Studies in the Scriptures

Tabernacle Shadows

 The PhotoDrama of Creation

 

 

ÉTUDES DANS LES ÉCRITURES

VOLUME III - QUE TON RÈGNE VIENNE

 

 ÉTUDE X

LE TÉMOIGNAGE DIVIN DU TÉMOIN ET PROPHÈTE DE PIERRE,
LA GRANDE PYRAMIDE D'ÉGYPTE

Description générale de la Grande Pyramide. — Pourquoi la Grande Pyramide présente-t-elle un intérêt particulier pour les chrétiens ? — Elle est une réserve de vérités scientifiques, historiques et prophétiques. — Allusions de la Bible à la Grande Pyramide. — Pourquoi, quand, et par qui  fut-elle construite ? — Importance de sa situation. — Ses enseignements scientifiques. — Son témoignage relatif au plan de rédemption, le plan des Ages. — La mort et la résurrection de Christ y sont montrées. — La marche descendante du monde se termine par un grand temps de détresse. — Nature de cette détresse. — Le grand mouvement de la réformation y est indiqué. — La Grande pyramide montre la durée de l’Age judaïque. — Elle indique le « haut-appel » de l’Église. — La marche de l’Église dans sa consécration. — La fin du haut appel et la date de la seconde venue de Christ. — Les bénédictions du rétablissement y sont montrées. — La marche du monde pendant l’Age millénaire. — La fin de cet Age. — Différence entre la nature humaine et la nature spirituelle. — La Pyramide réfute l’athéisme, l’incrédulité et toutes les théories de l‘évolution ; elle confirme le plan de la Bible et ses temps et saisons fixés.

« En ce jour-là, il y aura un autel élevé à l’Éternel au milieu du pays d’Égypte, et à la frontière même, une colonne dédiée à l’Éternel, et ce sera un signe et un témoignage à l’Éternel des armées dans le pays d'Égypte ». — Es. 19 : 19,20.

            Les anciens considéraient la grande Pyramide de Gizeh comme la première des sept merveilles du monde. Elle est située en Égypte, non loin de la ville actuelle du Caire. Aucun autre édifice dans le monde ne l'égale en dimensions. L’un des principaux entrepreneurs carriers des États-Unis, qui la visita personnellement déclara : « Certains blocs de pierre de la Pyramide sont trois ou quatre fois plus lourds que l'un des obélisques. J’en ai vu un dont le poids est estimé à 880 tonnes. Il y a là des pierres de trente pieds (9,15 m) de long, si exactement ajustées, qu'on peut promener une lame de canif sur leur surface sans découvrir le joint qui les sépare. Elles ne sont pas assemblées au mortier. De nos jours, nous n'avons aucune machine perfectionnée qui puisse faire deux surfaces de trente pieds de long s'assemblant aussi parfaitement que les pierres de la Grande Pyramide ». Elle couvre un espace de treize acres (5,2607 ha environ). Sa hauteur est de 486 pieds (148 m.) et le côté de sa base mesure 764 pieds (232,9 m.). On estime que la Grande Pyramide pèse six millions de tonnes ; il faudrait six mille locomotives à vapeur, tirant chacune mille tonnes pour la transporter. La richesse de l'Égypte ne suffirait pas pour payer les ouvriers chargés de la démolir. Il résulte de ce fait que son architecte, quel qu'il fût, avait en vue de construire un monument durable.

            La Grande Pyramide est certainement à tous points de vue, la construction la plus remarquable du monde, mais à la lumière des recherches faites au cours des trente-deux dernières années [1890], elle est devenue l'objet d'un intérêt grandissant pour chaque chrétien avancé dans l'étude de la Parole de Dieu ; car elle semble nous donner d'une façon remarquable, et d'accord avec tous les prophètes, un aperçu du plan de Dieu dans le passé, le présent et le futur.

            Outre la Grande Pyramide dont il est ici question, il y en a d'autres plus petites, les unes en pierre, les autres en brique, mais toutes ne sont que des imitations et lui sont très inférieures par leur grandeur, leur exactitude et leurs dispositions intérieures. Il a été également démontré qu'à l'inverse de la Grande Pyramide, elles ne contiennent aucun détail symbolique, mais furent manifestement destinées à servir de tombeaux aux familles royales de l'Égypte.

            La Grande Pyramide, cependant, se prouve être un précieux dépôt de vérités importantes — scientifiques, historiques et prophétiques — et son témoignage est en parfaite harmonie avec la Bible dont elle exprime par de magnifiques symboles bien appropriés, les éléments saillants de ses vérités.  Elle n'est aucunement une adjonction à la révélation écrite : cette révélation est complète et parfaite, n'ayant besoin d'aucun supplément.  Mais elle est un puissant témoignage corroboratif du plan de Dieu.  La plupart de ceux qui l'étudient soigneusement, remarquant l'harmonie de son témoignage avec celui de la Parole écrite, ne peuvent manquer d'avoir le sentiment que la construction de la Grande Pyramide fut projetée et dirigée par la même sagesse divine et qu’elle est bien la « colonne » de témoignage dont parle le prophète dans la citation ci-dessus.

            Si la Pyramide a été construite sous la direction de Dieu pour lui servir de témoin devant les hommes, nous pouvons avec raison présumer que certaines allusions y sont faites dans la Parole de Dieu.  Et cependant, puisque ce fut évidemment une partie des desseins de Dieu de tenir secrets jusqu'au Temps de la Fin les éléments du plan duquel elle donne témoignage, nous devrions nous attendre à ce que toute mention de ce monument faite dans les Écritures soit voilée pour n'être comprise qu'au temps convenable seulement.

            Esaïe, cité plus haut, parle d'un autel et d'une colonne qui « sera un signe et un   témoignage à l'Éternel des armées dans le pays d'Égypte ». Le contexte montre que ce sera un témoignage au jour où le grand Sauveur et Libérateur viendra pour briser les chaînes de l'oppression et mettre en liberté les captifs du péché — toutes choses que le Seigneur Jésus a annoncées à son premier avènement (Luc 4 : 18). La portée de cette prophétie reste néanmoins obscure, tant que nous n'avons pas reconnu l’Égypte comme un symbole ou type du genre humain avec ses vaines philosophies, lesquelles ne font qu'obscurcir les intelligences, mais empêchent de voir la véritable lumière. De même qu'Israël était un type du monde qui sera délivré de l'esclavage du péché par le grand antitype de Moïse, et dont l'offrande pour le péché a été donnée par l'antitype d'Aaron, ainsi l'Égypte représente l'empire du péché, la domination de la mort (Héb. 2 : 14) laquelle, pendant si longtemps, a retenu dans les chaînes de l'esclavage un si grand nombre d'êtres, qui seront joyeux de sortir de cet état pour servir l'Éternel sous la conduite du prophète semblable à Moïse, mais plus grand que lui (Actes 3 : 22, 23).

            Le caractère symbolique de l'Égypte est indiqué dans de nombreux passages des Écritures ; par exemple, dans Osée 11 : 1 et Matth. 2 : 13-15.  Indépendamment du fait que notre Seigneur enfant séjourna effectivement un moment en Égypte, de même qu'Israël le fit, il y a évidemment ici en outre une signification typique. Le Fils de Dieu vint un temps déterminé dans le monde, à cause de ceux qu'il devait racheter et délivrer ; mais il fut appelé hors de celui-ci, — l’Égypte — à la condition la plus élevée, la nature divine.  Il en est de même de ceux qui sont appelés à devenir ses frères et cohéritiers, les « membres de son corps », le véritable Israël de Dieu. Ils sont aussi appelés hors d’Égypte, comme les paroles du Maître le certifient : « Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde ».

            Esaïe (31 : 1, 3) faisant allusion à la grande détresse imminente dit : « Malheur à ceux qui descendent en Égypte [dans le monde] pour avoir du secours [par les idées, plans et conseils du monde, afin de pouvoir remédier à la crise de ce grand jour], qui s'appuient sur des chevaux [qui s'efforcent encore de chevaucher les vieux et faux dadas doctrinaux] et se fient à des chars [des organisations du monde] et à des cavaliers [les conducteurs des fausses doctrines], parce qu'ils sont très forts, et qui ne regardent pas au Saint d'Israël et ne recherchent pas l'Éternel [car la sécurité et la victoire dans ce jour de détresse ne seront pas du côté de la multitude]... les Égyptiens sont des hommes et non pas Dieu, et leurs chevaux sont chair et non pas esprit ; et l'Éternel étendra sa main [sa puissance, — la puissance de la vérité et d'autres modes d'actions — ce qu'il fera dans peu de temps], celui qui aide trébuchera, et celui qui est aidé [par les pouvoirs de l’Égypte — les idées du monde] tombera, et tous ensemble ils périssent ».

            C'est après l'échec de tous les projets et de tous les desseins humains, et quand les hommes auront appris leur propre condition de péché et d'impuissance qu'ils commenceront à invoquer le secours de l'Éternel. Jéhovah se révélera alors comme un grand Sauveur, et il a déjà préparé la Grande Pyramide comme un des moyens employés par Lui pour convaincre le monde de sa sagesse, de sa prescience et de sa grâce. « Ce sera un signe et un témoignage [un témoignage de sa prescience et de son gracieux plan d'amour pour le salut, comme nous allons le voir] à l'Éternel des armées dans le pays d'Égypte, car ils [les Égyptiens, — le pauvre monde pendant le temps de détresse qui vient] crieront à l'Éternel à cause des oppresseurs, et il leur enverra un Sauveur et un défenseur, et il les délivrera. Et l'Éternel se fera connaître des Égyptiens [le monde] et les Égyptiens connaîtront l’Éternel en ce jour-là [dans le jour millénaire — à la fin du temps de détresse] ; et ils serviront avec un sacrifice et une offrande et ils voueront un vœu à l'Éternel et l'accompliront. Et l'Éternel frappera l'Égypte [le monde dans le grand temps de détresse qui commence] ; il frappera, et il guérira ; et ils se tourneront vers l'Éternel, et il leur sera propice et les guérira » (Es. 19 : 19-22).

            Cette preuve supplémentaire donnée par la Grande Pyramide qui vient confirmer la Parole écrite de Dieu sera un sujet de grande joie pour les saints, mais il est évident que son témoignage est surtout destiné aux humains durant l'Age millénaire. Les déclarations de ce témoin particulier et remarquable permettront à l’humanité d'avoir une base nouvelle solide pour la foi, l'amour et le zèle, lorsqu'au temps marqué, les cœurs seront préparés à recevoir la vérité. Il est remarquable aussi que (semblable en cela au Plan des Ages contenu dans la Parole écrite) cette pierre « témoin » ait gardé le silence jusqu'à maintenant, alors que son témoignage sera donné sous peu au monde (Égypte). Mais les saints, les amis de Dieu auxquels le Père ne cachera rien, ont le privilège d'entendre ce témoignage actuellement, avant que l'esprit mondain puisse lui-même l'apprécier. Ce n'est que lorsqu'on est disposé à obéir à l'Éternel que l'on peut apprécier ses témoins.

            Jérémie (32 : 20), parlant des œuvres puissantes de Dieu, déclare qu'il a « fait des signes et des prodiges, jusqu'à ce jour dans le pays d’Égypte ». Dieu fit des signes et des prodiges en Égypte quand il en fit sortir triomphalement Israël ; mais il a aussi « fait des signes et des prodiges » qui subsistent jusqu'à ce jour [nos jours]. La Grande Pyramide est, croyons-nous, le principal de ces signes et prodiges mêmes.  Elle commence maintenant à parler aux savants dans leur propre langage, et, par eux à tous les hommes.

            Les questions et les déclarations que l'Éternel adresse à Job (38 : 3-7) au sujet de la terre, s’éclairent d'une façon remarquable par la Grande Pyramide, que l'on croit être par sa structure et par ses dimensions une représentation de la terre et du Plan de Dieu qui s'y rapporte. La figure est celle de la description d'un édifice qui, d'après nous, ne peut être autre chose qu'une pyramide.  Ce langage, bien que désignant en premier lieu la terre se rapporte à la figure qu'en donne la Grande Pyramide. D'abord, la préparation de la base ou roc sur lequel elle est construite y est mentionnée ; il est parlé ensuite de la disposition de ses dimensions, élément essentiel de la Grande Pyramide qui contient un grand nombre de mesures significatives. « Qui a étendu sur elle le cordeau ? » La forme parfaite de la Grande Pyramide et son exactitude à tous égards prouvent que sa construction fut dirigée par un architecte de première force. « Sur quoi ses bases sont-elles appuyées ? » La Grande Pyramide possède quatre pierres angulaires qui s'enfoncent dans le roc ferme. « Ou qui en a posé la pierre angulaire ? » Une pyramide possède cinq pierres angulaires, mais celle dont il est question ici est une pierre d'angle particulière, la pierre du sommet. Les quatre autres pierres angulaires de base qui pénètrent dans le roc ont déjà été mentionnées ; et celle qui reste est la pierre d'angle du sommet. Cette dernière est la plus remarquable de tout l'édifice, étant elle-même une pyramide parfaite dont les arêtes sont dans le prolongement de celles de la pyramide entière. La question posée au sujet de cette pierre est en conséquence significative ; elle attire notre attention sur la forme spéciale de cette pierre, sur la sagesse et l'habileté qui présidèrent à sa préparation et la placèrent comme pierre du sommet.

            Cet antique édifice auquel il est fait allusion à maintes reprises dans les Écritures nous donne la certitude que si ce « témoin » de l'Éternel dans le pays d’Égypte est interrogé, il rendra un témoignage tout à l'honneur de Jéhovah et confirmera en tous points sa Parole écrite. Nous avons ainsi voulu présenter ce « témoin », parce que l’inspiration de son témoignage sera sans doute aussi contestée que celle des Écritures par le prince des ténèbres, le dieu de ce monde, et par ceux qu'il a aveuglés afin qu'ils ne vissent pas la vérité.

 

POURQUOI, QUAND ET PAR QUI, LA GRANDE PYRAMIDE

A-T-ELLE  ÉTÉ ÉDIFIÉE ?

 

            Durant ces dernières années, cette question a été très discutée au point de vue scientifique et au point de vue scriptural. Pendant des milliers d'années, elle demeura insoluble. La vieille théorie, selon laquelle elle serait le caveau ou le tombeau d'un roi égyptien, est indigne de confiance ; car, ainsi que nous le verrons, il fallait plus que la sagesse humaine actuelle, sans parler de celle de l’Égypte d’il y a quatre mille ans pour concevoir un tel monument. Ce monument ne contient d'ailleurs ni sarcophages, ni momies, ni inscriptions. Tout resta obscur jusqu'à l'époque appelée par Daniel le « temps de la fin », période pendant laquelle la connaissance devait augmenter et les sages devaient comprendre le Plan de Dieu (Dan. 12 : 4, 9, 10). On commença alors à pénétrer les secrets de la Grande Pyramide et nos questions posées commencèrent à recevoir une réponse raisonnable.

            Le premier ouvrage important sur ce sujet, démontrant que la Grande Pyramide renfermait des données scientifiques, parut en 1859. Son auteur est un Anglais M. John Taylor. Depuis, l'attention de nombre de personnes très qualifiées s'est portée sur l'étude plus approfondie du témoignage de ce merveilleux « Témoin ». Le professeur Piazzi Smyth, astronome du roi pour l'Écosse la visita, et pendant plusieurs mois, il étudia ses particularités et présenta au monde les caractères principaux de sa construction et de ses dimensions et les conclusions qui s'en dégageaient pour lui.  Nous sommes redevables à son ouvrage d'érudition scientifique « Notre Héritage dans la Grande Pyramide », des données et informations fournies dans le présent chapitre. Nous avons reproduit quelques-uns des vingt-cinq clichés qui ornent la dernière édition de cet ouvrage.

            C'est quelques années après le retour du Professeur P. Smyth, que l'on émit l'idée selon laquelle la Grande Pyramide est le « Témoin » de Jéhovah dont le témoignage est aussi important à la vérité divine qu'à la science pure. Cette pensée était nouvelle pour le professeur Smyth comme pour d'autres. Ce fut un jeune Écossais, Robert Menzies, qui, en étudiant les enseignements scientifiques de la Grande Pyramide, découvrit qu'elle renfermait à la fois des enseignements prophétiques et chronologiques.

            On comprit alors rapidement que le but de sa construction avait été, de renfermer en elle un récit du divin plan de salut, ainsi qu'un témoignage de la sagesse divine manifestée dans les domaines astronomique, chronologique, géométrique et d'autres vérités importantes. Ces messieurs cependant, n'avaient pas discerné toute la portée et la grandeur du plan de salut révélé dans les Écritures et ne purent saisir les caractères les plus merveilleux et les plus beaux du témoignage de la Grande Pyramide dans ce domaine. Nous voyons maintenant que ce témoignage est la corroboration la plus parfaite et la plus totale du Plan des Ages et des temps et saisons tels qu'ils nous sont révélés dans la Parole de Dieu et présentés dans ce volume et dans les volumes précédents des « ÉTUDES DANS LES ÉCRITURES ». Nous voyons en outre que cette source de connaissance, semblable en cela à la plus grande partie de celle de la Bible, resta scellée à dessein jusqu'au moment où son témoignage fut nécessaire et put être apprécié. Cela ne signifie-t-il pas que son grand Architecte savait qu'un temps viendrait où son témoignage serait nécessaire, en d'autres termes qu'un temps viendrait où la Parole écrite de Dieu serait peu considérée et son authenticité même contestée, alors que la philosophie humaine, sous le nom de science, serait exaltée, jugeant et examinant toutes choses ? Dieu a-t-il décidé de se manifester et de montrer sa sagesse par ces preuves mêmes ? Nous pensons qu’il en est ainsi. Cet édifice confondra encore la sagesse des sages « en ce jour » qui a commencé, car c'est un « Témoin » pour l'Éternel des armées.

            Le professeur Smyth a conclu que la Grande Pyramide fut construite en l'an 2170 avant J.-C. Il arriva à cette conclusion d'abord par des observations astronomiques. Constatant que les angles du passage à la partie supérieure correspondaient à un télescope et que le « Passage d'Entrée » correspondait au « chercheur » [petite lunette auxiliaire du télescope — Trad.] de l'astronome, il rechercha quelle était l'étoile sur laquelle ce dernier avait pu être dirigé dans le passé. Ses calculs montrèrent que l'étoile Alpha de la constellation du « Dragon », se trouvait à minuit de l'équinoxe d'automne en 2170 av. J.-C., dans une position telle que son rayon plongeait directement dans le « Passage d'Entrée ». Se considérant ensuite lui-même comme un astronome qui, à cette époque, aurait eu son chercheur dirigé sur Alpha du Dragon, et admettant que les passages ascendants fussent un télescope auquel ils ressemblent beaucoup, il calcula quelle était la constellation ou l'étoile importante qui, à la même date, était visée par le télescope et il constata que c'était la constellation des Pléiades qui occupait cette position particulière. Une coïncidence si merveilleuse le convainquit que la date de la construction de la Grande Pyramide était ainsi bien indiquée, car, l'étoile Alpha du Dragon n'est rien moins qu'un symbole du péché et de Satan, et les Pléiades un symbole de Dieu et du centre de l'univers. La Grande Pyramide indique ainsi que son Architecte connaissait la prépondérance du mal et son influence dominante sur la marche dégradante de l'humanité ; elle indique également ce qui existe au-delà de toute perception humaine, savoir que l'unique espérance pour la race se trouve en Jéhovah.

            Cette conclusion du professeur Smyth relativement, à la date de la construction de la Grande Pyramide fut abondamment confirmée plus tard par certaines mesures au moyen desquelles elle indique sa propre date de construction. Le fait de se rendre compte que la Grande Pyramide révèle une sagesse que les Égyptiens ne pouvaient avoir possédée — une sagesse divine qui doit avoir été utilisée sous la direction de quelque serviteur inspiré de Dieu — a conduit à l'hypothèse que Melchisédech fut son constructeur. Il était « roi de Salem [c'est-à-dire, roi de paix] et sacrificateur du Dieu Très-Haut », et occupait comme personne et comme type, une position si élevée, qu’il bénit Abraham et reçut de lui la dîme. Nous savons peu de chose de ce grand personnage, sauf qu'il fut un grand roi pacifique, qu'il vivait en ce temps-là et non loin de la région de la Grande Pyramide.

            Quoique  Melchisédech ne fût pas un Égyptien, on suppose qu'il employa néanmoins des ouvriers égyptiens pour la construction de la Grande Pyramide, et dans une certaine mesure les traditions de l'Égypte soutiennent ce point de vue. Elles révèlent le fait que l’Égypte subit, vers cette époque-là, l'étrange invasion d'un peuple que la tradition dénomme simplement Hyksos (ou rois pasteurs, rois pacifiques). Ces  envahisseurs ne paraissent pas avoir tenté de troubler l'organisation gouvernementale de l’Égypte. Après avoir séjourné un certain temps dans ce pays, dans un but que la tradition ne mentionne pas, ils le quittèrent aussi paisiblement qu’ils y étaient venus.  On présume que Melchisédech fut un de ces Hyksos ou rois pacifiques qui construisirent, croit-on, la Grande Pyramide, « l’autel » et « Témoin » à l'Éternel dans le pays d’Égypte.

            L'historien Josèphe et d'autres rapportent ainsi les paroles de Manethon, prêtre et scribe égyptien : « Nous avions autrefois un roi dont le nom était Timaus. Pendant son règne, il arriva, je ne sais pourquoi, que la divinité fut irritée contre nous ; et il vint de l'est, d'une manière étrange, des hommes d'une race inférieure [ils n'étaient pas des guerriers], les Hyksos, qui eurent le courage confiant d'envahir notre pays et le soumirent aisément sans bataille, par leur propre force.  Une fois maîtres du pays, ils démolirent les temples des dieux ».

SON EMPLACEMENT PARTICULIER

 

 

 

            La Grande Pyramide est située non loin de la ville du Caire (Égypte), sur une plaine élevée et rocailleuse dominant le Nil. Il y a une relation géographique remarquable entre la position de ce monument et le delta du Nil ; ce dernier est limité au nord par la mer, il a la forme d'un quart de cercle ayant pour centre la Grande Pyramide.

            Cette relation particulière de la Grande Pyramide avec la côte fut découverte par M. Henry Mitchell, ingénieur hydrographe, chef du service topographique des côtes aux États-Unis, qui visita l’Égypte en 1868 pour constater les progrès des travaux du canal de Suez. C'est alors qu'il remarqua la courbure régulière de la côte nord de l'Égypte et il rechercha quel pouvait être le point central de son origine physique : il constata que ce centre était exactement occupé par la Grande Pyramide. Son étonnement fut profond et il s'exclama : « Ce monument occupe une situation physique plus importante que toute autre construction érigée par l'homme ».

            Une ligne tirée depuis le passage d'entrée, dans la direction nord, passerait par le point le plus septentrional de la côte d'Égypte ; si on prolongeait les diagonales nord-est et nord-ouest de l'édifice elles limiteraient le delta de chaque côté, renfermant ainsi entre elles le pays disposé en éventail de la Basse-Égypte (voir planche page 356). La pyramide est construite sur l'extrême point nord des rochers de Gizeh et semble contempler le secteur ou le pays en forme d'éventail de la Basse-Égypte. On peut réellement dire qu’elle est à la frontière même de la Basse-Égypte aussi bien qu'à son centre comme l'a déclaré le prophète Esaïe : « En ce même temps il y aura un autel à l'Éternel au milieu du pays d'Égypte et sur la frontière, une colonne [pyramide] à l'Éternel. Ce sera pour l'Éternel des armées un signe et un témoignage dans le pays d'Égypte ». La Grande Pyramide jouit encore d'une autre propriété digne d'être notée : elle est située au centre géographique de la surface des continents, y compris les deux Amériques qui restèrent encore longtemps inconnues après la construction de la Grande Pyramide.  

 

SES LEÇONS SCIENTIFIQUES

           La Grande Pyramide nous parle, non au moyen de hiéroglyphes ou de dessins, mais simplement par sa position, par sa structure et par ses dimensions. Les seules marques ou figures originales qui furent trouvées étaient dans les « chambres de construction », étagées au-dessus de la « Chambre du Roi ». Aucune inscription de quelque nature que ce soit n’a été retrouvée dans les passages et les chambres de la Pyramide proprement dite. Nous laissons de côté, faute de place, les leçons scientifiques à tirer de ce monument parce que pas un lecteur moyen sur cent ne comprendrait les termes scientifiques de façon à apprécier les démonstrations, et spécialement parce qu'elles ne feraient pas partie de notre mission qui est d'annoncer l'Évangile. Il nous suffira donc de suggérer comment la Grande Pyramide apporte des enseignements aux savants.  Par exemple : le périmètre de la base, mesuré au niveau des « pierres angulaires de base », contient autant de coudées pyramidales qu'il  y a de jours dans quatre années plus la fraction, y compris la fraction de l’année bissextile. La somme des deux diagonales de base mesurées avec le pouce pyramidal est égale au nombre d’année contenues dans le cycle de la précession des équinoxes. Selon les astronomes, la durée de ce cycle est de 25.827 ans et la Grande Pyramide confirme leur conclusion. La distance de la terre au soleil est aussi indiquée, déclare-t-on, par la hauteur et l'angle de la Grande Pyramide qui est de 148 mètres, la distance des deux astres étant de 148 millions de kilomètres, chiffres correspondant presque exactement avec les derniers trouvés par les astronomes. Jusqu'à récemment, ces derniers avaient calculé que cette distance était de 144 à 154 millions de kilomètres et leur dernière estimation est de 148 millions. La Grande Pyramide a aussi une manière à elle d’indiquer l’étalon le plus exact de tous les poids et mesures basés sur les dimensions et le poids de la terre que ce monument donne aussi, déclare-t-on.

            Le révérend Joseph Seiss, D.D. commentant le témoignage et l'emplacement scientifiques de ce « Témoin » majestueux, suggère :

            « Une pensée plus élevée encore se dégage de ce monument merveilleux.  L'un de ses cinq sommets d'une importance spéciale est celui vers lequel convergent toutes ses faces et arêtes extérieures. C’est la pierre angulaire du sommet qui dirige solennellement son index vers le soleil à midi, et qui par sa distance à la base, nous donne la distance moyenne du soleil à la terre. Si nous nous reportons à la date que la Pyramide donne elle-même et que nous cherchons vers quoi se dirigeait cet index à minuit, nous trouvons là une indication plus sublime encore. La science a fini par découvrir que le soleil n'est pas un centre mort, stationnaire, autour duquel tournent des planètes. Il est maintenant prouvé que le soleil lui-même est en mouvement autour d'un autre centre d'attraction considérablement plus puissant, entraînant avec lui dans l'espace toute sa suite splendide de comètes et de planètes avec leurs satellites. Les astronomes ne sont pas encore tout à fait d'accord sur ce qu'est ce centre d'attraction et sur sa position dans l'espace. Néanmoins quelques-uns d'entre eux croient avoir trouvé la direction de ce centre, qui serait les Pléiades et particulièrement Alcyon, l'étoile centrale de cette fameuse constellation. L'honneur d'avoir fait cette découverte revient au distingué astronome allemand, le professeur J. H. Maedler. Alcyon donc, pour autant que la science a été capable de le voir, semblerait être « le trône de minuit » qui comprendrait le siège central de tout le système de gravitation et duquel le Tout-Puissant gouvernerait son univers. A ceci correspond un fait merveilleux, celui qu'à la date de la construction de la Grande Pyramide, à minuit de l'équinoxe d'automne, date marquant le vrai commencement de l'année (*), tel qu'il est toujours conservé dans les traditions de beaucoup de nations, les Pléiades se trouvaient sur le méridien de cette Pyramide avec Alcyon (n Taureau) précisément sur cette ligne. Il y a donc là une indication d'un caractère le plus sublime et le plus élevé auquel la simple science humaine a tout au plus fait allusion, et qui semblerait insuffler une signification insoupçonnée et puissante aux paroles de Dieu lorsqu'il demandait à Job : « Noues-tu les liens des Pléiades ? ».

(*) Le commencement de l'année judaïque dix jours avant le Jour de Réconciliation, comme le montre le vol.Il des « Études dans les Écritures ».

 

SON TÉMOIGNAGE RELATIF AU PLAN DE RÉDEMPTION

            Si chaque trait de l'enseignement de la Grande Pyramide est important et présente un intérêt, notre plus grand intérêt se concentre sur son symbolisme silencieux, mais éloquent du plan de Dieu, le Plan des Ages. Il serait pourtant impossible de comprendre le Plan de Dieu tel qu'il est illustré par elle, si nous n'avions pas d'abord découvert ce plan dans la Bible. Mais l'ayant décrit dans la Bible, cela fortifie notre foi de le voir de nouveau esquissé ici, et de noter, en outre, que les vérités de la Nature et les vérités de la Révélation appartiennent au même Grand Auteur de ce merveilleux « Témoin » de pierre et sont certifié authentiques par Lui.

            Au point de vue de l'enseignement qu'elle donne, la Grande Pyramide, vue de l'extérieur, a une belle signification et représente le plan achevé de Dieu, tel qu'il sera réalisé à la fin de l'Age millénaire. Le couronnement sera Christ, la Tête (ou Chef) reconnue de tous. Les autres pierres seront parfaitement disposées à leurs places respectives dans cet édifice glorieux, complet et parfait. La taille, le polissage et l'ajustement de chaque pierre seront alors achevés. Toutes les pierres seront liées et cimentées ensemble, les unes aux autres et à leur Tête, par l'amour. Si dans son ensemble, la Grande Pyramide représente le plan de Dieu complet, sa pierre angulaire du sommet devrait représenter Christ que Dieu a souverainement élevé pour être le Chef de tous. Le fait que cette dernière représente bien Christ est indiqué, non seulement par sa perfection comme symbole de Christ (*) [Voir Vol. 1, Chap. V. ainsi que la Carte des Ages, Vol. 1. x, y, z, w. ], mais aussi par le fait que les prophètes, les apôtres et notre Seigneur Jésus lui-même ont fréquemment mentionné le symbole.

          Esaïe, prophétisant de Christ, dit : « La précieuse pierre de coin » (Es. 28 : 16) ; Zacharie parlant de la mise en place de cette pierre au sommet de l'édifice achevé, au milieu de grandes réjouissances, dit : « Il fera sortir la pierre du faîte avec des acclamations : Grâce, Grâce sur elle » (Zach. 4 : 7). Sans doute, il y eut une grande joie parmi les constructeurs de la Grande Pyramide quand la pierre du faîte fut posée ; et pour tous ceux qui s'y intéressaient de voir le couronnement de l’œuvre achevée.  Job aussi (38 : 6, 7) parle des réjouissances qui eurent lieu lorsque la principale pierre de l'angle fut posée et il spécifie la tête, ou la pierre du couronnement, en parlant d'abord des quatre autres pierres d'angle de la base, disant : « Sur quoi ses bases sont-elles assises ? Ou qui a placé sa pierre angulaire, quand les étoiles du matin chantaient ensemble et que tous les fils de Dieu éclataient de joie ? » Le prophète David, aussi, parlant de notre Seigneur, se sert d'une figure de langage qui correspond parfaitement à celle de ce « Témoin » de pierre d'Égypte. Parlant des temps futurs, il dit prophétiquement : « La pierre que ceux qui bâtissaient avaient rejetée, est devenue la tête de l'angle [Voir note Darby — Trad.]. Ceci a été de par l'Éternel ; c'est une chose merveilleuse à nos yeux. C'est ici le jour [le jour millénaire et la gloire de Christ comme Tête et Souverain du monde] que l'Éternel a fait ; égayons nous et réjouissons-nous en lui ! » (Ps. 118 : 22-24). Israël selon la chair refusa d'accepter Christ comme sa pierre du sommet ; c'est pourquoi il fut privé de former la maison spéciale de Dieu — Israël spirituel le remplaçant pour être édifié en Christ, la Tête. Nous nous souvenons que le Seigneur appliqua cette prophétie même à lui-même, montrant qu'il était la pierre rejetée et que c'était Israël, par ses constructeurs, les sacrificateurs et les pharisiens, qui la repoussait (Matth. 21 : 42, 44 ; Act. 4 : 11).

            La pierre angulaire du sommet de la Grande Pyramide est une parfaite illustration de cela. Une fois achevée, elle devait servir de modèle pour tout l'édifice dont tous les angles et les proportions devaient être conformes au modèle. Nous concevons aisément comment cette pierre du sommet fut rejetée, méprisée par ceux qui construisaient, avant d'être reconnue comme le modèle de tout l'édifice.  Quelques-uns d'entre­eux pensèrent sans doute qu'il n'y avait aucune place convenable pour elle, ses cinq faces, ses cinq sommets et ses seize angles la rendant impropre à la construction jusqu'au moment où la pierre même du sommet devait être utilisée, aucune autre ne pouvant la remplacer. Pendant les années au cours desquelles les travaux de construction progressaient cette pierre principale de l'angle fut « une pierre d'achoppement » et un « rocher de scandale » pour ceux qui ne connaissaient ni son usage ni sa place. C'est exactement ce qui a lieu avec Christ pour beaucoup et ce qui continuera à subsister jusqu’à ce qu'ils l’aient vu exalté comme la pierre d'angle ou Tête du sommet du plan de Dieu.

            La forme de la Pyramide représente la perfection et la plénitude et nous parle en symboles du plan de Dieu, montrant que « dans l'administration de la plénitude des temps [savoir] de réunir en un [en une seule famille harmonieuse, bien que sur différents plans d'existence] toutes choses dans le Christ, les choses qui sont dans les cieux et les choses qui sont sur la terre en lui », tous ceux n'y étant pas conformes étant retranchés (Eph. 1 : 10 ; 2 : 20-22 Diaglott).

COMMENT LA CONFORMATION INTÉRIEURE DE LA GRANDE PYRAMIDE ESQUISSE LE PLAN DE RÉDEMPTION

            Si le témoignage de l'extérieur de ce grand édifice est ainsi complet et en accord avec la Parole écrite de Dieu, la conformation intérieure en est plus merveilleuse encore. Alors que la structure extérieure illustre les résultats définitifs du Plan de Rédemption de Dieu (*) [Voir la Carte des Ages, dans le Vol. 1.], la construction intérieure trace et illustre chaque point saillant de ce plan, tel qu'il s'est développé au cours des âges jusqu'à sa consommation glorieuse et complète. Ici les pierres des différents niveaux représentent la perfection de tous ceux qui, sous Christ Jésus notre Tête ou Chef, se seront conformés à la volonté parfaite de Dieu, ainsi que le témoignage des Écritures nous l'a déjà montré. Certains seront rendus parfaits sur le plan humain, d'autres sur les plans spirituel et divin. Le sol de la « Chambre du Roi » est décrit comme étant au niveau de la cinquantième assise de la maçonnerie, celui de la « Chambre de la reine » est au niveau de la vingt-cinquième assise, et l'extrémité inférieure du « Premier Passage Ascendant », s'il était prolongé au travers du « Bouchon » de granit, comme nous allons le montrer, descendrait jusqu'à la ligne de fuite (« basal line ») de la Pyramide. Ainsi de la base au sommet, la Grande Pyramide paraît se dresser comme un emblème du Plan de salut de Dieu, ou l'affranchissement de l'humanité du péché et de la mort, préparé pour tous les humains. La ligne de fuite de la pyramide correspond ainsi avec la date de la confirmation de la promesse de Dieu faite à Israël-type le commencement du processus de relèvement ou de délivrance.

            Nous suggérons une étude attentive du diagramme de la p. 367, montrant les dispositions intérieures de ce monument merveilleux. La Grande Pyramide ne possède qu'une seule entrée proprement dite. Le passage est régulier mais bas et incliné ; il conduit à une petite pièce taillée dans le roc, la « Chambre Souterraine ». La construction de cette pièce est particulière, le plafond étant bien achevé, tandis que les parois sont à peine ébauchées et le sol bosselé et inachevé. Cette chambre a suggéré à certains esprits l'idée d'un « abîme sans fond », expression employée dans les Écritures pour symboliser le désastre, l'oubli et l'anéantissement. Ce « Passage d'Entrée » représente très bien la course descendante actuelle de l'humanité vers la destruction. La « Chambre Souterraine », par sa construction particulière (ou étrange — Trad.) est une image de la grande détresse, du désastre, de la destruction, du « salaire du péché », aux­quels conduit la course descendante.

            Le « Premier Passage Ascendant » a environ la même grandeur que le « Passage d'Entrée » duquel il bifurque. Il est petit, bas et difficile à gravir, mais il débouche à son extrémité supérieure dans un vestibule élégant et spacieux, appelé la « Grande Galerie », dont la hauteur est sept fois plus grande que celle des passages qui y conduisent. Le « Passage Ascendant » peu élevé est supposé représenter la dispensation de la Loi et la nation d'Israël depuis sa sortie d’Égypte. Dès ce moment, les Israélites se séparèrent des nations du monde, renoncèrent à marcher dans leur dégradation pour devenir la nation sainte de Dieu assujettie à sa loi et se proposant de suivre une voie montante et plus difficile que celle suivie par le monde païen : d’observer la Loi. On identifie la « Grande Galerie » à la période de l'appel de l'Évangile — montante encore et difficile à gravir, mais sans obstacles comme l'autre passage ascendant. La grande hauteur et la largeur spacieuse de ce couloir symbolisent bien les plus grandes espérances et les plus grandes libertés de la dispensation chrétienne.

            Au niveau du sol de la « Grande Galerie » et à son extrémité inférieure, un « Passage Horizontal » prend naissance et conduit à une petite salle généralement appelée « Chambre de la Reine ». A l'extrémité supérieure de la « Grande Galerie », il y a un autre couloir bas conduisant dans une petite salle appelée « l’Antichambre », dont la construction très particulière fait penser à une école — à un lieu d'instruction et d'épreuve.

            Mais la salle principale de la Grande Pyramide, tant par ses dimensions, que par l'importance de sa position, fait encore suite à « l'Antichambre » dont elle est séparée par un autre couloir peu élevé. Cette pièce est connue sous le nom de « Chambre du Roi ». Au-dessus de cette chambre se trouvent de petites pièces étagées, appelées « Chambres de Construction ». La signification de ces chambres, si elles en ont une, n'a trait ni à l'homme, ni à d'autres créatures qui marchent, mais à des êtres spirituels. Le diagramme montre que si l'on remarque des parois et un plafond dressés à l'équerre et achevés, les chambres ne comportent aucun sol à surface régulière et plane. La « Chambre du Roi » contient un « Coffre » ou boite en pierre, le seul meuble trouvé dans la Grande Pyramide. Deux canaux à air, laissés à dessein par les constructeurs, pourvoient à la ventilation de la « Chambre du Roi ». Ils partent de deux parois opposées et vont au travers de la maçonnerie jusqu'à la surface extérieure. D'aucuns ont pensé qu'il existait d'autres chambres et d'autres passages encore inconnus, mais nous ne partageons pas cette opinion. Nous pensons que les passages et les chambres connus actuellement servent entièrement le dessein intentionnel de Dieu, en confirmant le Plan entier de Dieu.

 

 

            Du côté ouest de l'extrémité inférieure ou extrémité nord de la « Grande Galerie » et ne dirigeant vers le bas, se trouve un passage tortueux appelé le « Puits » conduisant au « Passage d'Entrée » incliné.  Son tracé traverse une « Grotte » dans le roc naturel. Le point de jonction entre le « Puits » et la « Grande Galerie » est très bouleversé. Il semblerait qu'à l'origine, le couloir conduisant à la « Chambre de la Reine » avait été masqué, recouvert par des dalles formant le sol de la « Grande Galerie » et qu'une dalle recouvrait aussi l'orifice du « Puits ». Mais maintenant, toute la partie inférieure de la « Grande Galerie » semble avoir été violemment arrachée et enlevée, laissant à découvert le passage conduisant à la « Chambre de la Reine » et démasquant aussi l'ouverture du « Puits ». Ceux, qui sont allés sur place et l’ont examiné disent que le « Puits » semble avoir été ouvert comme par une explosion venue du bas.  Notre opinion cependant, est qu’une telle explosion n'a jamais eu lieu, mais que les choses furent laissées ainsi à dessein par les constructeurs, afin de montrer la même chose que ce qu’aurait indiqué une semblable explosion, à laquelle nous ferons allusion plus loin.  En tout cas, aucune pierre n’est  visible nulle part et il aurait été très difficile de les transporter.

            A l'extrémité supérieure ou sud de la « Grande Galerie » le sol de « l’Antichambre » et de la « Chambre du Roi » se prolonge jusque dans la « Grande Galerie », et y forme une sorte de barrière abrupte ou de gradin élevé qui s'avance de soixante et un pouces à l'intérieur de la Galerie, à son extrémité supérieure. Cette paroi sud présente une particularité : elle n'est pas verticale, mais inclinée dans la direction du nord, à vingt et un pouces [20 d'après Dr. J. Edgar] au sommet. A son sommet même, se trouve un orifice ou passage qui conduit aux « Chambres de Construction » situées au-dessus de la « Chambre du Roi ».

            Les couloirs et les sols (« floors ») de la Pyramide comme d'ailleurs la construction entière, sont en pierre calcaire, à l'exception de la « Chambre du Roi », de « l'Antichambre » et du passage qui les relie, dont les sols et les plafonds sont en granit. L'unique pièce de granit qui se trouve ailleurs dans l’édifice est le « Bouchon » de granit qui obstrue solidement la partie inférieure du « Premier Passage Ascendant ». Les constructeurs avaient laissé le « Premier Passage Ascendant » scellé à sa partie inférieure par une pierre angulaire s'adaptant exactement à l'endroit où elle rejoint le « Passage d'Entrée », et ce travail était si bien fait que le « Premier Passage Ascendant » resta inconnu jusqu'au « Temps marqué », où la pierre tomba. Près de l'extrémité inférieure du « Premier Passage Ascendant » et immédiatement derrière cette pierre, se trouvait le « Bouchon » de granit.  Façonné légèrement en forme de coin, il fut placé dans cette position, dans le but évident de demeurer là et il a effectivement résisté à tous les efforts faits pour l'enlever.

            Selon les historiens, le « Passage d'entrée » était bien connu des anciens. Cependant, AI Mamoun, le calife arabe, ignorait de toute évidence sa position exacte, bien que la tradition indiquât qu'il aboutirait à la face nord de la Pyramide. C'est avec beaucoup de peine et de travail, qu'en l'an 825 de notre ère, il força un passage d'entrée, comme nous le montre le croquis, dans l'espoir de trouver de merveilleux trésors. Mais bien que la Pyramide contînt de grands trésors d'ordre intellectuel, appréciés maintenant, elle ne renfermait rien de ce que les Arabes cherchaient. Leur travail, cependant, ne fut pas tout à fait inutile, car pendant qu'ils étaient à l’œuvre, la pierre qui scellait le « Passage Ascendant » se déplaça de sa position et tomba dans le « Passage d'Entrée ». Les Arabes supposèrent avoir enfin découvert le chemin du trésor caché, et impuissants à déplacer le « Bouchon » de granit, ils pratiquèrent un passage le long de celui-ci, en enlevant le calcaire beaucoup plus tendre et plus facile à détacher.  

 

LE TÉMOIGNAGE DE LA GRANDE PYRAMIDE

RELATIF AU PLAN DES AGES

 

            M. Robert Menzies, le jeune Écossais qui, le premier, suggéra l'idée que la Grande Pyramide renfermait des enseignements religieux ou messianiques, déclara dans une lettre adressée au professeur Smyth :

            « De l'extrémité nord de la Grande Galerie, en montant la rampe, nous trouvons l'indication des années de la vie de notre Sauveur, exprimées à raison d’un pouce par année et trente-trois pouces nous amènent exactement à l'orifice du « Puits ». 

            Oui, ce « Puits » est, pour ainsi dire, la clef de toute l'histoire. Il représente, non seulement la mort et la mise au tombeau du Seigneur, mais aussi sa résurrection.  Cette dernière est indiquée par le fait, déjà noté, que l'orifice du « Puits » et ses abords immédiats semblent avoir été mis dans l'état où ils se trouvent comme par une explosion qui se serait produite de bas en haut. C'est de la même manière que notre Seigneur a rompu les liens de la mort et a mis en évidence la vie et l'immortalité, ouvrant ainsi un nouveau chemin à la vie (Hébr. 10 : 20). Il n'était pas possible qu'il fût rivé à la mort (Act. 2 : 24), tel est le langage que semblent nous tenir les rocs déchiquetés entourant la partie supérieure de ce « Puits ». De même que le « Puits » était le seul chemin d’accès à l'un quelconque des passages supérieurs de la Grande Pyramide, ainsi en est-il de la mort et de la résurrection de Christ qui sont le seul chemin de la race déchue pour parvenir à la vie sur un plan quelconque. Il y avait bien le « Premier Passage Ascendant », mais il était infranchissable, à l'image de l'Alliance de la Loi judaïque, qui semblait être un chemin vers la vie ou une offre de vie, mais était un chemin inutilisable et infranchissable pour avoir la vie : aucun membre de la race humaine déchue ne put jamais parvenir à la vie et ne l'obtint pas en suivant ses prescriptions, « car nulle chair ne sera justifiée devant lui par les œuvres de la loi » (Rom. 3 : 20). La rançon qui est symbolisée par le « Puits » est le seul chemin par lequel un membre de la  race condamnée peut  parvenir à la grande provision du Plan de Dieu, la vie éternelle.

 

 

            Des années avant la suggestion que la « Grande Galerie » représente la dispensation chrétienne, le professeur Smyth avait, par l'observation astronomique, fixé la date de la construction de la Grande Pyramide à l'an 2170 avant J.-C. Lorsque M. Menzies suggéra l'idée que les pouces mesurés le long de la rampe de la « Grande Galerie » représentent des années, quelqu'un pensa : Si cette théorie était vraie, le mesurage de la rampe, à partir de l'extrémité inférieure de la « Grande Galerie », en descendant le « Passage Ascendant », jusqu'à son intersection avec le « Passage d'Entrée » et de là en remontant vers l'entrée de la Pyramide devrait révéler quelque marque ou indication démontrant l'exactitude de la date de la construction de la Pyramide et de la théorie du pouce année. Cette idée assez raisonnable constituait une épreuve décisive. Un ingénieur civil fut chargé de mesurer très exactement les passages, les chambres, etc., de la Pyramide. C’était en 1872. L’expertise de cet ingénieur vint confirmer cette idée au suprême degré ; les mesures prises le long de la rampe montrèrent que le parcours ci-dessus indiqué était de 2170 ½ pouces jusqu’à une ligne finement tracée à la règle dans les parois du « Passage d'Entrée » (*). La date de sa construction est ainsi doublement attestée, tandis que les longueurs de ses passages constituent des documents (« scrolls ») d'histoire et de chronologie que l'on recevra encore généralement comme « un Témoignage pour l’Éternel au milieu du pays d’Égypte ». 

 

(*) Du point de départ marquant Octobre de l'an 2 avant J.C. ce mesurage indique avril 2172 après J.C. ; mais ce point de départ marque le printemps de l'an 33 ap. J.C. (Remarque faites dans l'édition de fr. P. S. L. J., d'après les ouvrages des fr. Edgar. — Voir note complémentaire à la fin de ce chapitre — Trad.)

 

            Grâce aux mesurages très précis de tous les passages, fournis par le professeur Smyth, nous sommes rendus capables de discerner les traits les plus intéressants du témoignage jusqu'ici révélé de ce « Témoin ». 

            Lorsque pour la première fois nous en vînmes à apprécier ce que nous avons déjà mentionné du témoignage de la Grande Pyramide, nous dîmes de suite : Si ce témoignage prouve quelle est une Bible de pierre, s'il est un compte-rendu authentique des plans secrets du Grand Architecte de l’univers, manifestant sa prescience et sa sagesse, il devrait être et sera en harmonie parfaite avec sa Parole écrite. Le fait que les secrets de la Pyramide ont été gardés jusqu'au terme des six mille ans de l'histoire du monde, mais qu'elle commence à rendre son témoignage maintenant que l'aube millénaire apparaît, est parfaitement d'accord avec la Parole écrite, dont le témoignage abondant relatif au plan glorieux de Dieu a de la même manière été tenu caché depuis la fondation du monde et commence maintenant seulement à resplendir dans toute sa gloire et sa plénitude.

            Nous avons déjà exposé, dans de précédents ouvrages, et dans les chapitres précédents du présent volume le témoignage clair de la Parole écrite, montrant que nous sommes au seuil d'un nouvel âge, que l'aube du jour millénaire pointe déjà avec son changement de gouvernement, de la domination exercée par le « prince de ce monde » et par ses fidèles, en un contrôle exercé par Celui « à qui appartient le droit » (par rachat) et par ses saints fidèles. Nous avons vu que quoique le résultat de ce changement sera une grande bénédiction, néanmoins la période du transfert pendant laquelle le prince actuel, « l’homme fort » sera lié et sa maison dépouillée de tout pouvoir (Matth. 12 : 29 ; Apoc. 20 : 2), sera un temps de grande détresse. Les preuves scripturales chronologiques que nous avons examinées montrent que cette détresse devait commencer dès le moment de la seconde venue de Christ (octobre 1874), lorsque commencerait le jugement des nations, sous les influences génératrices de lumière du Jour de l'Éternel. La Grande Pyramide illustre ce fait de la manière suivante :

            Le « Passage Descendant » qui va de l'entrée de la Grande Pyramide à la « Fosse » ou « Chambre Souterraine » représente la voie suivie par le monde en général (sous la direction du prince de ce monde), jusqu'au temps de grande détresse ( la « Fosse ») pendant lequel se terminera le mal. Le mesurage de cette période et la détermination du moment où la fosse de la détresse sera atteinte sont assez faciles à obtenir, si nous avons dans la Pyramide une date définie, un point de départ. Cette borne-date, nous l'avons à la jonction du « Premier Passage Ascendant » avec la « Grande Galerie ». Ce point marque la naissance (*) [d'après Edgar : mort] de Jésus, comme le « Puits » 33 [25] (*) [Tous les chiffres entre crochets sont les mesures des fr. Edgar] (Voir remarque précédente — Trad. page 373).] pouces plus loin indique sa mort. Ainsi, si nous mesurons en arrière vers le bas le  « Premier Passage Ascendant » jusqu'à sa jonction avec le « Passage d'Entrée », nous aurons une date fixe à marquer sur le « Passage descendant ». Cette mesure est de 1542 [5] pouces et indique l'an 1542 [?] av. J.-C. comme la date marquée par ce point. Mesurant ensuite le « Passage d'Entrée » en partant de ce point, vers le bas, pour trouver la distance jusqu'à l'entrée de la « Fosse », représentant la détresse et la destruction par lesquelles cet âge-ci doit se terminer, quand le mal sera déchu de son pouvoir, nous trouvons qu’elle est de 3.457 [3.388,5] pouces, symbolisant 3.457 [3.388,5] années depuis la date ci-dessus 1.542 [?] av. J.-C. Ce calcul montre 1915 ap. J.-C. comme marquant le point de départ de la période de détresse, car 1542 [?] av. J.-C. plus 1915 ans ap. J.-C. égalent 3.457 [en réalité 3.388,5] ans. Ainsi la Pyramide témoigne qu'octobre 1914 sera le point de départ du temps de détresse, tel qu'il n'y en a pas eu depuis qu'il existe une nation et qu'il n'y en aura jamais plus dans l'avenir. On remarquera, en conséquence, que ce « Témoin » corrobore totalement le témoignage de la Bible à ce sujet, comme cela a été démontré par les Dispensations parallèles du Vol. II, Ch.VII des ÉTUDES DANS LES ÉCRITURES.

            Personne ne devrait mettre en doute le fait que les quarante années de « moisson » commencèrent à l'automne de 1874, même si la détresse n'a pas encore atteint un point culminant et critique, et si ce temps de « moisson » a été, à certains égards, depuis cette date, une période pendant laquelle la connaissance a augmenté considérablement. Rappelons-nous que les chiffres et les illustrations de la Grande Pyramide, y compris le diagramme de la « Fosse », ont été tirés par le professeur Smyth, sans aucune référence à cette application.

            Nous devrions en outre nous souvenir que la Parole de Dieu nous montre clairement que les jugements de ce temps de détresse commenceront par l'église nominale et seront le prélude de sa destruction, au milieu des conflits d’égoïsme entre le capital et le travail, les deux partis s'organisant maintenant en vue du moment où la détresse sera la plus violente.

            La forme et le degré d'achèvement de cette pièce basse ou « Fosse » sont très significatifs. Alors que le plafond et une partie des parois sont réguliers, elle n'a pas de sol uni ; le sol est bosselé, inachevé et descend de plus en plus profondément vers la paroi est, justifiant ainsi le nom « d’Abîme sans fond », appliqué parfois à cette pièce.  Cette pièce nous parle de liberté, de délivrance, aussi bien que de détresse, d'élévation, aussi bien que de dégradation, car, lorsque le visiteur y arrive péniblement et fatigué par la position accroupie qu'oblige l’exiguïté du « Passage d'Entrée », il y trouve non seulement une marche pour descendre beaucoup plus bas sur « un sol bouleversé », chaotique ; mais il voit aussi une grande élévation du plafond, une partie de cette pièce étant beaucoup plus haute que la voie d'accès qui y mène. Ceci suggère une place plus vaste pour son organisme mental.

            Combien cela est aussi conforme aux faits ? Ne voyons-nous pas déjà l'esprit de liberté se répandre aujourd'hui au sein des masses des nations civilisées ? Nous ne nous arrêterons pas ici pour considérer les compatibilités et les incompatibilités des libertés ressenties et réclamées par les masses — les deux choses sont suggérées dans cette pièce par l'élévation du plafond et la dépression du sol ; nous notons simplement le fait que la lumière de notre époque — le Jour de l'Éternel — fait naître l'esprit de liberté ; et celui-ci, venant en contact avec l'orgueil, la richesse et la puissance de ceux qui tiennent toujours la direction sera la cause de la détresse que les Écritures nous assurent devoir être très grande. Bien qu’elle soit à peine commencée, rois, empereurs, hommes d'État, financiers et tous les hommes, la voient venir et « rendent l'âme de peur et à cause de l'attente des choses qui viennent » ; car les puissances des cieux sont ébranlées et finalement disparaîtront. Les systèmes mauvais — civils, sociaux et religieux — du « présent monde mauvais » sombreront dans l'oubli iront à la destruction, ce que symbolise aussi la « Fosse » ou « Chambre Souterraine ». La « Fosse » est pour nous, non seulement un symbole de la détresse irrésistible qui submergera et détruira le présent ordre de choses (parce qu'il est incompatible avec l'ordre de choses meilleur qui sera établi sous le royaume de Dieu), mais également un symbole de la mort de tout être qui continuera à suivre la mauvaise voie descendante et qui, dans la pleine lumière de l'âge millénaire, refusera d'abandonner ses péchés et de marcher selon la justice.

            Notons un autre détail en rapport avec ce qui précède : l'inclinaison du « Passage d'Entrée » est régulière jusque dans le voisinage de la « Fosse », puis le passage cesse de s'incliner et devient horizontal. En mesurant vers l'arrière depuis l'entrée de la Chambre Souterraine ou « Fosse » jusqu'à la jonction de l'horizontale avec la partie faisant angle du passage, nous trouvons que la distance est de 324 pouces ; en conséquence, le commencement de la partie nivelée du passage marque une date de 324 [351] ans antérieurs à 1915, autrement dit, 1590 [?]. Ceci semble dire qu'à cette date (1591 apr.  J.-C.), quelque chose se passa qui eut une grande influence sur le cours de la civilisation, et qui, dans une certaine mesure, arrêta sa tendance à décliner. Que se passa-t-il à cette date ? Quel grand mouvement marqué par cette date a eu une telle influence ? Nous ne trouvons pas, malheureusement, de mesures exactes de cette partie de ce passage descendant et nous sommes convaincus que les diagrammes du professeur Smyth ne sont pas sont précis pour justifier la cofinance dans les « mesures relevées par le calcul sur le papier » basées sur eux. Un mesurage non confirmé donne 324 pouces pyr., lequel, effectué en arrière indiquerait approximativement l'an 1590 ou  « jour de Shakespeare ». Toutefois, nous n’attachons aucune importance à cette suggestion .

            Une chose est certaine, le couloir étroit et incliné représente la marche du monde, tandis que les passages ascendants représentent la course de l'Église « appelée ». Le changement subi par un passage descendant qui devient horizontal, semblerait par suite impliquer l'apparition de lumière morale ou politique ou un freinage favorable de la marche descendante.

            La Réformation protestante du seizième siècle fit certainement beaucoup à tous égards et indirectement, pour le relèvement des peuples ; elle débarrassa l'atmosphère morale de beaucoup d'ignorance et de superstition. Les protestants et nombre de catholiques admettent que la Réformation a marqué le commencement d’une ère nouvelle dans le progrès universel.

            Nous ne prétendons certes pas, comme certains le font, que de nos jours, tout aille dans le sens de l'élévation morale plutôt que vers la dégradation. Au contraire, il y a beaucoup de choses de nos jours que nous ne pouvons pas approuver, qui ne sont en harmonie ni avec la civilisation, ni surtout avec la volonté divine. Nous constatons simplement dans le monde un esprit plus « humanitaire », encore bien loin de la religion de notre Seigneur Jésus, mais bien préférable aux superstitions ignorantes du passé.

            A la vérité, c'est cette amélioration sociale du monde qui a donné naissance à la « Théorie de l’évolution » et a amené nombre de gens à conclure que le monde évoluait rapidement vers la perfection, qu’un Sauveur était inutile et son oeuvre rédemptrice sans objet, qu'on n'avait besoin ni d’un royaume à venir, ni d'un rétablissement de toutes choses. Le pauvre monde se rendra compte, dans peu de temps, qu’un relèvement basé sur un pur égoïsme ne peut qu'augmenter le mécontentement et même conduire éventuellement à l'anarchie. Seuls les enfants de Dieu, guidés par sa Parole, peuvent voir ces choses sous leur jour véritable.

            Mais tandis que les mesurages indiqués ci-dessus rendaient leur témoignage harmonieux, un autre mesurage paraissait être en désaccord avec la Bible ; savoir celui du « Premier Passage Ascendant » qui, comme on l'avait présumé, représentait la période commençant avec l’exode du peuple d'Israël sortant d’Égypte et se terminant avec la naissance du Seigneur Jésus (*). [Cette période n'est pas la même que celle indiquée dans le Volume 2, chap. VII, que nous avons nommés et décrite comme étant l'Age judaïque. Cette dernière commença 198 ans avant l'exode, à la mort de Jacob et ne se termina qu'au moment où le Seigneur qu'ils avaient rejeté, laissa leur maison déserte, cinq jours avant sa crucifixion]. Les périodes bibliques déjà présentée dans le Vol. 2 (**) [Voir Vol. 2. pp. 246-249 (édition 1953).] sont exactes, nous en avons la certitude, car nous en avons démontré l'exactitude de nombreuses manières. Nous avons vu que depuis l’Exode du pays d’Égypte jusqu'en l'an 1 de l'ère chrétienne, il y avait exactement 1614 années, alors que la longueur de la rampe du « Premier Passage Ascendant » mesure seulement 1542 pouces. De plus, nous savions, sans l'ombre d'un doute, d'après les paroles du Seigneur et des prophètes que l'Age de la Loi et la « faveur » à Israël selon la chair ne se terminèrent pas à la naissance de Jésus mais trois ans et demi après sa mort, à la fin des soixante-dix semaines de faveur d'Israël, soit en l'an 36 de notre ère (*). [Voir Vol. 2 ch. VII.] La longueur de la période de l’Exode à la fin du temps de faveur serait donc de 1650 ans (1614 + 36), et quoique dans un sens, la grandeur et la bénédiction de la nouvelle dispensation commencèrent à la naissance de Jésus (Luc 2 : 10-14 ; 25-38), cependant la Grande Pyramide devrait, de quelque manière, indiquer la longueur totale de la faveur d'Israël. Nous avons finalement constaté que celle-ci était très ingénieusement montrée. La longueur du « Bouchon » de granit est exactement celle qu'il faut ajouter pour compléter cette période jusqu'à sa limite extrême. Nous comprenons donc pourquoi ce « Bouchon » était si solidement fixé que personne ne parvint à le déplacer ; il fut placé là par le Grand Constructeur dans le but évident d'y demeurer afin qu'aujourd'hui nous puissions entendre son témoignage qui vient corroborer la Bible quant à son plan aussi bien qu'à sa chronologie.

            En mesurant ce passage avec son « Bouchon », nous devrions le considérer comme s'il était un télescope, le « Bouchon » étant sorti jusqu'à ce que l'extrémité supérieure occupe la position originellement marquée par son extrémité inférieure. La distance depuis l'entrée nord de la « Grande Galerie » jusqu'à l'extrémité inférieure du « Bouchon » est de 1470 pouces. Si maintenant on y ajoute la longueur du « Bouchon », 179 pouces, nous obtenons un total de 1649 pouces, représentant 1649 ans. La différence d'un pouce-année entre cette donnée et celle de la chronologie de la Bible pour cette période se comprend facilement si nous nous souvenons que le « Bouchon » a été considérablement taillé par ceux qui s'efforcèrent de l'enlever de sa position fixée dans le couloir.

            Ainsi ce « Témoin » de pierre corrobore exactement le témoignage de la Bible et montre bien que la période de l'exode d'Israël hors d'Égypte jusqu’au terme de leur faveur nationale (*) [Voir Vol. Il. Chap. 3.] en l'an 36 de notre ère fut de 1650 ans. Mais que personne ne confonde cette période avec la période indiquée dans les parallèles des dispensations judaïque et chrétienne montrant que les deux âges sont de 1845 ans chacun, l'un allant de la mort de Jacob à l'an 33 de notre ère, et l'autre de 33 ap.  J.-C. à 1878.

            C'était non seulement une manière ingénieuse de cacher, tout en la donnant, la durée de la période allant de l'Exode à la naissance de notre Seigneur (pour être, au temps marqué, une corroboration du témoignage de la Bible), mais le lecteur attentif verra promptement que la chose n'aurait pu se faire que de cette seule manière, et cela pour deux raisons : premièrement, parce que la faveur et la dispensation judaïques non seulement commencèrent à la mort de Jacob avant l'exode d'Égypte, mais également pénétrèrent dans la dispensation chrétienne, parallèlement avec elle, pendant les trente-trois années de la vie terrestre de notre Seigneur Jésus. Secondement, si on avait construit le « Premier Passage Ascendant » de manière à ce que sa longueur mesurée en pouces pyramidaux représentât exactement la longueur de l'Age judaïque, on aurait dû faire la Pyramide plus grande, ce qui alors aurait détruit ses aspects et ses leçons scientifiques.

            Examinons maintenant la « Grande Galerie » qui fait suite au « Premier Passage Ascendant » et relevons également son témoignage symbolique. Elle est sept fois la hauteur du « Premier Passage Ascendant ». Ses parois sont formées de sept assises de pierres superposées d'un calcaire lisse au toucher, finement poli et autrefois beau et couleur crème. Elle a vingt-huit pieds de haut [un pied = 30 cm. environ Trad.] ; mais elle est très étroite ; sa largeur maximum est de six pieds seulement, mais au niveau du sol, elle est rétrécie et n'a plus que trois pieds de large ; à son sommet, elle est encore plus étroite. Le professeur Greaves, d'Oxford, vivant au quinzième siècle, la décrit comme suit :

            « C'est un chef-d’œuvre imposant, qui ne le cède en rien aux constructions les plus magnifiques et les plus somptueuses par ses curiosités artistiques et la richesse de ses matériaux. Cette galerie, ou corridor, ou quelque soit le nom que je puisse lui donner, est construite en marbre (calcaire) blanc et poli, taillé très régulièrement en grands panneaux carrés. Le plafond, les parois et la rampe sont construits avec des matériaux identiques. Les joints des blocs de pierre, sont si bien faits qu'il est presque impossible à l’œil curieux de les distinguer ; et ce qui ajoute un charme à toute la construction, quoique le passage soit rendu plus glissant et plus difficile, c'est la pente de la rampe. Dans l'arrangement et la disposition des blocs de marbre (calcaire) des parois de chaque côté, il y a un détail d'architecture, à mon jugement très élégant, et c'est que toutes les assises « ou rangées qui ne sont que de sept (tellement ces pierres sont grandes) sont posées de telle façon que chacune surplombe de trois pouces environ la rangée inférieure et cela jusqu'au sommet ».

            Le professeur Smyth déclare qu'il est impossible de la représenter fidèlement par le dessin :

            « Le cadre dépasse les possibilités des prises de vue habituelles par suite de la largeur trop étroite, de la hauteur de la voûte et de l’inclinaison de l’angle du sol, un sol qui, vu de sa partie extrême nord vers le sud, s'élève, s'élève à travers l'obscurité, apparemment sans fin, et avec une telle pente rapide qu'aucune vue prise par un artiste, et rapportée sur un plan vertical ne pourrait jamais en représenter plus qu'une toute petite partie s'élevant dans la masse et se perdant au sommet. Tandis que si vous regardez de l'extrémité sud vers le nord de la Galerie, vous perdez instantanément le sol de vue, et voyez au niveau de vos yeux, à distance, une portion du plafond qui fuit vers le bas. Ailleurs, ce sont les chevauchements solennels des hautes et sombres murailles qui vous flanquent de chaque côté ; mais le tout est en pente abrupte, parlant de peine d'un côté, de l'autre de dangers, et partout une montagne invincible ».

            La « Grande Galerie » est bien un symbole admirable de la marche de la véritable Église chrétienne, du sentier du « Petit Troupeau » des vainqueurs, pendant la longue période de l'Age de l'Évangile. Ses parois et le plafond de teinte blanc-crème, jadis admirables, faits de pierres superposées et régulières et toutes en pente ne nous racontent pas l'histoire de l'église nominale, comme certains l'ont supposé — sinon ils n'auraient pas cette forme régulière et ascendante — mais elles nous parlent de la grande faveur de Dieu accordée pendant l'Age de l'Évangile, le « haut appel » à des libertés et à des privilèges spéciaux offerts sous conditions aux justifiés de l'Age de l'Évangile et ouverts par « le puits », la rançon.

            La grande hauteur de cette « Grande Galerie » — qui est sept fois la hauteur du passage représentant la dispensation judaïque, (sept étant un symbole de perfection et de plénitude) — représente cette plénitude de bénédiction renfermée dans la promesse abrahamique qui est effectivement offerte à l'église de l'Age évangélique.  La « Chambre du Roi », qui fait suite à la  « Grande Galerie », représente la fin de la course proposée à tous les fidèles par le « haut appel ». Comme nous allons le voir, cette « Chambre du Roi » est un symbole des plus approprié de la destinée finale de l'Église. Le « puits » (qui représente la rançon), à l’entrée même de cette Galerie et que doivent reconnaître tous ceux qui s'engagent sur cette voie, symbolise admirablement notre justification. Ainsi la Grande Pyramide nous dit qu' « il n'y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Christ Jésus ».

            La longueur de la « Grande Galerie », qui semble interminable, montre combien l'Age de l'Évangile a paru long aux membres individuels de l'Église, tandis que son étroitesse représente bien le « chemin étroit qui mène à la vie ». La raideur de la rampe indique les difficultés qu'éprouvent ceux qui gravissent ce sentier et le danger qu'ils courent constamment de glisser en arrière s'ils ne veillent pas suffisamment à leurs pas. Cependant, entre ces murs ou parois de la faveur divine, il y a le salut et la sécurité de tous ceux qui persévèrent à bien faire, à croître en grâce, à gravir le chemin difficile, à « marcher non selon la chair, mais selon Esprit ».

            En levant les yeux, nous constatons que la « Grande Galerie » a une fin aussi bien qu'un commencement. Cela nous indique qu'il y aura un temps où les privilèges extrêmement grands et précieux offerts pendant l'Age de l'Évangile cesseront ¾ le merveilleux haut-appel à devenir cohéritier avec Christ comme son « épouse » prendra fin, lorsqu'un nombre suffisant pour compléter le « petit troupeau » aura accepté l'appel. Ce que cette pierre — « témoin » nous indique ainsi en illustration, la Parole écrite nous l'expose très clairement montrant, ainsi que nous l'avons vu, que le privilège de courir pour le grand prix du « haut appel » est réservé exclusivement à l'Age de l'Évangile. Cet appel ne fut jamais présenté à personne auparavant, notre capitaine, Jésus, étant le premier à qui il fut offert, le premier à en accepter ses conditions de sacrifice, et le premier à en recevoir la récompense. L'extrémité sud de la « Grande Galerie » marque aussi positivement la fin ou la limite de l'appel à la nature divine que l'extrémité nord marque le commencement de cette grande faveur.

            Mais puisque la « Grande Galerie » représente notre « haut-appel » de Dieu, voyons plus loin et notons à quoi cet appel conduit chacun de ceux qui l'acceptent.  Nous avons déjà vu dans les Écritures que nous sommes appelés à souffrir avec Christ, à mourir avec lui, et plus tard à entrer dans sa gloire. Et nous trouvons tout cela symbolisé d'une façon frappante, par la manière étrange, particulière dont on accède à la « Chambre du Roi », à l'extrémité de la « Grande Galerie ». Le chemin, par lequel ceux qui acceptent le « haut-appel » peuvent entrer dans la gloire céleste, figurée par la « Chambre du Roi », n'est pas direct. Ils doivent d'abord être éprouvés en tous points et être trouvés obéissants à la volonté de Dieu ; autrement ils ne pourraient entrer dans le repos qui reste. Ceci, l'enseignement des Écritures et l'expérience de tous ceux qui courent pour le grand prix, sont ainsi fortement illustrés dans la Grande Pyramide. De même que l'appel conduit à la consécration et aux leçons de sacrifice, ainsi la « Grande Galerie » conduit à certains passages bas qui symbolisent ces choses. Ayant atteint son extrémité supérieure, le voyageur doit se baisser très fortement pour franchir le passage conduisant à l' « Antichambre ». Cette flexion symbolise la consécration ou la mort de la volonté humaine, le commencement du sacrifice de soi-même, auxquels tous ceux qui voudront parvenir à la nature divine sont appelés. Seuls, ceux qui ont accepté l'appel et qui ont réellement renoncé à la volonté  humaine savent ce que veut dire ce sacrifice de soi-même.