Studies in the Scriptures

Tabernacle Shadows

 The PhotoDrama of Creation

 

 

ÉTUDES DANS LES ÉCRITURES

VOLUME III - QUE TON RÈGNE VIENNE

 

 ÉTUDE VI

L'ŒUVRE DE LA MOISSON

Caractère de l’œuvre de la moisson. — Rassemblement du froment. Rassemblement de l'ivraie. Sa mise en gerbes pour la brûler. — Provenance de l'ivraie, sa croissance prolifique. — Elle fut brûlée comme la paille lors de la moisson judaïque. — Parallélisme chronologique des deux moissons. — Le rejet, la chute graduelle et la destruction finale de Babylone. — Les serviteurs de Dieu marqués du sceau avant que les plaies descendent sur Babylone. — Le jugement ou épreuve frappe les individus et les systèmes ou organisations. — L'épreuve du système judaïque fut un type. — L'épreuve et le criblage du froment. — Séparation des Vierges sages d'avec les Vierges folles. L'entrée au festin. — « Et la porte fut fermée ». — Second examen et rejet de certains. — Pourquoi et comment ?. — Fin du Haut-Appel. — Le temps est court. — « Que personne ne prenne ta couronne ». — Les  serviteurs et vainqueurs de la onzième heure.

 Le terme « moisson » donne une idée générale du  genre d’œuvre dont on devait attendre l'accomplissement  entre 1874 et 1914. C'est une période pendant laquelle on récolte plutôt qu'on ne sème, un temps d’épreuve, d'estimation, de fixation et de rétribution. La moisson de l'Age judaïque étant un type de celle de cet Age, en observant et en comparant les diverses phases de la moisson judaïque, nous aurons des idées plus claires sur l’œuvre qui doit être accomplie pendant la moisson actuelle. Dans la première, notre Seigneur donna des instructions spéciales pour rassembler le froment, c'est-à-dire ceux qui en étaient déjà, puis séparer la balle de la nation juive d'avec le froment. Les doctrines du Maître devinrent aussi les semences de la nouvelle dispensation, qui commença (peu de temps après le rejet d'Israël) à la Pentecôte.

Lorsque, pendant son ministère, le Seigneur envoya ses disciples auprès de la nation-église  juive, il leur adressa les paroles suivantes que nous devons retenir avec soin car elles fournissent la preuve que le travail spécial des disciples était alors de moissonner et non de semer : « Levez vos yeux et regardez les campagnes, elles sont déjà blanches pour la moisson : celui qui moissonne reçoit un salaire et assemble du fruit en vie éternelle » ( Jean 4 : 35, 36 ). Lui-même était le Chef-moissonneur de cette moisson-là (comme il l'est aussi dans la moisson actuelle) ; il dit à ceux qui moissonnaient sous ses ordres : « Moi, je vous ai envoyés moissonner ce que vous n'avez  pas travaillé ; d’autres [ les patriarches, les prophètes et d'autres saints hommes d'autrefois ] ont travaillé, et vous êtes entrés dans leur travail »,  pour moissonner les fruits de ces siècles de labeur et pour éprouver ce peuple par le message: « Le Royaume des Cieux est proche »,  et le Roi est présent : « Voici, ton Roi vient à toi ».  Matth. 10 : 7 ; Jean 12 : 15 ; Zach. 9 : 9.

Pendant la moisson judaïque, le Seigneur ne chercha pas à transformer les boucs en brebis, il chercha les brebis perdues et aveuglées d’Israël, et appela toutes celles qui étaient déjà ses brebis afin qu'elles pussent entendre sa voix et le suivre. En observant le type, nous y trouvons des indications sur le caractère de l’œuvre  qui doit s'accomplir pendant le temps actuel de la moisson ou moissonnage («  reaping »  fauchage. Trad.). D'autres semailles beaucoup plus grandes auront bientôt lieu dans les conditions bien meilleures  de l'Age millénaire et du Royaume. Nous pourrions même dire que les semences de la vérité relatives au Rétablissement, etc., semences destinées à produire la récolte millénaire, sont déjà déposées çà-et-là dans les cœurs avides de vérité. Mais ce dernier travail est seulement accidentel maintenant, car à l'image du type judaïque, la moisson actuelle est un temps pour moissonner la prétendue église ( de celle qui s'intitule la Chrétienté ),  afin que les vrais saints, recueillis du milieu d'elle, soient exaltés et associés avec leur Seigneur,  non seulement pour prêcher la vérité, mais aussi pour commencer l’œuvre considérable  du rétablissement pour le monde.

       Pendant cette moisson, le froment et l'ivraie doivent être séparés, mais avant la séparation, ces deux classes forment l'Église nominale. Le froment est formé des véritables enfants du Royaume, des véritables consacrés, des héritiers, tandis que l'ivraie est formée par l'Église nominale qui n'est pas véritablement l'Église, de Christ ou future Épouse. L'ivraie renferme la classe de chrétiens dont parle Jésus dans Luc 6 : 46 ; ceux-ci disent « Seigneur, Seigneur », mais ils ne lui obéissent pas. Extérieurement,  les deux classes se ressemblent  quelque peu et il faut les observer de près pour les distinguer. Le « monde chrétien »  ou « chrétienté  »,  comme on l'appelle parfois, forme ce que la parabole désigne par l'expression « le champ, c'est le monde » ; c'est, en un mot, le froment et l'ivraie réunis ( l'ivraie étant beaucoup plus nombreuse ). L'ivraie est formée par des personnes fréquentant plus ou moins régulièrement les services religieux ; elles s'appellent des chrétiens, elles pratiquent certains rites et cérémonies ; elles font partie plus ou moins directement de quelque système religieux ; cette ivraie ressemble  à des enfants consacrés de Dieu qui passent parfois pour être tels. Dans les prétendus « pays chrétiens », tous sont considérés comme des chrétiens à l'exception des Juifs et des incrédules. Le nombre total de ces chrétiens ( y compris les quelques véritables consacrés, les saints ) se monte approximativement à 180 millions de catholiques romains et grecs et 120 millions de protestants.

Notre Seigneur avait indiqué que, pendant l'Age de l'Évangile, il ne fallait pas essayer de séparer les véritables enfants du Royaume d'avec ce qui n'était que de l’imitation ; car une séparation complète provoquerait  un bouleversement général du monde ( le « champ »  ), ainsi que le désarroi, aussi bien dans le froment que dans l'ivraie. Il avait donc dit : « Laissez-les  croître  ensemble jusqu'à la moisson ».  Mais il avait  ajouté : »  Au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs [ anges messagers ] Cueillez d'abord l'ivraie et mettez-la en bottes pour la brûler, mais assemblez le froment dans mon grenier » ( Matth. 13 : 30 ). Par suite, au temps de la moisson, nous devons nous attendre à une oeuvre générale de séparation, oeuvre  qui avait été interdite auparavant. Les personnes  symbolisées par le froment sont encouragées à demeurer fermes dans la liberté par laquelle Christ les a affranchies ; elles doivent éviter de s'associer d'une manière quelconque avec les transgresseurs délibérés ou avec les loups en habits de brebis ; cependant, elles n'ont pas à tracer elles-mêmes la ligne de démarcation entre les véritables consacrés ( le froment, les saints ) et l'ivraie qui, à un certain degré, se réclame du nom et des doctrines de Christ, permet dans une certaine mesure à ces doctrines d'influencer sa conduite extérieure,  mais dont les aspirations du cœur sont éloignées du Seigneur et de son service. Juger les cœurs et les mobiles du cœur est une oeuvre qui ne nous appartient pas et que le Seigneur nous a recommandé de laisser entièrement de côté ; c'est pourtant cela même que les sectes se sont continuellement efforcées  de faire essayant de séparer, de déceler le froment et d'éliminer comme ivraie ou hérétiques par de rigoureux credo de fabrication humaine, tous ceux se réclamant du christianisme et dont la foi ne cadrait pas exactement avec leurs diverses et fausses unités de mesure. Cependant, quelle faillite  fut celle de toutes ces sectes ! Elles ont instauré des règles et des doctrines  fausses et antiscripturales  qui ont développé, en réalité beaucoup d'ivraie et étouffé et isolé le froment, entre autres la doctrine du tourment éternel pour tous ceux qui ne sont pas membres de l'Église. Bien que grandement modifiée aujourd'hui, à la lumière croissante  de nos jours, quelle multitude d'ivraie cette doctrine, n'a-t-elle pas produite, et combien elle a étouffé, aveuglé et empêché le froment d'obtenir une connaissance convenable du caractère et du plan de Dieu ? Aujourd'hui, nous voyons quelle erreur commirent les différentes sectes en ne suivant pas le conseil du Seigneur de laisser croître ensemble le froment et l'ivraie, les saints et ceux qui prétendaient l'être, sans essayer de faire une séparation. Dans toutes les sectes, des cœurs honnêtes admettront que leur confrérie renferme beaucoup d'ivraie, de chrétiens de nom qui ne sont pas des saints et qu'en dehors de leur secte il y a beaucoup de saints. C'est ainsi qu'aujourd'hui, aucune secte ne peut prétendre ou ne prétend que tous ses membres sont du froment et qu'elle ne renferme point d'ivraie. Aucune organisation terrestre (à l'exception des Mormons et des Christadelphiens) n'oserait encore moins prétendre qu'elle renferme tout le froment. Dès lors, pourquoi donc toutes ces organisations, toutes ces barrières théologiques ? Aucune excuse n'existe de les établir. Elles n'arrivent pas à séparer le bon grain d'avec l'ivraie, et rien ne peut accomplir complètement et entièrement cette séparation des cœurs, si ce n'est par le moyen que le Seigneur a choisi pour être employé au temps de la moisson. Ceci nous montre qu'il est nécessaire de savoir quand le temps est proche, et quand doit commencer le moment propre à l’œuvre de séparation de la moisson. Jésus, fidèle à sa promesse, ne nous a pas laissés dans les ténèbres, mais il nous donne la connaissance propre au temps actuel, à tous ceux, du moins, dont le cœur est prêt à la recevoir : Vous, frères, vous n'êtes pas dans les ténèbres  [ ni endormis] pour que ce jour vous surprenne comme un voleur ». — 1 Thess. 5 : 4.

La vérité du temps convenable actuel est la faucille de cette moisson ; elle est analogue à celle qui fut employée dans la moisson judaïque. Les moissonneurs,  les anges(*)(*) [ Le mot « ange » signifie messager.] ou messagers, sont aujourd'hui les disciples du Seigneur au temps de la moisson judaïque, les moissonneurs étaient une classe exactement identique. Tout au long de l'Age de l'Évangile, il fut dit à d'autres de ne pas essayer de séparer le froment d'avec l'ivraie ; maintenant, ceux qui sont prêts, obéissants et dignes, reçoivent du Seigneur la connaissance de Son plan et de Son arrangement d'une manière si claire qu'ils reconnaissent sa voix qui dit au temps de la moisson : « Lancez la faucille » de la vérité présente et « assemblez-moi mes saints qui ont fait alliance avec moi par [un] sacrifice ».  « Ils seront à moi, mon trésor particulier, dit l'Éternel des armées, au jour que je ferai ( Ps. 50 : 5 ; Mal. 3 : 17 ).

Non seulement ce temps de la moisson est pour le rassemblement des saints par la vérité (dans l'unité avec leur Seigneur et avec leurs frères, évitant toute communion avec les chrétiens de nom, l'ivraie ), mais c'est aussi le temps de nettoyer le champ en brûlant l'ivraie, la balle, les mauvaises herbes, etc., en prévision des nouvelles semailles. Dans un sens, le « froment » est rassemblé du milieu de l'ivraie — parce que l'ivraie est beaucoup plus nombreuse — comme quand le Seigneur, dit : « Sortez du milieu d'elle, mon peuple Cependant, dans un autre sens, la séparation est fort bien représentée par l'ivraie éliminée du froment. En réalité, c'est le froment qui a droit à toute la place dans le champ ; ce dernier est un champ de froment et non un champ d'ivraie (le monde ou l'humanité est le sol hors duquel sortent et croissent le froment et l'ivraie), de sorte que l'ivraie n'est pas à sa place dans ce champ et doit en être enlevée. Le Seigneur mit en culture et ensemença le champ avec du froment, et le froment représente les Fils du Royaume ( Matth. 13 : 38 ). Or le champ ou le monde doit leur être donné et leur appartient déjà par la promesse ; c'est  pour cela que, selon la parabole, c'est l'ivraie qui est rassemblée, sortie du champ pour être brûlée, abandonnant au froment Ie. champ et tout ce qu'il renferme. L'ivraie retourne dans le sol (le monde), d'où elle était sortie, et les prémices du froment sont rassemblées dans le grenier, afin que la terre soit préparée pour une autre récolte.

 Le froment ne devait pas être bottelé : au début les grains avaient été plantés, séparés et indépendants les uns des autres pour être associés seulement comme une seule espèce dans des conditions semblables. Mais la parabole nous dit que l'un des résultats de la moisson consistera à rassembler l'ivraie, à la lier en bottes, avant de la jeter dans le feu ou « temps de détresse ».  Cette oeuvre  se poursuit tout autour de nous ; de toutes parts, nous voyons surgir des syndicats ouvriers, des trusts capitalistes, des associations pour la défense  des intérêts de toute sorte.

Le monde civilisé est le « champ »  de la parabole. Pendant la Réformation, ce champ fut le théâtre de disputes religieuses, en tous pays rassemblant pêle-mêle  le froment et l'ivraie dans de grandes associations ou confessions religieuses qui poussèrent les uns dans une direction doctrinale, les autres dans une autre. Ceci assembla pêle-mêle froment et ivraie et fit disparaître en grande partie la personnalité des individus. Les tempêtes doctrinales sont passées depuis longtemps, mais les divisions subsistèrent par la force de l'habitude, et çà et là seulement, une tête de froment a essayé de s'élever elle-même vers la droiture malgré le poids de la masse.

Mais au temps de la moisson, le froment s'affranchit graduellement du fardeau et des entraves de l'ivraie. La faucille de la vérité prépare cette classe à la liberté par laquelle tous avaient été affranchis par Christ au début, alors que cette même faucille produit un effet opposé sur l'ivraie. L'esprit de cette dernière pousse ceux qui la forment à rechercher la grandeur et l'ostentation sectaires plutôt que l'obéissance et la fidélité individuelles à Dieu. En conséquence, les vérités présentes dont elles découvrent de suite la tendance à condamner tout sectarisme et à éprouver chaque individu, sont énergiquement rejetées et combattues par elles. Et, bien que disposés à s’unir les unes aux autres, toutes Ies sectes font bloc contre les tendances désagrégeantes  de la vérité présente, à telle enseigne qu'elles mettent leur emprise lentement, avec précaution, mais avec force autour de toute pensée et étude individuelle sur des sujets religieux, par crainte que leurs organisations ne tombent en ruine et que tout le froment s'échappa ne laissant plus que l'ivraie.

Chaque membre de la classe de l'ivraie est plus ou moins conscient que, s'il subissait un examen personnel, il n'obtiendrait aucune part dans l'héritage du Royaume promis aux vrais disciples de l'Agneau. Ceux qui constituent l'ivraie préféreraient voir les sectes jugées comme autant de groupements et en comparaison de l'une avec l'autre, espérant ainsi pouvoir se faufiler dans la gloire du Royaume d'après les mérites du froment avec lequel ils sont associés. Cependant, ceci ne saurait avoir lieu, car l'épreuve qui déterminera si nous sommes dignes des honneurs du Royaume sera individuelle : c'est une épreuve de fidélité individuelle envers Dieu et envers sa vérité et non pas une épreuve de sectes pour savoir laquelle est la vraie. A la lumière plus intense d'aujourd'hui qui dissipe les brumes du fanatisme et de la superstition, chaque secte semble discerner que les autres sectes ont autant (et aussi peu) de droits qu'elle-même  de se proclamer la seule véritable Église Ayant dû admettre ceci, elles ont cherché à persuader chacun qu'il était essentiel pour être sauvé de se joindre à l'une d'elles, peu importe laquelle. C'est ainsi qu'elles combinent la notion de responsabilité individuelle avec l'esclavage sectaire.

Voici un exemple d'un de ces liens populaires récemment serré par le sectarisme autour de ses adeptes. Nous voulons parler des Leçons de l'École  du Dimanche Internationale, lesquelles laissent l'impression d'une coopération non sectaire à l'étude de la Bible parmi tous les chrétiens. Elles paraissent ainsi comme étant un grand pas en avant sur les anciennes méthodes d'enseignement des catéchismes des sectes. Ces leçons uniformes ont l'apparence d'abandonner le sectarisme et de réunir tous les chrétiens pour étudier la Bible à sa propre lumière ce qui est, comme tous le reconnaissent la seule véritable manière d'étudier la Bible, mais que toutes les sectes refusent de faire d'une manière effective ; car, notons-le ces Leçons de l'École du Dimanche Internationale ont un caractère non sectaire, seulement en apparence ; c'est en apparence seulement qu'elles ont l'air de donner toute liberté à l'étude de la Bible. En réalité, chaque dénomination commente à sa manière les passages bibliques contenus dans les leçons. Le comité qui choisit ces leçons ayant pour but l'union et l'harmonie apparentes et extérieures des sectes, ne choisit que les passages bibliques où il n'y a guère de divergences d'opinions. Les passages et doctrines sur lesquels elles sont en désaccord, les seuls ayant le plus besoin d'être discutés afin que les erreurs et les vérités de chaque secte puissent être manifestées et qu'une véritable union puisse se faire sur la base « d'un seul Seigneur, d'une seule foi et d'un seul baptême »,  tout cela est ignoré dans les leçons, mais toujours fermement soutenu comme avant, par chaque secte.

  L'effet de ces Leçons et d'autres méthodes similaires d'union est de rendre le Protestantisme plus imposant en apparence, et de dire aux gens, en fait sinon en paroles : il faut que vous fassiez partie d'une de ces sectes, à défaut de quoi vous ne pourrez pas être un enfant de Dieu. Dans la réalité, il ne s'agit pas d'une union en une seule église, mais d'une combinaison d'organisations séparées et distinctes dont chacune est aussi préoccupée de garder sa propre organisation comme secte ou gerbe, mais chacune désireuse de s'allier avec les autres pour présenter aux yeux du monde une apparence plus grande et plus imposante. Cela ressemble à l'empilage des gerbes dans une meule. Chaque gerbe conserve son propre lien ou organisation ; l'enchaînement devient encore plus étroit lorsque la gerbe est fixée, solidement réunie aux autres, pour former une grosse et imposante meule.

Le système des Leçons Internationales, ainsi que les méthodes modernes de « diriger » les Écoles du Dimanche, contribuent grandement au développement de l'esprit de secte en empêchant toute croissance dans la connaissance de la vérité d'une manière différente. Une leçon, présentée en liaison avec les « exercices »  de l'école, est si générale qu'il reste trop peu de temps pour examiner les questions réservées imprimées avec des réponses toutes préparées ; et aucun moment n'est laissé pour l'étudiant de la Bible affamé de vérité ou le moniteur zélé occasionnel pour soulever d'autres questions, de plus grande importance et renfermant de la nourriture pour l'esprit et la discussion fructueuse. Autrefois, des classes d'études de la Bible avaient lieu pour approfondir certaines questions, elles n'étaient entravées que par les liens de leurs propres préjugés et superstitions ; les chercheurs studieux et sincères pouvaient toujours faire quelques progrès dans la vérité. Mais à présent, alors que la lumière augmente de toutes parts, éclairant tous les sujets, dissipant les brumes de la superstition et des préjugés, ce sont précisément les Leçons Internationales elles-mêmes qui l'empêchent de briller sur l'étudiant de la Bible tout en prétendant l'aider. Son temps réservé à l'étude biblique  est habilement dirigé de manière qu'il ne puisse obtenir de nouvelles idées, mais qu'il soit si continuellement occupé à utiliser « le lait de la Parole »  (copieusement dilué dans les traditions des hommes) qu'il en perde tout appétit pour la « nourriture solide »  de la vérité plus avancée (Héb. 5 : 14). Dans ces classes, tout le temps et l'occasion de goûter, d'apprendre à apprécier la nourriture substantielle sont sacrifiés par l'obéissance à ces paroles : « Il faut nous en tenir à notre leçon, car l'heure va bientôt sonner ».  Pour comprendre la valeur des doctrines de Dieu, si nécessaires  à notre croissance dans la grâce, dans la connaissance et dans l'amour de Dieu, combien il est nécessaire,  selon le  prophète et l'apôtre, de laisser de côté les premiers rudiments et de progresser vers la perfection après avoir été « sevrés du lait, ôtés de la mamelle » — Héb. 6 : 1 ; Es. 28 : 9.

Récemment, il est vrai, on a amélioré les méthodes des Écoles du Dimanche, mais elles laissent encore beaucoup à désirer. Il y a dans ces milieux quelques enfants de Dieu et des plus dignes, qui s'efforcent de servir Jésus et sont plus ou moins perplexes devant le déploiement du nombre et de l'apparence de « l’œuvre pour le Seigneur ».  Nous concédons que quelque bien est accompli, mais il a ses compensations. Les personnes sincères sont détournées de leurs propres devoirs, empêchées de progresser, parce qu'elles font ce que Dieu avait chargé les parents de faire ; la négligence  de ces devoirs fait du tort aux parents comme aux  enfants. Quant aux personnes moins développées, elles trouvent que les courtes réunions et les « exercices »  sont plus agréables que l'étude de la BIble.  Elles en viennent à trouver qu'elles ont accompli un devoir elles se dédommagent d'ailleurs du sacrifice, de quelques moments en s'occupant de bavardages mondains et du changement qu'ils procurent. Quant aux enfants, ils aiment mieux aussi, les «  exercices »,  les cantiques et mieux encore, les livres de contes, les pique-nique, les fêtes et Ies  parties de plaisir. Les enfants, comme les mamans, éprouvent aussi une grande compensation à la peine qu'ils ont prise de s'habiller en ayant ainsi l'occasion de pouvoir étaler aux yeux de chacun leurs beaux habits. La responsabilité des parents dans l'éducation  religieuse de leurs enfants à la maison est très généralement abandonnée en faveur de l'instruction fausse et mécanique de l’École du Dimanche. On a donné avec raison à l'École du Dimanche le nom de garderie d'enfants de. l'église, et les petits ainsi élevés dans l'éducation et les conseils de l'esprit du monde sont les jeunes pousses pour l 'abondante récolte d'ivraie qui infeste complètement la grande Babylone.

Partout, ici et là, où existe une réunion d'études bibliques pour adultes, si celui qui enseigne est assez sincère et indépendant pour s'écarter des leçons prescrites et s'occuper de sujets plus importants, propres à faire luire la vérité qu'elle soit ou non favorable à la confession de la secte, il est certain que son pasteur ou son supérieur immédiat, le considérera comme un moniteur indigne de confiance. Il est vrai que ceux qui enseignent ainsi sont dangereux pour l'élément sectaire et bientôt on leur retire le droit d'enseigner. Il est certain que, s'il y avait beaucoup de personnes enseignant en toute indépendance et proclamant les vérités qu'elles ont reconnues, elles ne tarderaient pas à couper les liens des gerbes sectaires et à disperser ces dernières. C'est pourquoi elles deviennent bientôt indésirables. On préfère en choisir d'autres capables de tenir en bride les pensées et les tendances des assemblées qu'ils dirigent. On les prive de la « nourriture solide », on les maintient à l'état de petits enfants non sevrés, trop faibles pour marcher seuls, obligés de se lier aux systèmes qu'ils ont appris à aimer, et croyant qu'ils seraient perdus s'ils n'étaient pas rattachés à eux. La véritable place de celui qui enseigne fidèlement, la place du véritable étudiant de la Bible est en dehors de tous les liens humains, là où l'on est libre d'examiner la bonne Parole de Dieu et de se nourrir de tout ce qu'elle contient, là où l'on est libre aussi de suivre l'Agneau partout où il va. Jean 8 : 36 ; Gal. 5 : 1.

            Alors qu'on doit prendre en apparence la liberté individuelle en considération, comme jamais auparavant, nous voyons que jamais, à aucun moment, les liens n'ont été plus fortement serrés dans le but de lier ensemble le froment et l'ivraie dans les nombreuses gerbes. Jamais auparavant on n'avait mieux réussi qu'aujourd'hui à entraver et limiter les libertés individuelles.  Chaque heure de loisir d'un sectaire zélé est consacrée à l'une des nombreuses réunions ou des nombreux projets de sorte qu'il ne reste aucun moment pour penser et pour étudier la Bible en toute liberté. Le but principal de ces réunions, distractions etc., est de développer et de fortifier l'esprit sectaire ; le résultat final est d'amener l'asservissement dont nous avons parlé et qui empêche le véritable développement des enfants consacrés de Dieu, le froment. Ces liens deviennent de plus en plus forts, comme le prophète l'avait annoncé ( Es. 28 : 22 ). Les gerbes sont formées par un peu de froment et beaucoup d'ivraie et chaque jour, il devient plus difficile d'en sortir.

            Du fait que nous avons vu la petite quantité de froment vraiment consacré par opposition à la grande masse des « baptisés de profession »  (suivant la description de la classe de l'ivraie qu'en avait donnée avec force un évêque Méthodiste) il est évident que l'embrasement de l'ivraie sera un événement d'importance. Beaucoup de personnes supposent que l'ivraie sera brûlée dans une fournaise ardente où il y aura des pleurs et des grincements de dents ( Matth. 13 :  42 ). C'est une erreur complète de croire qu'il s'agit d'un feu littéral, ou d'une détresse qui se prolongera au-delà de la vie présente. La parabole tout entière s'accomplit pendant l'âge présent. Non seulement ce feu est un symbole tout comme le froment et l'ivraie, mais il symbolise la destruction de l'ivraie, pendant le grand temps de détresse qui termine l'âge actuel et de laquelle, la classe du froment a la promesse d'être épargnée ( Mal. 3 : 17 ; Luc 21 : 36 ). La fournaise ardente symbolise le « grand temps de la détresse » qui, à la fin de cette moisson, vient sur la classe indigne de l'ivraie de la Chrétienté.

 La destruction de l'ivraie ne signifie pas non plus qu'il y aura une destruction individuelle présente ou future de ceux qui composent cette classe. Ce sera  plutôt la destruction des fausses prétentions de cette classe. Ces gens prétendent être chrétiens alors qu'ils sont toujours des enfants de ce monde. Quand ils seront brûlés ou détruits comme l'ivraie, ils seront reconnus sous leur vrai caractère, comme des gens du monde et ils n'imiteront plus désormais les chrétiens comme membres nominaux de l'Église de Christ.

Notre Seigneur explique que lui-même a semé la bonne semence du Royaume, la vérité, de laquelle sort toute la classe du vrai froment après avoir été engendrée par l'esprit de vérité. Par la suite, pendant la nuit, les âges de ténèbres, Satan sema l'ivraie. L'ivraie fut certainement semée de la même manière que l'a été le froment. Ceux qui la forment sont les fruits de l'erreur. Nous avons déjà vu comment l'adversaire, Satan, et ses serviteurs aveuglés souillèrent grandement le « sanctuaire » et « l'armée »  et comment les précieux vases (doctrines) furent profanés et faussement utilisés par la Papauté, et ceci n'est qu'une autre démonstration de la même chose. Les fausses doctrines engendrèrent de fausses ambitions et aspirations dans le champ de blé de Dieu ; de ce fait beaucoup entrèrent au service de Satan pour semer des erreurs de doctrine  et de pratique qui ont fait surgir l'ivraie en abondance.

Le champ paraît être splendide et florissant à beaucoup car ils dénombrent les centaines de millions de prétendus chrétiens qui le composent. En réalité, il y a bien peu de froment, et pour ce blé qui a été étouffé et grandement entravé dans son développement par l'ivraie, il eût été préférable que l'ivraie animée de l'esprit du monde ne fût pas entrée dans l'Église, mais fût restée à sa place dans le monde en laissant les consacrés du « Petit Troupeau » comme seuls représentants de l’esprit et de la doctrine de Christ dans le champ. Alors il se serait bientôt manifesté une différence marquée entre l'Église et le monde et la croissance de l'Église, en apparence moins rapide, aurait été plus saine. Le grand succès apparent que manifestent le nombre, la richesse et la position sociale, desquels se glorifient un si grand nombre, cause en réalité un grand préjudice à l'Église et n'est en aucun sens une bénédiction ni pour elle, ni pour le monde.

En examinant ce sujet, nous trouvons que beaucoup d'éléments de cette ivraie ne sont pas entièrement responsables de leur fausse situation d'imitation du froment. Beaucoup d'entre eux ne savent pas que l'ivraie n'est pas la véritable Église ; car ils considèrent  le Petit Troupeau des consacrés comme des extrémistes et des fanatiques. Si l'on compare la grande masse de l'ivraie avec notre Seigneur et les apôtres et tout le froment, certainement ces derniers paraissent être des extrémistes, des fanatiques, si la majorité, l'ivraie a raison.

On a si souvent et si parfaitement affirmé à ceux qui constituent l'ivraie qu'ils sont des chrétiens que tous sont des chrétiens sauf les Juifs, les incrédules,  et les païens — qu'il serait difficile d'attendre d'eux qu'ils sachent que le contraire est la vérité. Les fausses doctrines leur ont enseigné qu'il n'y a que deux classes, et que tous ceux qui échappent au tourment éternel doivent être des cohéritiers avec Christ. Dans tous les services funèbres, sauf dans le cas d'individus notoirement débauchés ou malfaisants, on certifie aux amis et parents du défunt que ce dernier est entré dans la jouissance de la paix, de la joie et de la gloire célestes. Pour prouver la chose, on se sert de citations bibliques lesquels, d'après le contexte, ne s'appliquent qu'aux véritables consacrés, aux saints.

Naturellement enclins à se blâmer, niant consciemment être des saints et ne prétendant pas aux riches promesses des Écritures faites à ces derniers, ils sont persuadés de les revendiquer par leurs compagnons ivraie, à la fois dans les chaires et sur les bancs. Ils ont conscience — et sont même certains — de n'avoir rien fait qui puisse les envoyer au tourment éternel leur foi dans les fausses doctrines de la  « chrétienté » les conduit à espérer et à prétendre qu'eux-mêmes et tous les gens moraux sont des membres de l’Église auxquels appartiennent toutes les riches promesses. Ainsi sont-ils de l'ivraie par le fait des fausses doctrines et non seulement leur situation spirituelle est fausse mais ils rabaissent le véritable idéal noble et élevé de la sainteté. Illusionnés par cette erreur, ils éprouvent un certain sentiment de sécurité et de satisfaction ; car en comparant leur conduite et leur vie avec celles de la grande majorité des membres de l'Église nominale, de leurs amis défunts dont on a dit tant de bien  lors de leurs funérailles, ils sont persuadés qu'ils sont dans la bonne moyenne, peut-être même supérieure à celle de plus d'un prétendu chrétien. Cependant tous ont conscience de n'avoir jamais fait une  véritable consécration de leur cœur, leur vie, leur temps, leurs moyens, leurs talents, leurs ambitions à Dieu et à son service.

Mais comme la classe de la « balle » de la nation juive fut consumée au terme de  la moisson judaïque ( Luc 3 : 17 ), il en sera de même de cette classe de l'« ivraie » à la fin de la moisson actuelle. Comme la balle perdit toute prétention à la faveur divine comme Royaume de Dieu triomphant avant que cette moisson se fût terminée dans le grand feu des disputes religieuses et politiques qui consuma ce système, ainsi en sera-t-il de la classe de l'ivraie de la prétendue « Chrétienté ».  Ils seront consumés ; ils cesseront d'être de l'ivraie ; ils cesseront de se tromper sur eux-mêmes les autres ; ils cesseront de s'approprier les très grandes et très précieuses promesses qui n'appartiennent qu'aux saints vainqueurs. Lorsque leurs divers royaumes dits chrétiens et leurs diverses organisations religieuses, déchirés par les discordes produites par la lumière croissante de la vérité, seront consumés par le feu déjà allumé, « le feu de la jalousie de Dieu »  ( le temps de détresse qui termine l'âge actuel - Soph. 3 : 8, ils cesseront de revendiquer pour leurs systèmes mondains, le nom de « chrétienté ».

Après avoir parlé de la destruction de l'ivraie par le feu, la parabole poursuit : « Alors les justes [le froment] luiront comme le soleil dans le Royaume de leur Père ».  [Quel meilleur témoignage que celui-ci pourrions-nous avoir, que la véritable Église n'a pas encore été établie en puissance comme Royaume de Dieu, et qu'elle ne sera pas élevée ainsi à la gloire avant l'achèvement de la moisson ? ] Alors se lèvera le soleil de justice (dont Christ-Jésus sera toujours le glorieux point central), portant la santé dans ses rayons, pour bénir, rétablir, purifier et nettoyer du péché et de l'erreur toute l'humanité, les pêcheurs incorrigibles étant détruits dans la seconde mort.

Rappelons-nous  que dans la moisson judaïque-type, les véritables Israélites ainsi que les Israélites de nom formaient ensemble la maison juive ou charnelle d'Israël. Seuls, les véritables Israélites furent choisis  et rassemblés dans le grenier de la dispensation  évangélique ; seuls, ils eurent l'honneur de recevoir les vérités appartenant à l'Age de l'Évangile. Tous les autres membres de cette nation (la « balle ») ne furent pas littéralement et physiquement détruits (bien qu'il y eût beaucoup de tués lors de leur détresse), mais ils furent dépouillés de toutes les faveurs du Royaume auxquelles ils avaient cru avoir droit antérieurement, et dont ils s'étaient même vantés. Nous pouvons dès lors délimiter l'événement parallèle et correspondant de la moisson actuelle et comprendre ce que sera le traitement de « l'ivraie » dans le temps brûlant actuel.

Dans la « moisson »  actuelle, le Seigneur  nous a non seulement montré les événements qui doivent survenir et comment nous devions y participer en nous séparant du monde et en employant comme des « moissonneurs » la faucille de la vérité pour aider les autres à arriver à la liberté en Christ et à se séparer aussi des faux systèmes et des liens humains, mais afin de nous rendre doublement sûrs que nous sommes du bon côté et que le temps de séparation est arrivé, il nous a fourni des preuves sur l'année où commença l’œuvre de la moisson, sur sa durée et sur le moment de sa fin. Ces preuves, déjà examinées, montrent que la fin de 1874 marqua le commencement, comme la fin de 1914 marquera la clôture de ces 40 ans de moisson, tandis que toutes les particularités relatives à l'ordre et au travail de cette moisson furent décrites dans celle de l'Age judaïque, son type. Nous allons examiner maintenant quelques détails remarquables relatifs au temps de cette moisson-type, et prendrons note des leçons qu'ils enseignent, actuellement applicables, et que notre Seigneur prépara évidemment dans ce dessein afin que nous ne puissions être ni dans le doute ni dans l'incertitude, mais que nous puissions connaître son plan et être capables d'agir en conséquence, avec force, comme co-ouvriers  avec lui dans l'exécution de sa volonté révélée.

Tous les détails de temps se rattachant à la moisson judaïque (bien qu'ils aient parfois trait indirectement aux fidèles) concernaient directement la grande masse des Israélites  de nom ; ils marquaient la durée du temps d'épreuve des Juifs, leur rejet, leur renversement  et leur destruction en tant que système ou nation-église.  Ainsi, en l'an 29 de notre ère, le Seigneur vint comme Époux et moissonneur, non seulement vers les véritables Israélites, mais aussi vers toute la masse de la nation ( Jean 1 : 11 ). A ce moment-là, les progrès réalisés dans l’œuvre de la moisson montrèrent qu'il y avait peu de grains de froment mûrs pour le grenier (la dispensation  évangélique) et que la grande masse n'avait que l'apparence  du froment, c'était en réalité de la « balle » seulement, ne contenant en elle aucun des véritables principes du froment. Lorsque, en l'an 33, soit trois ans et demi plus tard, notre Seigneur assuma la charge de Roi et permit au peuple (chose qu'il avait défendue auparavant, Jean 6 : 15) de l'installer sur un âne et de l'acclamer comme roi, cet événement servit à marquer, dans la moisson actuelle-antitype, un événement beaucoup plus important que celui du type. Comme nous l'avons vu, le parallèle de celui-ci montre que 1874 est le temps de la seconde présence de notre Seigneur comme Époux et Moissonneur, et qu'avril  1878 est celui où il commença à exercer en fait Sa charge de Roi des rois et Seigneur des seigneurs, cette fois comme Roi spirituel, présent dans toute sa puissance, quoique invisible aux hommes.

Les actes accomplis par notre Seigneur, pendant les quelques heures où Il agit typiquement comme Roi d'Israël, ont une profonde signification pour nous, préfigurant incontestablement les événements correspondants actuels. Lorsque Jésus entra comme Roi à Jérusalem, monté sur le petit d'une ânesse, le peuple le vit chasser du temple avec un fouet, les changeurs d'argent. Cet acte pour nous est le type d'un événement correspondant actuel qui s'accomplit sur une échelle beaucoup plus grande, bien que le Roi, le fouet de cordes et la proclamation de son autorité royale soient manifestés maintenant d'une manière très différente, et aux yeux de la foi seulement. Mais le type judaïque sert à attirer notre attention sur cet accomplissement, qu'autrement nous n'aurions pas été capables d'apprécier. La première oeuvre du roi-type fut de rejeter toute la nation-église d'Israël comme indigne de former son Royaume et d'être considéré plus longtemps comme son héritage spécial. Tout cela était contenu dans les paroles du Maître : «  Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes et vous ne l'avez pas voulu ! Voici, votre maison vous est laissée déserte » ! — Matth. 23 : 37-39.

Ceci, lorsqu'on l'applique à la moisson actuelle, enseigne que, de même qu'en l'an 33 ap. J. C., après avoir été reconnu par Dieu comme son peuple pendant 1845 ans, par des faveurs, des châtiments, etc., Israël type fut rejeté par le Roi parce que trouvé indigne après avoir été mis à l'épreuve et jugé pendant 3 ans 1/2, ainsi dans la moisson actuelle, après un examen correspondant de 3 ans 1/2 ,  au terme d'une période de 1845 années de faveur et de châtiment, la chrétienté nominale serait rejetée par le Roi comme indigne de recevoir de Lui d'autres faveurs ou d'être reconnue par Lui, d'une manière quelconque.

Comme le rejet d'Israël nominal selon la chair n'impliqua pas le rejet individuel des « véritables Israélites » en qui il n'y avait point de fraude, mais plutôt une faveur plus grande encore pour ces derniers (qui furent délivrés de leurs « conducteurs aveugles » et reçurent  des enseignements directs et parfaits par les nouveaux canaux spirituels de Dieu — les apôtres), c’est ce à quoi nous devons nous attendre de nos jours. Les faveurs spirituelles, accordées autrefois par Dieu aux masses nominales appartiennent désormais aux seuls fidèles et obéissants. Désormais, la lumière venant au temps marqué, « la nourriture au temps convenable pour la maison de la foi »,  doit être attendue non plus des anciens canaux à un degré quelconque, mais par des individus fidèles n'appartenant à aucun des systèmes déchus et rejetés.

Pendant son ministère et jusqu'au moment où, en  sa qualité de Roi, il rejeta le système judaïque, notre Seigneur reconnut les scribes et les pharisiens comme les instructeurs légitimes du peuple, malgré les sévères réprimandes qu'il adressa à ces hypocrites qui trompaient le peuple. Nous en voyons la preuve dans les paroles du Seigneur en Matth. 23 : 2 : « Les scribes et les pharisiens se sont assis dans la chaire de Moïse. Toutes les choses donc qu'ils vous diront, faites-les et observez-les ».  Nous voyons aussi que, pendant quelque temps, les hauts dirigeants religieux de la chrétienté nominale, dans leurs synodes, leurs conférences, leurs conciles, etc., se sont assis dans une certaine mesure, dans la chaire de Christ, comme instructeurs du peuple comme jadis le Sanhédrin juif occupait la chaire de Moïse. Mais de même qu'après l'an 33, le Seigneur ne reconnut plus les scribes et les pharisiens comme ses serviteurs à un titre quelconque et que les véritables Israélites ne furent plus, dès lors, instruits et enseignés par eux, mais par Dieu lui-même, qui se servit d'autres instruments plus dignes, plus humbles et sans titres, qui furent choisis dans le peuple et  spécialement enseignés de Dieu, ainsi c'est une chose analogue que nous devons attendre et que nous devons trouver aujourd'hui, dans la moisson parallèle actuelle.

La prise en charge de l'office royal par notre Seigneur, en l'an 33 et son premier acte officiel, le rejet de l'Église nationale d'Israël selon la chair considérés en rapport avec tous les parallèles frappants des deux âges, indiquent très clairement qu'au point parallèle de temps de la moisson présente, 1878, la Babylone mystique, autrement nommée Chrétienté, l'antitype du judaïsme, fut rejetée ; dès ce moment-là retentit le message : « Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la grande et elle est devenue la demeure de démons, et le repaire de tout esprit immonde et le repaire de tout oiseau immonde et exécrable ».  — Apoc. 18 : 2.

La chute, les plaies, la destruction, etc., de la Babylone mystique telles qu'elles avaient été annoncées, furent préfigurées par les grands bouleversements et la destruction nationale du peuple d'Israël selon la chair, événements qui finirent par la ruine complète de cette nation en l'an 70 [69-73(*)]. (*)Voir Introduction du volume II, page III. - Trad. La période de la chute correspond aussi, car depuis le moment où le Seigneur proclama que sa demeure serait laissée déserte, en l'an 33 jusqu'en l'an 70 [69 (*)]  il s'écoula 36 ans 1/2 ainsi, depuis [avril] 1878 jusqu'à la fin en [octobre] 1914, il y a 36 ans ½. Et à la fin de [en octobre] 1914, ce que Dieu appelle Babylone, que les hommes appellent chrétienté aura disparu, [commencera à disparaître] comme la prophétie l'a déjà montré.

        Le judaïsme était un type établi par Dieu du Royaume millénaire de Christ qui dirigera, ordonnera et surveillera toutes choses ; en conséquence le judaïsme était légitimement une union de l'Église et de l'État,  d'un gouvernement religieux et d'un gouvernement civil. Mais, comme nous l'avons déjà montré, l'Église de l'Évangile ne devait rien avoir de commun avec les gouvernements de ce monde, ni s'associer à eux jusqu'à ce que son Seigneur, le Roi des rois, vienne prendre en main les rênes du pouvoir, élève son Église comme épouse pour lui faire partager ce règne de la justice. Le grand système appelé Chrétienté, négligeant, les avertissements du Seigneur, se conforma à la sagesse, aux théories et aux plans des hommes, comprit tous les gouvernements, toutes les confessions prétendant être de Christ (mais n'étant qu'une misérable contrefaçon du véritable Royaume de Christ), fut organisé avant le temps, sans le Seigneur, et avec des éléments tout à fait impropres. La chute de Babylone comme système impropre d'État- Église, et le rassemblement du bon grain correspond donc admirablement bien à la chute du judaïsme qui lui sert de type.

            Primitivement, le terme Babylone signifiait portail de Dieu ; plus tard, par dérision, sa signification changea et désigna un mélange ou une confusion. Dans le livre de l'Apocalypse ce terme s'applique spécifiquement à l'Église nominale, laquelle, de portail à la gloire, devint un portail à l'erreur et à la confusion, à un pitoyable mélange renfermant surtout de l'ivraie, des hypocrites, une masse confuse de gens du monde dans laquelle sont ensevelis les joyaux du Seigneur, et cachés leur véritable beauté et leur éclat. Dans la prophétie symbolique, le terme Babylone désigne parfois seulement l'Église romaine, appelée « Babylone la Grande, la Mère des Impudiques ».  Pendant des siècles, ce nom s'appliqua à l'Église romaine seule, car elle était alors le seul système de confusion existant qui n'en tolérait pas d'autres autour de lui. Dans la suite, d'autres systèmes ecclésiastiques qui ne furent pas aussi grands que la « mère», ni aussi mauvais, ni aussi radicalement faux surgirent de son sein à la suite de divers essais de réformes imparfaites. Les erreurs, l'ivraie  et l'esprit du monde finirent également par y prédominer largement, c'est pourquoi le nom de Babylone est employé comme un terme général ou nom de famille pour désigner non seulement l'Église romaine mais les sectes protestantes. La Papauté étant le système-mère, obligation nous est faite de considérer les divers systèmes protestants qui sortirent  d'elle, comme ses filles — fait très généralement  admis par les protestants, et parfois avec orgueil.

Antérieurement au temps de la moisson, nombre d'enfants de Dieu  dans la Grande Babylone découvrirent que son caractère prédominant était grossièrement antichrétien  (notamment les Vaudois, les Huguenots et les réformateurs du seizième siècle). Ils attirèrent l'attention sur ce fait, puis ils se séparèrent du système-mère  en entraînant avec eux beaucoup d'autres  personnes qui étaient en grande partie de l'ivraie, ainsi que l'avait prédit le prophète disant que « plusieurs se joindraient à eux par des flatteries » ( Dan. 11 : 34 ). Il y eut les divisions provenant des tempêtes politiques et doctrinales avant le temps de la moisson. Au milieu de ces tempêtes, l'ivraie toujours prédominante, forma de nouveaux systèmes babyloniens quoique d'un caractère moins critiquable.

            Ainsi le froment, en essayant de temps à autre de s'affranchir de l'incube de l'ivraie (et spécialement de se libérer des plus grossières erreurs qui engendraient l'ivraie et la faisaient prospérer) fut béni par ces efforts, mais il continua à subir l'influence de l'ivraie, à rester mêlé, l'élément ivraie prédominant. Cependant, grâce à ce froment, la faveur de Dieu se répandit même sur ces gerbes mélangées ou systèmes babyloniens.  Ce ne fut qu'au temps marqué par Dieu — au temps de la moisson, en 1878 — qu'intervint  une séparation complète et finale de tous ces systèmes complètement rejetés de toute faveur et condamnés à une destruction rapide, et que tous les enfants de Dieu furent explicitement et impérativement invités à sortir de ces systèmes. Au commencement même de l'Age de l'Evangile, le peuple de Dieu fut mis en garde contre les séductions de l'Antichrist  ; il lui fut recommandé de se séparer de ce système. Cependant, dans le dessein d'éprouver ses enfants, de les mettre à l'essai, Dieu permit qu'ils fussent plus ou moins trompés par lui et plus ou moins mélangés avec lui. Chaque réveil à la constatation de principes, doctrines et actes antichrétiens conduisait à des mesures de réforme, mit à l'épreuve et établit la classe du froment, et aida ses membres à se purifier de plus en plus des souillures de l'Antichrist. Mais ce dernier appel positif d'épreuve, associé au rejet final de ces systèmes ne recevant  plus la faveur divine (comme ils la recevaient à cause du froment  qui se trouvait en eux), a pour objet de séparer définitivement la classe du froment de tous les systèmes et principes antichrétiens. Toutes les vérités que possédaient autrefois ces systèmes en sont emportées rapidement, étant remplacées par des théories des hommes, subversives de tout élément de la vérité divine ; la piété vivante et l'amour des choses divines s'évanouissent rapidement aussi et font place à l'amour des plaisirs et à l'esprit du monde.

En même temps que la déclaration de la chute de Babylone, tous les enfants de Dieu, qui sont encore en elle, reçoivent aussi l'ordre d'en sortir : « J'entendis du ciel une autre voix qui disait : Sortez du milieu d'elle , mon peuple, afin que vous ne participiez pas à ses péchés, et que vous ne receviez pas de ses plaies »  ( Apoc. 18 : 4 ). Dans l'expression : « Elle est tombée, Babylone... Sortez du milieu  d'elle mon peuple »,  il y a deux pensées distinctes dont il faut se rappeler. On voit tout d'abord qu'à un moment donné Babylone n’était pas tombée, déchue de la faveur divine, car,  pendant un certain temps, elle conserva une mesure de faveur, malgré son caractère de mélange ; que, malgré mélange la grande proportion d'erreur qu'elle renfermait malgré le peu d'esprit de Christ qu'elle possédait, elle n'était pas encore totalement rejetée loin de la faveur divine, car la séparation complète ne devait avoir lieu qu'au temps de la moisson. La proclamation indique qu'à un moment donné Babylone serait soudainement et entièrement rejetée quand toute faveur divine lui serait à jamais retirée, quand les jugements suivraient leur cours accomplissant le rejet qui eut lieu, comme nous l'avons vu, au temps marqué, en 1878. Elle montre également qu'au moment du rejet de Babylone, cette dernière renfermerait beaucoup d'enfants de Dieu encore associés avec elle, car c'est après le rejet de Babylone, après qu'elle est tombée, déchue de la faveur que  ceux-ci sont appelés par ces mots : « Sortez du milieu d'elle, mon peuple ».

            Il y a lieu de discerner clairement le contraste existant entre les nombreux mouvements de réforme graduelle des quatre derniers siècles et la séparation finale d'aujourd'hui : ces mouvements furent des tentatives de réformer Babylone, tandis que cette dernière montre que tout espoir de réformer Babylone est perdu : « Babylone a été une coupe d'or dans la main de l'Éternel, enivrant toute la terre. Les nations ont bu de son vin, c'est pourquoi les nations sont devenues insensées [intoxiquées par ses erreurs]. Subitement Babylone est tombée, et elle a été brisée : « Hurlez sur elle, prenez du baume pour sa douleur ; peut-être qu'elle guérira ! Nous avons traité Babylone mais elle n'est pas guérie ; abandonnez-la,  et allons-nous-en,  chacun dans son pays [la vraie Église  ou le monde, suivant le cas, selon que chacun se prouve être du froment ou de l'ivraie] car son jugement atteint aux cieux et s'est élevé jusqu'aux nues »  Jér. 51 : 7-9 ; comparez avec Apoc. 17 : 4 ; 14 : 8 ; 18 : 2, 3, 5, 19.

Babylone incurable est maintenant condamnée à la destruction :  le système tout entier, système de systèmes, est rejeté, et tous les enfants de Dieu qui ne peuvent accepter ses fausses doctrines et pratiques sont maintenant invités à se séparer d'elle. Le prophète indique pourquoi Babylone est rejetée et il montre que certains manqueront de le comprendre. Il dit : (*) Jérémie 8 :  7.

             « Même la cigogne dans les cieux connaît sa saison et la tourterelle et l'hirondelle,  grue, prennent garde au temps où elles doivent venir, mais mon peuple ne connaît pas le jugement de l'Éternel. [On ne reconnaît pas qu'un temps de moisson, de séparation complète et totale du froment d'avec l'ivraie doit venir. En ceci, les hommes montrent moins de discernement que les oiseaux migrateurs]. Comment dites vous : Nous sommes sages et la loi de l'Éternel est avec nous [quand vous êtes incapables de discerner le temps de la moisson et le changement de dispensations maintenant à échéance] ? Mais voici, la plume menteuse des scribes [en] a fait une fausseté [parce que la Parole de l'Éternel par ses prophètes et ses apôtres est rendue nulle, mise de côté négligemment, et que les confessions de foi des « âges des ténèbres » sont les lanternes sans lumière de ceux qui marchent dans les ténèbres]. Les sages  (?)  [savants] sont couverts de honte, ils ont peur [par suite de la faillite de leurs plans humains favoris] et sont pris ; voici, ils ont méprisé la Parole de l'Éternel, et quelle sagesse ont-ils [aujourd'hui] ? [Comparer avec Esaïe 29 : 10]. C'est pourquoi je donnerai leurs femmes [leurs églises] à d'autres, et leurs champs [de travail] à ceux qui les posséderont ; car depuis le petit jusqu'au grand [d'entre eux], ils sont tous adonnés au gain déshonnête ; depuis le prophète [l'orateur] jusqu'au sacrificateur [au ministre], tous usent de fausseté [Comparez Ésaïe 56 : 10-12 ; 28 : 14-20]. Et ils ont pansé la plaie de la fille de mon peuple [Sion nominale, Babylone] légèrement, disant : Paix, Paix ! et il n'y avait point de paix [quand son système tout entier est malade et a besoin d'être nettoyé à fond avec le remède de la Parole de Dieu, la vérité]. Avaient-ils honte, parce qu'ils avaient commis l'abomination ? Ils n'ont eu même aucune honte, et ils ne savent pas ce que c'est que d'être confus ; c'est pourquoi ils [ceux qui enseignent] tomberont avec ceux qui tombent ; au temps de leur visitation [ou inspection, au temps de la « moisson »], ils trébucheront, dit l'Éternel Je les ôterai entièrement, dit l'Éternel Il n'y aura plus de raisins à la vigne, ni de figues au figuier et Ies feuilles se flétriront ; ce que je leur avais donné [ tous les privilèges et faveurs] leur échappera «  — Jér. 8 : 7 -12, D. et 13 -S.

Le verset suivant montre que beaucoup de ceux qui ont été rejetés se rendront compte des bouleversements  qui s'approchent, cependant ils resteront aveuglés quant à leur cause réelle. Ils diront : Assemblons-nous  et entrons dans les villes fortes [gouvernements], et là, nous garderons le silence. Ils comprendront quelque peu que ni la raison ni l'Écriture ne soutiennent leurs fausses doctrines, et que la méthode la plus sage est de garder le silence, à l'ombre des vieilles superstitions et sous la protection des prétendus gouvernements chrétiens. Ils sont représentés ici comme disant très opportunément « L'Éternel nous a réduits au silence et nous a fait boire de l'eau de fiel ».  Le seul rafraîchissement qu'ils puissent avoir est la coupe dans laquelle ils ont fait le mélange (du poison de l'erreur amère, la « doctrine des démons »,  avec l'eau pure de la vie, la vérité de la Parole de Dieu). Ceux qui appartiennent à Babylone, qui l'aiment et ne désirent pas obéir au commandement : « Sortez du milieu d'elle »,  ne seront-ils pas obligés de boire la coupe qu'ils ont eux-mêmes préparée ? Ne seront-ils pas obligés d'admettre la fausseté de leurs doctrines ? Assurément, et ils en seront eux-mêmes profondément écœurés. Le verset suivant parle de la ruine de leurs espérances qui étaient que leurs doctrines amères (eau empoisonnée) auraient converti le monde et amené le millénium. Ils disent : « On attend la paix, et il n'y a rien de bon, — le temps de la guérison et voici l'épouvante ! » — La maladie de la Sion nominale empirera rapidement dès le temps de sa visitation et de son rejet, lorsque les « véritables Israélites », obéissant à l'appel divin, commenceront à sortir des systèmes nominaux.

Certains se demandent pourquoi le Seigneur n'inaugure pas une réforme d'une plus grande envergure que toutes celles du passé qui eurent des résultats assez maigres et de peu de durée. Ils demandent : Pourquoi Dieu n'accorde -t- il pas une  bénédiction à toutes les grandes sectes et ne les fusionne-t-il  pas en une seule, ou encore pourquoi ne purifie-t-il  pas l'une d'entre elles de toutes ses scories et n'attire-t-il  pas toutes les autres dans celle-là. Mais demandons-nous : Pourquoi ne pas amalgamer tous les royaumes de la terre en un seul et le purifier ?

Quant à tous les enfants de Dieu, il doit leur suffire de savoir qu'un tel programme n'est pas celui que Dieu a révélé comme étant Son Plan. Un peu plus de réflexion nous montre combien une telle suggestion serait peu sensée, peu conforme à la Parole de Dieu. Considérez le nombre des adhérents de l'Église soi-disant chrétienne (400 millions) et demandez-vous : Combien y a-t-il parmi eux de véritables consacrés, corps et âme au Seigneur et au service de son Plan ? A votre constatation personnelle vous arriverez à la conclusion qu'en séparant le froment d'avec l'ivraie en enlevant celle-ci, il ne resterait dans la plupart des cas que bien peu de fidèles, même dans les plus vastes cathédrales ou temples.

Dieu ne veut pas purifier Ies systèmes nominaux parce qu'aucune purification ne pourrait amener la masse des non-consacrés de la Chrétienté ainsi que leurs organisations civiles et ecclésiastiques à être utilisés dans l’œuvre du Seigneur qui va bientôt commencer sur la terre. Pendant les dix-huit siècles écoulés, Dieu a choisi les véritables consacrés, ceux qui étaient jugés dignes, et, tout ce qui reste à faire  maintenant est de choisir, parmi les vivants, ceux de la même classe — et ils sont peu nombreux — car seuls quelques-uns manquent pour compléter le nombre préordonné des membres du corps de Christ.

Dieu met donc de côté toutes les organisations humaines, et ne réforme même pas les moins mauvaises pour y faire entrer les membres des autres systèmes. La raison de ce mode d'action est indiquée par la ligne de conduite observée par le Seigneur à l'égard des diverses sectes juives pendant la moisson qui termina leur dispensation  ; alors, comme aujourd'hui, toutes furent rejetées, et Ies « véritables Israélites »  furent appelés à en sortir pour aller à la liberté et pour être instruits sur la volonté et le Plan de Dieu par divers vases choisis par Dieu lui-même.

            Illustrant ce sujet aux Juifs par deux paraboles, Jésus expliqua la sagesse de sa manière de faire : (1) qu'un morceau d'étoffe neuf pour réparer un très vieux vêtement ferait seulement ressortir davantage l'usure de ce dernier et amènerait une déchirure plus grande ; (2) qu'en versant du bon vin nouveau dans de vieilles outres qui n'ont plus ni force ni élasticité, il en résulterait un dommage plutôt qu'un avantage, car non seulement les vieilles outres ne tarderaient pas à se rompre, à être détruites, mais il résulterait la perte du précieux vin nouveau.

            Les nouvelles doctrines de notre Seigneur étaient le vin nouveau, tandis que les sectes juives étaient les vieilles outres. Que serait-il arrivé si notre Seigneur s'était associé à l'une de ces sectes et avait commencé à la réformer ? Il est certain que les nouvelles vérités, si elles avaient été acceptées, auraient démoli compIètement cette secte. La force de son organisation reposant  en grande partie sur l'orgueil sectaire, cimenté par des erreurs, des superstitions et des traditions humaines, se serait effondrée et les nouvelles doctrines auraient été délaissées, considérablement entravées par les vieilles erreurs et traditions de cette secte, et tenues par le monde en général pour responsables des faits connus du passé de cette secte.

 Pour les mêmes raisons, dans la moisson actuelle, en présentant la lumière plus grande de la vérité, à l'aube de l’Age millénaire, le Seigneur ne veut pas rapiécer aucun des vieux systèmes, ni mettre du vin nouveau dans de vieilles outres. En premier lieu, aucun de ces systèmes n'est en mesure d'être rapiécé ou de recevoir de nouvelles doctrines ; en second lieu, si ces systèmes avaient reçu les nouvelles vérités, ces dernières auraient commencé leur œuvre et auraient développé une force qui aurait disloqué et brisé toutes les sectes, si parfaitement organisées et enchaînées qu'elles fussent. Si l'on mettait à l'essai toutes  les sectes, les unes après les autres, le résultat serait le même et en définitive le vin nouveau (doctrines) ne trouverait plus un récipient ou secte qui pût le contenir et le conserver.

La meilleure ligne de conduite qui convînt fut celle que suivit notre Seigneur à sa première venue. Il fit un vêtement entièrement neuf avec de la nouvelle étoffe et Il mit le vin nouveau dans de nouvelles outres, c'est-à-dire qu'Il appela à Lui les véritables Israélites (non sectaires) et Il leur confia la vérité du temps marqué. Ainsi en est-il : ceux qui ont faim de vérité sont aussi appelés par Lui à sortir d'Israël spirituel nominal et ils sont heureux d'accepter la vérité selon les voies du Seigneur, heureux de collaborer de tout cœur avec Lui dans l'exécution de son Plan, sans s'inquiéter de savoir lesquelles, ou combien, des anciennes outres (sectes) sont laissées de côté et rejetées comme étant indignes de contenir le vin nouveau. Réjouissez-vous, plutôt, d'avoir été jugés dignes de recevoir le témoignage de ce vin nouveau de la vérité présente, et dès qu'il est reconnu authentique, acceptez-le et agissez joyeusement d'après lui.

A la première venue, ceux qui attendirent de connaître l'opinion des principaux des sectes d'alors et qui demandèrent : « Aucun d'entre les chefs ou d'entre les pharisiens a-t-il cru en lui ? »,  ne reçurent pas la vérité parce qu'ils suivaient les hommes plutôt que Dieu. Les membres les plus considérés des sectes d'alors n'acceptèrent pas les enseignements de Christ, et aujourd'hui comme alors et depuis, ceux de cette même classe sont les pires aveugles des conducteurs d'aveugles. Au lieu d'accepter la vérité et d'en être bénis, ils « tombent » au moment de leur épreuve. Le vieil habit et les vieilles outres sont tellement hors d'état qu'ils sont complètement impropres à tout usage futur.

Puisque c'est le Seigneur qui appelle son peuple à sortir de Babylone, nous ne pouvons douter que tous ceux qui en sont vraiment entendront son appel, quels que soient les moyens employés pour le faire retentir. Cet appel est pour eux une première épreuve non seulement  de leur obéissance, mais également de leur amour pour Babylone et ses erreurs. S'ils approuvent ses doctrines, ses méthodes, etc., au point de regretter de la quitter, ils montreront qu'ils sont indignes de la vérité présente et ils mériteront d'avoir part à ses fléaux futurs. Mais les termes de l'appel indiquent que les membres du vrai peuple de Dieu dans Babylone ne doivent pas être considérés comme impliqués dans les péchés d'esprit du monde de cette dernière, ainsi qu'à son ignorance de la vérité jusqu'au moment où ils apprendront que Babylone est tombée, a été rejetée. Dès ce moment, s'ils restent en elle, ils sont considérés comme lui appartenant, dans le sens qu'ils approuvent ses méfaits et ses fausses doctrines du passé et du présent. Ils seront considérés comme participant à ses péchés et mériteront, de ce fait, d'avoir part à son châtiment, aux fléaux qui viennent sur elle. — Voir Apoc. 18 : 4.

Combien est forte l'expression : « Elle est devenue la demeure de démons, et le repaire de tout esprit immonde, et le repaire de tout oiseau immonde et exécrable ».  Comme cela est vrai que les plus exécrables de la société recherche et arborent les dehors de la profession et du cérémonial chrétiens dans certaines des différentes divisions ou sectes de Babylone. Chaque principe et chaque doctrine impurs sont plus ou moins représentés en elle. Elle est une « cage »  qui retient bien enfermés non seulement les douces et affectueuses colombes du Seigneur, mais aussi un grand nombre d'oiseaux impurs et odieux. Parmi tous ces transgresseurs et séducteurs d'hommes et de femmes combien sont de prétendus membres de l'Église de Christ ! Combien d'entre eux se servent même du titre de chrétien comme d'un manteau sous lequel ils poursuivent de mauvaises intrigues ! Il est bien connu que la majorité même des criminels les plus endurcis que l'on exécute meurent dans la communion catholique romaine.

Babylone a renfermé, à la fois, le meilleur et le pire, la fleur et la lie de la population du monde civilisé. La fleur est le petit nombre des vraiment consacrés tristement mélangé à la grande masse des prétendus chrétiens et de la lie des souillés, des criminels. Mais pendant la moisson actuelle, dans des conditions favorables, la classe, la fleur, sera séparée du reste, afin d'être préparée pour sa glorification.

Pour se rendre compte de la proportion des oiseaux impurs et odieux qui sont dans et hors de Babylone, examinons le rapport officiel qui suit sur l'état de la société dans une partie du champ de blé où l'orthodoxie »  s'est vantée, pendant des siècles, de posséder un froment d'une qualité et d'une pureté supérieures et peu d'ivraie, et où « l'Église »  — ainsi appelée — a été associée au gouvernement pour élaborer les lois et gouverner le peuple : 

 

ÉTAT DE LA SOCIÉTÉ  EN ANGLETERRE ET AU PAYS DE GALLES

Rapport présenté au Parlement en 1873

 

CONFESSIONS RELIGIEUSES POPULATION CRIMINELS EN PRISON
Catholiques romains 1.500.000 37.300
Anglicans 6.933.935 96.600
Dissidents (Protestants 
autres que les Épiscopaux
7.234.158 10.800 
Incrédules 7.000.000      350
Juifs      57.000           0
TOTAUX 22.725.093 145.050

           

  NOMBRE DE CRIMINELS PAR
100.000 ÂMES
PROPORTION DES CRIMINELS
Catholiques romains 2.500       1 sur  40
Anglicans 1.400        1 sur   72 
Dissidents    150      1 sur   666
Incrédules        5 1 sur   20.000
Juifs        0  

                                                             

 

            La Parole indique la cause d'un pareil état de choses en déclarant : « Babylone a abreuvé tous les peuples du vin [esprit, influence] de sa prostitution »  — de son association avec le monde ( Apoc. 18 : 3 ). De faux enseignements sur le caractère et la mission de l'Église et la prétention que le temps de son élévation et de son règne en puissance était venu (spécialement après ses prodigieux succès temporels et mondains au temps de Constantin quand elle prétendit être le Royaume de Dieu établi pour régner en puissance et en gloire), amenèrent dans Babylone beaucoup de personnes qui n’y seraient jamais entrées si elle avait continué à suivre le chemin étroit du sacrifice. L'orgueil et l'ambition amenèrent l'Église primitive à s'emparer de la puissance mondaine. Pour arriver au pouvoir il était nécessaire d'avoir le nombre et les influences du monde. Pour obtenir le nombre, lequel n'aurait pas été attiré dans les conditions présentés par la vérité, de fausses doctrines furent fabriquées qui, finalement, prirent l'ascendance sur toutes les autres, et même les vérités retenues furent défigurées et tordues. Le nombre augmenta, il atteignit même des centaines de millions, et la véritable Église, le froment qui n'était toujours qu'un « petit troupeau », fut cachée au milieu de ces millions d'individus formant l'ivraie. Dans un tel milieu, comme, des brebis parmi les loups dévorants, le véritable Royaume de Dieu en formation souffrit la violence ; les violents le prirent de force. A l'image de leur Sauveur dont ils suivaient les traces, les vrais disciples furent méprisés, rejetés des hommes, hommes de douleur habitués à la souffrance.

Mais aujourd'hui, aux premiers rayons du Matin millénaire, les erreurs doctrinales de la sombre nuit du passé sont dévoilées, les véritables joyaux de la vérité sont mis en lumière, c'est pourquoi une séparation complète doit intervenir entre le froment et l'ivraie. Et comme de fausses doctrines produisirent le développement anormal et impropre, ainsi le développement de la vérité dans la lumière de la moisson produira la séparation. Toute l'ivraie et quelques-uns du froment sont cependant dans l'appréhension. Il leur semble que l’écroulement de Babylone va amener le renversement de  l’œuvre de Dieu, la faillite de sa cause. Il n'en est rien ; jamais l'ivraie ne fut du froment, et Dieu ne veut pas l'accepter comme tel. Il permit simplement au froment et à l'ivraie de croître ensemble jusqu'à la moisson. C'est de la « cage »  des oiseaux impurs de Babylone  que les enfants de Dieu sont appelés à sortir, afin de jouir à la fois de la liberté et d'avoir part à la lumière et à l’œuvre de la moisson, et de montrer qu'ils sont complètement affranchis des erreurs de doctrine et de pratique et d’échapper ainsi à Babylone, à ses châtiments — aux fléaux qui vont s'abattre sur tous ceux qui demeurent en elle.

Ces fléaux, ou troubles, préfigurés par ceux qui s'abattirent sur la maison juive rejetée, sont dépeints dans le livre de l'Apocalypse par des symboles tellement sombres que beaucoup de chercheurs se sont fait des idées très exagérées et désordonnées à ce sujet et, par suite, ne sont pas préparés pour les réalités tout à fait imminentes actuellement. Ils interprètent souvent à la lettre les symboles et, de ce fait, ne sont pas à même de les voir s'accomplir comme ils le seront, par des mouvements, controverses, soulèvements, réactions, révolutions, etc., religieux, sociaux et politiques.

Mais un autre détail se présenté ici. Entre le rejet et la déchéance de Babylone, en 1878, jusqu'au moment où les fléaux ou troubles descendront sur ce système, il y a un bref intervalle pendant lequel les fidèles enfants de Dieu sont tous informés à ce sujet et rassemblés hors de Babylone. Ceci est clairement indiqué dans le même verset, car, avec le message « Babylone est tombée », est lié l'appel : « Sortez du milieu d'elle, mon peuple, afin que... vous n'ayez point de part à ses fléaux [qui viennent] ».  Il est aussi parlé en symbole dans Apoc. 7 : 3 de ce même laps de temps et de cette  même oeuvre qui doit s'accomplir pendant sa durée. Le messager de la colère reçoit l'ordre suivant : « Ne nuisez point à la terre, ni à la mer, ni aux arbres, jusqu'à ce que nous ayons SCELLE au front les esclaves de notre Dieu ».  La marque du sceau sur le front indique que cette empreinte ou ce sceau est une compréhension mentale de la vérité qui séparera et distinguera  les serviteurs de Dieu d'avec les serviteurs et les adorateurs de Babylone. Ceci est d'accord avec le témoignage de Daniel disant : « Aucun des méchants [infidèles à leur alliance] ne comprendra, mais les sages [de ton peuple] comprendront » ( Dan. 12 : 10 ). Ainsi, les classes d'individus doivent être marquées et séparées avant que les fléaux s'abattent sur Babylone, rejetée, déchue.

 Cette connaissance est à la fois un instrument de scellement et de séparation comme cela est clairement  impliqué dans le verset précédemment considéré, car  il y est dit tout d'abord : « Babylone est tombée »,  et certains fléaux ou châtiments viennent sur elle avant  qu'il soit attendu des enfants de Dieu qu'ils obéissent au commandement : « Sortez du milieu d'elle »,  basé sur cette connaissance. Nous savons en effet que tous  doivent être bien « marqués au front »  — avoir été  informés intelligemment du Plan de Dieu — avant d'apprécier exactement ce commandement et d'y obéir.

N'est-il pas apparent que cette oeuvre même consistant à sceller les serviteurs de Dieu progresse rapidement ? N'avons-nous  pas la marque du sceau sur nos fronts et cela également au propre temps ? Ne sommes-nous  pas conduits pas à pas, par la propre main de Dieu — par sa Parole — à une appréciation de la vérité et des choses en général, selon sa manière de voir, changeant nos anciennes opinions et idées de provenances diverses sur maints sujets ? N'est-il pas vrai que ce scellement ne provient pas des enseignements des sectes ou confessions de Babylone qui nous ont entravés, et ont retardé son plus rapide accomplissement ? N'en voyons-nous pas la convenance et celle de la déclaration du Seigneur qu'une séparation du froment et de l'ivraie, doit s'accomplir pendant la moisson ? Ne voyons-nous pas que son plan est de révéler toutes ces choses à ses fidèles, et alors de s'attendre à les voir démontrer leur ardente sympathie pour ce plan en y obéissant promptement ? Qu'importe si, pour obéir et sortir nous devons perdre la considération des hommes, un salaire important, des appuis financiers dans nos affaires, notre paix domestique et d'autres choses encore ? Que craindrions-nous donc ? Celui qui nous dit : « Viens !  » est le même qui dit à Pierre « Viens ! »  quand il marchait sur la mer. En obéissant à cet ordre, Pierre aurait sombré si le bras du Seigneur ne l'avait retenu ; or, c'est ce même bras qui maintenant soutient tous ceux qui, à son ordre, sortent de Babylone. Ne regardons pas à la mer agitée des difficultés mais regardons directement au Seigneur et ayons bon courage.

Le commandement est, viens, et non pas, va parce qu'en sortant de notre esclavage aux traditions, aux credo, aux systèmes et aux erreurs des hommes, nous venons directement à notre Seigneur pour être enseignés et nourris par Lui, pour être fortifiés et façonnés afin de faire toute sa volonté, et pour rester debout et pour ne pas tomber avec Babylone.

La Parole de Dieu montre que l'Église nominale, après être tombée et déchue de la faveur et de son rôle de porte-parole ( Apoc. 3 : 16 ), tombera graduellement dans une condition d'incrédulité ; en fait, la Bible finira par être mise entièrement de côté bien que nominalement on la conservera toujours ; et les spéculations  philosophiques de toute nature deviendront les véritables articles de foi. Seuls les fidèles marqués du sceau échapperont à une telle chute, car ils seront « estimés dignes d'échapper à toutes ces choses qui doivent arriver, et de tenir »  — de ne pas tomber au temps de la présence du Seigneur ( Luc 21 : 36 ). Il est certain que beaucoup de personnes sont déjà dans une triste situation spirituelle ; elles ont conservé quelque forme d'un culte superficiel, une certaine foi en un Créateur et en une vie future, mais elles considèrent toutes ces choses principalement au travers de philosophies et de théories humaines personnelles ou autres et ne voient pas que. la Bible est l'instructeur infaillible des desseins de Dieu. Tout en conservant la Bible, elles ne croient plus à ses récits, et spécialement à celui d'Éden et  de la chute. Ces gens s'attachent encore au nom de Jésus, elles l'appellent le Christ et le Sauveur, mais elles le considèrent simplement comme un homme exemplaire, excellent mais non infaillible, et rejettent totalement son sacrifice pour notre rançon — sa croix. Soutenant que la paternité de Dieu s'étend aux pécheurs, elles repoussent à la fois la malédiction et le Rédempteur.

On a, d'une manière générale, omis d'observer qu'au premier avènement, le ministère de Jésus, durant trois ans et demi, jusqu'au rejet de la nation judaïque (leur Église et leur nation étant une) fut une épreuve ou un test de cet État ou système dans son ensemble plutôt que de ses membres individuels. La classe ecclésiastique des sacrificateurs, pharisiens et scribes, représentait l'ensemble de ce système. Eux-mêmes prétendaient ainsi représenter le judaïsme ( Jean 7 : 48, 49 ), et le peuple admettait la chose ; aussi comprenons-nous  toute la force de la question suivante : « Y a-t-il quelqu'un des chefs ou des pharisiens qui ait cru en lui ? »  Notre Seigneur les reconnaissait ainsi. Il réprimanda rarement le commun peuple de ne pas l'accepter, mais à maintes reprises, il en rejeta la responsabilité sur les « conducteurs aveugles »  qui ne voulaient ni entrer dans le Royaume, ni permettre non plus au peuple, qui, autrement, aurait accepté Jésus comme Messie et comme Roi, de le faire.