Studies in the Scriptures

Tabernacle Shadows

 The PhotoDrama of Creation

 

 

ÉTUDES DANS LES ÉCRITURES

VOLUME II - LE TEMPS EST PROCHE

 

 ÉTUDE V

MANIÈRE DU RETOUR ET DE L'APPARITION
DE NOTRE SEIGNEUR

L'harmonie entre la manière dont s'effectue le second avènement de notre Seigneur et d'autres traits du plan divin. — Comment et quand l'Église le verra. — Comment et quand la gloire du Seigneur sera révélée de telle manière que toute chair la voie. — Accord parfait entre des déclarations en apparence contradictoires. — II vient « comme un voleur » ; non pas avec des signes extérieurs visibles. — Cependant avec un cri de commandement, à la voix d'un archange et au son de la grande trompette. — « II sera révélé au milieu de flammes de feu exerçant la vengeance ». — Et pourtant il viendra de la même manière qu'il s'en est allé. — Preuve de l'importance des temps prophétiques à cet égard. — Harmonie des indices actuels.

            Ce que nous venons de voir au sujet de la clôture proche des Temps des Nations et l'assurance que la consommation de l'espérance de l'Église doit précéder cette clôture, ne peut qu'aiguiser l'appétit de ceux qui attendent la consolation d'Israël. Ils auront faim de connaître la moindre information que le Père a pu fournir par les prophètes concernant la moisson, la fin ou dernière période de cet âge, la séparation du froment d'avec l'ivraie parmi les membres vivants de l'Église nominale et le moment du changement des vainqueurs, pour être avec leur Seigneur et Chef et lui être semblables.

            Pour apprécier la nature raisonnable des enseignements prophétiques sur ces sujets profondément intéressants, il est absolument nécessaire que nous ayons une vue claire tant du but ou objet de la seconde venue de notre Seigneur que de la manière dont il sera révélé. Nous espérons que tous nos lecteurs actuels ont été Convaincus par la lecture du Volume 1 que le but de sa venue est de réconcilier avec Dieu quiconque veut, lorsqu'il les gouvernera, les enseignera et les disciplinera ; ce que l'Écriture appelle juger et bénir le monde. Considérer la manière de la venue et de l'apparition du Seigneur est, par conséquent, d'une importance capitale, avant d'aller plus en avant dans notre étude du temps de la moisson, etc. Il faut que le lecteur ait clairement présent à l'esprit le but du retour du Seigneur pendant qu'il en étudie la manière ; et tous les deux, lorsqu'il se met à étudier le temps. Cela est nécessaire pour contrebalancer les vues erronées qui préoccupent déjà de nombreux esprits, vues basées sur de fausses idées du but et de la manière de la venue du Seigneur.

            Saisissez et retenez le plus fermement possible le fait déjà démontré que le plan de Dieu, exécuté par Christ, est un tout harmonieux et que l’œuvre du second avènement est unie à l'œuvre du premier comme l'effet à la cause : c'est-à-dire que le grand travail de rétablissement lors du second avènement suit l'œuvre de la rédemption accomplie au premier avènement, comme une conséquence logique du plan divin. C'est pourquoi le retour du Seigneur est l'aurore de l'espérance pour le monde, le temps de dispensation des faveurs assurées par la rédemption, — l'Age de l'Évangile étant simplement une parenthèse durant laquelle l'épouse de Christ est choisie pour être associée avec son Seigneur dans le grand travail de rétablissement qu'il vient accomplir.

            Et comme l'Église de Christ, qui s'est développée durant l'Age de l'Évangile, doit être associée à son Seigneur durant le grand travail de rétablissement de l'Age Millénaire, le premier travail de Christ à son second avènement doit être le rassemblement de l'Église élue. C'est à cela que le prophète fait allusion quand il dit Psaume 50 : 5 : « Assemblez-moi mes saints, qui ont fait alliance avec moi par le sacrifice. » Ce temps de rassemblement ou de moisson se trouve dans la période de chevauchement des deux âges. Comme nous le démontrerons, c'est une période de quarante ans, qui, à la fois, termine l'âge de l'Évangile et introduit l'âge Millénaire (Vol 1, p. 242 — 244 ; 260 — 264 et la Carte des Ages). Cette période de la moisson n'a pas seulement pour but d'accomplir la séparation du froment d'avec l'ivraie dans l'église nominale, la récolte et la glorification de la classe du froment; mais elle doit aussi servir à brûler (détruire) l'ivraie, (comme ivraie ou imitation du froment, non comme individus : le feu est symbolique aussi bien que l'ivraie), la récolte et la destruction des fruits gâtés de « la vigne de la terre » (ambitions humaines, avidité et égoïsme), lesquels ont crû et mûri pendant des siècles dans les royaumes de ce monde et dans les diverses organisations humaines, civiles et sociales.

            Lorsque nous avons traité plus spécialement le but du retour de notre Seigneur, nous avons démontré qu'il viendra en personne ; permettez-nous encore de mettre le lecteur studieux en garde contre une confusion de pensées en considérant les deux expressions de notre Seigneur, contradictoires en apparence : « Voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde » (dionos, âge) et « Je vais vous préparer une place... et je reviendrai, et vous prendrai avec moi » Matthieu 28 : 20 ; Jean 14 : 2, 3. L'exemple suivant servira à illustrer l'harmonie de ces deux promesses : Un homme dit à son ami au moment de se séparer : N'oublie pas que je serai avec toi durant tout ton voyage ! Comment ? Ce n'est certainement pas en personne, puisqu'ils prenaient le train pour aller dans des directions opposées à des endroits différents. Son idée était que par l'affection, la pensée et l'intérêt qu'ils avaient l'un pour l'autre, ils ne seraient pas séparés. C'est ainsi, mais dans un sens plus élevé, que le Seigneur a toujours été avec son Église ; sa divine puissance le mettant à même de la surveiller, d'en diriger et d'en aider chaque membre, du premier au dernier. Mais nous ne considérons pas maintenant la présence du Seigneur avec nous dans ce sens figuré, nous considérons la manière dont se fera sa seconde présence et son apparition en personne « lorsqu'il viendra pour être, dans ce jour-là, glorifié dans ses saints et admiré dans tous ceux qui croient ».

            Les Écritures enseignent que Christ revient pour régner; qu'il doit régner jusqu'à ce qu'il ait mis tous les ennemis sous ses pieds, c'est-à-dire tout adversaire, toutes choses qui entraveraient le grand rétablissement qu'il vient accomplir — le dernier ennemi qui doit être détruit étant la mort 1 Corinthiens 15 : 25, 26 — et qu'il régnera mille ans. Nous trouvons par conséquent, comme nous devions nous y attendre, qu'une place beaucoup plus grande a été réservée, dans la prophétie, au second avènement, à ses mille ans de règne glorieux et au renversement du mal qu'aux trente-quatre années de sa première venue en vue de la rédemption. Et comme nous avons trouvé que la prophétie précise les différents points importants de ces trente-quatre ans, de Bethlehem et Nazareth jusqu'au fiel, au vinaigre, au partage des vêtements, à la croix, au tombeau et à la résurrection, de même, nous trouvons qu'elle indique également différents points des mille ans de la seconde présence, particulièrement leur commencement et leur fin.

            La seconde présence de notre Seigneur couvrira une période de temps beaucoup plus longue que la première. La mission de son premier avènement se termina en moins de trente-quatre ans ; tandis qu'il lui faudra mille ans pour accomplir l'œuvre déterminée de sa seconde présence. On peut d'ailleurs facilement voir que si l'œuvre du premier avènement était tout aussi importante que celle du second — voire si importante que sans elle l'œuvre du second avènement n'aurait jamais été possible — elle n'était cependant pas si variée que celle de celui-ci, et dès lors exigea moins de description.

            En étudiant ce qui a trait au second avènement, nous ne devons pas plus que pour le premier nous attendre à ce que toutes les prophéties désignent un moment de l'arrivée de notre Seigneur plus particulièrement rempli de faits remarquables, et qu'elles attirent l'attention de tous les hommes sur le fait de sa présence. Telle n'est pas la méthode habituelle de Dieu et tel ne fut pas le cas lors du premier avènement. La première venue du Messie ne fut marquée par aucune démonstration soudaine ou étonnante en dehors de l'ordre habituel des choses ; mais elle fut manifestée et prouvée par l'accomplissement graduel de la prophétie montrant à l'observateur attentif que les événements qui devaient être attendus s'accomplissaient en leur temps. Ainsi en sera-t-il à son second avènement. Il est moins important de découvrir le moment de son arrivée que de discerner le fait de sa présence lorsqu'il est arrivé, tout comme au premier avènement il fut beaucoup plus important d'être capable de discerner sa présence (et plus vite on le fit mieux cela valut), que de connaître la date de sa naissance. Lorsque l'on considère le second avènement, c'est l'acte de la venue et le moment de l'arrivée qui trop fréquemment préoccupent le plus tandis que c'est une période de présence, comme fut le premier avènement, qu'il faudrait constamment avoir devant l'esprit. Le moment précis où cette présence commence perdrait alors de son importance ; son but, par contre, et l'œuvre qui doit s'accomplir durant cette période de sa présence recevrait une plus grande considération.

            Il est également nécessaire de bien nous souvenir que notre Seigneur n'est plus un être humain ; qu'en tant qu'homme il se donna lui-même en rançon pour l'homme et qu'il ne devint homme que dans ce but même 1 Timothée 2 : 6 ; Hébreux 10 : 4, 5 ; 1 Corinthiens 15 : 21, 22. Il est maintenant souverainement élevé à la nature divine. C'est pourquoi Paul dit : « Si même nous avons connu Christ selon la chair, toutefois maintenant nous ne le connaissons plus [ainsi, Laus.}] » 2 Corinthiens 5 : 16. Il ressuscita des morts, en esprit vivifiant 1 Corinthiens 15 : 45 et non pas en homme, de la terre et terrestre. Il n'est plus en aucun sens ou à aucun degré un être humain ; car il ne faut pas oublier ce que nous avons appris (Vol. I, chap. X), que les différentes natures sont séparées et distinctes. Du moment qu'il n'est plus en aucun sens ou à aucun degré un être humain, nous ne devons pas nous attendre à le voir revenir comme un être humain, semblable à ce qu'il était à son premier avènement. Sa seconde venue se fera d'une manière différente aussi bien que pour un but différent.

        Remarquons le fait que le changement de notre Seigneur de la nature humaine à la nature divine après sa résurrection, fut un changement encore plus grand que celui qui eut lieu environ trente-quatre ans auparavant, lorsqu'il déposa la gloire de l'être céleste, et « fut fait chair ». Nous pouvons, avec grand profit, considérer très minutieusement chacune de ses actions durant les quarante jours qui s'écoulèrent après sa résurrection, avant qu'il s'en aille « auprès du Père », parce que durant ces quarante jours il est le Jésus ressuscité qui doit venir de nouveau, et non l'homme Christ Jésus qui s est donné lui-même en rançon pour nous, dans la mort. Celui qui fut mis à mort, être humain dans la chair, fut aussi, dans sa résurrection, rendu vivant, être spirituel. — 1 Pierre 3 : 18.*

            * Dans ce passage les mots “ quant à ” ou “ selon ” et “par ” ont été ajoutés par les traducteurs et induisent en erreur. Le texte grec se lit simplement : “ Mis à mort chair, rendu vivant esprit ”. Notre Seigneur mis à mort dans sa chair comme être humain, fut ressuscité de la mort être spirituel. Et puisque l'Église doit être “ changée ” pour être semblable à Christ, il est évident que le changement qui se produisit dans le Chef était semblable à celui qui est décrit comme étant réservé aux vainqueurs qui seront changés de la nature humaine à la nature divine et seront fait semblables à leur Seigneur, — “ participants de la nature divine ”. La description suivante du changement des saints est dès lors applicable aussi à leur Seigneur, savoir “ II est semé en déshonneur, il ressuscite en gloire ; il est semé en faiblesse, il ressuscite en puissance : il est semé corps animal, il ressuscite corps spirituel ”.

            A son second avènement il ne vient pas pour être assujetti aux autorités qui existent, pour payer le tribut à César et pour souffrir l'humiliation, l'injustice et la violence, mais il vient pour régner, pour exercer tout pouvoir dans le ciel et sur la terre. Il ne vient pas dans le corps de son humiliation, un corps humain qu'il prit pour souffrir la mort et qui était inférieur au corps glorieux qu'il avait auparavant Hébreux 2 : 9 ; mais il vient dans son corps spirituel qui est « l'empreinte de la personne du Père » Hébreux 1 : 3 ; car, à cause de son obéissance même jusqu'à la mort, il est maintenant souverainement élevé à la ressemblance et à la nature divines, et il a reçu un nom qui est au-dessus de tout nom, — celui du Père excepté Philippiens 2 : 9 ; 1 Corinthiens 15 : 27. L'apôtre montre « qu'il n'a pas encore été manifesté » à notre compréhension humaine ce qu'il est maintenant ; nous ne savons par conséquent pas ce que nous serons, quand nous lui serons faits semblables ; mais nous (l'Eglise), nous pouvons nous réjouir dans l'assurance d'être un jour avec lui, et semblables à lui, le voyant tel qu'il est 1 Jean 3 : 2, non dans l'humiliation comme il était à sa première venue, lorsqu'il avait déposé sa gloire première, étant devenu pauvre pour nous, afin que par sa pauvreté nous fussions enrichis.

            Si nous considérons la sagesse et la prudence des méthodes de notre Seigneur lorsqu'il manifesta sa présence à ses disciples après comme avant sa résurrection, cela peut nous aider à nous souvenir que la même sagesse sera déployée dans ses méthodes de révélation de lui-même à l'Église et au monde lors de son second avènement. Ces méthodes ne sont pas nécessairement similaires, mais dans chaque cas elles répondent très bien à son but ou objet qui n'est jamais d'alarmer et d'exciter les hommes, mais de les convaincre par une persuasion calme et raisonnée des grandes vérités qu'il veut leur faire saisir. Le premier avènement de notre Seigneur n'eut pas lieu pour effrayer, exciter ou alarmer personne. Considérez comme il vint tranquillement et sans en imposer ! Il vint si modestement que seuls ceux qui avaient la foi et l'humilité furent capables de reconnaître dans l'enfant d'humble naissance, dans l'homme de douleurs, dans l'ami des petits et des pauvres et finalement dans le crucifié, le Messie si longtemps attendu.

            Il est vrai que la manifestation de sa présence après sa résurrection a dû, conformément à la nature dès choses, avoir été un fait plus stupéfiant, surtout si le fait de la transformation de sa nature est pris en considération. Mais il fallait que le fait de sa résurrection et de son changement de nature fût pleinement manifesté, non pas alors à tout le monde, mais à des témoins choisis qui rendraient aux générations futures un témoignage digne de foi des faits qu'ils avaient vus eux-mêmes. Si tout le monde alors avait été informé de ces choses, le témoignage parvenu jusqu'à nos jours aurait été probablement beaucoup moins digne de confiance, étant tellement coloré et déformé par les idées des hommes et mélangé avec leurs traditions, que la vérité aurait paru presque ou tout à fait incroyable. Mais Dieu ne confia la vérité qu'à des témoins choisis, fidèles et dignes de foi. Remarquez, en lisant le récit de la résurrection et de la transformation de Christ, comme le but fut parfaitement atteint ; et combien la preuve qui leur en fut donnée fut claire, positive et convaincante. Remarquez aussi avec quelles précautions il manifesta et démontra ces grandes vérités à ses disciples, afin de ne pas les alarmer ou trop les exciter. Aussi pouvons-nous être certains que les mêmes sagesse, prudence et habileté seront déployées dans ses méthodes pour faire connaître le fait de sa glorieuse présence à son second avènement. Dans tous les cas, celui qui a le jugement calme et sain sera vite convaincu, alors qu'il sera nécessaire, pour le monde en général, qu'il soit amené par une sévère discipline à accepter le témoignage, tandis que ceux dont le cœur est accessible à la vérité en auront l'intelligence bénie plus tôt. Les preuves de la résurrection et de son changement à la nature spirituelle ne furent pas données à Ses disciples toutes à la fois, mais peu à peu selon qu'ils étaient capables de les supporter, et d'une manière calculée pour leur faire la plus profonde impression.

            Durant les trois ans et demi du ministère de notre Seigneur, ses disciples avaient sacrifié amis, réputation, affaires, etc., pour vouer leur temps et leur énergie à proclamer la présence du Messie et l'établissement de son royaume. Mais ils avaient nécessairement des idées confuses sur la manière et le temps de l'exaltation de leur Maître, ainsi que sur la promesse qu'il leur avait faite de leur exaltation avec lui. Une pleine connaissance n'était pas non plus nécessaire à ce moment-là ; il était tout à fait suffisant qu'ils suivissent fidèlement et pas à pas chaque nouvelle lumière ; c'est pourquoi le Maître les enseignait petit à petit, selon qu'ils étaient capables de le comprendre. Lorsque la fin de son ministère fut proche, il leur dit: « J'ai encore beaucoup de choses à vous dire ; mais vous ne pouvez les supporter maintenant. Mais quand celui-là, l'Esprit de vérité, sera venu, il vous conduira dans toute la vérité... il vous annoncera les choses à venir et vous rappellera toutes les choses que je vous ai dites ». — Jean 16 : 12, 13 ; 14 : 26.

            Qui peut décrire leur grand désappointement bien que dans la mesure du possible ils eussent été armés et préparés à cet effet, lorsqu'ils virent tout à coup saisi du milieu d'eux et ignominieusement crucifié comme un malfaiteur celui dont ils attendaient et annonçaient le royaume et la gloire, choses qui leur avaient semblé si près de se réaliser cinq jours seulement avant sa crucifixion Jean 12 : 1, 12-19. Quoiqu'ils le sussent faussement accusé et injustement crucifié, cela ne changeait rien au fait que leurs espérances nationales, si longtemps caressées, d'un roi juif venant restaurer leur nation en prestige et en influence et réaliser leurs propres espérances, ambitions et rêves, relativement à des charges importantes et à de grands honneurs dans ce royaume, étaient toutes soudainement ruinées par la tournure défavorable qu'avaient prise les choses dans la crucifixion de leur roi.

            Le Maître savait cependant fort bien combien ils seraient désolés, désemparés et perplexes, car c'est ainsi qu'il fut écrit par le Prophète : « Je frapperai le berger, et les brebis seront dispersées » Zacharie 13 : 7 ; Marc 14 : 27. Durant les quarante jours entre sa résurrection et son ascension, son principal souci fut, par conséquent, de les rassembler de nouveau et de rétablir leur foi en lui comme le Messie si longtemps attendu, en leur prouvant la réalité de sa résurrection et en leur révélant que depuis sa résurrection, bien qu'il conservât toujours la même personnalité, il n'était plus un être humain, mais un être spirituel, souverainement élevé, ayant « toute puissance dans le ciel et sur la terre. » — Matthieu 28 : 18.

            Il leur fit parvenir graduellement la nouvelle de sa résurrection, premièrement par les femmes (Marie de Magdala, et Jeanne, Marie la mère de Jacques, et Salomé, et d'autres avec elles — Marc 16: 1; Luc 24: 1, 10) qui étaient venues de grand matin au sépulcre pour embaumer son corps avec des aromates et des parfums. Pendant qu'elles se demandaient qui leur rouleraient la pierre de l'entrée du sépulcre, il se fit un tremblement de terre ; et lorsqu'elles y arrivèrent, elles virent la pierre déjà roulée et un ange du Seigneur assis dessus qui leur dit: “Pour vous ne craignez pas; car je sais que vous cherchez Jésus qui a été crucifié. Il n'est point ici; il est ressuscité comme il l'avait dit. Venez, voyez le lieu où il était couché, et allez promptement dire à ses disciples qu'il est ressuscité des morts. Et voici il vous précède en Galilée: c'est là que vous le verrez.” — Matthieu 28 : 5-7.

            II semble que Marie de Magdala quitta ses compagnes et courut le dire à Pierre et Jean (Jean 20 : 1, 2), tandis que les autres femmes allaient le raconter au reste des disciples. Après que Marie de Magdala les eût quittées et pendant qu'elles étaient en chemin, Jésus vint au-devant d'elles et leur dit (Matthieu 28 : 9, 10): “Salut !” Elles s'approchèrent pour saisir ses pieds et l'adorèrent. Alors Jésus leur dit : “Ne craignez pas ; allez dire à mes frères de se rendre en Galilée (leur demeure) : c'est là qu'ils me verront.” Avec crainte et joie, elles coururent le raconter aux autres disciples. Dans le tumulte de leurs sentiments, qui étaient un mélange de surprise, de perplexité, de joie, de crainte et de bouleversement général, elles avaient grand peine à trouver des mots pour raconter leur nouvelle étrange et merveilleuse. Lorsque Marie rencontra Pierre et Jean, elle leur dit tristement: “Ils ont enlevé du sépulcre le Seigneur et nous ne savons où ils l'ont mis” (Jean 20 : 2). Les autres femmes racontèrent alors comment, au Sépulcre, elles avaient eu une vision d'anges, leur annonçant qu'il était vivant (Luc 24 : 22, 23), et comment plus tard elles avaient rencontré le Seigneur sur le chemin. Matthieu 22 : 8, 10.

            La plupart des disciples accueillirent leur histoire simplement comme le produit d'une excitation superstitieuse; mais Pierre et Jean dirent: Allons-y et voyons par nous-mêmes. Marie retourna au sépulcre avec eux. Pierre et Jean virent que le corps n'y était plus et que le suaire était soigneusement plié et mis à part, tandis que la pierre avait été roulée loin de l'entrée. Ils s'en retournèrent consternés, tandis que Marie restait là en pleurant. Comme elle pleurait, elle se baissa pour regarder dans le sépulcre et elle vit deux anges qui lui dirent : “Femme, pourquoi pleures-tu ?” Elle leur répondit: “Parce qu'ils ont enlevé mon Seigneur, et je ne sais où ils l'ont mis.” Comme elle se retournait, elle vit Jésus debout, mais elle ne le reconnut pas. Il lui demanda “Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ?” Elle, pensant que c'était le jardinier, lui dit : “ Seigneur, si c'est toi qui l'as remporté, dis-moi où tu l'as mis, et je le prendrai”. Alors, avec le ton qui lui était si familier et qu'elle reconnut de suite, le Seigneur dit: “Marie !”

            Cela suffit pour fortifier sa foi dans ce que les anges lui avaient dit, savoir qu'il était ressuscité, ce qui jusque là lui avait 'semblé être un songe ou une histoire oiseuse; et dans sa joie elle s'exclama: “Maître !” Sa première impulsion fut de l'entourer de ses bras et de rester en sa présence. Mais Jésus l'informa doucement qu'elle avait maintenant une mission importante à accomplir: celle d'aller porter incessamment ce témoignage du fait de sa résurrection aux autres disciples qui étaient toujours dans la consternation et l'incertitude, afin de rétablir leur foi. Jésus lui dit: “Ne me touche [en grec haptomai, ne m'entoure] pas [ne t'attarde pas à me manifester davantage ton affection], car je ne suis pas encore monté vers mon Père [je serai encore avec vous pour un peu de temps]. Mais va trouver mes frères et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père ; vers mon Dieu et votre Dieu ” (Jean 20 : 17). Par les autres femmes aussi il avait envoyé le message qu'il les reverrait en Galilée.

            Là-dessus il rejoignit deux des disciples tristes et troublés qui allaient de Jérusalem à Emmaùs, et il s'enquit de la cause de leur tristesse et de leur abattement (Luc 24 : 13-35). L'un d'eux répondit: “Es-tu le seul qui, séjournant à Jérusalem, ne sache pas ce qui y est arrivé ces jours-ci ? — Quoi ? leur dit-il. — Et ils lui répondirent: Ce qui est arrivé au sujet de Jésus de Nazareth, qui était un prophète puissant en œuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple, et comment les chefs des prêtres et nos magistrats l'ont livré pour le faire condamner à mort et l'ont crucifié. Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël; mais avec tout cela, voici le troisième jour que ces choses se sont passées [Ici ils se souvenaient probablement de ce qu'il leur avait dit : Jean 2 : 19, 21, 22]. Il est vrai que quelques femmes d'entre nous nous ont fort étonnés: s'étant rendues de grand matin au sépulcre et n'ayant pas trouvé son corps, elles sont venues dire que des anges leur sont apparus et ont annoncé qu'il est vivant. Quelques-uns de ceux qui étaient avec nous sont allés au sépulcre, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l'avaient dit; mais lui, ils ne l'ont point vu.” Quoi d'étonnant à ce qu'ils fussent tous troublés; et comme tout leur paraissait étrange! Combien les événements des quelques derniers jours avaient été singuliers et saisissants !

            Alors, par de pénétrantes paroles, l'étranger leur démontra l'accomplissement des prophéties précisément par les choses qui les avaient tant abattus et que les prophètes avaient enseignées concernant le vrai Messie, lequel, avant de pouvoir gouverner, bénir et élever Israël et le monde tout entier, devait premièrement “avec sa propre vie” le racheter de la malédiction de la mort qui était venue sur tous les hommes par Adam; et qu'après sa résurrection et son élévation à la gloire par Jéhovah, leur Maître devait accomplir tout ce qui avait été prédit par les prophètes concernant sa gloire et son honneur futurs, aussi sûrement qu'il avait accompli les prophéties qui prédirent ses souffrances, son humiliation et sa mort. C'étaient là étonnant prédicateur et merveilleux sermon! Ces paroles suggéraient de nouvelles idées et ouvraient de nouvelles espérances. Comme ils arrivaient au village, ils le contraignirent de demeurer avec eux, parce que le soir approchait et que le jour était sur son déclin. Il entra donc pour rester avec eux. Pendant qu'ils étaient à table, il prit le pain, et après avoir rendu grâces, il le rompit et le leur donna. Alors leurs yeux s'ouvrirent, mais il disparut de devant eux.

            Ils ne l'avaient donc pas reconnu Jusqu'à ce moment-là, et pourtant ils avaient marché, causé et s'étaient mis à table ensemble. Ce n'est pas à son visage qu'ils le reconnurent, mais par le simple acte de bénir et de rompre le pain selon sa manière habituelle d'autrefois, rassurant ainsi leur foi dans ce qu'ils avaient déjà entendu — qu'il était ressuscité et les reverrait.

            Alors les deux disciples surpris et remplis de joie se levèrent à l'heure même et retournèrent à Jérusalem, se disant l'un à l'autre: “Notre cœur ne brûlait-il pas au dedans de nous, lorsqu'il nous parlait en chemin et nous expliquait les Écritures ?” Arrivés à Jérusalem, ils trouvèrent les autres disciples qui se réjouissaient également en disant: Le Seigneur est réellement ressuscité et il est apparu à Simon. Eux racontèrent ce qui leur était arrivé en chemin et comment ils l'avaient reconnu lorsqu'il avait rompu le pain. Probablement qu'ils étaient à peu près tous réunis ce soir-là, oubliant maisons, affaires et toutes les autres choses. Marie de Magdala, avec des larmes de joie, disait: Je l'ai reconnu au moment où il prononça mon nom; jusque-là je ne pouvais pas croire ce que m'assuraient les anges à propos de sa résurrection ; puis les autres femmes racontaient aussi leur merveilleuse expérience du matin et comment elles l'avaient rencontré en chemin. Simon avait, lui aussi, son histoire à raconter; et voici encore deux autres témoins arrivant d'Emmaùs. Quelle journée pleine d'événements ! Quoi d'étonnant à ce qu'ils aient désiré, après cela, se rencontrer le premier jour de chaque semaine, pour s'entretenir de ces choses et rappeler à leur mémoire toutes les circonstances se rapportant à ce prodigieux événement de la résurrection du Seigneur, pour que leur cœur “brûle” toujours à nouveau!

            Pendant que la petite société excitée et débordante de joie était ainsi assemblée, se racontant les uns aux autres leurs différentes expériences, le Seigneur Jésus lui-même parut soudain au milieu d'eux (Luc 24 : 36-49) et leur dit : “La paix "soit avec vous !”  D'où était-il venu ? Toutes les portes de la maison où ils étaient assemblés étaient fermées à cause de la crainte qu'ils avaient des Juifs (Jean 20 : 19, 26), mais il était apparu soudainement, sans que rien n'eût révélé son approche; ils en furent terrifiés au point qu'ils crurent voir un esprit. Mais il les rassura et leur dit de calmer leurs craintes; il leur montra ses mains et ses pieds en leur disant : “C'est bien moi; touchez-moi et voyez : un esprit n'a ni chair ni os, comme vous voyez, que j'ai”. Et tandis qu'ils ne croyaient pas encore tant leur joie et leur étonnement étaient grands, il leur dit: “Avez-vous quelque chose à manger ?” Ils lui présentèrent du poisson rôti, il en prit et en mangea devant eux. Alors il leur ouvrit l'entendement (“understanding"  — Trad.) les yeux de la pensée, et leur expliqua les Écritures, leur montrant par la loi et les prophètes que ces choses étaient arrivées exactement comme elles avaient été prédites. Mais Thomas était alors absent (Jean 20 : 24) ; aussi, lorsque les autres disciples lui dirent qu'ils avaient vu le Seigneur, il ne voulut pas croire, mais dit : “ Si je ne vois dans ses mains la marque des clous, et si je ne mets ma main dans son côté, je ne croirai point.”

            Huit jours s'étaient passés sans aucune manifestation nouvelle; ils avaient eu le temps de penser calmement et de s'entretenir ensemble des expériences de ce jour merveilleux, lorsque, étant de nouveau assemblés comme auparavant, Jésus se présenta au milieu d'eux absolument comme le premier soir en disant: “La paix soit avec vous !” (Jean 20 : 26). Cette fois, Thomas était présent, et le Seigneur s'adressant à lui, lui dit: “ Avance ici ton doigt, et regarde mes mains; avance aussi ta main et mets-là dans mon côté; et ne sois pas incrédule, mais crois!” Il montrait ainsi qu'il savait ce que Thomas avait dit, sans que cela lui eût été raconté; et il donnait cette preuve de sa résurrection à Thomas qui l'avait demandée pour pouvoir croire. Thomas répondit avec joie: “Mon Seigneur et mon Dieu !”

            Il dut se passer après cela un assez long intervalle avant qu'il y eût une nouvelle manifestation de la présence du Seigneur, et les disciples, qui étaient Galiléens commencèrent à penser à leur maison et à leur avenir; se souvenant en plus du message que le Seigneur leur avait adressé par les femmes, qu'il irait devant eux en Galilée, ils s'y rendirent. Probablement que le Seigneur les rencontra en chemin, sur une montagne, comme Matthieu le relate. Ils étaient extrêmement troublés; ils ne ressentaient plus à son égard la même familiarité qu'ils avaient autrefois; il leur semblait être tellement différent depuis sa crucifixion de ce qu'il était auparavant; il apparaissait et disparaissait en temps et lieux si particuliers et il ne ressemblait plus à “l'homme Christ Jésus”. C'est pour cela que Matthieu dit : “Ils se prosternèrent devant lui, mais quelques-uns eurent des doutes”. Après leur avoir dit quelques paroles, le Seigneur  “disparut” de leur présence et les laissa dans l'étonnement, se demandant ce qui allait encore arriver. Durant les premiers temps de leur retour en Galilée, rien d'extraordinaire ne se passa et il n'y eut aucune nouvelle indication de la présence du Seigneur. Sans doute ils s'assemblèrent maintes fois et s'entretinrent de la situation, s'étonnant de ce qu'il ne leur apparût pas plus fréquemment.

            Comme ils attendaient, les jours et les semaines leur semblaient longs. Ils avaient depuis longtemps laissé de côté les travaux ordinaires de la vie pour suivre le Seigneur de lieu en lieu, recevant ses instructions et prêchant aux autres: “Le Royaume des cieux est proche” (Matthieu 10 : 5-7). Ils ne désiraient pas retourner à leurs anciens travaux; cependant, comment devaient-ils procéder avec l'oeuvre du Seigneur ? Ils comprenaient assez clairement la situation pour voir qu'ils ne pouvaient prêcher plus longtemps que le royaume était arrivé, parce que tout le peuple savait que leur Maître et Roi avait été crucifié ; cependant personne d'autre qu'eux ne connaissait le fait de sa résurrection. Tandis que les onze étaient perplexes et inquiets, attendant quelque chose, sans trop comprendre quoi, Pierre leur dit : Nous ne pouvons pourtant pas rester oisifs; je vais retourner à mon ancien métier de pêcheur; et six des autres dirent : Nous ferons de même ; nous irons avec toi (Jean 21 : 3). Il est fort probable que le reste des disciples retournèrent également à leurs anciennes occupations.

            Qui pourrait douter que le Seigneur n'assistât souvent, quoique invisible, aux divers entretiens qu'ils eurent ensemble gouvernant et dirigeant le cours des circonstances, etc..., pour leur plus grand bien. S'ils avaient eu un grand succès et qu'ils se soient trouvés absorbés par leurs affaires, ils auraient bientôt été impropres au plus élevé service de même que s'ils n'avaient pas de succès, cela aurait pu paraître vouloir les forcer. Aussi le Seigneur adopta un plan par lequel il leur enseigna une leçon, comme il le fait souvent avec ses disciples, savoir: Qu'il peut diriger le succès ou l'insuccès de leurs efforts dans quelque direction que ce soit selon son bon plaisir.

            L'ancienne raison Sociale de pêcheurs réorganisée, ils prirent ensemble leurs bateaux, filets, etc., et sortirent pour faire leur première prise. Mais ils travaillèrent toute la nuit sans prendre de poisson et commencèrent à se sentir découragés. Le matin, un étranger les appelait du rivage pour connaître leur succès. Pauvre succès ! Nous n'avons rien pris, répondirent-ils. Essayez encore, dit l'étranger. Lancez maintenant vos filets de l'autre côté du bateau. C'est inutile, ami, nous avons essayé des deux côtés toute la nuit, et s'il y avait du poisson d'un côté, il y en aurait de l'autre. Toutefois pour vous le montrer, nous essayerons encore une fois. Ils firent ainsi et obtinrent une immense capture. Que c'est curieux! dirent quelques-uns; mais le vif et impressionnable Jean eut tout de suite la pensée exacte et dit : Frères, c'est le Seigneur; lui seul pouvait faire cela! Ne vous souvenez-vous pas la manière dont il a rassasié les foules, etc.? Ce ne peut être que le Seigneur qui est sur le rivage, ce n'est qu'un moyen choisi par lui pour se manifester à nous. Ne vous rappelez-vous pas qu'il fit exactement la même chose lorsqu'il nous appela pour la première fois ? Alors aussi nous avions travaillé toute la nuit sans rien prendre, quand il vint à nous en disant: “ Jetez vos filets pour pêcher ” (Luc 5 : 4-11). Oui, certainement c'est le Seigneur, bien que depuis sa résurrection nous ne puissions le reconnaître à son apparence, car maintenant il apparaît sous différentes formes. Mais nous le reconnaissons chaque fois par quelque circonstance particulière, semblable à celle-ci, qui nous rappelle un incident notoire de notre vie passée avec lui.

            Et, abordant au rivage, ils y trouvèrent Jésus avec du pain et du poisson; ils apprirent la leçon que sous sa direction, ses soins et à son service ils ne connaîtraient jamais le dénuement (Luc 12 : 29, 30). Ils ne lui demandèrent pas s'il était le Seigneur; car en cette occasion comme en d'autres, les yeux de leur entendement étant ouverts, ils le reconnurent, non pas à son apparence physique, mais à son miracle. Alors suivirent les enseignements de cette heure délicieuse pendant laquelle il rassura Pierre, lui montrant qu'il était toujours accepté, bien qu'il l'eût renié, lui, le Seigneur, vu sa repentance et ses pleurs. Pierre ressentait maintenant à nouveau l'amour de son Maître et le privilège qui lui était maintenu de paître ses brebis et ses agneaux. Il nous semble entendre le Seigneur lui dire: Tu n'as pas besoin de reprendre ton métier de pêcheur, Pierre ; je t'avais jadis appelé à être pêcheur d'hommes, et comme je sais que ton cœur est toujours loyal et zélé, je renouvelle ta mission de pêcheur d'hommes.

            Puis, en mangeant avec eux, “il leur commanda de ne pas s'éloigner de Jérusalem, mais d'attendre la promesse du Père, laquelle, dit-il, vous avez entendue de moi, c'est que si Jean a baptisé d'eau, vous, vous serez baptisés dans l'Esprit saint peu après ces jours-ci" (Actes 1 : 4, 5, Laus.). Ainsi, vinrent-ils à Jérusalem, comme il le leur avait dit, et ce fut là, quarante jours après sa résurrection, qu'il se rencontra et conversa avec eux pour la dernière fois. C'est à ce moment-là qu'ils prirent courage pour lui poser la question au sujet du royaume qu'il leur avait promis, et ils lui dirent: “Seigneur, est-ce en ce temps que tu rétabliras le royaume d'Israël ?” Cette pensée du royaume prédominait sur toutes les autres dans l'esprit de tout Juif. Israël, comprenaient-ils, devait être la principale des nations sous le Messie ; ils ne connaissaient rien des longs Temps des Nations ; ils ne voyaient pas encore que la bénédiction principale avait été enlevée à l'Israël selon la chair (Matthieu 21 : 43 ; Romains 11:7), et qu'eux-mêmes devaient être les membres d'Israël spirituel, la sacrificature * royale, la nation sainte par le moyen de laquelle, comme corps de Christ, les bénédictions parviendraient au monde. Ils ne comprenaient encore rien de ces choses. Comment l'auraient-ils pu ? Ils n'avaient pas encore reçu le saint Esprit d'adoption comme fils, mais étaient toujours sous la condamnation; car bien que le sacrifice de la rançon eût été accompli par le Rédempteur, il n'avait pas encore été formellement présenté en notre faveur dans le Très-Saint, dans le Ciel même (Jean 7 : 39). Par conséquent, notre Seigneur n'entreprit aucune explication en réponse à leur question, mais il dit simplement : “ Ce n'est pas à vous [maintenant] de connaître les temps et les saisons que le Père a réservés à sa propre autorité; mais vous recevrez la puissance* lorsque le saint Esprit viendra sur vous; et vous serez mes témoins à Jérusalem et dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'au bout de la terre.” — Actes 1 : 7, 8.

            * Cette puissance promise de connaître et de comprendre les temps et les saisons, comme toutes les choses appartenant à un véritable témoignage, s'applique à l'Église entière, du premier au dernier de ses membres ; et sous la conduite et la puissance du saint Esprit, il est pourvu à une nourriture au temps convenable pour chaque trait du plan, afin qu'en tout temps nous puissions être ses témoins jusqu'à la fin de cet âge. Jean 16 : 12, 13.  

            Le Seigneur marchait avec eux, lorsqu'ils furent arrivés au mont des Oliviers, il éleva les mains et les bénit; puis il fut séparé d'eux et élevé en leur présence, et une nuée le déroba à leurs yeux (Luc 24 : 48-52; Actes 1 : 6-15). Ils commençaient maintenant à voir un peu plus du plan de Dieu. Le Seigneur, qui était descendu du ciel, était retourné au Père, comme il le leur avait dit avant sa mort. Il était allé leur préparer une place et il reviendrait pour les prendre avec lui. Il s'en était allé au loin pour recevoir le royaume promis et revenir ensuite (Luc 19 : 12) ; en attendant, ils devaient être ses témoins sur toute la terre afin d'appeler et de préparer un peuple pour le recevoir lorsqu'il viendrait pour être glorifié dans ses saints et pour régner comme Roi des rois et Seigneur des seigneurs. Ils comprenaient que leur nouvelle mission de proclamer à toute créature un roi venant du ciel, avec toute puissance dans le ciel et sur la terre, était une œuvre beaucoup plus importante que celle des années précédentes où ils annonçaient l'homme Christ Jésus et où ils le suivaient, lui, le méprisé et le rejeté des hommes. Leur Seigneur ressuscité était en effet changé, non seulement dans son apparence personnelle, apparaissant une fois dans tel lieu et de telle manière et une autre fois dans un autre lieu et d'une autre manière pour manifester sa toute-puissance, mais il était aussi changé dans sa nature. II ne s'adressait plus aux Juifs et ne se montrait plus lui-même a eux; car depuis sa résurrection personne ne l'avait vu en aucun sens, excepté ses amis et ses disciples. Sa parole : “Encore un peu de temps et le monde ne me verra plus” s'était accomplie à la lettre.

            C'est de cette manière que la foi des apôtres et de l'église primitive fut établie sur le fait de la résurrection du Seigneur. Leurs doutes étaient écartés et leurs cœurs réjouis; ils retournèrent à Jérusalem et persévéraient dans la prière, les supplications et l'étude des Écritures, attendant la filiation promise par le Père, le don de la compréhension spirituelle et les dons spéciaux de puissance pour opérer des miracles, ce qui devait les rendre capables de convaincre les vrais Israélites et d'établir l'Église de l'Évangile au jour de la Pentecôte. — Actes 1 : 14 ; 2 :1.

            II est vrai que notre Seigneur à son second avènement ne manifestera pas sa présence de la même manière qu'il l'a fait durant les quarante jours après sa résurrection ; mais nous avons cependant sa promesse que les “ frères ne seront pas dans les ténèbres ” (1Thessatoniciens 1 : 4). Et qui plus est, nous aurons une assistance qu'ils n'ont pas eue et ne pouvaient avoir pendant ces quarante jours, savoir “ la puissance d'en-haut ” pour nous montrer les choses à venir. C'est pourquoi nous aurons, au temps voulu, l'entière compréhension de la manière, du temps et des différentes circonstances qui accompagnent son apparition, choses qui, si nous les attendons et les observons Soigneusement, ne seront pas moins convaincantes que ne le furent les preuves de la résurrection de notre Seigneur fournies: à l'Église primitive, quoique de façon toute différente.

            Que notre Seigneur, à son second avènement, puisse prendre la forme humaine et apparaître ainsi aux hommes, comme il le fit à ses disciples après sa résurrection, cela ne laisse aucun doute ; non seulement parce qu'il est apparu ainsi sous une forme humaine pendant ces quarante jours, mais aussi parce que des êtres spirituels ont autrefois manifesté leur pouvoir d'apparaître aux hommes en chair et sous des formes variées. Mais une manifestation semblable serait hors d'harmonie avec te caractère général du plan de Dieu, aussi bien qu'avec les indications scripturales qu'il nous a données concernant la manière dont il doit se manifester, comme nous le verrons. Par contre, le plan du Seigneur est que son royaume spirituel communiquera, réalisera et manifestera sa présence et sa puissance par le moyen d'agents terrestres humains. Tout comme Satan, le prince; de ce monde, bien qu'invisible à l'homme, n'exerce pas moins une grande influence dans ce monde par ceux qui lui sont soumis, qui sont possédés de son Esprit et gouvernés par lui, ainsi le nouveau Prince de la paix, le Seigneur, opérera principalement en des êtres humains et manifestera sa présence et son pouvoir au moyen d'agents humains, ses sujets, possédés et dirigés par son esprit.

            Voir avec l'œil naturel et entendre avec l'oreille naturelle n'est pas tout ce que l'on comprend sous ces termes voir, entendre. “Personne ne vit jamais Dieu” et pourtant tout enfant de Dieu l'a vu, l'a connu et a eu communion avec lui (Jean 1 : 18 ; 5 : 37 ; 14 : 7). Nous entendons l'appel de Dieu, notre haut appel céleste et nous entendons la voix de notre Berger; nous regardons constamment à Jésus et voyons le prix, la couronne de vie qui nous est promise, non par notre vue et par notre ouïe naturelles, mais par notre compréhension. Il est beaucoup plus précieux pour nous de voir par les yeux de notre compréhension et de notre foi notre Seigneur glorifié, comme étant le Roi de gloire spirituel, hautement élevé, notre Rédempteur aussi bien que notre Roi, que de le voir avec les yeux naturels comme le virent les disciples avant la Pentecôte.

            Il y avait une nécessité pour que le Seigneur apparût à ses disciples comme il le fit après sa résurrection, nécessité qui n'existera pas à son second avènement, son but alors sera mieux servi d'une manière différente. En fait, s'il était apparu ainsi à son second avènement, cela eût été au détriment du dessein qui doit s'accomplir alors. Son but, en apparaissant à ses disciples, après sa résurrection, était de les convaincre que celui qui était mort est vivant pour toujours, afin qu'eux pussent aller comme témoins proclamer sa résurrection (Luc 24 : 48), et que leur témoignage pût être un sûr fondement pour la foi des générations à venir. Puisque nul homme ne peut être agréable à Dieu, ni recevoir le saint Esprit d'adoption sans la foi en Christ, il était nécessaire non seulement pour les disciples d'alors, mais pour tous depuis ce moment-là, que les preuves de sa résurrection et de son changement fussent telles que l'homme naturel pût les saisir et les apprécier. Après qu'ils eurent été faits participants du saint Esprit et qu'ils purent comprendre les choses spirituelles (voyez 1 Corinthiens 2 : 12-16), ils auraient pu croire les anges au sépulcre par rapport à la résurrection du Seigneur, même s'ils avaient vu le corps de chair de l'homme Christ Jésus demeurant encore dans la tombe ; mais avant, cela n'était pas possible ; il fallait que le corps fût enlevé pour qu'ils pussent croire à la possibilité de sa résurrection. Après que le saint Esprit les eut rendus capables de discerner les choses spirituelles, ils auraient pu croire au témoignage des prophètes que Jésus devait mourir, ressusciter d'entre les morts et être souverainement élevé comme Roi de gloire, sans qu'il eût besoin d'apparaître comme homme et de revêtir diverses formes humaines, afin qu'ils pussent le toucher et le voir monter au ciel. Il fallait tout cela pour les disciples, comme il le faut pour tous les hommes naturels. Par la foi nous venons à Dieu par Christ, et recevons la rémission de nos péchés et l'Esprit de filiation pour comprendre les choses spirituelles.

            Même lorsqu'il éloignait d'eux ou de leur foi les obstacles naturels, en prenant une forme humaine, etc., ce n'était pas par une vue naturelle ou parce qu'ils pouvaient le toucher de leurs mains que notre Seigneur persuadait ses disciples et les rendait propres à être des témoins pour d'autres, mais en raisonnant avec eux, en s'appuyant sur les Écritures: “II leur ouvrit l'entendement, pour qu'ils comprissent les Écritures. Et il leur dit: C'est ainsi qu'il est écrit et c'est ainsi qu'il fallait que le Christ souffrît et qu'il se relevât d'entre les morts le troisième jour et qu'on prêchât en son nom la conversion et le pardon des péchés parmi toutes les nations en commençant par Jérusalem. “ Or, vous êtes témoins de ces choses” (Luc 24 : 45-48 Laus.). Pierre, lui aussi, parle clairement de cela lorsqu'il dit: a Dieu l'a réveillé le troisième jour, et il l'a donné pour être manifesté, NON A TOUT LE PEUPLE, mais aux témoins auparavant désignés de Dieu, à nous qui mangeâmes et bûmes avec lui, après qu'il se fut relevé d'entre les morts ; et il nous a commandé de prêcher au peuple, et d'attester que c'est lui [le Jésus ressuscité] qui a été déterminé de Dieu, comme juge des vivants et des morts.” — Actes 10 : 40-42, Laus.

            Pour notre Seigneur, après sa résurrection, ce n'était simplement qu'une question d'utilité sur la manière dans laquelle son apparition accomplirait le mieux son intention de leur faire connaître sa résurrection et son changement de nature. S'il était apparu dans une flamme de feu, comme l'ange apparut à Moïse dans le buisson ardent (Exode 3 : 2), il aurait bien pu converser avec eux; mais la preuve donnée de cette manière aurait été loin d'être aussi convaincante que la méthode qu'il avait adoptée pour les apôtres et pour le monde en général, pour lequel ils devaient en être les témoins.

            S'il était apparu dans la gloire de sa nature spirituelle, comme l'ange le fit pour Daniel (Daniel 10 : 5-8), cette gloire aurait été telle que les témoins n'auraient pu la supporter. Il est probable qu'ils en auraient été trop épouvantés pour pouvoir recevoir ses instructions. A aucun d'eux, excepté à Paul, le Seigneur ne se révéla de cette manière; et Paul fut tellement éprouvé par l'éclat de sa gloire, qu'il fut jeté par terre et aveuglé par cet éclat qui surpassait celui du soleil en plein midi.

            Dans l'examen que nous avons fait de la méthode de manifestation adoptée par le Seigneur durant ces quarante jours, nous avons vu qu'il jugea bon de ne se montrer sous une forme visible que très rarement, même aux témoins choisis, et encore dans un espace de temps très court. Si le temps entier pendant lequel ils le virent, avait été rassemblé en un jour au lieu de s'être passé par intervalles pendant les quarante jours, ses manifestations auraient à peine rempli douze heures en tout ou 1/80 de ce temps entier. Cela étant, il est évident qu'il fut présent avec eux, bien qu'invisible, environ les 79/80 de cette période de quarante jours. Et même lorsqu'il se manifesta, il ne prit jamais (excepté une fois pour Saint Thomas) une forme semblable à celle qu'ils avaient intimement connue pendant trois ans et qu'ils avaient encore vue peu de jours auparavant. Il n'est pas suggéré une seule fois qu'ils le reconnurent aux traits familiers de son visage, ou qu'il eut une seule fois la même apparence dans ses diverses manifestations.

            Marie supposa qu'il était le “jardinier”; pour les deux disciples qui allaient à Emmaüs il fut  "un étranger", ainsi que pour les pêcheurs sur la mer de Galilée et pour les onze dans la chambre haute. Chaque fois il fut reconnu à ses actes, ses paroles ou aux intonations familières de sa voix.

            Lorsque Thomas déclara que la seule preuve acceptable pour lui serait de le voir et de le toucher, le Seigneur, bien qu'il ait fait droit à cette demande, le réprouva doucement en disant: “Parce que tu m'as vu, tu as cru : bienheureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru ! ” (Jean 20 : 27-29). La preuve ta plus forte était celle qui ne s'adressait pas à la vue naturelle; et ceux qui sont ainsi dans l'attitude de recevoir la vérité par n'importe quels témoignages il plaît à Dieu de la fournir sont plus particulièrement bénis.

            Il leur montrait ainsi non seulement qu'il avait désormais le pouvoir d'apparaître de diverses manières et sous diverses formes, mais encore que pas un de ces corps, sous lesquels ils le voyaient, n'était son corps glorieux et spirituel, bien que par ce moyen le fait de sa résurrection et de sa présence leur fût manifesté. Les différentes formes qu'il prit et les longs intervalles de sa présence invisible pendant lesquels il ne se manifestait pas, prouvèrent bien le fait que si leur Seigneur et Maître était vivant et n'était pas encore monté vers le Père, il était alors un être spirituel, réellement invisible à toute vue humaine, mais ayant la faculté de manifester sa présence et son pouvoir sous une variété de formes, selon qu'il lui plaisait. *

            * L'événement rapporté par Luc (4 : 30) ne doit pas être regardé comme un cas parallèle à ses apparitions et disparitions après sa résurrection. Ce ne fut pas une disparition dans le sens de devenir invisible au peuple, il fit seulement un mouvement prompt et adroit, par lequel il évita les intentions meurtrières de ses ennemis. Avant qu'ils eussent pu exécuter leur plan de le mettre a mort, il se détourna et passa au milieu d'eux, nul homme n'ayant le courage ou le pouvoir de le molester, parce que son heure n'était pas encore venue.  

            La création du corps et du vêtement avec lequel il leur apparut dans la chambre même où ils étalent assemblés est une preuve indiscutable que Christ n'était plus en aucun sens un être humain, quoiqu'il ait assuré à ses disciples que le corps qu'ils voyaient et que Thomas toucha, était un véritable corps de chair et d'os et non une simple vision ou apparition. **

            ** Nous ne voulons pas laisser supposer un instant que nous faisons cause commune avec le spiritisme, le sweden-borgianisme ou aucun autre isme ; nous suivons simplement et logiquement ce que nous connaissons des récits apostoliques Nous discernons clairement l’extrême différence entre l'enseignement de la Bible et ses contrefaçons promulguées par Satan sous le nom de spiritisme, ce que nous examinerons dans un volume suivant. Qu'il suffise ici de montrer que le spiritisme affecte de mettre en communication les hommes morts avec les hommes vivants, tandis que la Bible condamne cela (Esaïe 8 : 19) et enseigne que de semblables communications, quand elles étaient véritables, n'eurent lieu que par des êtres spirituels, comme les anges ou par notre Seigneur ; non pas par notre Seigneur pendant qu'il était l'homme Christ Jésus, ni pendant qu'il était mort, mais seulement après son changement de la résurrection, lorsqu'il fut devenu un “ esprit vivifiant ”.

            Comme être humain, il n'aurait pu venir dans la chambre sans ouvrir la porte; mais comme être spirituel il le pouvait et cela à l'instant, se créant et prenant le corps de chair et le vêtement qu'il fallait pour le but qu'il s'était proposé.

            Nous ne pouvons admettre un instant ce qui est suggéré par quelques-uns, que notre Seigneur ouvrit la porte sans être vu ; par tout ce qui est dit sur ce sujet, il est clair qu'il est venu et qu'il s'est présenté au milieu d'eux pendant que les portes étaient fermées : — probablement très soigneusement barrées et verrouillées “par la crainte qu'ils avaient des Juifs”. — Jean 20 : 19, 26.

            La leçon de son changement de nature fut encore plus accentuée par Sa manière de les quitter; “il disparut de devant eux”. Le corps humain de chair et d'os, etc., et le vêtement qui apparaissaient subitement, tandis que les portes étaient fermées, ne sortaient pas par la porte, mais disparaissaient simplement ou se dissolvaient dans les mêmes éléments desquels il les avait créés un moment auparavant. Il disparaissait de leur présence et n'était plus vu par eux lorsque la chair, les os et les vêtements dans lesquels il s'était manifesté avaient été dissous, bien qu'on ne puisse douter qu'il continuât à être présent avec eux invisiblement. C'est de cette manière qu'il fut avec eux la plus grande partie du temps pendant ces quarante jours.

            En des occasions spéciales, pour des instructions particulières, Dieu accorda un pouvoir semblable à d'autres êtres spirituels, à des anges, les rendant capables d'apparaître comme hommes dans des corps de chair et d'os, de manger et de s'entretenir avec ceux qu'ils instruisaient, de la même manière que le fit notre Seigneur (Genèse 18 ; Juges 6 : 11-22 ; 13 : 3-20 et l'explication qui en est donnée dans le Volume I, pages 213 à 216).

            Le pouvoir, manifesté par notre Seigneur et par les anges de créer et de dissoudre les vêtements dans lesquels ils apparaissaient, était tout aussi surhumain que celui de créer et de dissoudre les corps humains qu'ils avaient pris : et ces corps n'étaient pas plus leurs glorieux corps spirituels que les vêtements qu'ils portaient. Nous rappelons que la robe sans couture et les autres vêtements que notre Rédempteur portait avant sa crucifixion avaient été partagés entre les soldats romains, et que le linceul, les bandes et le linge du tombeau avaient été laissés, pliés à part, dans le sépulcre (Jean 19 : 23, 24; 20 : 5-7). Il fallait donc que les vêtements avec lesquels il apparut dans les occasions mentionnées plus haut fussent créés spécialement et probablement appropriés à chaque occasion. Par exemple, lorsqu'il apparut à Marie comme un jardinier, il est probable qu'il portait des habits ressemblant à ceux d'un jardinier.

            Les différents corps avec lesquels notre Seigneur apparut furent réellement des corps humains et non de simples illusions; il le fit comprendre à ses disciples lorsqu'il mangea avec eux et les invita à le toucher et à voir que son corps était réellement de chair et d'os, en disant: Pourquoi êtes-vous troublés ?... Voyez mes mains et mes pieds; touchez-moi et voyez: un esprit n'a ni chair ni os comme vous voyez que j'ai.

            Certains chrétiens tirent d'absurdes conclusions de ces paroles de notre Seigneur ayant rapport à la réalité du corps de chair et d'os qu'il avait pris. Ils prennent ce corps pour son corps spirituel, et déclarent qu'un corps spirituel est de chair et d'os, exactement semblable à un corps humain, en exceptant toutefois quelque chose d'indéfinissable qu'ils appellent esprit et qui coulerait à travers les veines à la place du sang. Ils semblent mépriser la déclaration de Jésus qu'un esprit n'a ni chair ni os, et que par conséquent ce corps-là n'était pas un corps spirituel. Oublient-ils jusqu'aux paroles de Jean: que ce qu'un corps Spirituel est n'a pas encore été manifesté, et que nous ne pouvons savoir comment il est avant que nous soyons changés et faits semblables à Jésus et qu'alors nous le verrons, non tel qu'il était, mais tel qu'il est ? (1 Jean 3 : 2) Oublient-ils aussi les paroles catégoriques de l'apôtre Paul, que  “la chair et le sang ne peuvent hériter le royaume de Dieu”; et son assurance que, par conséquent, tous les héritiers avec Christ doivent également être changés” ? — 1 Corinthiens 15 : 50, 51.

            Beaucoup de chrétiens croient que le glorieux corps spirituel de notre Seigneur est le même corps qui fut crucifié et déposé dans le sépulcre de Joseph; ils espèrent, lorsqu'ils verront le Seigneur dans la gloire, pouvoir l'identifier, le reconnaître par les cicatrices qui lui furent faites au Calvaire. Ceci est une grande erreur qu'un peu de réflexion seulement suffit à démontrer. Premièrement cela prouverait que son corps ressuscité n'est pas glorieux ou parfait, mais défiguré par des cicatrices. Deuxièmement, cela prouverait que nous savons ce qu'est un corps spirituel, malgré la déclaration contraire de l'apôtre. Troisièmement, cela prouverait que le prix de notre rédemption fut repris, car Jésus dit: Je donne ma chair pour la vie du monde. Ce fut sa chair, sa vie comme homme, son humanité, qu'il sacrifia pour notre rédemption. Et lorsqu'il fut de nouveau ressuscité à la vie, par le pouvoir du Père, ce ne fut pas à une existence humaine, parce qu'il l'avait sacrifiée pour payer notre rançon. Si donc ce prix de la rançon avait été repris, nous serions encore sous la condamnation de la mort et sans espérance.

            Nous n'avons pas plus raison de supposer que le corps spirituel de notre Seigneur est depuis sa résurrection un corps humain, que de supposer que son corps spirituel avant sa première venue fut humain ou que d'autres êtres spirituels ont des corps humains; car un esprit n'a ni chair ni os, et l'apôtre Pierre dit que Jésus “a été mis à mort chair, mais rendu vivant esprit.”

            Le corps humain de notre Seigneur fut cependant enlevé d'une manière surnaturelle de la tombe parce que, s'il y était resté, il aurait été un obstacle insurmontable à la foi des disciples qui n'étaient pas encore instruits dans les choses spirituelles, car l'Esprit n'était pas encore donné (Jean 7 : 39). Nous ne savons rien de ce qu'il advint, si ce ce n'est que Son corps ne sentit pas la corruption (Actes 2 : 27, 31). S'il fut dissous en gaz, ou s'il est encore préservé quelque part comme un grand mémorial de l'amour de Dieu, de l'obéissance de Christ et de notre rédemption, personne ne le sait; et d'ailleurs il n'est pas nécessaire de le savoir. Nous avons l'assurance que Dieu cacha miraculeusement le corps de Moïse (Deutéronome 34 : 6; Jude 9) ; nous savons de plus qu'il préserva miraculeusement de la corruption, comme un mémorial, un vase plein de manne qui fut placé dans l'arche du tabernacle sous le propitiatoire et que cette manne symbolisait la chair de notre Seigneur, le pain du ciel (Exode 16 : 20, 33 ; Hébreux 9 : 4; Jean 6 : 51- 58). Nous ne serions, par conséquent, point du tout surpris si dans le Royaume Dieu montrait au ; monde le corps de chair crucifié pour tous comme rançon en leur faveur, ce corps dont il ne permit pas la corruption mais qu'il préserva comme un témoignage éternel de l'amour infini et de l'obéissance parfaite. Il est du moins possible que Jean 19 : 37 et Zacharie 12 : 10 puissent s'accomplir dans ce sens et que ceux qui criaient : Crucifie-le puissent encore, comme témoins, identifier le corps même percé par la lance et meurtri par les clous et les épines.

            Considérer le corps glorieux de notre Seigneur comme un corps de chair n'expliquerait en rien ses apparitions particulières et soudaines durant les quarante jours qui précédèrent son ascension. Comment pouvait-il apparaître et disparaître si subitement ? Comment se fit-il qu'il ne se montra presque jamais durant ces quarante jours ? Et pourquoi ses apparitions étaient-elles chaque fois si différentes qu'il ne fut jamais reconnu comme étant le même qui était apparu précédemment, ou comme celui qui était si bien connu et tant aimé avant sa crucifixion peu de jours seulement auparavant ?

            Il ne sert à rien de dire que ses apparitions étaient des miracles, car il faudrait alors en démontrer la nécessité ou l'utilité. Si après sa résurrection, son corps avait été de chair et d'os, le même qui fut crucifié, avec tous ses traits et ses cicatrices, pourquoi aurait-il opéré des miracles qui non seulement n'établissaient pas ce fait, mais enseignaient bien plutôt le contraire, savoir, que lui-même n'était plus un être humain de chair et d'os, mais un être spirituel qui pouvait aller et venir comme le vent, de sorte que personne ne pouvait dire d'où il venait, ni où il allait, et qui, pour les instruire, apparaissait comme homme, dans différents corps de chair et d'os qu'il créait et dissolvait selon l'occasion du moment ?

            Avant Sa crucifixion, notre Seigneur avait vécu en termes d'intimité avec ses disciples, mais après sa résurrection, bien qu'il ne les aimât pas moins, il se comportait avec eux d'une manière plus réservée. Son but était sans doute de les impressionner plus fortement par la dignité et l'honneur de sa haute exaltation, de leur inspirer la révérence due à sa personne et à son autorité. Bien que, comme homme, Jésus n'ait jamais manqué au maintien de la dignité qui commande le respect, une plus grande réserve était nécessaire et appropriée après son changement à la nature divine. Une telle réserve a toujours été maintenue par Jéhovah vis-à-vis de ses créatures et elle est appropriée vu les circonstances. Cette réserve se remarqua dans toutes les entrevues de notre Seigneur avec ses disciples, après sa résurrection. Celles-ci furent très courtes, ainsi qu'il leur avait dit: Je ne vous parlerai plus guère. — Jean 14 : 30.

            Ceux qui croient que notre Père céleste est un esprit et non un homme ne devraient éprouver aucune difficulté à comprendre que notre Seigneur Jésus, qui est maintenant élevé à la nature divine et qui n'est pas seulement à la ressemblance morale de Dieu, mais qui est réellement l'empreinte de la personne du Père, n'est plus un homme, mais un être spirituel que nul homme n'a vu ni ne peut voir sans un miracle. Il est aussi impossible pour les hommes de voir la gloire découverte de notre Seigneur qu'il leur serait impossible de contempler Jéhovah. Pensons un moment comment le simple reflet de la gloire spirituelle affectèrent Moïse et Israël au Sinaï (Hébreux 12 : 21 ; Exode 19; 20 : 19-21 ; 33 : 20-23 ; 34 : 29-35). Ce spectacle était si terrible, si accablant et effrayant, que Moïse dit: je suis épouvanté et tout tremblant! De plus, quoique Moïse eût été surnaturellement fortifié pour recevoir et écrire la loi divine (Exode 34 : 28) et pour contempler la gloire du Seigneur, de manière qu'il put rester sans nourriture et boisson quarante jours et quarante nuits, seul avec Dieu, couvert par sa gloire, cependant lorsqu'il désira voir l'Éternel face à face, il lui fut dit: “ Tu ne peux pas voir ma face, car l'homme ne peut me voir et vivre" (Exode 33 : 20. Par conséquent, tout ce que Moïse vit était une apparence représentant Dieu ; rien de plus n'était possible. Ceci s'accorde également avec les paroles de l'apôtre : Personne n'a jamais vu Dieu: il est le Roi immortel, invisible, que nul homme n'a vu, ni ne peut voir, (1 Timothée 6 : 15, 16) ; mais que les êtres spirituels puissent voir et effectivement voient Dieu, qui est Lui-même un être spirituel, cela est clairement dit dans Matthieu 18 : 10.

            Si notre Seigneur est toujours l'homme Christ Jésus qui s'est donné lui-même en rançon pour tous (1 Timothée 2 : 5, 6), si après avoir subi la mort dans la chair, il est ressuscité de nouveau dans la chair et non pas comme l'apôtre le déclare, un esprit vivifiant, alors au lieu d'être élevé au-dessus des anges et au-dessus de tout nom qui se peut nommer dans les cieux et sur la terre, il est encore un homme. S'il a conservé la forme de serviteur qu'il avait prise afin de pouvoir souffrir la mort pour tous, et s'il est toujours un peu moindre que les anges, il ne peut jamais voir Dieu. Combien une telle manière de voir est déraisonnable lorsque nous l'examinons soigneusement à la lumière du témoignage apostolique. Pensez de même que si la chair de notre Seigneur, qui fut percée par les clous et la lance, blessée par la couronne d'épines et marquée par l'affliction, est son corps Spirituel glorieux, si les cicatrices et les traits humains défigurés sont des parties intégrantes du Seigneur souverainement élevé, il serait loin d'être beau, lors même que nous aimerions les blessures endurées pour. nous. S'il possède un corps ainsi cicatrisé et imparfait, et si, nous devons lui être faits semblables, cela n'impliquerait-il pas que les apôtres et les saints qui ont été crucifiés, décapités, lapidés, brûlés, coupés en morceaux et déchirés par les bêtes féroces, ainsi que ceux qui sont morts par accident, porteraient chacun leurs cicatrices et les marques de leurs blessures ? Et avec cette manière de voir y aurait-il un spectacle plus horrible que celui que présenterait le ciel pendant toute l'éternité ? Mais il n'en est pas ainsi, et personne ne pourrait conserver longtemps une manière de voir si déraisonnable et antibiblique. Les êtres spirituels sont des êtres parfaits en tous points ; l'apôtre, du reste, rappelle à l'Église, qui est l'héritière de la gloire et des honneurs, spirituels ou célestes, que, quoique semé en faiblesse (avec des marques et blessures, etc.], il [l'être] ressuscite en puissance ; quoique 'semé en déshonneur [avec des traits de soucis et d'affliction, etc.], il ressuscite en gloire ; quoique semé corps naturel [litt. “corps animal ”], il ressuscite corps spirituel ; et que de la même manière que nous avons porté l'image du père terrestre nous porterons l'image du Seigneur céleste (1 Corinthiens 15 : 42-51). Notre Seigneur Jésus prit et porta aussi pour un moment l'image du terrestre, en notre faveur, afin de pouvoir nous racheter. Mais par sa résurrection il devint le Seigneur céleste (Romains 14 : 8), et nous, si nous sommes fidèles, nous porterons bientôt l'image du Seigneur céleste (des corps spirituels), comme nous portons encore l'image du seigneur terrestre, Adam (des corps humains).

            Rappelez-vous le cas de Paul: pour qu'il pût être un des apôtres, il dut être un témoin, il dut voir le Seigneur après sa résurrection. N'ayant pas été un de ceux qui virent les manifestations de sa résurrection et de sa présence pendant les quarante jours, il lui fut donné une vue spéciale et rapide du Seigneur. Mais il ne le vit pas comme le virent les autres, voilé par la chair et sous des vêtements de formes diverses. Le simple regard de la personne glorieuse, découverte de notre Seigneur fit qu'il fut jeté par terre, aveuglé par une gloire dont l'éclat surpassait de beaucoup celui du soleil en plein midi. Pour le guérir de cet aveuglement, ne fût-ce même qu'en partie, il fallait un miracle (Actes 9 : 17,18). Paul ne vit-il pas le Seigneur tel qu'il est — un être spirituel ? Et notre Seigneur n'apparut-il pas durant les quarante jours tel qu'il était, c'est-à-dire tel qu'il avait été précédemment, pour les desseins et les raisons spéciales déjà indiquées ? Il ne peut y avoir là aucun doute. Mais le Seigneur avait un but en apparaissant ainsi à Paul comme il avait son but en apparaissant différemment aux autres. Ce but, Paul le montre en disant : “ Après eux tous, il m'est aussi apparu — comme à quelqu'un né avant le propre temps (1 Corinthiens 15 . 8, trad. litt.). Comme la résurrection de Jésus fut sa naissance de la mort à la pleine perfection de l'être spirituel (Col. 1 : 18 ; Romains 8 : 29), ainsi la résurrection de l'Église, le corps de Christ, est indiquée ici et ailleurs comme une naissance. Dans notre naissance comme êtres spirituels, nous verrons le Seigneur tel qu'il est, juste comme Paul l'a vu, mais alors étant nés ou changés en êtres spirituels, nous ne serons pas jetés par terre ni aveuglés par l'éclat de la glorieuse personne de notre Seigneur. Les paroles de Paul veulent dire qu'il l'a vu comme nous le verrons, tel qu'il est ; il l'a vu comme tout le corps de Christ doit le voir, mais AVANT LE PROPRE TEMPS, avant d'être né de la mort et par conséquent avant d'être capable de le supporter, et cependant “ comme ” chacun de ceux qui seront nés ainsi le verra au propre temps.

            Moïse, descendant de la montagne pour communiquer au peuple l'alliance de la loi, fut un type du plus grand législateur et médiateur de la Nouvelle Alliance, qui, à son second avènement, viendra pour gouverner et bénir le monde. Moïse, par conséquent, typifiait l'Église tout entière de laquelle notre Seigneur est le Chef. La face de Moïse était tellement éclatante que le peuple ne pouvait pas le regarder et qu'il dut à partir de là porter un voile comme un type de la gloire spirituelle de Christ, ce qui illustre le point que nous examinons. Christ a la gloire et la splendeur réelles, Il est l'empreinte de la personne du Père, et nous lui serons semblables ; personne ne peut contempler cette gloire. C'est pourquoi, quelles que puissent être alors les manifestations du grand législateur ou monde, quand la gloire du Seigneur sera révélée, la gloire des personnes spirituelles ne pourra être vue. Celles-ci parleront à travers le voile, couvertes. Le voile de Moïse signifie cela et plus encore. — Exode 34 : 30-33.

            Plus nous étudions soigneusement la chose, plus nous reconnaissons la sagesse divine déployée dans la manière dont la résurrection de notre Seigneur fut révélée aux apôtres, pour qu'ils soient entièrement satisfaits et soient en même temps des témoins dignes de confiance, afin que les humbles du monde puissent être à même de recevoir leur témoignage et croire que Dieu a ressuscité notre Seigneur d'entre les morts, qu'ils puissent le reconnaître comme celui qui a été mort, mais qui maintenant est vivant aux siècles des siècles, et qu'en croyant ils puissent venir à Dieu par Lui. Et lorsque nous le considérons sous la direction du saint Esprit de vérité, nos idées s'élargissent et nous ne le voyons plus comme l'homme Christ Jésus, mais comme le Seigneur de gloire et de puissance, participant de la nature divine. Et ainsi nous le reconnaissons pour celui dont la venue et le royaume ont été si longtemps l'objet des prières de l'Église. Il n'y a personne qui, reconnaissant comme il faut sa haute exaltation, puisse l'attendre à sa seconde venue comme l'homme Christ Jésus, avec un corps de chair préparé pour le sacrifice, meurtri et donné dans la mort comme notre rançon. Nous ne devons pas nous attendre non plus à ce qu'à sa seconde venue il apparaisse ou monde ou se manifeste, lui-même sous des formes variées de chair et d'os, ce qui avait été nécessaire pour les premiers témoins, mais qui ne l'est plus maintenant. Il manifestera sa seconde présence d'une manière bien différente, comme nous le verrons.

            D'après ce que nous avons vu concernant des êtres spirituels et leurs manifestations d'autrefois, il est évident que si notre Seigneur devait se manifester à son second avènement, soit en préparant les yeux des hommes pour contempler sa gloire, comme; il l'a fait pour Paul et Daniel, soit en prenant un corps humain, ce serait au détriment du plan révélé dans sa Parole. L'effet de son apparition, en gloire, aux humains, leurs yeux étant miraculeusement traités pour les rendre capables de le voir, serait pour ainsi dire de les paralyser par sa clarté éblouissante; tandis que son apparition comme un homme rabaisserait le standard de sa dignité et donnerait une trop faible idée de la nature et de la forme divine. Comme ni l'une ni l'autre de ces méthodes ne semblent être nécessaires ou à propos maintenant, nous croyons qu'aucune d'elles ne sera adoptée.

            Au contraire, nous devrions nous attendre à ce que le Christ soit manifesté en chair à l'humanité de la même manière que Dieu a été manifesté en chair lorsque le Seigneur fut fait chair et habita parmi les hommes. Une nature humaine, parfaite et en harmonie avec Dieu, est une ressemblance de Dieu dans la chair; ainsi, Adam dans sa perfection originelle fut une image de Dieu, et l'homme Christ Jésus le fut également. Aussi Jésus pouvait-il dire à Philippe qui désirait voir le Père: Celui qui m'a vu a vu le Père; il a vu l'image de Dieu dans la chair, Dieu manifesté dans la chair. — 1 Timothée 3 : 16, Laus.

            II en sera de même pour l'humanité en général quand ses membres reviendront peu à peu à l'image de Dieu, perdue depuis si longtemps, ils seront des images et des ressemblances du Père et du Christ. Tout au commencement du Millénium, comme nous l'avons vu, le monde aura devant lui des modèles de l'humanité parfaite (Vol. I, pages 344 à 352) ; Abraham, Isaac, Jacob et les Maints prophètes déjà jugés et approuvés, seront les “ princes ” parmi les hommes, les illustrations et les représentants du royaume spirituel et invisible. En ceux-ci, Christ sera manifesté — dans leur chair de la même manière que le Père fut manifesté dans la chair de Christ. Et dans la mesure où chacun le voulant, parviendra à la perfection et se trouvera en parfaite harmonie avec la volonté de Christ, il sera une image de Dieu et de Christ, et dans chacun de ceux-là Christ sera manifesté.

            L'homme parfait, entièrement consacré, sera capable de saisir parfaitement le saint Esprit et la Parole de Dieu, parce qu'il sera créé à l'image morale de Dieu; l'Église glorifiée le dirigera. De même, il n'y a aucun doute que des visions et des révélations directes, ainsi que des communications générales entre le royaume spirituel et Ses représentants terrestres seront beaucoup plus faciles et plus générales que ne le furent jamais Auparavant des communications semblables ; elles se feront plutôt de la même manière que celles qui eurent lieu en Eden avant que le péché eut amené la condamnation et le retrait de la faveur et de la communion de Dieu.

            Au point de vue de la raison et des Écritures, rien n'exige que notre Seigneur apparaisse à son second avènement dans divers corps de chair et d'os. Une telle manière de faire n'est pas essentielle; cela est rendu évident par le succès du royaume de Satan qui opère au moyen d'êtres humains, ses agents. Ceux qui participent à l'esprit du mal et de l'erreur représentent très tien le grand prince invisible ; c'est de cette manière qu'il est manifesté dans leur chair, bien que lui-même soit un être spirituel, invisible à l'homme.