ÉTUDES
DANS LES ÉCRITURES
VOLUME
III - QUE
TON RÈGNE VIENNE
ÉTUDE
VII
LA
DÉLIVRANCE ET L'EXALTATION DE L'ÉGLISE
La délivrance de l'Église est proche. — Elle sera l'avant-coureur de
la délivrance de toute l'Humanité. — Sa date approximative. —
Comment les saints échapperont-ils à ces choses venant sur le monde ?
— Comment et quand Dieu viendra-t-il
à son secours ? — Dans quelles circonstances et comment aura
lieu sa délivrance finale. — Ceux qui dorment en Jésus seront délivrés
les premiers. — Changement des membres vivants de l'Église. —
Mourront-ils ? — Heureux dès à présent les morts qui meurent dans le
Seigneur !
« Redressez-vous et levez vos têtes, parce que votre
délivrance approche. »
(Luc 21:
28).
LA
LAMPE de la prophétie nous a permis de suivre les événements
merveilleux la « moisson » jusqu'en leur point culminant du grand temps
de détresse. Nous nous souvenons que pendant cette période mouvementée
aura lieu la délivrance promise et l'exaltation de l'Église. Dès lors,
pour les saints, une question importante se pose : Quand, comment et dans
quelles circonstances seront-ils délivrés ?
Notre
Seigneur nous enseigna que nous devions attendre un accomplissement rapide
de notre glorieuse espérance, lorsque nous verrions se dérouler les événements
de la moisson. Aussi à présent que nous observons les preuves
toujours plus évidentes de ces signes, nous levons nos têtes et nous
nous réjouissons dans l'espérance de la gloire qui suivra, car le matin
vient, bien qu'une nuit brève et sombre doive auparavant survenir. Notre
joie n'a rien d'égoïste, car la délivrance et l'exaltation de l'Église
de Christ seront l'avant-coureur d'une prompte délivrance de toute la
race de la tyrannie et de l'oppression du grand esclavagiste, le péché,
des tristesses, des douleurs, de la maladie et de la grande prison de la
mort, « car nous savons que jusqu'à ce jour, la création tout entière
soupire et souffre les douleurs de l'enfantement... en attendant... la délivrance
de notre corps, le « corps de Christ » (Rom. 8 : 22, 23). En effet,
selon l'arrangement de Jéhovah, le nouvel ordre de choses ne peut pas être
établi avant que le grand Souverain, le Christ complet, tête et corps,
soit complètement entré au pouvoir.
Il est certain que la délivrance des saints aura lieu très peu de [quelque]
temps après 1914, car la délivrance d'Israël selon la chair doit
arriver à ce moment-là comme nous le verrons ; c'est alors que les
nations irritées recevront l'ordre de s'apaiser et de reconnaître le
pouvoir de l'Oint
de Jéhovah. Combien de temps s'écoulera-t-il
après 1914, jusqu'au moment ou les derniers membres vivants du
corps de Christ seront élevés à la gloire ? Nous n'en sommes pas
directement informés, mais cela n'aura certainement pas lieu avant que
leur travail dans la chair soit accompli, de même que nous ne pouvons pas
raisonnablement penser qu'ils resteront longtemps encore après l'achèvement
de leur travail. Ayant ces deux pensées présentés à l'esprit, nous
pouvons voir approximativement quand sera le moment de la délivrance.
Si, d'un côté, de nettes indications montrent que quelques-uns des
membres du corps du Christ encore vivants verront les préparatifs de
l'ouragan qui vient et auront part à quelques-uns des troubles qu'il
causera, il y a d'un autre côté des indications qu'aucun d'eux ne
passera au travers de toute la détresse, ni même qu'aucun n'y
demeurerait longtemps. Les paroles suivantes du Maître semblent
l'indiquer : « Veillez donc et priez... afin que vous soyez jugés dignes
échapper à toutes ces choses qui arriveront » (Luc 21 : 36). Nous
savons cependant que nous passons déjà au travers des premiers troubles
(qui accompagnent l'épreuve de l'Église nominale) et que nous échappons
alors que beaucoup de personnes tombent dans l'erreur et dans l'incrédulité.
Nous échappons, non parce que nous sommes enlevée du lieu où s'abat
cette détresse, mais parce que nous sommes soutenus, fortifiés et gardés
au milieu même de cette détresse par la Parole de l'Éternel,
notre bouclier et notre rondache
(Ps. 91 : 4). Tout en admettant que, de la même manière, certains
membres du corps pourraient rester jusqu'à la fin même du temps de détresse,
le traversant entièrement, et cependant échappant ainsi à tout le
trouble qui vient, il est néanmoins clair, pensons-nous, que tous les
membres du corps seront pleinement délivrés — exaltés à la condition
glorieuse avant que les circonstances les plus tragiques de la détresse
surviennent, après que le corps sera complet et la porte fermée.
Nous avons vu la tempête en formation au cours des années passées
: les puissantes armées ont été passées en revue et préparées pour
la bataille ; chaque année à son tour est témoin de l'avance rapide des
progrès vers la crise prédite et, quoique nous sachions qu'un désastre
inouï plongera bientôt toute loi et tout ordre
dans l'abîme de l'anarchie et de la confusion, nous sommes sans
crainte ; car « Dieu est notre refuge et notre force, un secours dans la
détresse toujours facile à trouver. C'est pourquoi nous ne craindrons
point, quand la terre [l'organisation actuelle de la société] serait
transportée de sa place [agitée et désorganisée], et que les montagnes
[les royaumes] seraient remuées et jetées au cœur des mers [les masses
sans frein et ingouvernables] ; quand les eaux mugiraient, qu'elles écumeraient
[par les querelles des factions adverses] et que les montagnes [les
royaumes] seraient ébranlées [trembleraient de crainte et d'épouvante]
à cause de son emportement [de sa force menaçante et croissante] »
Ps. 46 : 1-3-D).
« Il est un fleuve [la Parole de Dieu, source de vérité et de grâce]
dont les ruisseaux réjouissent la ville de Dieu [le Royaume de Dieu, l'Église
— même dans sa condition embryonnaire actuelle, avant son élévation
à la puissance et à la gloire], le saint lieu des demeures du Très-Haut
[le sanctuaire — l'Église où le Très-Haut aime à demeurer]. Dieu est
au milieu d'elle ; elle ne sera pas ébranlée : Dieu la secourra dès
l'aube du matin. » (Ps. 46 - 4, 5-D)
Aujourd'hui, nous bénéficions de cette aide promise dans la pleine
mesure de nos besoins actuels. Notre Père céleste, en nous confiant ses
secrets, nous a fait connaître ses plans et nous a assurés de sa faveur
et de sa grâce secourables. Il a même fait de nous ses co-ouvriers.
Ce secours nous sera accordé jusqu'au terme de notre course, et à
ce moment-là, nous serons secourus plus complètement encore, en étant
« changés »,
élevés à la plus haute position à laquelle nous sommes appelés,
et vers laquelle nous nous hâtons de nous diriger.
Bien que nous puissions être sûrs que ce « changement » des derniers
membres vivants du corps de Christ n'aura pas lieu avant qu'ils aient
achevé dans la chair l’œuvre qui leur avait été confiée, nous
sommes informés, comme on l'a vu précédemment, qu'avant longtemps,
notre travail sera interrompu — graduellement d'abord, puis complètement
et définitivement, lorsque « la nuit vient où personne ne peut
travailler »
(Jean 9 : 4). Les tristes brumes de cette « nuit » ne seront
chassées que par le soleil levant millénaire. Lorsque notre travail sera
achevé, lorsque la nuit nous enveloppera, nous pourrons espérer non
seulement voir les nuages orageux devenir beaucoup plus sombres, mais
aussi entendre et sentir les « vents » qui se lèveront et se
transformeront en un violent ouragan de la passion humaine — un
tourbillon de détresse. Alors, notre travail assigné étant achevé,
nous devrons « tenir ferme »,
être patients jusqu'à ce que nous soyons « changée ».
— Eph.
6 : 13.
Combien de temps peut-il plaire au Seigneur de laisser ses saints dans une
inaction forcée en ce qui concerne son oeuvre
? Nous ne le savons pas, mais ce sera probablement pendant un temps
suffisamment long pour permettre à la foi et à la patience de parfaire
leur œuvre. Là, ces vertus seront pleinement développées, éprouvées
et rendues manifestes. Cette épreuve de patience sera l'épreuve finale
de l'Église. Alors « Dieu la secourra dès l'aube de [son] matin » (Ps.
46 : 5 - Version Leeser).
Ce n'est pas le matin qui doit luire sur le monde, lorsque la
radieuse et brillante clarté de l'Église, avec son Seigneur se lèvera
sur le monde comme le soleil de justice ; mais à l'aube de son matin, le
moment où elle doit être « changée» à la nature et à la
ressemblance de son Seigneur. Son matin doit précéder le matin millénaire.
Nous voyons cette sombre nuit qui s'approche déjà, non seulement par les
Écritures, mais aussi par les signes des temps. Le sort de l'Église, en
ce qui concerne sa carrière humaine, semble esquissé dans les dernières
étapes de la vie d'Élie et de Jean-Baptiste dont on a déjà parlé (*).
[Voir Vol. Il, pages 266-286 (Edition1953).]
La décapitation de l'un, le tourbillon et le chariot de feu qui
enleva l'autre, indiquent probablement que les derniers membres du corps
de Christ subiront la violence. Cependant Sion ne doit avoir aucune
crainte, car Dieu est au milieu d'elle et la secourra. Elle est consacrée
aï la mort et son privilège consiste à prouver sa fidélité: « Le
disciple n'est pas plus que le maître, ni le serviteur plus que son
seigneur. Il suffit au disciple d'être comme son maître et au serviteur
comme son seigneur ».
Matth.
10 : 24 25.
Lorsque « Babylone, la grande »
— la « chrétienté » —verra l'effondrement de son pouvoir
politique et religieux ainsi que la disparition de la superstition, elle
voudra probablement tenter un effort suprême pour sa conservation en arrêtant
l’œuvre de la diffusion de la vérité, la considérant comme nuisible
à son système. Et probablement, à ce moment-là, la classe d'Élie,
persistant à proclamer la vérité jusqu'au bout, subira la violence,
entrera dans la gloire et échappera aux épisodes les plus tragiques du
grand temps de détresse qui vient — au sein même de la crise des
affaires où les hommes s'apercevront qu'ils doivent avoir recours à des
mesures désespérées pour maintenir l'édifice chancelant de la chrétienté.
Bien que le moment exact de la délivrance ou du « changement » des
derniers membres du corps du Christ ne soit pas indiqué, le moment
approximatif est cependant clairement montré : c'est peu de temps après
que la « porte » est fermée (Matth. 25 :
10) ; après que la vérité, que Babylone commence maintenant
à considérer comme son ennemie et comme calculée
pour effectuer sa destruction, sera beaucoup plus connue et
beaucoup plus répandue, après que la « grêle » aura dans une très
large mesure balayé le refuge du mensonge, et après que la haine de la vérité
qui couve et menace actuellement aura tourné en une opposition si
violente et si générale qu'elle mettra effectivement un terme aux progrès
ultérieurs du grand travail dans lequel les saints sont engagés. Dieu
permettra ces choses aussitôt que les élus auront été « scellés ».
Néanmoins, quels que soient les tribulations ou les désastres apparents
qui pourraient frapper les saints encore dans la chair et arrêter l’œuvre
dont l'accomplissement est pour eux la nourriture et la boisson de chaque
jour, rappelons-nous, pour notre réconfort, que rien ne peut nous arriver
sans que notre Père le sache et le permette. Dans toute épreuve de foi
et de patience, sa grâce suffit à ceux qui demeurent en Lui et en qui sa
Parole demeure. Regardons au-delà du voile : que notre oeil de la foi
reste fixé sur le prix de notre haut-appel que Dieu a en réserve pour
ceux qui l'aiment — les appelés, fidèles et choisis selon son dessein.
— Apoc.
17 : 14 ; Rom 8 : 28.
Alors que nous pouvons ainsi
estimer approximativement, d'une manière raisonnable et
scripturale, le moment et les circonstances de la délivrance
complète de l'Église, il est aussi très intéressant pour nous
de savoir comment elle sera glorifiée, de nouveau nous nous adressons aux
oracles de Dieu pour nous informer.
Tout d'abord Paul déclare : « Nous serons tous changés [les saints
vivants comme les saints morts]... Car il faut que ce corruptible revête
l'incorruptibilité, et que ce mortel revête l'immortalité, parce que la
chair et le sang ne peuvent hériter le royaume de Dieu et que la
corruption non plus n'hérite pas de l'incorruptibilité ». Paul nous
assure que ce « changement »
de ce qui est mortel contre l'immortalité ne sera pas accompli par
un développement graduel ; mais il sera instantané, « en un instant, en
un clin d’œil
»,
au son de la « dernière trompette » — qui retentit déjà
(*) [Voir
Vol. II,
Chap. 5.] (1 Cor. 15 : 53, 50,
52).
De plus un certain ordre sera observé : les uns seront glorifiés ou «
changés »
les premiers, d'autres le seront après. Précieuse aux yeux de l'Éternel
a été la mort de ses saints (Ps.
116 : 15), et bien que la plupart d'entre eux ont dormi pendant
longtemps, aucun d'entre eux n'a été oublié. Leurs noms sont inscrits
dans les cieux comme de dignes membres de l'Église
des Premiers-nés. L'apôtre déclare que les vivants qui
demeureront jusqu'à la présence du Seigneur ne précéderont pas ceux
qui sont endormis (1 Thess.
4 : 15). Ceux qui dorment en Jésus ne doivent pas attendre dans le
sommeil que les derniers membres encore vivants aient achevé leur course,
mais ils sont ressuscités immédiatement ; c'est l'un des premiers actes
du Seigneur lorsqu'il prend son grand pouvoir. Ainsi, les membres du
Christ qui ont dormi dans le sépulcre entreront dans la gloire les
premiers.
La date exacte du réveil des saints qui dorment n'est pas fixée
d'une manière directe, mais elle peut être clairement déduite de la
parabole de notre Seigneur
sur l'homme de haute naissance. Après avoir été investi de
l'autorité royale, il revint, et le premier travail de cet homme de haute
naissance (qui représentait notre Seigneur Jésus) consista à régler
ses comptes avec ses serviteurs (avec son Église) auxquels il avait confié
la vigne pendant son absence et à récompenser les fidèles. Or, puisque
l'apôtre nous dit que les morts en Christ recevront leur salaire les
premiers, il est raisonnable d'en conclure que le règlement de compte de
ces derniers eut lieu aussitôt après le retour de notre Seigneur, dès
qu'il eut pris en mains son grand pouvoir.
Si donc nous avons la date à laquelle notre Seigneur commença a exercer
son autorité, nous saurons alors du même coup la date à laquelle ses
saints qui dormaient furent éveillés pour la vie et pour la gloire. Pour
cela, il nous suffit de nous rappeler le parallélisme des dispensations
judaïque et de l'Évangile.
Retournant au type, nous voyons qu'en l'an 33 de notre ère, trois
ans et demi après le commencement de la moisson judaïque en l'an 29,
notre Seigneur prit possession typiquement de son pouvoir et exerça
l'autorité royale (Voir Matth. 21 : 5-15). Le seul dessein de cet acte du
Seigneur fut évidemment d'indiquer un point parallèle de temps dans la
moisson actuelle, où il assumerait effectivement l'autorité et les
fonctions de roi, autrement dit au printemps de 1878, trois ans et demi
après son second avènement, au début de la période de moisson à
l'automne de 1874. L'année 1878 marquant ainsi la date de la prise de
possession du pouvoir par notre Seigneur Jésus, il est raisonnable d'en déduire
que ce fut là le début de
l'établissement de son Royaume dont la première oeuvre
serait la délivrance de son corps, l'Église, à commencer par les
membres endormis.
Puisque
la résurrection de l'Église doit avoir lieu pendant cette période de la
« fin » ou « moisson »
(Apoc.
11 : 18) ,
nous trouvons qu'il est très raisonnable,
et conforme à tout le plan de Dieu, que les saints apôtres et les
autres «vainqueurs» de l'Age de l'Évangile
qui dormaient en Jésus fussent ressuscités au printemps de 1878
comme êtres spirituels, semblables à leur Seigneur et Maître. Nous en
concluons donc que leur résurrection est maintenant un fait accompli, et
que par conséquent ils sont présents sur la terre avec le Seigneur ; si
nous ne les voyons pas, c'est qu'ils sont maintenant comme leur Seigneur,
des êtres spirituels, invisibles comme lui aux humains, et rien dans tout
cela n'est contraire à notre foi. Qu'ils soient invisibles, que leurs
tombeaux n'aient pas été trouvés ouverts et vides, et qu' on ne les ait
pas vu sortir des cimetières, ces faits ne sont nullement des objections
pour ceux qui ont appris ce qu'ils devaient attendre, qui discernent que
notre Seigneur ressuscité ne perfora pas les parois de la chambre haute
lorsqu'il entra et sortit alors que les portes étaient fermées, qui se
souviennent que personne ne vit le Rédempteur ressuscité sauf les
quelques disciples auxquels il se montra d'une manière spéciale et
miraculeuse, afin qu'ils pussent être des témoins de sa résurrection,
qui se souviennent que notre Sauveur apparut sous diverses formes
charnelles, afin de montrer à ces témoins-là qu'il n'était plus dans
la chair, afin aussi de leur faire comprendre que les diverses formes
charnelles qu'il revêtit n'étaient pas son véritable corps spirituel
glorieux. Ceux qui se souviennent que, seul, Saul
de Tarse vit le corps spirituel de Christ, et cela par un miracle,
alors que ceux qui étaient avec lui ne vivent rien, et que cette vision
coûta la vue à Paul, saisiront rapidement que le fait de n'avoir pas vu,
de leurs yeux charnels, les saints ressuscités, ne constitue pas plus une
objection à leur résurrection que le fait de n'avoir pas vu le Seigneur
durant cette moisson, et de n'avoir jamais vu des anges qui, pendant tout
l'Age de l'Évangile,
ont été « des esprits... envoyés pour exercer un ministère en
faveur de ceux qui doivent hériter du salut ».(*) Voir Vol. II, Chap.
5.
Notre croyance que le Royaume commença à être établi, ou amené au
pouvoir en avril 1878 repose, on le voit, exactement sur le même
fondement que notre croyance que le Seigneur devint présent dès octobre
1874, et que la moisson commença à ce moment-là. Alors, « la montagne
[le royaume] de la maison de l'Éternel »,
l'Église,
commença à être « exaltée au sommet des montagnes » [les
royaumes] de la terre ; alors commença le jugement de « Babylone », la
chrétienté, et de toutes les nations du monde entier, préalablement
à leur renversement final.
Rien n'est opposé à la pensée que la plupart des membres de l'Église
sont exaltés alors que quelques-uns des derniers membres de cette
sacrificature
royale sont encore « vivants et demeurent »,
car, selon la prédiction de l'apôtre, les événements se succèdent
dans cet ordre même. Être
parmi ceux qui restent n'est pas un déshonneur, et être le
dernier même de ceux qui doivent être « changés » ne sera nullement
une marque de désapprobation. Plusieurs textes des Écritures montrent
que les derniers membres du Corps de ce côté-ci du voile ont une oeuvre
importante à accomplir, aussi importante et aussi essentielle que celle
accomplie par les membres glorifiés de l'Église,
de l'autre côté du voile. Tandis que le Chef glorifié et les
membres de son corps déjà ressuscitée ont la haute direction des grands
changements en cours et sur le point d'être inaugurés dans le monde, les
membres demeurés dans la chair sont les agents du Royaume qui publient
par des imprimés, par la parole, par la plume, par des livres et des
traités, la « bonne nouvelle d'une grande joie qui sera pour tout le
peuple ».
Ils disent aux hommes la bonne nouvelle du gracieux plan divin des
âges, et annoncent que le moment du glorieux achèvement de ce plan est
proche ; ils leur montrent non seulement la grande détresse imminente,
mais aussi les bénédictions qui vont la suivre comme résultat de l'établissement
du Royaume de Dieu dans le monde. Une grande oeuvre importante est donc à
accomplir par les membres qui, restent : c'est véritablement l’œuvre
du Royaume, accompagnée des joies et des bénédictions du Royaume.
Quoique toujours dans la chair, ces fidèles poursuivent lieur tâche désignée
au prix du sacrifice d'eux-mêmes, et devant beaucoup d'opposition, ils
entrent déjà dans la joie de leur Seigneur — joie d'une appréciation
complète du plan divin et des privilèges d'y collaborer et, en liaison
avec leur Seigneur et Rédempteur, joie d'offrir la vie et les bénédictions
éternelles à toutes les familles de la terre.
C'est à eux et à leur message que fait allusion le prophète Esaïe (52
: 7) lorsqu'il parle des « pieds » ou derniers membres du corps du
Christ dans la chair, proclamant : « Combien sont beaux sur les montagnes
[royaumes] les pieds de celui qui apporte de bonnes nouvelles, qui publie
le salut [la délivrance], qui dit à Sion : Ton Dieu règne [le règne de
Christ commence :
c'est lui qui apportera la délivrance à Sion d'abord, puis à
toute la création gémissante] ! La voix de tes sentinelles retentit ;
elles élèvent la voix, elles exultent ensemble avec chants de triomphe
elles verront clairement face à face ( litt. oeil à oeil Trad.) quand l'Éternel
restaurera Sion ».
Pauvres « pieds »
meurtris, méprisés des hommes d'aujourd'hui, personne, sinon
vous-mêmes, ne peut véritablement apprécier vos privilèges ! Personne
ne connaît la joie que vous ressentez en proclamant la vérité présente,
en disant à Sion que le Royaume va bientôt être établi, en déclarant
que le règne de justice d'Emmanuel va bientôt être inauguré, afin de bénir
toutes les familles de la terre. Mais, quoique méprisés des hommes, les
« pieds » de Christ et leur mission actuelle sont hautement appréciés
de l'autre côté du voile par leurs compagnons de service glorifiés
ainsi que par leur glorieux Chef (ou Tête) qui veut confesser de tels fidèles
devant son Père et devant tous ses saints messagers.
La mission des « pieds » qui est une partie importante de l’œuvre du
Royaume sera accomplie. Le message proclamé est, il est vrai, haï et méprisé
du peuple. Le monde les considère comme des fous « à cause de Christ ».
Il en a été de même pour tous ses fidèles serviteurs pendant
tout l'Age
de l'Évangile, avant qu'ils soient « changés »,
avant qu'ils aient rejoint, les membres glorifiés au delà du
voile. Ils devront, comme agents du Royaume avoir laissé de tels rapports
sur ce Royaume et son oeuvre
présente et future que cela constituera la plus précieuse
information pour le monde et pour les enfants de Dieu non développés et
surchargés qui, bien que consacrés à Dieu auront manqué de courir
ainsi pour obtenir le prix de notre haut-appel.
N'oublions pas que tous ceux qui font partie des « pieds » seront occupés
à publier cette bonne nouvelle et à dire à Sion : « Ton Dieu règne !
Le Royaume de Christ est commencé ! Et tous ceux qui veillent fidèlement
peuvent voir alors distinctement comme un seul homme, et chanter ensemble
en parfait accord le nouveau cantique de Moïse et de l'Agneau — le
cantique du Rétablissement de toutes choses si clairement enseigné non
seulement dans la loi de Moïse,
« laquelle était l'ombre des biens à venir »,
mais également dans les révélations
plus claires de l'Agneau de Dieu contenues dans les écrits du
Nouveau Testament. Ils peuvent chanter : « Tes voies sont justes et véritables»,
« toutes les nations viendront et se prosterneront devant toi » — Apoc.
15 : 3,
4.
Un à un, les membres de la classe des « pieds »
passeront de la condition présente dans laquelle ils se réjouissent
toujours quoique souvent fatigués, -blessés à celle de l'autre côté
du voile ; — « changés » en un instant, en un clin d’œil, de
la condition mortelle à l'immortalité, de la faiblesse à la puissance,
du déshonneur à la gloire, de la condition humaine à la condition céleste,
du corps animal au corps spirituel. Leur oeuvre ne cessera pas avec ce
changement, Car tous ceux qui seront jugés dignes de ce changement à la
gloire seront déjà enrôlés au service du Royaume de ce côté-ci du
voile ; seul, l'aspect fatigue du labeur, cessera avec le changement. «
Ils se reposent de leurs travaux, mais leurs oeuvres les suivent » —
Apoc. 14 : 13.
Le « changement » de ces membres - « pieds » les amènera dans la même
communion, la même gloire et le même pouvoir où sont déjà entrés les
membres qui ont dormi. Ils seront « enlevés » des conditions
terrestres, pour être unis « tous ensemble »
avec «
le Seigneur en l'air » — dans le gouvernement spirituel du
monde. Comme nous l'avons déjà vu, (*)[Vol. 1, p. 381.] « l'air »
dont il est question ici symbolise la domination ou le pouvoir
spirituel. Pendant longtemps, Satan a été le « prince de la puissance
de l'air » (Eph. 2 : 2) ; il a employé comme collaborateurs et comme
associés dans sa domination, beaucoup des grands de Babylone qui, aveuglés
par ses erreurs, sont persuadés de servir Dieu. Au temps marqué
cependant, le « prince » actuel « de l'air » sera lié et ne pourra
plus séduire les humains ; les cieux d'à présent, le grand système de
l'Antichrist,
« passeront avec fracas, » et alors le nouveau prince de l'air,
le véritable souverain spirituel, Christ Jésus, prendra complètement
possession du pouvoir et établira les « nouveaux cieux ».
Il associera à lui-même, dans cette puissance de « l'air » son
Épouse,
les « vainqueurs » de l'Age
de I'Évangile. C'est de cette manière que les « nouveaux cieux
» prendront
la place des puissances de l'« air » d'à présent.
Mais tous les membres - « pieds »
qui vivront alors et qui seront restés pour la présence du
Seigneur devront-ils tous mourir ? Oui
; tous se sont consacrés « jusqu'à la mort » et il est
clairement écrit que tous doivent mourir. Aucun texte biblique ne
contredit cette pensée. Dieu déclare par son prophète : « J'ai dit :
Vous êtes des dieux [des puissants]. Vous êtes tous fils du Très-Haut [Dieu]
! Cependant vous MOURREZ TOUS comme des hommes, vous tomberez comme un des
princes » — Ps. 82 : 6, 7.
Le mot traduit ici par « princes »
signifie chefs ou têtes. Adam et notre Seigneur Jésus sont les
deux têtes ou princes auxquels il est fait allusion. Tous deux moururent,
mais pour des raisons différentes : Adam mourut pour son propre péché,
Christ mourut en sacrifice volontaire pour les péchés du monde. Tous les
membres de l'Église
de Christ, justifiés par la foi dans son sacrifice, sont considérés
par Dieu comme affranchis du péché d'Adam et aussi de la condamnation à
mort frappant ce péché, afin qu'ils puissent avoir part avec Christ
comme co-sacrificateurs.
C'est comme sacrificateurs
avec Christ que la mort des saints a du prix aux yeux de l'Éternel
(Ps. 116 : 15). A leur mort, les membres du corps de Christ sont
reconnus comme « morts avec Christ »,
devenus « conformes à lui dans sa mort ». Ils tombent comme l'un
des princes, non comme le premier, mais comme le second Adam, comme
membres du corps de Christ, achevant ce qui manque aux souffrances de
Christ (Col.
1 : 24).
Le terme « dieux » dans ce passage veut dire des puissants. Il désigne
tous les Fils du Dieu Très-Haut qui seront cohéritiers
de Christ Jésus, l'héritier de toutes choses ; notre Seigneur Jésus
y fait clairement allusion (Jean 10 : 34-36).
« Vous mourrez tous comme des hommes » , mais « voici, je vous dis un
mystère : nous ne dormirons pas tous ». Mourir est une chose, « dormir
» ou
rester inconscient dans la mort est une tout autre chose. Selon le témoignage
de Dieu, tous les saints doivent donc mourir, mais tous ne dormiront pas.
Notre Seigneur mourut, puis il dormit jusqu'au troisième jour, et alors
le Père le ressuscita. Paul et les autres apôtres moururent et «
s'endormirent » pour se reposer de leurs travaux et de leurs fatigues ;
ils « s'endormirent en Jésus » et attendirent la résurrection promise,
ainsi qu'une part dans le Royaume, au second avènement du Seigneur. En
conséquence, lorsque le temps de l’établissement du Royaume fut arrivé,
ce fut pour eux le moment de leur réveil du sommeil de la mort. Pourquoi
attendraient-ils davantage et dormiraient-ils encore après que le Maître
est présent, lorsque le temps de son Royaume est venu ? Il n'y aurait
aucune raison à cela ; c'est pourquoi nous croyons qu'ils ne « dorment
» plus, mais sont maintenant ressuscités et avec leur Seigneur, rendus
semblables
à lui. Si la prolongation de leur sommeil de mort n'est plus nécessaire,
il n'est pas non plus nécessaire qu'un seul des saints qui meurent
maintenant, au temps de la présence du Seigneur et de l'établissement de
son Royaume, aille « dormir »
ou attendre dans la mort une résurrection future. Non, grâces à
Dieu, le Dispensateur de vie est présent ; et depuis 1878, depuis le
moment où il prit possession de sa grande puissance et commença à
exercer son autorité, aucun des membres de son corps n'a plus besoin de
dormir. C'est pourquoi tous les membres - « pieds » qui meurent depuis
cette date sont « changés » au moment de leur mort. Ils meurent comme
des hommes et à la manière des hommes ; mais au même instant, ils sont
rendus semblables à leur Seigneur, de glorieux êtres spirituels. Ils
sont enlevés des conditions terrestres pour être à toujours avec leur
Seigneur — « en l'air » —
dans la puissance et la gloire du Royaume.
Ce fut après que notre Seigneur eut accompli le sacrifice de sa nature
humaine et qu'il eut été ressuscité des morts et changé en un être-esprit
qu'il déclara : « Toute autorité m'a été donnée, dans le
ciel et sur la terre » (Matth.
28 : 18). Et ce n'est pas avant que tous les membres de Christ aient suivi
l'exemple de la Tête et achevé le sacrifice dans la mort que le
Christ sera complet et entièrement revêtu de l'autorité en vue de la
grande oeuvre
subséquente de rétablir toutes choses.
En examinant ces choses, nous comprenons toute la portée de la déclaration
: « Bienheureux les morts qui dorénavant meurent dans le Seigneur ! Oui,
dit l'esprit, afin qu'ils se reposent de leur travaux, car leurs oeuvres
les suivent »
(Apoc.
14 : 13). Nulle part dans les Écritures,
la mort n'est représentée comme une bénédiction, sauf dans ce
seul exemple. Nous remarquons même que dans ce dernier cas, cette
promesse bénie est nettement délimitée et circonscrite, elle ne
s'applique qu'à partir d'un moment déterminé, « dorénavant ». (*)[
Quand, dans un volume suivant, nous examinerons les merveilleuses visions
de l'Apocalypse, nous montrerons clairement que le temps indiqué ici par
le mot « dorénavant » marque une date déterminée par les événements
en rapport étroit avec 1878, date notoire dans les prophéties étudiées
jusqu'ici.] Et même alors, remarquons que cette bénédiction n'est
destinée qu'à une classe spéciale : « les morts qui meurent ».
Cette expression n'est pas une bévue, mais une description
puissante et concrète de la petite classe pour les membres de laquelle la
mort sera une bénédiction. Ceux-là forment les «
pieds » de Christ. Nous avons déjà vu que chaque membre de corps
de Christ doit achever son sacrifice dans la mort réelle.
Seuls ceux-là sont les morts qui meurent, Dieu les considère comme déjà
morts et la Parole les exhorte à se considérer
comme tels :
« Regardez-vous
comme morts au péché ». On ne peut dire d'autres humains morts
qu'ils doivent mourir ; cette désignation ne s'applique
donc qu'à cette classe de morts qui doivent achever leur vie de
sacrifice dans la mort effective.
Ainsi Dieu secourra Sion à l'aube de son matin — au matin du jour éternel
du triomphe de Christ. Ainsi l'aide-t-il
déjà maintenant. L'un après l'autre, à l'insu du monde, les
saints sont changés au temps actuel et vont rejoindre l'assemblée de l'Église
triomphante. Ceux qui restent jusqu'au bout proclament l'évangile éternel,
jusqu'au moment où la porte sera fermée et où toute opportunité de
travail sera terminée. A ce moment-là, ils auront à « tenir ferme »
dans la foi, dans la patience, et à attendre leur changement. Ils
accepteront leur délivrance avec joie, quelle qu'en soit la forme permise
par Dieu.
Ils seront ainsi épargnés du grand ouragan de détresse qui suivra leur
départ, comme ils le seront dans la première partie de la bataille, dans
laquelle mille tomberont dans l'infidélité et seront vaincus par les
diverses pestes de l'erreur, pour un seul qui pourra « tenir ferme »
(Ps. 91 : 7)
Comme le temps de détresse s'approche, nous devons
donc nous attendre à ce que la véritable Église
dans sa condition présente décroisse en nombre et en influence,
pendant que le Christ glorifié et triomphant, le même corps de l'autre côté
du voile, s'accroîtra selon le témoignage prophétique de Jean-Baptiste
(Jean 3 : 30).