ces choses” (Luc 24 : 45-48 Laus.). Pierre, lui aussi, parle
clairement de cela lorsqu'il dit: a Dieu l'a réveillé le troisième
jour, et il l'a donné pour être manifesté, NON A TOUT LE PEUPLE, mais
aux témoins auparavant désignés de Dieu, à nous qui mangeâmes et bûmes
avec lui, après qu'il se fut relevé d'entre les morts ; et il nous a
commandé de prêcher au peuple, et d'attester que c'est lui [le Jésus
ressuscité] qui a été déterminé de Dieu, comme juge des vivants et
des morts.” — Actes 10 : 40-42, Laus.
Pour
notre Seigneur, après sa résurrection, ce n'était simplement qu'une
question d'utilité sur la manière dans laquelle son apparition
accomplirait le mieux son intention de leur faire connaître sa résurrection
et son changement de nature. S'il était apparu dans une flamme de feu,
comme l'ange apparut à Moïse dans le buisson ardent (Exode 3 : 2), il
aurait bien pu converser avec eux; mais la preuve donnée de cette manière
aurait été loin d'être aussi convaincante que la méthode qu'il avait
adoptée pour les apôtres et pour le monde en général, pour lequel ils
devaient en être les témoins.
S'il
était apparu dans la gloire de sa nature spirituelle, comme l'ange le fit
pour Daniel (Daniel 10 : 5-8), cette gloire aurait été telle que les témoins
n'auraient pu la supporter. Il est probable qu'ils en auraient été trop
épouvantés pour pouvoir recevoir ses instructions. A aucun d'eux, excepté
à Paul, le Seigneur ne se révéla de cette manière; et Paul fut
tellement éprouvé par l'éclat de sa gloire, qu'il fut jeté par terre
et aveuglé par cet éclat qui surpassait celui du soleil en plein midi.
Dans
l'examen que nous avons fait de la méthode de manifestation adoptée par
le Seigneur durant ces quarante jours, nous avons vu qu'il jugea bon de ne
se montrer sous une forme visible que très rarement, même aux témoins
choisis, et encore dans un espace de temps très court. Si le temps entier
pendant lequel ils le virent, avait été rassemblé en un jour au lieu de
s'être passé par intervalles pendant les quarante jours, ses
manifestations auraient à peine rempli douze heures en tout ou 1/80 de ce
temps entier. Cela étant, il est évident qu'il fut présent avec eux,
bien qu'invisible, environ les 79/80 de cette période de quarante jours.
Et même lorsqu'il se manifesta, il ne prit jamais (excepté une fois pour
Saint Thomas) une forme semblable à celle qu'ils avaient intimement
connue pendant trois ans et qu'ils avaient encore vue peu de jours
auparavant. Il n'est pas suggéré une seule fois qu'ils le reconnurent
aux traits familiers de son visage, ou qu'il eut une seule fois la même
apparence dans ses diverses manifestations.
Marie
supposa qu'il était le “jardinier”; pour les deux disciples qui
allaient à Emmaüs il fut "un étranger", ainsi que pour
les pêcheurs sur la mer de Galilée et pour les onze dans la chambre
haute. Chaque fois il fut reconnu à ses actes, ses paroles ou aux
intonations familières de sa voix.
Lorsque Thomas déclara que la seule preuve acceptable pour lui serait de
le voir et de le toucher, le Seigneur, bien qu'il ait fait droit à cette
demande, le réprouva doucement en disant: “Parce que tu m'as vu, tu as
cru : bienheureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru ! ” (Jean 20 :
27-29). La preuve ta plus forte était celle qui ne s'adressait pas à la
vue naturelle; et ceux qui sont ainsi dans l'attitude de recevoir la vérité
par n'importe quels témoignages il plaît à Dieu de la fournir sont plus
particulièrement bénis.
Il
leur montrait ainsi non seulement qu'il avait désormais le pouvoir
d'apparaître de diverses manières et sous diverses formes, mais encore
que pas un de ces corps, sous lesquels ils le voyaient, n'était son corps
glorieux et spirituel, bien que par ce moyen le fait de sa résurrection
et de sa présence leur fût manifesté. Les différentes formes qu'il
prit et les longs intervalles de sa présence invisible pendant lesquels
il ne se manifestait pas, prouvèrent bien le fait que si leur Seigneur et
Maître était vivant et n'était pas encore monté vers le Père, il était
alors un être spirituel, réellement invisible à toute vue humaine, mais
ayant la faculté de manifester sa présence et son pouvoir sous une variété
de formes, selon qu'il lui plaisait. *
* L'événement rapporté par Luc (4 : 30) ne doit pas être regardé
comme un cas parallèle à ses apparitions et disparitions après sa résurrection.
Ce ne fut pas une disparition dans le sens de devenir invisible au peuple,
il fit seulement un mouvement prompt et adroit, par lequel il évita les
intentions meurtrières de ses ennemis. Avant qu'ils eussent pu exécuter
leur plan de le mettre a mort, il se détourna et passa au milieu d'eux,
nul homme n'ayant le courage ou le pouvoir de le molester, parce que son
heure n'était pas encore venue.
La création du corps et du vêtement avec lequel il leur apparut dans la
chambre même où ils étalent assemblés est une preuve indiscutable que
Christ n'était plus en aucun sens un être humain, quoiqu'il ait assuré
à ses disciples que le corps qu'ils voyaient et que Thomas toucha, était
un véritable corps de chair et d'os et non une simple vision ou
apparition. **
** Nous ne voulons pas laisser supposer un instant que nous faisons
cause commune avec le spiritisme, le sweden-borgianisme ou aucun autre
isme ; nous suivons simplement et logiquement ce que nous connaissons des
récits apostoliques Nous discernons clairement l’extrême différence
entre l'enseignement de la Bible et ses contrefaçons promulguées par
Satan sous le nom de spiritisme, ce que nous examinerons dans un volume
suivant. Qu'il suffise ici de montrer que le spiritisme affecte de mettre
en communication les hommes morts avec les hommes vivants, tandis que la
Bible condamne cela (Esaïe 8 : 19) et enseigne que de semblables
communications, quand elles étaient véritables, n'eurent lieu que par
des êtres spirituels, comme les anges ou par notre Seigneur ; non pas par
notre Seigneur pendant qu'il était l'homme Christ Jésus, ni pendant
qu'il était mort, mais seulement après son changement de la résurrection,
lorsqu'il fut devenu un “ esprit vivifiant ”.
Comme être humain, il n'aurait pu venir dans la chambre sans ouvrir la
porte; mais comme être spirituel il le pouvait et cela à l'instant, se
créant et prenant le corps de chair et le vêtement qu'il fallait pour le
but qu'il s'était proposé.
Nous ne pouvons admettre un instant ce qui est suggéré par quelques-uns,
que notre Seigneur ouvrit la porte sans être vu ; par tout ce qui est dit
sur ce sujet, il est clair qu'il est venu et qu'il s'est présenté au
milieu d'eux pendant que les portes étaient fermées : — probablement
très soigneusement barrées et verrouillées “par la crainte qu'ils
avaient des Juifs”. — Jean 20 : 19, 26.
La leçon de son changement de nature fut encore plus accentuée par Sa
manière de les quitter; “il disparut de devant eux”. Le corps humain
de chair et d'os, etc., et le vêtement qui apparaissaient subitement,
tandis que les portes étaient fermées, ne sortaient pas par la porte,
mais disparaissaient simplement ou se dissolvaient dans les mêmes éléments
desquels il les avait créés un moment auparavant. Il disparaissait de
leur présence et n'était plus vu par eux lorsque la chair, les os et les
vêtements dans lesquels il s'était manifesté avaient été dissous,
bien qu'on ne puisse douter qu'il continuât à être présent avec eux
invisiblement. C'est de cette manière qu'il fut avec eux la plus grande
partie du temps pendant ces quarante jours.
En des occasions spéciales, pour des instructions particulières, Dieu
accorda un pouvoir semblable à d'autres êtres spirituels, à des anges,
les rendant capables d'apparaître comme hommes dans des corps de chair et
d'os, de manger et de s'entretenir avec ceux qu'ils instruisaient, de la même
manière que le fit notre Seigneur (Genèse 18 ; Juges 6 : 11-22 ; 13 :
3-20 et l'explication qui en est donnée dans le Volume I, pages 213 à
216).
Le pouvoir, manifesté par notre Seigneur et par les anges de créer et de
dissoudre les vêtements dans lesquels ils apparaissaient, était tout
aussi surhumain que celui de créer et de dissoudre les corps humains
qu'ils avaient pris : et ces corps n'étaient pas plus leurs glorieux
corps spirituels que les vêtements qu'ils portaient. Nous rappelons que
la robe sans couture et les autres vêtements que notre Rédempteur
portait avant sa crucifixion avaient été partagés entre les soldats
romains, et que le linceul, les bandes et le linge du tombeau avaient été
laissés, pliés à part, dans le sépulcre (Jean 19 : 23, 24; 20 : 5-7).
Il fallait donc que les vêtements avec lesquels il apparut dans les
occasions mentionnées plus haut fussent créés spécialement et
probablement appropriés à chaque occasion. Par exemple, lorsqu'il
apparut à Marie comme un jardinier, il est probable qu'il portait des
habits ressemblant à ceux d'un jardinier.
Les différents corps avec lesquels notre Seigneur apparut furent réellement
des corps humains et non de simples illusions; il le fit comprendre à ses
disciples lorsqu'il mangea avec eux et les invita à le toucher et à voir
que son corps était réellement de chair et d'os, en disant: Pourquoi êtes-vous
troublés ?... Voyez mes mains et mes pieds; touchez-moi et voyez: un
esprit n'a ni chair ni os comme vous voyez que j'ai.
Certains chrétiens tirent d'absurdes conclusions de ces paroles de notre
Seigneur ayant rapport à la réalité du corps de chair et d'os qu'il
avait pris. Ils prennent ce corps pour son corps spirituel, et déclarent
qu'un corps spirituel est de chair et d'os, exactement semblable à un
corps humain, en exceptant toutefois quelque chose d'indéfinissable
qu'ils appellent esprit et qui coulerait à travers les veines à la place
du sang. Ils semblent mépriser la déclaration de Jésus qu'un esprit n'a
ni chair ni os, et que par conséquent ce corps-là n'était pas un corps
spirituel. Oublient-ils jusqu'aux paroles de Jean: que ce qu'un corps
Spirituel est n'a pas encore été manifesté, et que nous ne pouvons
savoir comment il est avant que nous soyons changés et faits semblables
à Jésus et qu'alors nous le verrons, non tel qu'il était, mais tel
qu'il est ? (1 Jean 3 : 2) Oublient-ils aussi les paroles catégoriques de
l'apôtre Paul, que “la chair et le sang ne peuvent hériter le
royaume de Dieu”; et son assurance que, par conséquent, tous les héritiers
avec Christ doivent également être changés” ? — 1 Corinthiens 15 :
50, 51.
Beaucoup de chrétiens croient que le glorieux corps spirituel de notre
Seigneur est le même corps qui fut crucifié et déposé dans le sépulcre
de Joseph; ils espèrent, lorsqu'ils verront le Seigneur dans la gloire,
pouvoir l'identifier, le reconnaître par les cicatrices qui lui furent
faites au Calvaire. Ceci est une grande erreur qu'un peu de réflexion
seulement suffit à démontrer. Premièrement cela prouverait que son
corps ressuscité n'est pas glorieux ou parfait, mais défiguré par des
cicatrices. Deuxièmement, cela prouverait que nous savons ce qu'est un
corps spirituel, malgré la déclaration contraire de l'apôtre. Troisièmement,
cela prouverait que le prix de notre rédemption fut repris, car Jésus
dit: Je donne ma chair pour la vie du monde. Ce fut sa chair, sa vie comme
homme, son humanité, qu'il sacrifia pour notre rédemption. Et lorsqu'il
fut de nouveau ressuscité à la vie, par le pouvoir du Père, ce ne fut
pas à une existence humaine, parce qu'il l'avait sacrifiée pour payer
notre rançon. Si donc ce prix de la rançon avait été repris, nous
serions encore sous la condamnation de la mort et sans espérance.
Nous n'avons pas plus raison de supposer que le corps spirituel de notre
Seigneur est depuis sa résurrection un corps humain, que de supposer que
son corps spirituel avant sa première venue fut humain ou que d'autres êtres
spirituels ont des corps humains; car un esprit n'a ni chair ni os, et
l'apôtre Pierre dit que Jésus “a été mis à mort chair, mais rendu
vivant esprit.”
Le corps humain de notre Seigneur fut cependant enlevé d'une manière
surnaturelle de la tombe parce que, s'il y était resté, il aurait été
un obstacle insurmontable à la foi des disciples qui n'étaient pas
encore instruits dans les choses spirituelles, car l'Esprit n'était pas
encore donné (Jean 7 : 39). Nous ne savons rien de ce qu'il advint, si ce
ce n'est que Son corps ne sentit pas la corruption (Actes 2 : 27, 31).
S'il fut dissous en gaz, ou s'il est encore préservé quelque part comme
un grand mémorial de l'amour de Dieu, de l'obéissance de Christ et de
notre rédemption, personne ne le sait; et d'ailleurs il n'est pas nécessaire
de le savoir. Nous avons l'assurance que Dieu cacha miraculeusement le
corps de Moïse (Deutéronome 34 : 6; Jude 9) ; nous savons de plus qu'il
préserva miraculeusement de la corruption, comme un mémorial, un vase
plein de manne qui fut placé dans l'arche du tabernacle sous le
propitiatoire et que cette manne symbolisait la chair de notre Seigneur,
le pain du ciel (Exode 16 : 20, 33 ; Hébreux 9 : 4; Jean 6 : 51- 58).
Nous ne serions, par conséquent, point du tout surpris si dans le Royaume
Dieu montrait au ; monde le corps de chair crucifié pour tous comme rançon
en leur faveur, ce corps dont il ne permit pas la corruption mais qu'il préserva
comme un témoignage éternel de l'amour infini et de l'obéissance
parfaite. Il est du moins possible que Jean 19 : 37 et Zacharie 12 : 10
puissent s'accomplir dans ce sens et que ceux qui criaient : Crucifie-le
puissent encore, comme témoins, identifier le corps même percé par la
lance et meurtri par les clous et les épines.
Considérer le corps glorieux de notre Seigneur comme un corps de chair
n'expliquerait en rien ses apparitions particulières et soudaines durant
les quarante jours qui précédèrent son ascension. Comment pouvait-il
apparaître et disparaître si subitement ? Comment se fit-il qu'il ne se
montra presque jamais durant ces quarante jours ? Et pourquoi ses
apparitions étaient-elles chaque fois si différentes qu'il ne fut jamais
reconnu comme étant le même qui était apparu précédemment, ou comme
celui qui était si bien connu et tant aimé avant sa crucifixion peu de
jours seulement auparavant ?
Il ne sert à rien de dire que ses apparitions étaient des miracles, car
il faudrait alors en démontrer la nécessité ou l'utilité. Si après sa
résurrection, son corps avait été de chair et d'os, le même qui fut
crucifié, avec tous ses traits et ses cicatrices, pourquoi aurait-il opéré
des miracles qui non seulement n'établissaient pas ce fait, mais
enseignaient bien plutôt le contraire, savoir, que lui-même n'était
plus un être humain de chair et d'os, mais un être spirituel qui pouvait
aller et venir comme le vent, de sorte que personne ne pouvait dire d'où
il venait, ni où il allait, et qui, pour les instruire, apparaissait
comme homme, dans différents corps de chair et d'os qu'il créait et
dissolvait selon l'occasion du moment ?
Avant Sa crucifixion, notre Seigneur avait vécu en termes d'intimité
avec ses disciples, mais après sa résurrection, bien qu'il ne les aimât
pas moins, il se comportait avec eux d'une manière plus réservée. Son
but était sans doute de les impressionner plus fortement par la dignité
et l'honneur de sa haute exaltation, de leur inspirer la révérence due
à sa personne et à son autorité. Bien que, comme homme, Jésus n'ait
jamais manqué au maintien de la dignité qui commande le respect, une
plus grande réserve était nécessaire et appropriée après son
changement à la nature divine. Une telle réserve a toujours été
maintenue par Jéhovah vis-à-vis de ses créatures et elle est appropriée
vu les circonstances. Cette réserve se remarqua dans toutes les entrevues
de notre Seigneur avec ses disciples, après sa résurrection. Celles-ci
furent très courtes, ainsi qu'il leur avait dit: Je ne vous parlerai plus
guère. — Jean 14 : 30.
Ceux qui croient que notre Père céleste est un esprit et non un homme ne
devraient éprouver aucune difficulté à comprendre que notre Seigneur Jésus,
qui est maintenant élevé à la nature divine et qui n'est pas seulement
à la ressemblance morale de Dieu, mais qui est réellement l'empreinte de
la personne du Père, n'est plus un homme, mais un être spirituel que nul
homme n'a vu ni ne peut voir sans un miracle. Il est aussi impossible pour
les hommes de voir la gloire découverte de notre Seigneur qu'il leur
serait impossible de contempler Jéhovah. Pensons un moment comment le
simple reflet de la gloire spirituelle affectèrent Moïse et Israël au
Sinaï (Hébreux 12 : 21 ; Exode 19; 20 : 19-21 ; 33 : 20-23 ; 34 :
29-35). Ce spectacle était si terrible, si accablant et effrayant, que Moïse
dit: je suis épouvanté et tout tremblant! De plus, quoique Moïse eût
été surnaturellement fortifié pour recevoir et écrire la loi divine (Exode
34 : 28) et pour contempler la gloire du Seigneur, de manière qu'il put
rester sans nourriture et boisson quarante jours et quarante nuits, seul
avec Dieu, couvert par sa gloire, cependant lorsqu'il désira voir l'Éternel
face à face, il lui fut dit: “ Tu ne peux pas voir ma face, car l'homme
ne peut me voir et vivre" (Exode 33 : 20. Par conséquent, tout ce
que Moïse vit était une apparence représentant Dieu ; rien de plus n'était
possible. Ceci s'accorde également avec les paroles de l'apôtre :
Personne n'a jamais vu Dieu: il est le Roi immortel, invisible, que nul
homme n'a vu, ni ne peut voir, (1 Timothée 6 : 15, 16) ; mais que les êtres
spirituels puissent voir et effectivement voient Dieu, qui est Lui-même
un être spirituel, cela est clairement dit dans Matthieu 18 : 10.
Si notre Seigneur est toujours l'homme Christ Jésus qui s'est donné
lui-même en rançon pour tous (1 Timothée 2 : 5, 6), si après avoir
subi la mort dans la chair, il est ressuscité de nouveau dans la chair et
non pas comme l'apôtre le déclare, un esprit vivifiant, alors au lieu d'être
élevé au-dessus des anges et au-dessus de tout nom qui se peut nommer
dans les cieux et sur la terre, il est encore un homme. S'il a conservé
la forme de serviteur qu'il avait prise afin de pouvoir souffrir la mort
pour tous, et s'il est toujours un peu moindre que les anges, il ne peut
jamais voir Dieu. Combien une telle manière de voir est déraisonnable
lorsque nous l'examinons soigneusement à la lumière du témoignage
apostolique. Pensez de même que si la chair de notre Seigneur, qui fut
percée par les clous et la lance, blessée par la couronne d'épines et
marquée par l'affliction, est son corps Spirituel glorieux, si les
cicatrices et les traits humains défigurés sont des parties intégrantes
du Seigneur souverainement élevé, il serait loin d'être beau, lors même
que nous aimerions les blessures endurées pour. nous. S'il possède un
corps ainsi cicatrisé et imparfait, et si, nous devons lui être faits
semblables, cela n'impliquerait-il pas que les apôtres et les saints qui
ont été crucifiés, décapités, lapidés, brûlés, coupés en morceaux
et déchirés par les bêtes féroces, ainsi que ceux qui sont morts par
accident, porteraient chacun leurs cicatrices et les marques de leurs
blessures ? Et avec cette manière de voir y aurait-il un spectacle plus
horrible que celui que présenterait le ciel pendant toute l'éternité ?
Mais il n'en est pas ainsi, et personne ne pourrait conserver longtemps
une manière de voir si déraisonnable et antibiblique. Les êtres
spirituels sont des êtres parfaits en tous points ; l'apôtre, du reste,
rappelle à l'Église, qui est l'héritière de la gloire et des honneurs,
spirituels ou célestes, que, quoique semé en faiblesse (avec des marques
et blessures, etc.], il [l'être] ressuscite en puissance ; quoique 'semé
en déshonneur [avec des traits de soucis et d'affliction, etc.], il
ressuscite en gloire ; quoique semé corps naturel [litt. “corps animal
”], il ressuscite corps spirituel ; et que de la même manière que nous
avons porté l'image du père terrestre nous porterons l'image du Seigneur
céleste (1 Corinthiens 15 : 42-51). Notre Seigneur Jésus prit et porta
aussi pour un moment l'image du terrestre, en notre faveur, afin de
pouvoir nous racheter. Mais par sa résurrection il devint le Seigneur céleste
(Romains 14 : 8), et nous, si nous sommes fidèles, nous porterons bientôt
l'image du Seigneur céleste (des corps spirituels), comme nous portons
encore l'image du seigneur terrestre, Adam (des corps humains).
Rappelez-vous le cas de Paul: pour qu'il pût être un des apôtres, il
dut être un témoin, il dut voir le Seigneur après sa résurrection.
N'ayant pas été un de ceux qui virent les manifestations de sa résurrection
et de sa présence pendant les quarante jours, il lui fut donné une vue
spéciale et rapide du Seigneur. Mais il ne le vit pas comme le virent les
autres, voilé par la chair et sous des vêtements de formes diverses. Le
simple regard de la personne glorieuse, découverte de notre Seigneur fit
qu'il fut jeté par terre, aveuglé par une gloire dont l'éclat
surpassait de beaucoup celui du soleil en plein midi. Pour le guérir de
cet aveuglement, ne fût-ce même qu'en partie, il fallait un miracle (Actes
9 : 17,18). Paul ne vit-il pas le Seigneur tel qu'il est — un être
spirituel ? Et notre Seigneur n'apparut-il pas durant les quarante jours
tel qu'il était, c'est-à-dire tel qu'il avait été précédemment, pour
les desseins et les raisons spéciales déjà indiquées ? Il ne peut y
avoir là aucun doute. Mais le Seigneur avait un but en apparaissant ainsi
à Paul comme il avait son but en apparaissant différemment aux autres.
Ce but, Paul le montre en disant : “ Après eux tous, il m'est aussi
apparu — comme à quelqu'un né avant le propre temps (1 Corinthiens 15
. 8, trad. litt.). Comme la résurrection de Jésus fut sa naissance de la
mort à la pleine perfection de l'être spirituel (Col. 1 : 18 ; Romains 8
: 29), ainsi la résurrection de l'Église, le corps de Christ, est indiquée
ici et ailleurs comme une naissance. Dans notre naissance comme êtres
spirituels, nous verrons le Seigneur tel qu'il est, juste comme Paul l'a
vu, mais alors étant nés ou changés en êtres spirituels, nous ne
serons pas jetés par terre ni aveuglés par l'éclat de la glorieuse
personne de notre Seigneur. Les paroles de Paul veulent dire qu'il l'a vu
comme nous le verrons, tel qu'il est ; il l'a vu comme tout le corps de
Christ doit le voir, mais AVANT LE PROPRE TEMPS, avant d'être né de la
mort et par conséquent avant d'être capable de le supporter, et
cependant “ comme ” chacun de ceux qui seront nés ainsi le verra au
propre temps.
Moïse, descendant de la montagne pour communiquer au peuple l'alliance de
la loi, fut un type du plus grand législateur et médiateur de la
Nouvelle Alliance, qui, à son second avènement, viendra pour gouverner
et bénir le monde. Moïse, par conséquent, typifiait l'Église tout entière
de laquelle notre Seigneur est le Chef. La face de Moïse était tellement
éclatante que le peuple ne pouvait pas le regarder et qu'il dut à partir
de là porter un voile comme un type de la gloire spirituelle de Christ,
ce qui illustre le point que nous examinons. Christ a la gloire et la
splendeur réelles, Il est l'empreinte de la personne du Père, et nous
lui serons semblables ; personne ne peut contempler cette gloire. C'est
pourquoi, quelles que puissent être alors les manifestations du grand législateur
ou monde, quand la gloire du Seigneur sera révélée, la gloire des
personnes spirituelles ne pourra être vue. Celles-ci parleront à travers
le voile, couvertes. Le voile de Moïse signifie cela et plus encore. —
Exode 34 : 30-33.
Plus nous étudions soigneusement la chose, plus nous reconnaissons la
sagesse divine déployée dans la manière dont la résurrection de notre
Seigneur fut révélée aux apôtres, pour qu'ils soient entièrement
satisfaits et soient en même temps des témoins dignes de confiance, afin
que les humbles du monde puissent être à même de recevoir leur témoignage
et croire que Dieu a ressuscité notre Seigneur d'entre les morts, qu'ils
puissent le reconnaître comme celui qui a été mort, mais qui maintenant
est vivant aux siècles des siècles, et qu'en croyant ils puissent venir
à Dieu par Lui. Et lorsque nous le considérons sous la direction du
saint Esprit de vérité, nos idées s'élargissent et nous ne le voyons
plus comme l'homme Christ Jésus, mais comme le Seigneur de gloire et de
puissance, participant de la nature divine. Et ainsi nous le reconnaissons
pour celui dont la venue et le royaume ont été si longtemps l'objet des
prières de l'Église. Il n'y a personne qui, reconnaissant comme il faut
sa haute exaltation, puisse l'attendre à sa seconde venue comme l'homme
Christ Jésus, avec un corps de chair préparé pour le sacrifice, meurtri
et donné dans la mort comme notre rançon. Nous ne devons pas nous
attendre non plus à ce qu'à sa seconde venue il apparaisse ou monde ou
se manifeste, lui-même sous des formes variées de chair et d'os, ce qui
avait été nécessaire pour les premiers témoins, mais qui ne l'est plus
maintenant. Il manifestera sa seconde présence d'une manière bien différente,
comme nous le verrons.
D'après ce que nous avons vu concernant des êtres spirituels et leurs
manifestations d'autrefois, il est évident que si notre Seigneur devait
se manifester à son second avènement, soit en préparant les yeux des
hommes pour contempler sa gloire, comme; il l'a fait pour Paul et Daniel,
soit en prenant un corps humain, ce serait au détriment du plan révélé
dans sa Parole. L'effet de son apparition, en gloire, aux humains, leurs
yeux étant miraculeusement traités pour les rendre capables de le voir,
serait pour ainsi dire de les paralyser par sa clarté éblouissante;
tandis que son apparition comme un homme rabaisserait le standard de sa
dignité et donnerait une trop faible idée de la nature et de la forme
divine. Comme ni l'une ni l'autre de ces méthodes ne semblent être nécessaires
ou à propos maintenant, nous croyons qu'aucune d'elles ne sera adoptée.
Au contraire, nous devrions nous attendre à ce que le Christ soit
manifesté en chair à l'humanité de la même manière que Dieu a été
manifesté en chair lorsque le Seigneur fut fait chair et habita parmi les
hommes. Une nature humaine, parfaite et en harmonie avec Dieu, est une
ressemblance de Dieu dans la chair; ainsi, Adam dans sa perfection
originelle fut une image de Dieu, et l'homme Christ Jésus le fut également.
Aussi Jésus pouvait-il dire à Philippe qui désirait voir le Père:
Celui qui m'a vu a vu le Père; il a vu l'image de Dieu dans la chair,
Dieu manifesté dans la chair. — 1 Timothée 3 : 16, Laus.
II en sera de même pour l'humanité en général quand ses membres
reviendront peu à peu à l'image de Dieu, perdue depuis si longtemps, ils
seront des images et des ressemblances du Père et du Christ. Tout au
commencement du Millénium, comme nous l'avons vu, le monde aura devant
lui des modèles de l'humanité parfaite (Vol. I, pages 344 à 352) ;
Abraham, Isaac, Jacob et les Maints prophètes déjà jugés et approuvés,
seront les “ princes ” parmi les hommes, les illustrations et les représentants
du royaume spirituel et invisible. En ceux-ci, Christ sera manifesté —
dans leur chair de la même manière que le Père fut manifesté dans la
chair de Christ. Et dans la mesure où chacun le voulant, parviendra à la
perfection et se trouvera en parfaite harmonie avec la volonté de Christ,
il sera une image de Dieu et de Christ, et dans chacun de ceux-là Christ
sera manifesté.
L'homme parfait, entièrement consacré, sera capable de saisir
parfaitement le saint Esprit et la Parole de Dieu, parce qu'il sera créé
à l'image morale de Dieu; l'Église glorifiée le dirigera. De même, il
n'y a aucun doute que des visions et des révélations directes, ainsi que
des communications générales entre le royaume spirituel et Ses représentants
terrestres seront beaucoup plus faciles et plus générales que ne le
furent jamais Auparavant des communications semblables ; elles se feront
plutôt de la même manière que celles qui eurent lieu en Eden avant que
le péché eut amené la condamnation et le retrait de la faveur et de la
communion de Dieu.
Au point de vue de la raison et des Écritures, rien n'exige que notre
Seigneur apparaisse à son second avènement dans divers corps de chair et
d'os. Une telle manière de faire n'est pas essentielle; cela est rendu évident
par le succès du royaume de Satan qui opère au moyen d'êtres humains,
ses agents. Ceux qui participent à l'esprit du mal et de l'erreur représentent
très tien le grand prince invisible ; c'est de cette manière qu'il est
manifesté dans leur chair, bien que lui-même soit un être spirituel,
invisible à l'homme.