ÉTUDES
DANS LES ÉCRITURES
VOLUME
III - QUE
TON RÈGNE VIENNE
ÉTUDE
VI
L'ŒUVRE
DE LA MOISSON
Caractère de l’œuvre de la moisson. — Rassemblement du froment.
Rassemblement de l'ivraie. Sa mise en gerbes pour la brûler. —
Provenance de l'ivraie, sa croissance prolifique. — Elle fut brûlée
comme la paille lors de la moisson judaïque. — Parallélisme
chronologique des deux moissons. — Le rejet, la chute graduelle et la
destruction finale de Babylone. — Les serviteurs de Dieu marqués du
sceau avant que les plaies descendent sur Babylone. — Le jugement ou épreuve
frappe les individus et les systèmes ou organisations. — L'épreuve du
système judaïque fut un type. — L'épreuve et le criblage du froment.
— Séparation des Vierges sages d'avec les Vierges folles. L'entrée au
festin. — « Et la porte fut fermée ». — Second examen et rejet de
certains. — Pourquoi et comment ?. — Fin du Haut-Appel. — Le temps
est court. — « Que personne ne prenne ta couronne ». — Les
serviteurs et vainqueurs de la onzième heure.
Le
terme « moisson » donne une idée générale du
genre d’œuvre dont on devait attendre l'accomplissement
entre 1874 et 1914. C'est une période pendant laquelle on récolte
plutôt qu'on ne sème, un temps d’épreuve, d'estimation, de fixation
et de rétribution. La moisson de l'Age judaïque étant un type de celle
de cet Age, en observant et en comparant les diverses phases de la moisson
judaïque, nous aurons des idées plus claires sur l’œuvre qui doit être
accomplie pendant la moisson actuelle. Dans la première, notre Seigneur
donna des instructions spéciales pour rassembler le froment, c'est-à-dire
ceux qui en étaient déjà, puis séparer la balle de la nation juive
d'avec le froment. Les doctrines du Maître devinrent aussi les semences
de la nouvelle dispensation, qui commença (peu de temps après le rejet
d'Israël) à la Pentecôte.
Lorsque,
pendant son ministère, le Seigneur envoya ses disciples auprès de la
nation-église juive, il leur
adressa les paroles suivantes que nous devons retenir avec soin car elles
fournissent la preuve que le travail spécial des disciples était alors
de moissonner et non de semer : « Levez vos yeux et regardez les
campagnes, elles sont déjà blanches pour la moisson : celui qui
moissonne reçoit un salaire et assemble du fruit en vie éternelle » (
Jean 4 : 35, 36 ). Lui-même était le Chef-moissonneur de cette moisson-là
(comme il l'est aussi dans la moisson actuelle) ; il dit à ceux qui
moissonnaient sous ses ordres : « Moi, je vous ai envoyés moissonner ce
que vous n'avez pas travaillé ;
d’autres [ les patriarches, les prophètes et d'autres saints hommes
d'autrefois ] ont travaillé, et vous êtes entrés dans leur travail »,
pour moissonner les fruits de ces siècles de labeur et pour éprouver
ce peuple par le message: « Le Royaume des Cieux est proche »,
et le Roi est présent : « Voici, ton Roi vient à toi ».
Matth. 10 : 7 ; Jean 12 : 15 ; Zach. 9 : 9.
Pendant
la moisson judaïque, le Seigneur ne chercha pas à transformer les boucs
en brebis, il chercha les brebis perdues et aveuglées d’Israël, et
appela toutes celles qui étaient déjà ses brebis afin qu'elles pussent
entendre sa voix et le suivre. En observant le type, nous y trouvons des
indications sur le caractère de l’œuvre
qui doit s'accomplir pendant le temps actuel de la moisson ou
moissonnage (« reaping » fauchage.
Trad.). D'autres semailles beaucoup plus grandes auront bientôt lieu dans
les conditions bien meilleures de
l'Age millénaire et du Royaume. Nous pourrions même dire que les
semences de la vérité relatives au Rétablissement, etc., semences
destinées à produire la récolte millénaire, sont déjà déposées
çà-et-là dans les cœurs avides de vérité. Mais ce dernier travail
est seulement accidentel maintenant, car à l'image du type judaïque, la
moisson actuelle est un temps pour moissonner la prétendue église ( de
celle qui s'intitule la Chrétienté ), afin que les vrais saints, recueillis du milieu d'elle,
soient exaltés et associés avec leur Seigneur,
non seulement pour prêcher la vérité, mais aussi pour commencer
l’œuvre considérable du rétablissement
pour le monde.
Pendant cette moisson, le froment
et l'ivraie doivent être séparés, mais avant la séparation, ces deux
classes forment l'Église nominale. Le froment est formé des véritables
enfants du Royaume, des véritables consacrés, des héritiers, tandis que
l'ivraie est formée par l'Église nominale qui n'est pas véritablement
l'Église, de Christ ou future Épouse. L'ivraie renferme la classe de chrétiens
dont parle Jésus dans Luc 6 : 46 ; ceux-ci disent « Seigneur,
Seigneur », mais ils ne lui obéissent pas. Extérieurement,
les deux classes se ressemblent
quelque peu et il faut les observer de près pour les distinguer.
Le « monde chrétien » ou
« chrétienté », comme on
l'appelle parfois, forme ce que la parabole désigne par l'expression «
le champ, c'est le monde » ; c'est, en un mot, le froment et l'ivraie réunis
( l'ivraie étant beaucoup plus nombreuse ). L'ivraie est formée par des
personnes fréquentant plus ou moins régulièrement les services
religieux ; elles s'appellent des chrétiens, elles pratiquent certains
rites et cérémonies ; elles font partie plus ou moins directement de
quelque système religieux ; cette ivraie ressemble
à des enfants consacrés de Dieu qui passent parfois pour être
tels. Dans les prétendus « pays chrétiens », tous sont considérés
comme des chrétiens à l'exception des Juifs et des incrédules. Le
nombre total de ces chrétiens ( y compris les quelques véritables
consacrés, les saints ) se monte approximativement à 180 millions de
catholiques romains et grecs et 120 millions de protestants.
Notre
Seigneur avait indiqué que, pendant l'Age de l'Évangile, il ne fallait
pas essayer de séparer les véritables enfants du Royaume d'avec ce qui
n'était que de l’imitation ; car une séparation complète provoquerait
un bouleversement général du monde ( le « champ »
), ainsi que le désarroi, aussi bien dans le froment que dans
l'ivraie. Il avait donc dit : « Laissez-les
croître ensemble
jusqu'à la moisson ». Mais
il avait ajouté : » Au
temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs [ anges messagers ]
Cueillez d'abord l'ivraie et mettez-la en bottes pour la brûler, mais
assemblez le froment dans mon grenier » ( Matth. 13 : 30 ). Par suite, au
temps de la moisson, nous devons nous attendre à une oeuvre générale de
séparation, oeuvre qui avait
été interdite auparavant. Les personnes
symbolisées par le froment sont encouragées à demeurer fermes
dans la liberté par laquelle Christ les a affranchies ; elles doivent éviter
de s'associer d'une manière quelconque avec les transgresseurs délibérés
ou avec les loups en habits de brebis ; cependant, elles n'ont pas à
tracer elles-mêmes la ligne de démarcation entre les véritables consacrés
( le froment, les saints ) et l'ivraie qui, à un certain degré, se réclame
du nom et des doctrines de Christ, permet dans une certaine mesure à ces
doctrines d'influencer sa conduite extérieure,
mais dont les aspirations du cœur sont éloignées du Seigneur et
de son service. Juger les cœurs et les mobiles du cœur est une oeuvre
qui ne nous appartient pas et que le Seigneur nous a recommandé de
laisser entièrement de côté ; c'est pourtant cela même que les sectes
se sont continuellement efforcées de
faire essayant de séparer, de déceler le froment et d'éliminer comme
ivraie ou hérétiques par de rigoureux credo de fabrication humaine, tous
ceux se réclamant du christianisme et dont la foi ne cadrait pas
exactement avec leurs diverses et fausses unités de mesure. Cependant,
quelle faillite fut celle de
toutes ces sectes ! Elles ont instauré des règles et des doctrines
fausses et antiscripturales qui
ont développé, en réalité beaucoup d'ivraie et étouffé et isolé le
froment, entre autres la doctrine du tourment éternel pour tous ceux qui
ne sont pas membres de l'Église. Bien que grandement modifiée
aujourd'hui, à la lumière croissante
de nos jours, quelle multitude d'ivraie cette doctrine, n'a-t-elle
pas produite, et combien elle a étouffé, aveuglé et empêché le
froment d'obtenir une connaissance convenable du caractère et du plan de
Dieu ? Aujourd'hui, nous voyons quelle erreur commirent les différentes
sectes en ne suivant pas le conseil du Seigneur de laisser croître
ensemble le froment et l'ivraie, les saints et ceux qui prétendaient l'être,
sans essayer de faire une séparation. Dans toutes les sectes, des cœurs
honnêtes admettront que leur confrérie renferme beaucoup d'ivraie, de
chrétiens de nom qui ne sont pas des saints et qu'en dehors de leur secte
il y a beaucoup de saints. C'est ainsi qu'aujourd'hui, aucune secte ne
peut prétendre ou ne prétend que tous ses membres sont du froment et
qu'elle ne renferme point d'ivraie. Aucune organisation terrestre (à
l'exception des Mormons et des Christadelphiens) n'oserait encore moins prétendre
qu'elle renferme tout le froment. Dès lors, pourquoi donc toutes ces
organisations, toutes ces barrières théologiques ? Aucune excuse
n'existe de les établir. Elles n'arrivent pas à séparer le bon grain
d'avec l'ivraie, et rien ne peut accomplir complètement et entièrement
cette séparation des cœurs, si ce n'est par le moyen que le Seigneur a
choisi pour être employé au temps de la moisson. Ceci nous montre qu'il
est nécessaire de savoir quand le temps est proche, et quand doit
commencer le moment propre à l’œuvre de séparation de la moisson. Jésus,
fidèle à sa promesse, ne nous a pas laissés dans les ténèbres, mais
il nous donne la connaissance propre au temps actuel, à tous ceux, du
moins, dont le cœur est prêt à la recevoir : Vous, frères, vous
n'êtes pas dans les ténèbres [
ni endormis] pour que ce jour vous surprenne comme un voleur ». —
1 Thess. 5 : 4.
La
vérité du temps convenable actuel est la faucille de cette moisson ;
elle est analogue à celle qui fut employée dans la moisson judaïque.
Les moissonneurs, les anges(*)(*)
[ Le mot « ange » signifie messager.] ou messagers, sont
aujourd'hui les disciples du Seigneur au temps de la moisson judaïque,
les moissonneurs étaient une classe exactement identique. Tout au long de
l'Age de l'Évangile, il fut dit à d'autres de ne pas essayer de séparer
le froment d'avec l'ivraie ; maintenant, ceux qui sont prêts, obéissants
et dignes, reçoivent du Seigneur la connaissance de Son plan et de Son
arrangement d'une manière si claire qu'ils reconnaissent sa voix qui dit
au temps de la moisson : « Lancez la faucille » de la vérité présente
et « assemblez-moi mes saints qui ont fait alliance avec moi par [un]
sacrifice ». « Ils seront
à moi, mon trésor particulier, dit l'Éternel des armées, au jour que
je ferai ( Ps. 50 : 5 ; Mal. 3 : 17 ).
Non
seulement ce temps de la moisson est pour le rassemblement des saints par
la vérité (dans l'unité avec leur Seigneur et avec leurs frères, évitant
toute communion avec les chrétiens de nom, l'ivraie ), mais c'est aussi
le temps de nettoyer le champ en brûlant l'ivraie, la balle, les
mauvaises herbes, etc., en prévision des nouvelles semailles. Dans un
sens, le « froment » est rassemblé du milieu de l'ivraie — parce que
l'ivraie est beaucoup plus nombreuse — comme quand le Seigneur, dit : «
Sortez du milieu d'elle, mon peuple Cependant, dans un autre sens, la séparation
est fort bien représentée par l'ivraie éliminée du froment. En réalité,
c'est le froment qui a droit à toute la place dans le champ ; ce dernier
est un champ de froment et non un champ d'ivraie (le monde ou l'humanité
est le sol hors duquel sortent et croissent le froment et l'ivraie), de
sorte que l'ivraie n'est pas à sa place dans ce champ et doit en être
enlevée. Le Seigneur mit en culture et ensemença le champ avec du
froment, et le froment représente les Fils du Royaume ( Matth. 13 : 38 ).
Or le champ ou le monde doit leur être donné et leur appartient déjà
par la promesse ; c'est pour
cela que, selon la parabole, c'est l'ivraie qui est rassemblée, sortie du
champ pour être brûlée, abandonnant au froment Ie. champ et tout ce
qu'il renferme. L'ivraie retourne dans le sol (le monde), d'où elle était
sortie, et les prémices du froment sont rassemblées dans le grenier,
afin que la terre soit préparée pour une autre récolte.
Le
froment ne devait pas être bottelé : au début les grains avaient été
plantés, séparés et indépendants les uns des autres pour être associés
seulement comme une seule espèce dans des conditions semblables. Mais la
parabole nous dit que l'un des résultats de la moisson consistera à
rassembler l'ivraie, à la lier en bottes, avant de la jeter dans le feu
ou « temps de détresse ». Cette
oeuvre se poursuit tout
autour de nous ; de toutes parts, nous voyons surgir des syndicats
ouvriers, des trusts capitalistes, des associations pour la défense
des intérêts de toute sorte.
Le
monde civilisé est le « champ » de
la parabole. Pendant la Réformation, ce champ fut le théâtre de
disputes religieuses, en tous pays rassemblant pêle-mêle le froment et l'ivraie dans de grandes associations ou
confessions religieuses qui poussèrent les uns dans une direction
doctrinale, les autres dans une autre. Ceci assembla pêle-mêle froment
et ivraie et fit disparaître en grande partie la personnalité des
individus. Les tempêtes doctrinales sont passées depuis longtemps, mais
les divisions subsistèrent par la force de l'habitude, et çà et là
seulement, une tête de froment a essayé de s'élever elle-même vers la
droiture malgré le poids de la masse.
Mais
au temps de la moisson, le froment s'affranchit graduellement du fardeau
et des entraves de l'ivraie. La faucille de la vérité prépare cette
classe à la liberté par laquelle tous avaient été affranchis par
Christ au début, alors que cette même faucille produit un effet opposé
sur l'ivraie. L'esprit de cette dernière pousse ceux qui la forment à
rechercher la grandeur et l'ostentation sectaires plutôt que l'obéissance
et la fidélité individuelles à Dieu. En conséquence, les vérités présentes
dont elles découvrent de suite la tendance à condamner tout sectarisme
et à éprouver chaque individu, sont énergiquement rejetées et
combattues par elles. Et, bien que disposés à s’unir les unes aux
autres, toutes Ies sectes font bloc contre les tendances désagrégeantes
de la vérité présente, à telle enseigne qu'elles mettent leur
emprise lentement, avec précaution, mais avec force autour de toute pensée
et étude individuelle sur des sujets religieux, par crainte que leurs
organisations ne tombent en ruine et que tout le froment s'échappa ne
laissant plus que l'ivraie.
Chaque
membre de la classe de l'ivraie est plus ou moins conscient que, s'il
subissait un examen personnel, il n'obtiendrait aucune part dans l'héritage
du Royaume promis aux vrais disciples de l'Agneau. Ceux qui constituent
l'ivraie préféreraient voir les sectes jugées comme autant de
groupements et en comparaison de l'une avec l'autre, espérant ainsi
pouvoir se faufiler dans la gloire du Royaume d'après les mérites du
froment avec lequel ils sont associés. Cependant, ceci ne saurait avoir
lieu, car l'épreuve qui déterminera si nous sommes dignes des honneurs
du Royaume sera individuelle : c'est une épreuve de fidélité
individuelle envers Dieu et envers sa vérité et non pas une épreuve de
sectes pour savoir laquelle est la vraie. A la lumière plus intense
d'aujourd'hui qui dissipe les brumes du fanatisme et de la superstition,
chaque secte semble discerner que les autres sectes ont autant (et aussi
peu) de droits qu'elle-même de
se proclamer la seule véritable Église Ayant dû admettre ceci, elles
ont cherché à persuader chacun qu'il était essentiel pour être sauvé
de se joindre à l'une d'elles, peu importe laquelle. C'est ainsi qu'elles
combinent la notion de responsabilité individuelle avec l'esclavage
sectaire.
Voici
un exemple d'un de ces liens populaires récemment serré par le
sectarisme autour de ses adeptes. Nous voulons parler des Leçons de l'École
du Dimanche Internationale, lesquelles laissent l'impression d'une
coopération non sectaire à l'étude de la Bible parmi tous les chrétiens.
Elles paraissent ainsi comme étant un grand pas en avant sur les
anciennes méthodes d'enseignement des catéchismes des sectes. Ces leçons
uniformes ont l'apparence d'abandonner le sectarisme et de réunir tous
les chrétiens pour étudier la Bible à sa propre lumière ce qui est,
comme tous le reconnaissent la seule véritable manière d'étudier la
Bible, mais que toutes les sectes refusent de faire d'une manière
effective ; car, notons-le ces Leçons de l'École du Dimanche
Internationale ont un caractère non sectaire, seulement en apparence ;
c'est en apparence seulement qu'elles ont l'air de donner toute liberté
à l'étude de la Bible. En réalité, chaque dénomination commente à sa
manière les passages bibliques contenus dans les leçons. Le comité qui
choisit ces leçons ayant pour but l'union et l'harmonie apparentes et extérieures
des sectes, ne choisit que les passages bibliques où il n'y a guère de
divergences d'opinions. Les passages et doctrines sur lesquels elles sont
en désaccord, les seuls ayant le plus besoin d'être discutés afin que
les erreurs et les vérités de chaque secte puissent être manifestées
et qu'une véritable union puisse se faire sur la base « d'un seul
Seigneur, d'une seule foi et d'un seul baptême »,
tout cela est ignoré dans les leçons, mais toujours fermement
soutenu comme avant, par chaque secte.
L'effet de ces Leçons et d'autres méthodes similaires d'union est
de rendre le Protestantisme plus imposant en apparence, et de dire aux
gens, en fait sinon en paroles : il faut que vous fassiez partie d'une de
ces sectes, à défaut de quoi vous ne pourrez pas être un enfant de Dieu.
Dans la réalité, il ne s'agit pas d'une union en une seule église, mais
d'une combinaison d'organisations séparées et distinctes dont chacune
est aussi préoccupée de garder sa propre organisation comme secte ou
gerbe, mais chacune désireuse de s'allier avec les autres pour présenter
aux yeux du monde une apparence plus grande et plus imposante. Cela
ressemble à l'empilage des gerbes dans une meule. Chaque gerbe conserve
son propre lien ou organisation ; l'enchaînement devient encore plus étroit
lorsque la gerbe est fixée, solidement réunie aux autres, pour former
une grosse et imposante meule.
Le
système des Leçons Internationales, ainsi que les méthodes modernes de
« diriger » les Écoles du Dimanche, contribuent grandement au développement
de l'esprit de secte en empêchant toute croissance dans la connaissance
de la vérité d'une manière différente. Une leçon, présentée en
liaison avec les « exercices » de
l'école, est si générale qu'il reste trop peu de temps pour examiner
les questions réservées imprimées avec des réponses toutes préparées
; et aucun moment n'est laissé pour l'étudiant de la Bible affamé de vérité
ou le moniteur zélé occasionnel pour soulever d'autres questions, de
plus grande importance et renfermant de la nourriture pour l'esprit et la
discussion fructueuse. Autrefois, des classes d'études de la Bible
avaient lieu pour approfondir certaines questions, elles n'étaient entravées
que par les liens de leurs propres préjugés et superstitions ; les
chercheurs studieux et sincères pouvaient toujours faire quelques progrès
dans la vérité. Mais à présent, alors que la lumière augmente de
toutes parts, éclairant tous les sujets, dissipant les brumes de la
superstition et des préjugés, ce sont précisément les Leçons
Internationales elles-mêmes qui l'empêchent de briller sur l'étudiant
de la Bible tout en prétendant l'aider. Son temps réservé à l'étude
biblique est habilement dirigé
de manière qu'il ne puisse obtenir de nouvelles idées, mais qu'il soit
si continuellement occupé à utiliser « le lait de la Parole »
(copieusement dilué dans les traditions des hommes) qu'il en perde
tout appétit pour la « nourriture solide »
de la vérité plus avancée (Héb. 5 : 14). Dans ces classes, tout
le temps et l'occasion de goûter, d'apprendre à apprécier la nourriture
substantielle sont sacrifiés par l'obéissance à ces paroles : « Il
faut nous en tenir à notre leçon, car l'heure va bientôt sonner ».
Pour comprendre la valeur des doctrines de Dieu, si nécessaires
à notre croissance dans la grâce, dans la connaissance et dans
l'amour de Dieu, combien il est nécessaire,
selon le prophète et
l'apôtre, de laisser de côté les premiers rudiments et de progresser
vers la perfection après avoir été « sevrés du lait, ôtés de la
mamelle » — Héb. 6 : 1 ; Es. 28 : 9.
Récemment,
il est vrai, on a amélioré les méthodes des Écoles du Dimanche, mais
elles laissent encore beaucoup à désirer. Il y a dans ces milieux
quelques enfants de Dieu et des plus dignes, qui s'efforcent de servir Jésus
et sont plus ou moins perplexes devant le déploiement du nombre et de
l'apparence de « l’œuvre pour le Seigneur ».
Nous concédons que quelque bien est accompli, mais il a ses
compensations. Les personnes sincères sont détournées de leurs propres
devoirs, empêchées de progresser, parce qu'elles font ce que Dieu avait
chargé les parents de faire ; la négligence
de ces devoirs fait du tort aux parents comme aux
enfants. Quant aux personnes moins développées, elles trouvent
que les courtes réunions et les « exercices »
sont plus agréables que l'étude de la BIble.
Elles en viennent à trouver qu'elles ont accompli un devoir elles
se dédommagent d'ailleurs du sacrifice, de quelques moments en s'occupant
de bavardages mondains et du changement qu'ils procurent. Quant aux
enfants, ils aiment mieux aussi, les «
exercices », les
cantiques et mieux encore, les livres de contes, les pique-nique, les fêtes
et Ies parties de plaisir.
Les enfants, comme les mamans, éprouvent aussi une grande compensation à
la peine qu'ils ont prise de s'habiller en ayant ainsi l'occasion de
pouvoir étaler aux yeux de chacun leurs beaux habits. La responsabilité
des parents dans l'éducation religieuse
de leurs enfants à la maison est très généralement abandonnée en
faveur de l'instruction fausse et mécanique de l’École du Dimanche. On
a donné avec raison à l'École du Dimanche le nom de garderie d'enfants
de. l'église, et les petits ainsi élevés dans l'éducation et les
conseils de l'esprit du monde sont les jeunes pousses pour l 'abondante récolte
d'ivraie qui infeste complètement la grande Babylone.
Partout,
ici et là, où existe une réunion d'études bibliques pour adultes, si
celui qui enseigne est assez sincère et indépendant pour s'écarter des
leçons prescrites et s'occuper de sujets plus importants, propres à
faire luire la vérité qu'elle soit ou non favorable à la confession de
la secte, il est certain que son pasteur ou son supérieur immédiat, le
considérera comme un moniteur indigne de confiance. Il est vrai que ceux
qui enseignent ainsi sont dangereux pour l'élément sectaire et bientôt
on leur retire le droit d'enseigner. Il est certain que, s'il y avait
beaucoup de personnes enseignant en toute indépendance et proclamant les
vérités qu'elles ont reconnues, elles ne tarderaient pas à couper les
liens des gerbes sectaires et à disperser ces dernières. C'est pourquoi
elles deviennent bientôt indésirables. On préfère en choisir d'autres
capables de tenir en bride les pensées et les tendances des assemblées
qu'ils dirigent. On les prive de la « nourriture solide », on les
maintient à l'état de petits enfants non sevrés, trop faibles pour
marcher seuls, obligés de se lier aux systèmes qu'ils ont appris à
aimer, et croyant qu'ils seraient perdus s'ils n'étaient pas rattachés
à eux. La véritable place de celui qui enseigne fidèlement, la place du
véritable étudiant de la Bible est en dehors de tous les liens humains,
là où l'on est libre d'examiner la bonne Parole de Dieu et de se nourrir
de tout ce qu'elle contient, là où l'on est libre aussi de suivre
l'Agneau partout où il va. Jean 8 : 36 ; Gal. 5 : 1.
Alors qu'on doit prendre en apparence la liberté individuelle en considération,
comme jamais auparavant, nous voyons que jamais, à aucun moment, les
liens n'ont été plus fortement serrés dans le but de lier ensemble le
froment et l'ivraie dans les nombreuses gerbes. Jamais auparavant on
n'avait mieux réussi qu'aujourd'hui à entraver et limiter les libertés
individuelles. Chaque heure
de loisir d'un sectaire zélé est consacrée à l'une des nombreuses réunions
ou des nombreux projets de sorte qu'il ne reste aucun moment pour penser
et pour étudier la Bible en toute liberté. Le but principal de ces réunions,
distractions etc., est de développer et de fortifier l'esprit sectaire ;
le résultat final est d'amener l'asservissement dont nous avons parlé et
qui empêche le véritable développement des enfants consacrés de Dieu,
le froment. Ces liens deviennent de plus en plus forts, comme le prophète
l'avait annoncé ( Es. 28 : 22 ). Les gerbes sont formées par un peu de
froment et beaucoup d'ivraie et chaque jour, il devient plus difficile
d'en sortir.
Du fait que nous avons vu la petite quantité de froment vraiment consacré
par opposition à la grande masse des « baptisés de profession »
(suivant la description de la classe de l'ivraie qu'en avait donnée
avec force un évêque Méthodiste) il est évident que l'embrasement de
l'ivraie sera un événement d'importance. Beaucoup de personnes supposent
que l'ivraie sera brûlée dans une fournaise ardente où il y aura des
pleurs et des grincements de dents ( Matth. 13 : 42 ). C'est une erreur complète de croire qu'il s'agit d'un
feu littéral, ou d'une détresse qui se prolongera au-delà de la vie présente.
La parabole tout entière s'accomplit pendant l'âge présent. Non
seulement ce feu est un symbole tout comme le froment et l'ivraie, mais il
symbolise la destruction de l'ivraie, pendant le grand temps de détresse
qui termine l'âge actuel et de laquelle, la classe du froment a la
promesse d'être épargnée ( Mal. 3 : 17 ; Luc 21 : 36 ). La fournaise
ardente symbolise le « grand temps de la détresse » qui, à la fin de
cette moisson, vient sur la classe indigne de l'ivraie de la Chrétienté.
La
destruction de l'ivraie ne signifie pas non plus qu'il y aura une
destruction individuelle présente ou future de ceux qui composent cette
classe. Ce sera plutôt la
destruction des fausses prétentions de cette classe. Ces gens prétendent
être chrétiens alors qu'ils sont toujours des enfants de ce monde. Quand
ils seront brûlés ou détruits comme l'ivraie, ils seront reconnus sous
leur vrai caractère, comme des gens du monde et ils n'imiteront plus désormais
les chrétiens comme membres nominaux de l'Église de Christ.
Notre
Seigneur explique que lui-même a semé la bonne semence du Royaume, la vérité,
de laquelle sort toute la classe du vrai froment après avoir été
engendrée par l'esprit de vérité. Par la suite, pendant la nuit, les âges
de ténèbres, Satan sema l'ivraie. L'ivraie fut certainement semée de la
même manière que l'a été le froment. Ceux qui la forment sont les
fruits de l'erreur. Nous avons déjà vu comment l'adversaire, Satan, et
ses serviteurs aveuglés souillèrent grandement le « sanctuaire » et «
l'armée » et comment les précieux
vases (doctrines) furent profanés et faussement utilisés par la Papauté,
et ceci n'est qu'une autre démonstration de la même chose. Les fausses
doctrines engendrèrent de fausses ambitions et aspirations dans le champ
de blé de Dieu ; de ce fait beaucoup entrèrent au service de Satan
pour semer des erreurs de doctrine et
de pratique qui ont fait surgir l'ivraie en abondance.
Le
champ paraît être splendide et florissant à beaucoup car ils dénombrent
les centaines de millions de prétendus chrétiens qui le composent. En réalité,
il y a bien peu de froment, et pour ce blé qui a été étouffé et
grandement entravé dans son développement par l'ivraie, il eût été préférable
que l'ivraie animée de l'esprit du monde ne fût pas entrée dans l'Église,
mais fût restée à sa place dans le monde en laissant les consacrés du
« Petit Troupeau » comme seuls représentants de l’esprit et de la
doctrine de Christ dans le champ. Alors il se serait bientôt manifesté
une différence marquée entre l'Église et le monde et la croissance de
l'Église, en apparence moins rapide, aurait été plus saine. Le grand
succès apparent que manifestent le nombre, la richesse et la position
sociale, desquels se glorifient un si grand nombre, cause en réalité un
grand préjudice à l'Église et n'est en aucun sens une bénédiction ni
pour elle, ni pour le monde.
En
examinant ce sujet, nous trouvons que beaucoup d'éléments de cette
ivraie ne sont pas entièrement responsables de leur fausse situation
d'imitation du froment. Beaucoup d'entre eux ne savent pas que l'ivraie
n'est pas la véritable Église ; car ils considèrent
le Petit Troupeau des consacrés comme des extrémistes et des
fanatiques. Si l'on compare la grande masse de l'ivraie avec notre
Seigneur et les apôtres et tout le froment, certainement ces derniers
paraissent être des extrémistes, des fanatiques, si la majorité,
l'ivraie a raison.
On
a si souvent et si parfaitement affirmé à ceux qui constituent l'ivraie
qu'ils sont des chrétiens que tous sont des chrétiens sauf les Juifs,
les incrédules, et les païens
— qu'il serait difficile d'attendre d'eux qu'ils sachent que le
contraire est la vérité. Les fausses doctrines leur ont enseigné qu'il
n'y a que deux classes, et que tous ceux qui échappent au tourment éternel
doivent être des cohéritiers avec Christ. Dans tous les services funèbres,
sauf dans le cas d'individus notoirement débauchés ou malfaisants, on
certifie aux amis et parents du défunt que ce dernier est entré dans la
jouissance de la paix, de la joie et de la gloire célestes. Pour prouver
la chose, on se sert de citations bibliques lesquels, d'après le contexte,
ne s'appliquent qu'aux véritables consacrés, aux saints.
Naturellement
enclins à se blâmer, niant consciemment être des saints et ne prétendant
pas aux riches promesses des Écritures faites à ces derniers, ils sont
persuadés de les revendiquer par leurs compagnons ivraie, à la fois dans
les chaires et sur les bancs. Ils ont conscience — et sont même
certains — de n'avoir rien fait qui puisse les envoyer au tourment éternel
leur foi dans les fausses doctrines de la
« chrétienté » les conduit à espérer et à prétendre
qu'eux-mêmes et tous les gens moraux sont des membres de l’Église
auxquels appartiennent toutes les riches promesses. Ainsi sont-ils de
l'ivraie par le fait des fausses doctrines et non seulement leur situation
spirituelle est fausse mais ils rabaissent le véritable idéal noble et
élevé de la sainteté. Illusionnés par cette erreur, ils éprouvent un
certain sentiment de sécurité et de satisfaction ; car en comparant leur
conduite et leur vie avec celles de la grande majorité des membres de l'Église
nominale, de leurs amis défunts dont on a dit tant de bien
lors de leurs funérailles, ils sont persuadés qu'ils sont dans la
bonne moyenne, peut-être même supérieure à celle de plus d'un prétendu
chrétien. Cependant tous ont conscience de n'avoir jamais fait une
véritable consécration de leur cœur, leur vie, leur temps, leurs
moyens, leurs talents, leurs ambitions à Dieu et à son service.
Mais
comme la classe de la « balle » de la nation juive fut consumée au
terme de la moisson judaïque
( Luc 3 : 17 ), il en sera de même de cette classe de l'« ivraie » à
la fin de la moisson actuelle. Comme la balle perdit toute prétention à
la faveur divine comme Royaume de Dieu triomphant avant que cette moisson
se fût terminée dans le grand feu des disputes religieuses et politiques
qui consuma ce système, ainsi en sera-t-il de la classe de l'ivraie de la
prétendue « Chrétienté ». Ils
seront consumés ; ils cesseront d'être de l'ivraie ; ils cesseront de se
tromper sur eux-mêmes les autres ; ils cesseront de s'approprier les
très grandes et très précieuses promesses qui n'appartiennent qu'aux
saints vainqueurs. Lorsque leurs divers royaumes dits chrétiens et leurs
diverses organisations religieuses, déchirés par les discordes produites
par la lumière croissante de la vérité, seront consumés par le feu déjà
allumé, « le feu de la jalousie de Dieu » ( le temps de détresse qui termine l'âge actuel - Soph. 3 :
8, ils cesseront de revendiquer pour leurs systèmes mondains, le nom de
« chrétienté ».
Après
avoir parlé de la destruction de l'ivraie par le feu, la parabole
poursuit : « Alors les justes [le froment] luiront comme le soleil dans
le Royaume de leur Père ». [Quel
meilleur témoignage que celui-ci pourrions-nous avoir, que la véritable
Église n'a pas encore été établie en puissance comme Royaume de Dieu,
et qu'elle ne sera pas élevée ainsi à la gloire avant l'achèvement de
la moisson ? ] Alors se lèvera le soleil de justice (dont Christ-Jésus
sera toujours le glorieux point central), portant la santé dans ses
rayons, pour bénir, rétablir, purifier et nettoyer du péché et de
l'erreur toute l'humanité, les pêcheurs incorrigibles étant détruits
dans la seconde mort.
Rappelons-nous
que dans la moisson judaïque-type, les véritables Israélites
ainsi que les Israélites de nom formaient ensemble la maison juive ou
charnelle d'Israël. Seuls, les véritables Israélites furent choisis
et rassemblés dans le grenier de la dispensation
évangélique ; seuls, ils eurent l'honneur de recevoir les vérités
appartenant à l'Age de l'Évangile. Tous les autres membres de cette
nation (la « balle ») ne furent pas littéralement et physiquement détruits
(bien qu'il y eût beaucoup de tués lors de leur détresse), mais ils
furent dépouillés de toutes les faveurs du Royaume auxquelles ils
avaient cru avoir droit antérieurement, et dont ils s'étaient même vantés.
Nous pouvons dès lors délimiter l'événement parallèle et
correspondant de la moisson actuelle et comprendre ce que sera le
traitement de « l'ivraie » dans le temps brûlant actuel.
Dans
la « moisson » actuelle, le
Seigneur nous a non seulement
montré les événements qui doivent survenir et comment nous devions y
participer en nous séparant du monde et en employant comme des «
moissonneurs » la faucille de la vérité pour aider les autres à
arriver à la liberté en Christ et à se séparer aussi des faux systèmes
et des liens humains, mais afin de nous rendre doublement sûrs que nous
sommes du bon côté et que le temps de séparation est arrivé, il nous a
fourni des preuves sur l'année où commença l’œuvre de la moisson,
sur sa durée et sur le moment de sa fin. Ces preuves, déjà examinées,
montrent que la fin de 1874 marqua le commencement, comme la fin de 1914
marquera la clôture de ces 40 ans de moisson, tandis que toutes les
particularités relatives à l'ordre et au travail de cette moisson furent
décrites dans celle de l'Age judaïque, son type. Nous allons examiner
maintenant quelques détails remarquables relatifs au temps de cette
moisson-type, et prendrons note des leçons qu'ils enseignent,
actuellement applicables, et que notre Seigneur prépara évidemment dans
ce dessein afin que nous ne puissions être ni dans le doute ni dans
l'incertitude, mais que nous puissions connaître son plan et être
capables d'agir en conséquence, avec force, comme co-ouvriers
avec lui dans l'exécution de sa volonté révélée.
Tous les détails de
temps se rattachant à la moisson judaïque (bien qu'ils aient parfois
trait indirectement aux fidèles) concernaient directement la grande masse des Israélites de
nom ; ils marquaient la durée du temps d'épreuve des Juifs, leur rejet,
leur renversement et leur
destruction en tant que système ou nation-église.
Ainsi, en l'an 29 de notre ère, le Seigneur vint comme Époux et
moissonneur, non seulement vers les véritables Israélites, mais aussi
vers toute la masse de la nation ( Jean 1 : 11 ). A ce moment-là, les
progrès réalisés dans l’œuvre de la moisson montrèrent qu'il y
avait peu de grains de froment mûrs pour le grenier (la dispensation
évangélique) et que la grande masse n'avait que l'apparence
du froment, c'était en réalité de la « balle » seulement, ne
contenant en elle aucun des véritables principes du froment. Lorsque, en
l'an 33, soit trois ans et demi plus tard, notre Seigneur assuma la charge
de Roi et permit au peuple (chose qu'il avait défendue auparavant, Jean 6
: 15) de l'installer sur un âne et de l'acclamer comme roi, cet événement
servit à marquer, dans la moisson actuelle-antitype, un événement
beaucoup plus important que celui du type. Comme nous l'avons vu, le
parallèle de celui-ci montre que 1874 est le temps de la seconde présence
de notre Seigneur comme Époux et Moissonneur, et qu'avril
1878 est celui où il commença à exercer en fait Sa charge de Roi
des rois et Seigneur des seigneurs, cette fois comme Roi spirituel, présent
dans toute sa puissance, quoique invisible aux hommes.
Les
actes accomplis par notre Seigneur, pendant les quelques heures où Il
agit typiquement comme Roi d'Israël, ont une profonde signification pour
nous, préfigurant incontestablement les événements correspondants
actuels. Lorsque Jésus entra comme Roi à Jérusalem, monté sur le petit
d'une ânesse, le peuple le vit chasser du temple avec un fouet, les
changeurs d'argent. Cet acte pour nous est le type d'un événement
correspondant actuel qui s'accomplit sur une échelle beaucoup plus grande,
bien que le Roi, le fouet de cordes et la proclamation de son autorité
royale soient manifestés maintenant d'une manière très différente, et
aux yeux de la foi seulement. Mais le type judaïque sert à attirer notre
attention sur cet accomplissement, qu'autrement nous n'aurions pas été
capables d'apprécier. La première oeuvre du roi-type fut de rejeter
toute la nation-église d'Israël comme indigne de former son Royaume et
d'être considéré plus longtemps comme son héritage spécial. Tout cela
était contenu dans les paroles du Maître : «
Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et qui lapides ceux
qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants
comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes et vous ne l'avez
pas voulu ! Voici, votre maison vous est laissée déserte » ! — Matth.
23 : 37-39.
Ceci,
lorsqu'on l'applique à la moisson actuelle, enseigne que, de même qu'en
l'an 33 ap. J. C., après avoir été reconnu par Dieu comme son peuple
pendant 1845 ans, par des faveurs, des châtiments, etc., Israël type fut
rejeté par le Roi parce que trouvé indigne après avoir été mis à l'épreuve
et jugé pendant 3 ans 1/2, ainsi dans la moisson actuelle, après un
examen correspondant de 3 ans 1/2 , au
terme d'une période de 1845 années de faveur et de châtiment, la chrétienté
nominale serait rejetée par le Roi comme indigne de recevoir de Lui
d'autres faveurs ou d'être reconnue par Lui, d'une manière quelconque.
Comme
le rejet d'Israël nominal selon la chair n'impliqua pas le rejet
individuel des « véritables Israélites » en qui il n'y avait point de
fraude, mais plutôt une faveur plus grande encore pour ces derniers (qui
furent délivrés de leurs « conducteurs aveugles » et reçurent
des enseignements directs et parfaits par les nouveaux canaux
spirituels de Dieu — les apôtres), c’est ce à quoi nous devons nous
attendre de nos jours. Les faveurs spirituelles, accordées autrefois par
Dieu aux masses nominales appartiennent désormais aux seuls fidèles et
obéissants. Désormais, la lumière venant au temps marqué, « la
nourriture au temps convenable pour la maison de la foi »,
doit être attendue non plus des anciens canaux à un degré
quelconque, mais par des individus fidèles n'appartenant à aucun des
systèmes déchus et rejetés.
Pendant
son ministère et jusqu'au moment où, en
sa qualité de Roi, il rejeta le système judaïque, notre Seigneur
reconnut les scribes et les pharisiens comme les instructeurs légitimes
du peuple, malgré les sévères réprimandes qu'il adressa à ces
hypocrites qui trompaient le peuple. Nous en voyons la preuve dans les
paroles du Seigneur en Matth. 23 : 2 : « Les scribes et les pharisiens se
sont assis dans la chaire de Moïse. Toutes les choses donc qu'ils vous
diront, faites-les et observez-les ».
Nous voyons aussi que, pendant quelque temps, les hauts dirigeants
religieux de la chrétienté nominale, dans leurs synodes, leurs conférences,
leurs conciles, etc., se sont assis dans une certaine mesure, dans la
chaire de Christ, comme instructeurs du peuple comme jadis le Sanhédrin
juif occupait la chaire de Moïse. Mais de même qu'après l'an 33, le
Seigneur ne reconnut plus les scribes et les pharisiens comme ses
serviteurs à un titre quelconque et que les véritables Israélites ne
furent plus, dès lors, instruits et enseignés par eux, mais par Dieu
lui-même, qui se servit d'autres instruments plus dignes, plus humbles et
sans titres, qui furent choisis dans le peuple et
spécialement enseignés de Dieu, ainsi c'est une chose analogue
que nous devons attendre et que nous devons trouver aujourd'hui, dans la
moisson parallèle actuelle.
La prise en charge
de l'office royal par notre Seigneur, en l'an 33 et son premier acte
officiel, le rejet de l'Église nationale d'Israël selon la chair considérés
en rapport avec tous les parallèles frappants des deux âges, indiquent
très clairement qu'au point parallèle de temps de la moisson présente,
1878, la Babylone mystique, autrement nommée Chrétienté, l'antitype du
judaïsme, fut rejetée ; dès ce moment-là retentit le message : « Elle
est tombée, elle est tombée, Babylone la grande et elle est devenue la
demeure de démons, et le repaire de tout esprit immonde et le repaire de
tout oiseau immonde et exécrable ».
— Apoc. 18 : 2.
La
chute, les plaies, la destruction, etc., de la Babylone mystique telles
qu'elles avaient été annoncées, furent préfigurées par les grands
bouleversements et la destruction nationale du peuple d'Israël selon la
chair, événements qui finirent par la ruine complète de cette nation en
l'an 70 [69-73(*)]. (*)Voir Introduction du volume II, page III. - Trad.
La période de la chute correspond aussi, car depuis le moment où le
Seigneur proclama que sa demeure serait laissée déserte, en l'an 33
jusqu'en l'an 70 [69 (*)] il
s'écoula 36 ans 1/2 ainsi, depuis [avril] 1878 jusqu'à la fin en [octobre]
1914, il y a 36 ans ½. Et à la fin de [en octobre] 1914, ce que Dieu
appelle Babylone, que les hommes appellent chrétienté aura disparu, [commencera
à disparaître] comme la prophétie l'a déjà montré.
Le judaïsme était un type établi par Dieu du Royaume millénaire
de Christ qui dirigera, ordonnera et surveillera toutes choses ; en conséquence
le judaïsme était légitimement une union de l'Église et de l'État,
d'un gouvernement religieux et d'un gouvernement civil. Mais, comme
nous l'avons déjà montré, l'Église de l'Évangile ne devait rien avoir
de commun avec les gouvernements de ce monde, ni s'associer à eux jusqu'à
ce que son Seigneur, le Roi des rois, vienne prendre en main les rênes du
pouvoir, élève son Église comme épouse pour lui faire partager ce règne
de la justice. Le grand système appelé Chrétienté, négligeant, les
avertissements du Seigneur, se conforma à la sagesse, aux théories et
aux plans des hommes, comprit tous les gouvernements, toutes les
confessions prétendant être de Christ (mais n'étant qu'une misérable
contrefaçon du véritable Royaume de Christ), fut organisé avant le
temps, sans le Seigneur, et avec des éléments tout à fait impropres. La
chute de Babylone comme système impropre d'État- Église, et le
rassemblement du bon grain correspond donc admirablement bien à la chute
du judaïsme qui lui sert de type.
Primitivement, le terme Babylone signifiait portail de Dieu ; plus tard,
par dérision, sa signification changea et désigna un mélange ou une
confusion. Dans le livre de l'Apocalypse ce terme s'applique spécifiquement
à l'Église nominale, laquelle, de portail à la gloire, devint un
portail à l'erreur et à la confusion, à un pitoyable mélange
renfermant surtout de l'ivraie, des hypocrites, une masse confuse de gens
du monde dans laquelle sont ensevelis les joyaux du Seigneur, et cachés
leur véritable beauté et leur éclat. Dans la prophétie symbolique, le
terme Babylone désigne parfois seulement l'Église romaine, appelée «
Babylone la Grande, la Mère des Impudiques ».
Pendant des siècles, ce nom s'appliqua à l'Église romaine seule,
car elle était alors le seul système de confusion existant qui n'en tolérait
pas d'autres autour de lui. Dans la suite, d'autres systèmes ecclésiastiques
qui ne furent pas aussi grands que la « mère», ni aussi mauvais, ni
aussi radicalement faux surgirent de son sein à la suite de divers essais
de réformes imparfaites. Les erreurs, l'ivraie
et l'esprit du monde finirent également par y prédominer
largement, c'est pourquoi le nom de Babylone est employé comme un terme général
ou nom de famille pour désigner non seulement l'Église romaine mais les
sectes protestantes. La Papauté étant le système-mère, obligation nous
est faite de considérer les divers systèmes protestants qui sortirent
d'elle, comme ses filles — fait très généralement
admis par les protestants, et parfois avec orgueil.
Antérieurement
au temps de la moisson, nombre d'enfants de Dieu dans la Grande Babylone découvrirent que son caractère prédominant
était grossièrement antichrétien (notamment
les Vaudois, les Huguenots et les réformateurs du seizième siècle). Ils
attirèrent l'attention sur ce fait, puis ils se séparèrent du système-mère
en entraînant avec eux beaucoup d'autres
personnes qui étaient en grande partie de l'ivraie, ainsi que
l'avait prédit le prophète disant que « plusieurs se joindraient à eux
par des flatteries » ( Dan. 11 : 34 ). Il y eut les divisions provenant
des tempêtes politiques et doctrinales avant le temps de la moisson. Au
milieu de ces tempêtes, l'ivraie toujours prédominante, forma de
nouveaux systèmes babyloniens quoique d'un caractère moins critiquable.
Ainsi le froment, en essayant de temps à autre de s'affranchir de
l'incube de l'ivraie (et spécialement de se libérer des plus grossières
erreurs qui engendraient l'ivraie et la faisaient prospérer) fut béni
par ces efforts, mais il continua à subir l'influence de l'ivraie, à
rester mêlé, l'élément ivraie prédominant. Cependant, grâce à ce
froment, la faveur de Dieu se répandit même sur ces gerbes mélangées
ou systèmes babyloniens. Ce ne fut qu'au temps marqué par Dieu — au temps de la
moisson, en 1878 — qu'intervint une
séparation complète et finale de tous ces systèmes complètement rejetés
de toute faveur et condamnés à une destruction rapide, et que tous les
enfants de Dieu furent explicitement et impérativement invités à sortir
de ces systèmes. Au commencement même de l'Age de l'Evangile, le peuple
de Dieu fut mis en garde contre les séductions de l'Antichrist
; il lui fut recommandé de se séparer de ce système. Cependant,
dans le dessein d'éprouver ses enfants, de les mettre à l'essai, Dieu
permit qu'ils fussent plus ou moins trompés par lui et plus ou moins mélangés
avec lui. Chaque réveil à la constatation de principes, doctrines et
actes antichrétiens conduisait à des mesures de réforme, mit à l'épreuve
et établit la classe du froment, et aida ses membres à se purifier de
plus en plus des souillures de l'Antichrist. Mais ce dernier appel positif
d'épreuve, associé au rejet final de ces systèmes ne recevant
plus la faveur divine (comme ils la recevaient à cause du froment
qui se trouvait en eux), a pour objet de séparer définitivement
la classe du froment de tous les systèmes et principes antichrétiens.
Toutes les vérités que possédaient autrefois ces systèmes en sont
emportées rapidement, étant remplacées par des théories des hommes,
subversives de tout élément de la vérité divine ; la piété vivante
et l'amour des choses divines s'évanouissent rapidement aussi et font
place à l'amour des plaisirs et à l'esprit du monde.
En
même temps que la déclaration de la chute de Babylone, tous les enfants
de Dieu, qui sont encore en elle, reçoivent aussi l'ordre d'en sortir :
« J'entendis du ciel une autre voix qui disait : Sortez du milieu d'elle ,
mon peuple, afin que vous ne participiez pas à ses péchés, et que vous
ne receviez pas de ses plaies » (
Apoc. 18 : 4 ). Dans l'expression : « Elle est tombée, Babylone...
Sortez du milieu d'elle mon peuple », il
y a deux pensées distinctes dont il faut se rappeler. On voit tout
d'abord qu'à un moment donné Babylone n’était pas tombée, déchue de
la faveur divine, car, pendant
un certain temps, elle conserva une mesure de faveur, malgré son caractère
de mélange ; que, malgré mélange la grande proportion d'erreur qu'elle
renfermait malgré le peu d'esprit de Christ qu'elle possédait, elle n'était
pas encore totalement rejetée loin de la faveur divine, car la séparation
complète ne devait avoir lieu qu'au temps de la moisson. La proclamation
indique qu'à un moment donné Babylone serait soudainement et entièrement
rejetée quand toute faveur divine lui serait à jamais retirée, quand
les jugements suivraient leur cours accomplissant le rejet qui eut lieu,
comme nous l'avons vu, au temps marqué, en 1878. Elle montre également
qu'au moment du rejet de Babylone, cette dernière renfermerait beaucoup
d'enfants de Dieu encore associés avec elle, car c'est après le rejet de
Babylone, après qu'elle est tombée, déchue de la faveur que
ceux-ci sont appelés par ces mots : « Sortez du milieu
d'elle, mon peuple ».
Il y a lieu de discerner clairement le contraste existant entre les
nombreux mouvements de réforme graduelle des quatre derniers siècles et
la séparation finale d'aujourd'hui : ces mouvements furent des tentatives
de réformer Babylone, tandis que cette dernière montre que tout espoir
de réformer Babylone est perdu : « Babylone a été une coupe d'or dans
la main de l'Éternel, enivrant toute la terre. Les nations ont bu de son
vin, c'est pourquoi les nations sont devenues insensées [intoxiquées par
ses erreurs]. Subitement Babylone est tombée, et elle a été brisée :
« Hurlez sur elle, prenez du baume pour sa douleur ; peut-être qu'elle
guérira ! Nous avons traité Babylone mais elle n'est pas guérie ;
abandonnez-la, et
allons-nous-en, chacun dans
son pays [la vraie Église ou
le monde, suivant le cas, selon que chacun se prouve être du froment ou
de l'ivraie] car son jugement atteint aux cieux et s'est élevé jusqu'aux
nues » Jér. 51 : 7-9 ;
comparez avec Apoc. 17 : 4 ; 14 : 8 ; 18 : 2, 3, 5, 19.
Babylone
incurable est maintenant condamnée à la destruction : le système tout entier, système de systèmes, est rejeté,
et tous les enfants de Dieu qui ne peuvent accepter ses fausses doctrines
et pratiques sont maintenant invités à se séparer d'elle. Le prophète
indique pourquoi Babylone est rejetée et il montre que certains
manqueront de le comprendre. Il dit : (*) Jérémie 8 :
7.
«
Même la cigogne dans les cieux connaît sa saison et la tourterelle et
l'hirondelle, grue, prennent
garde au temps où elles doivent venir, mais mon peuple ne connaît pas le
jugement de l'Éternel. [On ne reconnaît pas qu'un temps de moisson, de séparation
complète et totale du froment d'avec l'ivraie doit venir. En ceci, les
hommes montrent moins de discernement que les oiseaux migrateurs]. Comment
dites vous : Nous sommes sages et la loi de l'Éternel est avec nous [quand
vous êtes incapables de discerner le temps de la moisson et le changement
de dispensations maintenant à échéance] ? Mais voici, la plume menteuse
des scribes [en] a fait une fausseté [parce que la Parole de l'Éternel
par ses prophètes et ses apôtres est rendue nulle, mise de côté négligemment,
et que les confessions de foi des « âges des ténèbres » sont les
lanternes sans lumière de ceux qui marchent dans les ténèbres]. Les
sages (?)
[savants] sont couverts de honte, ils ont peur [par suite de la
faillite de leurs plans humains favoris] et sont pris ; voici, ils ont méprisé
la Parole de l'Éternel, et quelle sagesse ont-ils [aujourd'hui] ?
[Comparer avec Esaïe 29 : 10]. C'est pourquoi je donnerai leurs femmes [leurs
églises] à d'autres, et leurs champs [de travail] à ceux qui les posséderont
; car depuis le petit jusqu'au grand [d'entre eux], ils sont tous adonnés
au gain déshonnête ; depuis le prophète [l'orateur] jusqu'au
sacrificateur [au ministre], tous usent de fausseté [Comparez Ésaïe 56
: 10-12 ; 28 : 14-20]. Et ils ont pansé la plaie de la fille de mon
peuple [Sion nominale, Babylone] légèrement, disant : Paix, Paix ! et il
n'y avait point de paix [quand son système tout entier est malade et a
besoin d'être nettoyé à fond avec le remède de la Parole de Dieu, la vérité].
Avaient-ils honte, parce qu'ils avaient commis l'abomination ? Ils n'ont
eu même aucune honte, et ils ne savent pas ce que c'est que d'être
confus ; c'est pourquoi ils [ceux qui enseignent] tomberont avec ceux qui
tombent ; au temps de leur visitation [ou inspection, au temps de la «
moisson »], ils trébucheront, dit l'Éternel Je les ôterai entièrement,
dit l'Éternel Il n'y aura plus de raisins à la vigne, ni de figues au
figuier et Ies feuilles se flétriront ; ce que je leur avais donné [
tous les privilèges et faveurs] leur échappera « — Jér. 8 :
7 -12, D. et 13 -S.
Le
verset suivant montre que beaucoup de ceux qui ont été rejetés se
rendront compte des bouleversements qui
s'approchent, cependant ils resteront aveuglés quant à leur cause réelle.
Ils diront : Assemblons-nous et
entrons dans les villes fortes [gouvernements], et là, nous garderons le
silence. Ils comprendront quelque peu que ni la raison ni l'Écriture ne
soutiennent leurs fausses doctrines, et que la méthode la plus sage est
de garder le silence, à l'ombre des vieilles superstitions et sous la
protection des prétendus gouvernements chrétiens. Ils sont représentés
ici comme disant très opportunément « L'Éternel nous a réduits au
silence et nous a fait boire de l'eau de fiel ».
Le seul rafraîchissement qu'ils puissent avoir est la coupe dans
laquelle ils ont fait le mélange (du poison de l'erreur amère, la «
doctrine des démons », avec
l'eau pure de la vie, la vérité de la Parole de Dieu). Ceux qui
appartiennent à Babylone, qui l'aiment et ne désirent pas obéir au
commandement : « Sortez du milieu d'elle »,
ne seront-ils pas obligés de boire la coupe qu'ils ont eux-mêmes
préparée ? Ne seront-ils pas obligés d'admettre la fausseté de leurs
doctrines ? Assurément, et ils en seront eux-mêmes profondément écœurés.
Le verset suivant parle de la ruine de leurs espérances qui étaient que
leurs doctrines amères (eau empoisonnée) auraient converti le monde et
amené le millénium. Ils disent : « On attend la paix, et il n'y a rien
de bon, — le temps de la guérison et voici l'épouvante ! »
— La maladie de la Sion nominale empirera rapidement dès le temps de sa
visitation et de son rejet, lorsque les « véritables Israélites »,
obéissant à l'appel divin, commenceront à sortir des systèmes nominaux.
Certains
se demandent pourquoi le Seigneur n'inaugure pas une réforme d'une plus
grande envergure que toutes celles du passé qui eurent des résultats
assez maigres et de peu de durée. Ils demandent : Pourquoi Dieu n'accorde
-t- il pas une bénédiction
à toutes les grandes sectes et ne les fusionne-t-il
pas en une seule, ou encore pourquoi ne purifie-t-il
pas l'une d'entre elles de toutes ses scories et n'attire-t-il
pas toutes les autres dans celle-là. Mais demandons-nous :
Pourquoi ne pas amalgamer tous les royaumes de la terre en un seul et le
purifier ?
Quant
à tous les enfants de Dieu, il doit leur suffire de savoir qu'un tel
programme n'est pas celui que Dieu a révélé comme étant Son Plan. Un
peu plus de réflexion nous montre combien une telle suggestion serait peu
sensée, peu conforme à la Parole de Dieu. Considérez le nombre des adhérents
de l'Église soi-disant chrétienne (400 millions) et demandez-vous :
Combien y a-t-il parmi eux de véritables consacrés, corps et âme au
Seigneur et au service de son Plan ? A votre constatation personnelle
vous arriverez à la conclusion qu'en séparant le froment d'avec l'ivraie
en enlevant celle-ci, il ne resterait dans la plupart des cas que bien peu
de fidèles, même dans les plus vastes cathédrales ou temples.
Dieu
ne veut pas purifier Ies systèmes nominaux parce qu'aucune purification
ne pourrait amener la masse des non-consacrés de la Chrétienté ainsi
que leurs organisations civiles et ecclésiastiques à être utilisés
dans l’œuvre du Seigneur qui va bientôt commencer sur la terre.
Pendant les dix-huit siècles écoulés, Dieu a choisi les véritables
consacrés, ceux qui étaient jugés dignes, et, tout ce qui reste à
faire maintenant est de
choisir, parmi les vivants, ceux de la même classe — et ils sont peu
nombreux — car seuls quelques-uns manquent pour compléter le nombre préordonné
des membres du corps de Christ.
Dieu
met donc de côté toutes les organisations humaines, et ne réforme même
pas les moins mauvaises pour y faire entrer les membres des autres systèmes.
La raison de ce mode d'action est indiquée par la ligne de conduite
observée par le Seigneur à l'égard des diverses sectes juives pendant
la moisson qui termina leur dispensation
; alors, comme aujourd'hui, toutes furent rejetées, et Ies « véritables
Israélites » furent appelés
à en sortir pour aller à la liberté et pour être instruits sur la
volonté et le Plan de Dieu par divers vases choisis par Dieu lui-même.
Illustrant ce sujet aux Juifs par deux paraboles, Jésus expliqua la
sagesse de sa manière de faire : (1) qu'un morceau d'étoffe neuf pour réparer
un très vieux vêtement ferait seulement ressortir davantage l'usure de
ce dernier et amènerait une déchirure plus grande ; (2) qu'en versant du
bon vin nouveau dans de vieilles outres qui n'ont plus ni force ni élasticité,
il en résulterait un dommage plutôt qu'un avantage, car non seulement
les vieilles outres ne tarderaient pas à se rompre, à être détruites,
mais il résulterait la perte du précieux vin nouveau.
Les nouvelles doctrines de notre Seigneur étaient le vin nouveau, tandis
que les sectes juives étaient les vieilles outres. Que serait-il arrivé
si notre Seigneur s'était associé à l'une de ces sectes et avait
commencé à la réformer ? Il est certain que les nouvelles vérités, si
elles avaient été acceptées, auraient démoli compIètement cette secte.
La force de son organisation reposant
en grande partie sur l'orgueil sectaire, cimenté par des erreurs,
des superstitions et des traditions humaines, se serait effondrée et les
nouvelles doctrines auraient été délaissées, considérablement entravées
par les vieilles erreurs et traditions de cette secte, et tenues par le
monde en général pour responsables des faits connus du passé de cette
secte.
Pour
les mêmes raisons, dans la moisson actuelle, en présentant la lumière
plus grande de la vérité, à l'aube de l’Age millénaire, le Seigneur
ne veut pas rapiécer aucun des vieux systèmes, ni mettre du vin nouveau
dans de vieilles outres. En premier lieu, aucun de ces systèmes n'est en
mesure d'être rapiécé ou de recevoir de nouvelles doctrines ; en second
lieu, si ces systèmes avaient reçu les nouvelles vérités, ces dernières
auraient commencé leur œuvre et auraient développé une force qui
aurait disloqué et brisé toutes les sectes, si parfaitement organisées
et enchaînées qu'elles fussent. Si l'on mettait à l'essai toutes
les sectes, les unes après les autres, le résultat serait le même
et en définitive le vin nouveau (doctrines) ne trouverait plus un récipient
ou secte qui pût le contenir et le conserver.
La
meilleure ligne de conduite qui convînt fut celle que suivit notre
Seigneur à sa première venue. Il fit un vêtement entièrement neuf avec
de la nouvelle étoffe et Il mit le vin nouveau dans de nouvelles outres,
c'est-à-dire qu'Il appela à Lui les véritables Israélites (non
sectaires) et Il leur confia la vérité du temps marqué. Ainsi en est-il
: ceux qui ont faim de vérité sont aussi appelés par Lui à sortir
d'Israël spirituel nominal et ils sont heureux d'accepter la vérité
selon les voies du Seigneur, heureux de collaborer de tout cœur avec Lui
dans l'exécution de son Plan, sans s'inquiéter de savoir lesquelles, ou
combien, des anciennes outres (sectes) sont laissées de côté et rejetées
comme étant indignes de contenir le vin nouveau. Réjouissez-vous, plutôt,
d'avoir été jugés dignes de recevoir le témoignage de ce vin nouveau
de la vérité présente, et dès qu'il est reconnu authentique, acceptez-le
et agissez joyeusement d'après lui.
A
la première venue, ceux qui attendirent de connaître l'opinion des
principaux des sectes d'alors et qui demandèrent : « Aucun d'entre les
chefs ou d'entre les pharisiens a-t-il cru en lui ? »,
ne reçurent pas la vérité parce qu'ils suivaient les hommes plutôt
que Dieu. Les membres les plus considérés des sectes d'alors n'acceptèrent
pas les enseignements de Christ, et aujourd'hui comme alors et depuis,
ceux de cette même classe sont les pires aveugles des conducteurs
d'aveugles. Au lieu d'accepter la vérité et d'en être bénis, ils «
tombent » au moment de leur épreuve. Le vieil habit et les vieilles
outres sont tellement hors d'état qu'ils sont complètement impropres à
tout usage futur.
Puisque
c'est le Seigneur qui appelle son peuple à sortir de Babylone, nous ne
pouvons douter que tous ceux qui en sont vraiment entendront son appel,
quels que soient les moyens employés pour le faire retentir. Cet appel
est pour eux une première épreuve non seulement
de leur obéissance, mais également de leur amour pour Babylone et
ses erreurs. S'ils approuvent ses doctrines, ses méthodes, etc., au point
de regretter de la quitter, ils montreront qu'ils sont indignes de la vérité
présente et ils mériteront d'avoir part à ses fléaux futurs. Mais les
termes de l'appel indiquent que les membres du vrai peuple de Dieu dans
Babylone ne doivent pas être considérés comme impliqués dans les péchés
d'esprit du monde de cette dernière, ainsi qu'à son ignorance de la vérité
jusqu'au moment où ils apprendront que Babylone est tombée, a été
rejetée. Dès ce moment, s'ils restent en elle, ils sont considérés
comme lui appartenant, dans le sens qu'ils approuvent ses méfaits et ses
fausses doctrines du passé et du présent. Ils seront considérés comme
participant à ses péchés et mériteront, de ce fait, d'avoir part à
son châtiment, aux fléaux qui viennent sur elle. — Voir Apoc. 18 : 4.
Combien
est forte l'expression : « Elle est devenue la demeure de démons, et le
repaire de tout esprit immonde, et le repaire de tout oiseau immonde et exécrable
». Comme cela est vrai que
les plus exécrables de la société recherche et arborent les dehors de
la profession et du cérémonial chrétiens dans certaines des différentes
divisions ou sectes de Babylone. Chaque principe et chaque doctrine impurs
sont plus ou moins représentés en elle. Elle est une « cage »
qui retient bien enfermés non seulement les douces et affectueuses
colombes du Seigneur, mais aussi un grand nombre d'oiseaux impurs et
odieux. Parmi tous ces transgresseurs et séducteurs d'hommes et de femmes
combien sont de prétendus membres de l'Église de Christ ! Combien
d'entre eux se servent même du titre de chrétien comme d'un manteau sous
lequel ils poursuivent de mauvaises intrigues ! Il est bien connu que la
majorité même des criminels les plus endurcis que l'on exécute meurent
dans la communion catholique romaine.
Babylone
a renfermé, à la fois, le meilleur et le pire, la fleur et la lie de la
population du monde civilisé. La fleur est le petit nombre des vraiment
consacrés tristement mélangé à la grande masse des prétendus chrétiens
et de la lie des souillés, des criminels. Mais pendant la moisson
actuelle, dans des conditions favorables, la classe, la fleur, sera séparée
du reste, afin d'être préparée pour sa glorification.
Pour
se rendre compte de la proportion des oiseaux impurs et odieux qui sont
dans et hors de Babylone, examinons le rapport officiel qui suit sur l'état
de la société dans une partie du champ de blé où l'orthodoxie »
s'est vantée, pendant des siècles, de posséder un froment d'une
qualité et d'une pureté supérieures et peu d'ivraie, et où « l'Église »
— ainsi appelée — a été associée au gouvernement pour élaborer
les lois et gouverner le peuple :
|
ÉTAT
DE LA SOCIÉTÉ EN ANGLETERRE
ET AU PAYS DE GALLES
Rapport présenté au Parlement en 1873
| CONFESSIONS
RELIGIEUSES
|
POPULATION
|
CRIMINELS EN PRISON
|
| Catholiques
romains
|
1.500.000
|
37.300
|
| Anglicans
|
6.933.935
|
96.600
|
Dissidents
(Protestants
autres
que les Épiscopaux
|
7.234.158
|
10.800
|
| Incrédules
|
7.000.000
|
350
|
| Juifs
|
57.000
|
0
|
| TOTAUX
|
22.725.093
|
145.050
|
| |
NOMBRE
DE CRIMINELS PAR
100.000 ÂMES |
PROPORTION
DES CRIMINELS
|
| Catholiques
romains
|
2.500
|
1 sur 40
|
| Anglicans
|
1.400
|
1 sur 72
|
| Dissidents
|
150
|
1 sur 666
|
| Incrédules
|
5
|
1 sur 20.000
|
| Juifs
|
0
|
|
|
La Parole indique la cause d'un pareil état de choses en déclarant :
« Babylone a abreuvé tous les peuples du vin [esprit, influence] de sa
prostitution » — de son
association avec le monde ( Apoc. 18 : 3 ). De faux enseignements sur le
caractère et la mission de l'Église et la prétention que le temps de
son élévation et de son règne en puissance était venu (spécialement
après ses prodigieux succès temporels et mondains au temps de Constantin quand elle prétendit
être le Royaume de Dieu établi pour régner en puissance et en gloire),
amenèrent dans Babylone beaucoup de personnes qui n’y seraient jamais
entrées si elle avait continué à suivre le chemin étroit du sacrifice.
L'orgueil et l'ambition amenèrent l'Église primitive à s'emparer de la
puissance mondaine. Pour arriver au pouvoir il était nécessaire d'avoir
le nombre et les influences du monde. Pour obtenir le nombre, lequel
n'aurait pas été attiré dans les conditions présentés par la vérité,
de fausses doctrines furent fabriquées qui, finalement, prirent
l'ascendance sur toutes les autres, et même les vérités retenues furent
défigurées et tordues. Le nombre augmenta, il atteignit même des
centaines de millions, et la véritable Église, le froment qui n'était
toujours qu'un « petit troupeau », fut cachée au milieu de ces millions
d'individus formant l'ivraie. Dans un tel milieu, comme, des brebis parmi
les loups dévorants, le véritable Royaume de Dieu en formation souffrit
la violence ; les violents le prirent de force. A l'image de leur Sauveur
dont ils suivaient les traces, les vrais disciples furent méprisés,
rejetés des hommes, hommes de douleur habitués à la souffrance.
Mais
aujourd'hui, aux premiers rayons du Matin millénaire, les erreurs
doctrinales de la sombre nuit du passé sont dévoilées, les véritables
joyaux de la vérité sont mis en lumière, c'est pourquoi une séparation
complète doit intervenir entre le froment et l'ivraie. Et comme de
fausses doctrines produisirent le développement anormal et impropre,
ainsi le développement de la vérité dans la lumière de la moisson
produira la séparation. Toute l'ivraie et quelques-uns du froment sont
cependant dans l'appréhension. Il leur semble que l’écroulement de
Babylone va amener le renversement de
l’œuvre de Dieu, la faillite de sa cause. Il n'en est rien ;
jamais l'ivraie ne fut du froment, et Dieu ne veut pas l'accepter comme
tel. Il permit simplement au froment et à l'ivraie de croître ensemble
jusqu'à la moisson. C'est de la « cage »
des oiseaux impurs de Babylone
que les enfants de Dieu sont appelés à sortir, afin de jouir à
la fois de la liberté et d'avoir part à la lumière et à l’œuvre de
la moisson, et de montrer qu'ils sont complètement affranchis des erreurs
de doctrine et de pratique et d’échapper ainsi à Babylone, à ses châtiments
— aux fléaux qui vont s'abattre sur tous ceux qui demeurent en elle.
Ces
fléaux, ou troubles, préfigurés par ceux qui s'abattirent sur la maison
juive rejetée, sont dépeints dans le livre de l'Apocalypse par des
symboles tellement sombres que beaucoup de chercheurs se sont fait des idées
très exagérées et désordonnées à ce sujet et, par suite, ne sont pas
préparés pour les réalités tout à fait imminentes actuellement. Ils
interprètent souvent à la lettre les symboles et, de ce fait, ne sont
pas à même de les voir s'accomplir comme ils le seront, par des
mouvements, controverses, soulèvements, réactions, révolutions, etc.,
religieux, sociaux et politiques.
Mais
un autre détail se présenté ici. Entre le rejet et la déchéance de
Babylone, en 1878, jusqu'au moment où les fléaux ou troubles descendront
sur ce système, il y a un bref intervalle pendant lequel les fidèles
enfants de Dieu sont tous informés à ce sujet et rassemblés hors de
Babylone. Ceci est clairement indiqué dans le même verset, car, avec le
message « Babylone est tombée », est lié l'appel : « Sortez du milieu
d'elle, mon peuple, afin que... vous n'ayez point de part à ses fléaux
[qui viennent] ». Il est
aussi parlé en symbole dans Apoc. 7 : 3 de ce même laps de temps et de
cette même oeuvre qui doit
s'accomplir pendant sa durée. Le messager de la colère reçoit l'ordre
suivant : « Ne nuisez point à la terre, ni à la mer, ni aux arbres,
jusqu'à ce que nous ayons SCELLE au front les esclaves de notre Dieu ». La marque du sceau sur le front indique que cette empreinte
ou ce sceau est une compréhension mentale de la vérité qui séparera et
distinguera les serviteurs de
Dieu d'avec les serviteurs et les adorateurs de Babylone. Ceci est
d'accord avec le témoignage de Daniel disant : « Aucun des méchants [infidèles
à leur alliance] ne comprendra, mais les sages [de ton peuple]
comprendront » ( Dan. 12 : 10 ). Ainsi, les classes d'individus doivent
être marquées et séparées avant que les fléaux s'abattent sur
Babylone, rejetée, déchue.
Cette
connaissance est à la fois un instrument de scellement et de séparation
comme cela est clairement impliqué
dans le verset précédemment considéré, car
il y est dit tout d'abord : « Babylone est tombée »,
et certains fléaux ou châtiments viennent sur elle avant qu'il soit attendu des enfants de Dieu qu'ils obéissent au
commandement : « Sortez du milieu d'elle », basé sur cette connaissance. Nous savons en effet que tous
doivent être bien « marqués au front »
— avoir été informés
intelligemment du Plan de Dieu — avant d'apprécier exactement ce
commandement et d'y obéir.
N'est-il
pas apparent que cette oeuvre même consistant à sceller les serviteurs
de Dieu progresse rapidement ? N'avons-nous
pas la marque du sceau sur nos fronts et cela également au propre
temps ? Ne sommes-nous pas
conduits pas à pas, par la propre main de Dieu — par sa Parole — à
une appréciation de la vérité et des choses en général, selon sa manière
de voir, changeant nos anciennes opinions et idées de provenances
diverses sur maints sujets ? N'est-il pas vrai que ce scellement ne
provient pas des enseignements des sectes ou confessions de Babylone qui
nous ont entravés, et ont retardé son plus rapide accomplissement ? N'en
voyons-nous pas la convenance et celle de la déclaration du Seigneur
qu'une séparation du froment et de l'ivraie, doit s'accomplir pendant la
moisson ? Ne voyons-nous pas que son plan est de révéler toutes ces
choses à ses fidèles, et alors de s'attendre à les voir démontrer leur
ardente sympathie pour ce plan en y obéissant promptement ? Qu'importe si,
pour obéir et sortir nous devons perdre la considération des hommes, un
salaire important, des appuis financiers dans nos affaires, notre paix
domestique et d'autres choses encore ? Que craindrions-nous donc ? Celui
qui nous dit : « Viens ! »
est le même qui dit à Pierre « Viens ! »
quand il marchait sur la mer. En obéissant à cet ordre, Pierre
aurait sombré si le bras du Seigneur ne l'avait retenu ; or, c'est ce même
bras qui maintenant soutient tous ceux qui, à son ordre, sortent de
Babylone. Ne regardons pas à la mer agitée des difficultés mais
regardons directement au Seigneur et ayons bon courage.
Le
commandement est, viens, et non pas, va parce qu'en sortant de notre
esclavage aux traditions, aux credo, aux systèmes et aux erreurs des
hommes, nous venons directement à notre Seigneur pour être enseignés et
nourris par Lui, pour être fortifiés et façonnés afin de faire toute
sa volonté, et pour rester debout et pour ne pas tomber avec Babylone.
La
Parole de Dieu montre que l'Église nominale, après être tombée et déchue
de la faveur et de son rôle de porte-parole ( Apoc. 3 : 16 ), tombera
graduellement dans une condition d'incrédulité ; en fait, la Bible
finira par être mise entièrement de côté bien que nominalement on la
conservera toujours ; et les spéculations
philosophiques de toute nature deviendront les véritables articles
de foi. Seuls les fidèles marqués du sceau échapperont à une telle
chute, car ils seront « estimés dignes d'échapper à toutes ces choses
qui doivent arriver, et de tenir » —
de ne pas tomber au temps de la présence du Seigneur ( Luc 21 : 36 ). Il
est certain que beaucoup de personnes sont déjà dans une triste
situation spirituelle ; elles ont conservé quelque forme d'un culte
superficiel, une certaine foi en un Créateur et en une vie future, mais
elles considèrent toutes ces choses principalement au travers de
philosophies et de théories humaines personnelles ou autres et ne voient
pas que. la Bible est l'instructeur infaillible des desseins de Dieu. Tout
en conservant la Bible, elles ne croient plus à ses récits, et spécialement
à celui d'Éden et de la chute. Ces gens s'attachent encore au nom de Jésus,
elles l'appellent le Christ et le Sauveur, mais elles le considèrent
simplement comme un homme exemplaire, excellent mais non infaillible, et
rejettent totalement son sacrifice pour notre rançon — sa croix.
Soutenant que la paternité de Dieu s'étend aux pécheurs, elles
repoussent à la fois la malédiction et le Rédempteur.
On
a, d'une manière générale, omis d'observer qu'au premier avènement, le
ministère de Jésus, durant trois ans et demi, jusqu'au rejet de la
nation judaïque (leur Église et leur nation étant une) fut une épreuve
ou un test de cet État ou système dans son ensemble plutôt que de ses
membres individuels. La classe ecclésiastique des sacrificateurs,
pharisiens et scribes, représentait l'ensemble de ce système. Eux-mêmes
prétendaient ainsi représenter le judaïsme ( Jean 7 : 48, 49 ), et le
peuple admettait la chose ; aussi comprenons-nous
toute la force de la question suivante : « Y a-t-il quelqu'un des
chefs ou des pharisiens qui ait cru en lui ? »
Notre Seigneur les reconnaissait ainsi. Il réprimanda rarement le
commun peuple de ne pas l'accepter, mais à maintes reprises, il en rejeta
la responsabilité sur les « conducteurs aveugles »
qui ne voulaient ni entrer dans le Royaume, ni permettre non plus
au peuple, qui, autrement, aurait accepté Jésus comme Messie et comme
Roi, de le faire.