ÉTUDES
DANS LES ÉCRITURES
VOLUME
IV - LE
JOUR DE LA VENGEANCE
« LA BATAILLE D'HARMAGUEDON »
ÉTUDE
VI
BABYLONE DEVANT LA COUR SUPRÊME
SA CONFUSION DANS LE DOMAINE RELIGIEUX.
La véritable Église, connue de l’Éternel n'a point part au jugement
frappant Babylone. — L'état religieux de la chrétienté est
aussi lamentable que son état politique. — La grande confusion. —
C'est au clergé qu'incombe la responsabilité de présenter la défense
de la chrétienté. — L'esprit de la grande Réformation est mort. —
Les chefs religieux et le peuple dans la même situation. — Accusations
portées. — La défense. — Proposition d'une fédération. —
Recherche d'une solution. — Les moyens adoptés. — L'esprit de
compromission est général. — Le jugement en action contre les
institutions religieuses de la chrétienté.
« Il lui dit : je te jugerai par ta propre parole, méchant esclave
» — Luc 19 : 22 (D.).
Tandis que nous examinons ici avec attention le jugement actuel de la
grande église prétendue chrétienne (ou église nominale — Trad.),
n'oublions pas qu'il existe également une Église réelle de Christ, élue,
précieuse, consacrée à Dieu et à sa vérité, au milieu d'une génération
impie et perverse. Ses membres ne s'ont pas connus du monde comme un
ensemble réuni (« a compact body » — Trad.), mais comme individus,
ils sont connus par l'Éternel qui juge non simplement par la vue ou par
l'ouïe, mais qui discerne et juge les pensées et les intentions du cœur.
Ils peuvent être grandement dispersés, mais qu'ils soient isolés comme
« froment » au milieu de l'« ivraie », ou qu'ils soient assemblés
avec d'autres, l’œil de Dieu repose toujours sur eux. Eux habitent dans
la demeure secrète du Très-Haut (sanctifiés, entièrement mis à part
pour Dieu) ; ils reposent à l'ombre du Tout-Puissant, tandis que les
jugements de l'Éternel sont appliqués aux grands systèmes religieux qui
portent son nom dans l'infidélité (Ps. 91 : 1,14-16). Les membres de la
classe de l'Église réelle n'ont point part au jugement de la grande
Babylone, mais après avoir été éclairés, ils ont été appelés à
sortir d'elle (Apoc. 18 :
4). Cette classe est décrite et reçoit la bénédiction du réconfort
dans les Psaumes 91 et 46. Au sein d'un simple formalisme et d'un
simulacre de piété, l’œil vigilant de l'Éternel discerne les fidèles
et les conduit dans les gras pâturages et près des eaux tranquilles. Il
réjouit leur cœur par sa vérité et par son amour. « Le Seigneur
connaît ceux qui sont siens » (2 Tim. 2 : 19) ; ils constituent, dans
son estimation, l'Église réelle, la Sion que l'Éternel a choisie (Ps.
132 : 13-16), et dont il est écrit : « Sion l'a entendu, et s'est réjouie
; et les filles de Juda se sont égayées à cause de tes jugements, ô Éternel
! » (Ps. 97 : 8). L'Éternel les conduira à bon port comme un
berger conduit ses brebis. Retenons donc qu'il y a une telle classe, une
Église réelle, dont chaque membre est connu et aimé de l'Éternel,
qu'il nous soit connu ou inconnu. Il faut que ces membres soient ignorés
ici-bas, lorsque nous considérons ceux qui prétendent être l'église,
et ceux que le monde accepte comme étant l'église, ceux auxquels les
prophètes font allusion sous de nombreuses appellations significatives
qui désignent la grande église nominale, déchue de la grâce. Il faut
qu'il en soit ainsi également quand nous discernons que le jugement de
Dieu la frappe dans cette période de la moisson de l'Age de l'Évangile.
S'il est vrai que les pouvoirs civils de la chrétienté sont dans l'anxiété,
et que partout se manifeste la détresse des nations, il est non moins
certain que la situation religieuse ne présente pas, par contraste, une
situation de paix et de sécurité qui puisse apporter l'espoir : le cléricalisme
moderne, en effet, comme les nations, est pris au piège dans ses propres
filets. Si les nations qui ont semé au vent les semences de l'iniquité,
sont sur le point de récolter une abondante moisson dans un tourbillon
d'affliction, de son côté la grande église nominale, la chrétienté
ecclésiastique, qui a participé aux semailles, aura part aussi à la récolte.
Depuis longtemps, la grande église nominale a enseigné les préceptes
des hommes au lieu des doctrines bibliques ; méprisant dans une grande
mesure la Parole de Dieu comme la seule règle de foi et de vie pieuse,
elle a annoncé avec audace des doctrines pleines de contradictions et déshonorantes
à l'égard de Dieu ; elle a été infidèle en proportion de la vérité
qu'elle avait retenue. Elle a manqué de cultiver et de manifester
l'esprit de Christ, et elle s'est laissée envahir par l'esprit du monde.
Elle a baissé les barrières de la bergerie, invité les boucs et même
encouragé les loups à entrer et à accomplir leur mauvais travail. Il
lui a plu de laisser le diable semer l'ivraie parmi le froment, et
maintenant, elle se réjouit du produit de ses semailles, du champ
florissant d'ivraie. On apprécie bien peu les comparativement rares épis
de « froment » qui restent encore, et l'on ne fait guère d'effort pour
empêcher qu'ils soient étouffés par l'« ivraie». Le « froment »
a perdu sa valeur sur les marchés de la chrétienté, et le fidèle
enfant de Dieu lui-même, comme le fut son Seigneur, se trouve méprisé
et rejeté des hommes, blessé dans la maison de ceux qu'il supposait être
ses amis. Des formes de piété ont remplacé sa puissance, et des cérémonies
fastueuses supplantent considérablement le culte sincère.
Il y a longtemps, des doctrines opposées ont divisé l'église nominale
en de nombreuses sectes antagonistes, chacune prétendant être la seule
église réelle que le Seigneur et les Apôtres avaient fondée. Ensemble,
elles ont réussi à donner au monde une telle déformation du caractère
et du plan de notre Père céleste, que beaucoup de
gens intelligents s'en détournent ainsi avec dégoût, méprisent
leur Créateur, et même essaient de nier son existence.
L'église de Rome, qui prétend être infaillible, déclare que le dessein
divin est, de vouer au tourment éternel de feu et de soufre tous les « hérétiques
» qui rejettent ses doctrines à elle. Pour d'autres, elle fournit un
tourment limité appelé Purgatoire duquel on peut sortir grâce à des pénitences,
des jeûnes, des prières, des cierges bénits, de l'encens et des «
sacrifices » bien payés de la messe. Ainsi met-elle de côté
l'efficacité du sacrifice de réconciliation de Christ, et place-t-elle
la destinée éternelle de l'homme entre les mains de prêtres rusés qui
prétendent de cette manière posséder le pouvoir d'ouvrir le ciel ou de
le fermer à celui qui leur plaît. A la puissance vitale de la piété
elle substitue une apparence de piété, et dresse des statues et des
tableaux pour les faire adorer par ses fidèles, au lieu d'exalter dans le
cœur le Dieu invisible et son cher Fils, notre Seigneur et Sauveur. Elle
élève aux honneurs une classe de prêtres qui reçoivent l'ordination
des hommes pour régner sur l'église, ce qui est contraire aux
enseignements de notre Seigneur : « Mais vous, ne soyez pas appelés :
Rabbi ; car un seul est votre conducteur [le christ] et vous, vous êtes
tous frères. Et n'appelez personne sur la terre votre père ; car un seul
est votre père, celui qui est dans les cieux »
(Matt. 23 : 8, 9). En
fait, la Papauté présente la contrefaçon la plus complète du vrai
christianisme (« Christianity » — Trad.), et elle prétend
effrontément être la seule vraie église (*). [VoI.
II, chapitre 9 et vol.
IlI chapitre 3.]
Le mouvement de la « Réformation » a éliminé quelques-unes des
fausses doctrines de la Papauté et a conduit nombre de personnes hors de
ce système inique. Les réformateurs attirèrent l'attention sur la
Parole de Dieu et affirmèrent le droit pour chacun de l'étudier en
faisant usage de son jugement personnel ils reconnurent également et nécessairement
que chaque enfant de Dieu a le droit de prêcher la vérité sans
l'autorisation du pape et des évêques qui prétendent faussement avoir
reçu la succession d'autorité des douze apôtres primitifs. Mais bientôt
ce bon travail de protestation contre l'église romaine qui est la
contrefaçon antichrétienne et inique de la véritable Église, fut
neutralisé par l'esprit du monde. Bientôt, les protestants, comme on les
appelait, formèrent de nouvelles organisations qui, avec les vérités
qu'elles avaient trouvées, perpétuèrent nombre des erreurs anciennes
auxquelles elles en ajoutèrent quelques nouvelles, et cependant, chacune
d'elle continua à détenir une petite vérité. Il en résulta un mélange
hétéroclite de credo en contradiction les uns avec les autres, avec la
raison et avec la Parole de Dieu, Et comme l'énergie d'investigation de
la période de la Réformation s'éteignit bientôt, ces credo se fossilisèrent
rapidement, et sont ainsi demeurés jusqu'à ce jour.
On a consacré largement temps et talents pour établir et perpétuer ces
systèmes de doctrines erronées qu'on se plaît à appeler « théologie
systématique ». Ses savants ont écrit de volumineux ouvrages pour
que d'autres les étudient au lieu d'étudier la Parole de Dieu : pour
atteindre ce but, on a fondé des séminaires de théologie bien dotés
d'où sont sortis de jeunes hommes instruits dans leurs erreurs et qui
sont allés les enseigner au peuple et le convaincre. Le peuple, lui, qui
a appris à considérer ces hommes comme des ministres désignés par Dieu,
comme des successeurs des apôtres, a accepté leurs affirmations sans
sonder les Écritures comme le faisaient les nobles Béréens, au jour de
Paul, afin de voir si les choses qu'on leur enseignait étaient bien
exactes (Actes 17 : 11).
Mais, à présent, la moisson de toutes ces semailles est arrivée, le
jour de rendre des comptes, et grande est la confusion, la perplexité de
l'église nominale tout entière, et particulièrement du clergé ; c'est
à lui qu'incombe la responsabilité de diriger la défense dans ce jour
de jugement, en présence de beaucoup d'accusateurs et de témoins, et, si
possible, de trouver quelque remède pour sauver d'une destruction complète
ce qu'il considère comme l'église réelle. Cependant, dans leur
confusion présente, et dans le désir de toutes les sectes de vivre en
bonne harmonie les unes avec les autres par raison de politique, les ecclésiastiques
ont presque cessé de considérer leur secte particulière comme la seule
vraie église, et parlent des autres sectes comme diverses « branches »
de l'unique église, malgré leurs credo contradictoires qui, bien entendu,
ne peuvent être tous vrais.
C'est un fait lamentable, hélas ! que dans cette heure critique, l'esprit
salutaire de « La Grande Réformation » soit mort. Le protestantisme
n'est plus une protestation contre l'esprit de l'antichrist, ni contre le
monde, la chair ou le diable. Ses credo, en guerre avec la Parole de Dieu,
avec la raison, et les uns avec les autres, et illogiques avec eux-mêmes,
il cherche à les dérober à l'examen public. Ses volumineux ouvrages de
théologie ne sont que du combustible pour alimenter le feu de ce jour du
jugement de la chrétienté. Ses principaux séminaires de théologie sont
des foyers d'incrédulité répandant la contagion partout. Ses grands
hommes tels que ses évêques, ses docteurs en théologie, ses professeurs
de théologie, ainsi que beaucoup de ses ecclésiastiques éminents et
influents dans les grandes villes, deviennent les conducteurs d'une incrédulité
déguisée. Ils cherchent à saper et à détruire l'autorité et
l'inspiration des Écritures sacrées, à supplanter par la théorie
humaine de l'évolution, le plan de salut révélé dans la Bible. Les églises
protestantes cherchent à s'allier, à imiter l'église de Rome ;
elles recherchent ses faveurs, louent ses méthodes, cachent ses crimes,
et ce faisant, s'allient avec elle en esprit. Elles agissent également de
plus en plus en étroite conformité avec l'esprit du monde en toutes
choses, imitant sa vaine pompe et sa vaine gloire auxquelles elles prétendent
avoir renoncé. Remarquez l'ostentation
extravagante dans l'architecture des églises, dans leurs décorations,
dans leur ameublement ; tout ceci a conduit ces églises à contracter de
grosses dettes, c'est pourquoi elles ont constamment recours à la
mendicité et à tout autre moyen pour se procurer l'argent ainsi nécessaire.
Une remarquable déviation dans ce sens, ce fut dans l'église méthodiste
de l'Avenue Lindell à Saint-Louis (Mo.), l'introduction d'une œuvre d’art représentant
« la nativité » par R. Bringhurst. Elle est sculptée dans un
bas-relief au-dessus de l'autel, du grand orgue et de la tribune du chœur.
L’œuvre d'art forme un arc de quarante-six pieds de long [14 m environ
— Trad.] sur cinquante de haut [15,24 m environ — Trad.], et chaque
personnage est de grandeur naturelle. Au point le plus élevé de l'arc se
trouve le personnage de la Vierge, se tenant droit avec l'enfant Jésus
dans ses bras. Prenant leur vol à partir de ces deux personnages, deux
autres montrent des séraphins avec des trompettes, proclamant le
couronnement. De chaque côté de l'arc, une multitude d'anges montent
toutes ailes déployées et adorent. A chaque pied de l'arc se trouve un
personnage représentant un ange tenant un rouleau orné de guirlandes
celui de gauche porte l'inscription : « Paix sur la terre », et
celui de droite : « Bonne volonté aux hommes ». Pour ajouter plus
d'effet, le bas relief est monté sur un ébrasement à un angle de 45°
incliné vers la congrégation, de façon à mettre en un relief plus
vigoureux la partie élevée de l'étude et augmenter les ombres en
proportion.
Quelle approbation n'y voyons-nous pas, non seulement de l'esprit
d'ostentation extravagante, mais également du culte des idoles de l'église
de Rome ! Notez aussi que certaines églises disposent de salles de
billard ; certains ministres sont même allés au point de recommander
l’introduction de vins légers, et dans certaines localités, on
autorise généreusement des représentations de comédies de salon, et
des jeux.
Dans bien des cas, les ouailles sont devenues les instruments dociles du
clergé, et à son tour, celui-ci s'est généreusement inspiré des goûts
et des préférences des paroissiens mondains et influents. Les gens ont
abandonné leur droit et leur devoir d'user de leur jugement personnel ;
ils ont cessé de sonder les Écritures
pour établir ce qui est vérité, et de méditer sur la loi de
Dieu pour discerner ce qui est droit. Ils sont indifférents, mondains,
amis du plaisir plus que de Dieu : ils sont aveuglés par le dieu de ce
monde et prêts à être conduits dans n'importe quel système qui sert
leurs ambitions et désirs mondains actuels. De son côté, le clergé
encourage cet esprit et se prête à lui pour conserver ses avantages
temporels personnels. Si, en effet, ces organisations religieuses venaient
à sombrer, les positions et les revenus, le prestige et les honneurs du
clergé enflé d'orgueil s'effondreraient avec elles. C'est pourquoi il
est aussi soucieux de perpétuer les institutions du christianisme nominal
maintenant, que l'étaient les Scribes et les Pharisiens et les Docteurs
de la Loi de perpétuer le judaïsme, et cela pour les mêmes raisons
(Jean 11 : 47, 48, 53 ; Actes 4 : 15-18). A cause de leurs préjugés et
de leurs ambitions mondaines, des chrétiens sont aussi aveuglés quant à
la lumière de la nouvelle dispensation qui point, que l'étaient les
Juifs au premier avènement du Seigneur quant à la lumière de la
dispensation évangélique qui pointait alors.
ACCUSATIONS PORTÉES CONTRE LE CLÉRICALISME
Les accusations portées contre l'église chrétienne de nom sont les
sentiments du monde et des Chrétiens qui s'éveillent, à la fois au sein
de Babylone et au-delà, de ses limites territoriales. Soudainement, au
cours des cinq dernières années surtout, l'attention du monde entier
s'est portée sur la prétendue église chrétienne mise bien en vue pour
la critique. Cette critique est si prédominante que nul ne peut manquer
de l'entendre ; elle est dans l'air même ; on l'entend dans les
conversations privées, dans les rues, dans les trains, dans les ateliers
et dans les magasins ; elle inonde le monde par la presse quotidienne,
elle est un sujet vivant dans tous les journaux les plus importants,
profanes ou religieux. Les chefs de l'église reconnaissent bien que cette
critique générale ne signifie rien de bon pour ses institutions, et ils
sentent la nécessité de la combattre promptement et sagement (selon
leurs propres idées), s'ils veulent préserver leurs institutions du
danger qui les menace.
L'église chrétienne de nom est accusée (1) d'être en contradiction
avec elle-même. Le monde même remarque la différence considérable
qui existe entre ce qu'elle prétend être son modèle de doctrine, la
Bible, et ses credo à elle qui sont en contradiction avec la Bible, et à
beaucoup d'égards, absurdes. La doctrine blasphématoire du tourment éternel
est repoussée avec mépris et ne peut plus désormais servir à faire
entrer les hommes dans l'église par la crainte ; il y a quelque
temps, la secte presbytérienne et d'autres sectes calvinistes se sont
trouvées dans une véritable tempête de critiques de leurs vénérables
credo, et sont terriblement ébranlées. En raison des longues discussions
sur le sujet et les tentatives désespérées de la part du clergé pour
se défendre, tout le monde est au courant. Il est tout à fait évident
que la tâche de la défense est des plus fastidieuses, et qu'elle serait
heureuse de s'en débarrasser, mais le clergé ne peut l'éviter et doit
assumer cette défense le mieux qu'il peut. Le Rév. T. De Witt Talmage
s'est fait l'écho des sentiments qui prévalent parmi ce clergé, disant
:
« J'aurais souhaité que cette malheureuse controverse au sujet de la
confession de foi n'ait pas été imposée à l'église, mais
puisqu'il en est ainsi maintenant, je dis « Finissons-en, et ayons un
credo nouveau ».
A une autre occasion, le même monsieur dit :
« Je déclare, une fois pour toutes, que toute cette controverse à
travers la chrétienté est diabolique et satanique. Une tentative des
plus diaboliques se poursuit pour diviser l'église ; si on ne l'arrête
pas, il s'ensuivra pour la Bible un mépris égal à celui qu'on a pour un
almanach de 1828 qui dit ce qu'était le temps six mois auparavant et dans
quel quartier de la lune il vaut mieux semer des navets.
« Quelle position prendrons-nous face à ces controverses ? Restons à l'écart.
Pendant que ces tumultes religieux sont au loin, restez chez vous et
vaquez à vos occupations. Voyons ! Comment voulez-vous qu'un homme qui ne
mesure que cinq ou six pieds [1,52 m à 1,82 m Trad.] puisse passer à gué
à travers un océan de mille pieds [300 m environ — Trad.] de
profondeur ?... Les jeunes gens qui entrent maintenant dans le ministère
sont lancés dans la brume la plus épaisse qui ait jamais couvert une côte.
Les questions que les docteurs (en théologie) essaient de trancher ne le
seront qu'au jour qui suivra le jour du jugement ».
Cela est très vrai ; le
jour après ce jour du jugement verra toutes ces questions perplexes résolues,
et la vérité et la droiture établies sur la terre.
Le caractère fastidieux de la tâche de la défense et la crainte de
l'issue de la controverse furent également exprimées avec beaucoup de
force dans une résolution des membres du clergé presbytérien réunis à
Chicago, peu de temps après que vinrent les convocations au jugement.
Voici la résolution :
« Décidons ; Que nous considérons avec tristesse les
controverses qui troublent notre église bien-aimée comme nuisibles à sa
réputation, à son influence et à son utilité ; que si elles continuent,
elles peuvent provoquer un désastre, non seulement pour l’œuvre de
notre église, mais pour notre christianisme commun, Nous conseillons donc
ardemment à nos frères, que d'une part, ils évitent d'appliquer de
nouvelles épreuves d'orthodoxie, l'emploi rude de la force et la répression
d'une recherche honnête et pieuse de la vérité, et que, d'autre part,
nous conseillons instamment à nos frères de ne pas imposer à l'église
des théories non vérifiées, d'éviter les questions de discussion
douteuse, et en particulier là où elles ont, ou, dans certaines
circonstances, pourraient avoir une tendance à ébranler la foi de ceux
qui ne sont pas versés dans les Saintes Écritures. Par égard pour
notre église et pour tous ses précieux intérêts et ses activités,
nous sollicitons ardemment une trêve et la cessation du litige ecclésiastique ».
The Presbyteran Banner a publié également
l'allusion suivante qu'elle y fait avec tristesse, et qui contient
quelques aveux remarquables de la condition maladive de l'église presbytérienne,
On lit :
« Un tapage ou une alerte dans un hôpital ou dans un asile pourrait se
prouver funeste à quelquesuns de ses pensionnaires. Dans une
institution charitable, un monsieur d'un certain âge s'amusa quelque
temps à battre le tambour avant le lever du soleil. En fin de compte, les
autorités prièrent ce « charmant frère » d'emmener son
instrument à une distance respectueuse. Ceci explique pourquoi des
pasteurs sérieux s'alarment lorsque des troubles s'élèvent dans l'église.
L'église est comme un hôpital où sont assemblés des malades du péché
qui, dans un sens spirituel, sont fiévreux, lépreux, paralytiques, blessés
et à demi-morts. Un trouble, tel que la cruelle confusion actuelle
qui règne dans certains séminaires de théologie, pourrait détruire
certaines âmes qui traversent actuellement une crise, Le Prof. Briggs
voudrait-il marcher doucement et retirer son tambour ? ».
L'église nominale est accusée (2) de manquer grandement de piété et de
sainteté qu'elle prétend avoir, bien qu'on admette que quelques âmes
vraiment pieuses se trouvent encore ici et là parmi les humbles. En vérité,
le simulacre et l'hypocrisie s'imposent, et la richesse et l'arrogance
montrent assez que les pauvres ne sont pas les bienvenus dans les temples
terrestres érigés au nom de Christ. Les masses l'ont compris et ont
examiné dans leurs Bibles pour voir si tel était l'esprit du grand
Fondateur de l'église ; et là elles ont appris que l'une des preuves qu'
il donna de sa qualité de Messie était que « l'évangile était annoncé
aux pauvres » et qu'il dit à ses disciples : « Les pauvres, vous
les avez toujours avec vous » ; et qu'ils ne devaient avoir
aucune préférence pour l'homme ayant un anneau d'or au doigt et revêtu
de beaux vêtements, etc. Elles ont aussi trouvé la règle d'or et elles
l'ont appliquée à De son côté, la
conduite de l'église, collectivement et individuellement. Ainsi, à la
lumière de la Bible, elles concluent rapidement que l'église est déchue
de la grâce. La conclusion est si manifeste que ses défenseurs se
trouvent couverts de confusion.
L'église nominale est accusée (3) de manquer d'accomplir ce qu'elle a prétendu
être sa mission, savoir : convertir le monde au christianisme. Comment le
monde a-t-il découvert que le moment est arrivé où le travail de l'église
devrait montrer quelques signes d'achèvement ? Cela paraît inexplicable
; néanmoins, de même qu'à la fin de l'Age judaïque tous les hommes étaient
dans l'attente de quelque grand changement qui devait s'accomplir (Luc 3 :
15), ainsi, maintenant, à la fin de l'Age
de l'Évangile, tous les hommes sont dans une attente semblable.
Ils se rendent compte que nous sommes dans une période de transition, et
que l'horoscope du 20e siècle est rempli de terreurs et
d'avertissements de grands changements révolutionnaires. L'inquiétude
actuelle a été exprimée avec force par l’Hon. Henry Grady, dans un éloquent
discours devant les sociétés de l'Université à Charlottesville (Va.).
Voici ce qu'il déclara : « Nous sommes au point du jour... Les étoiles
fixes disparaissent insensiblement du ciel et nous marchons à tâtons
dans une lumière incertaine. Avec la nuit sont venues des formes étranges.
Des chemins anciens se sont évanouis, des routes nouvelles égarent, et
des champs qui s'élargissent s'étendent à perte de vue. L'agitation de
l'aube nous fait marcher de long en large, mais le Doute s'étend au sein
de la confusion, et même sur les sentiers battus, des foules mouvantes
sont arrêtées, et à travers des ténèbres les sentinelles crient : «
Qui va là ? ». Dans
l'obscurité du matin, des forces terribles sont à l’œuvre. Rien n'est
ferme ou approuvé. Les miracles du présent démentent les simples vérités
du passé. L'église est assiégée au-dehors et trahie au-dedans. A
l'arrière-plan des tribunaux se consume la torche de l'émeutier et se
dessine la potence des anarchistes. Le gouvernement est l'enjeu des
partisans et la proie des pilleurs. Le négoce est inquiet sous l'étreinte
du monopole, et le commerce enchaîné par la limitation. Les villes sont
surpeuplées et les campagnes sont désertées. La splendeur rayonne du château
et la misère se tapit dans la chaumière. La fraternité universelle
disparaît, et le peuple se divise en classes sociales. Le « sifflet »
désapprobateur du nihiliste inquiète les bien-nantis, et le grondement
de la populace se fait entendre en public ».
Il est impossible à l'église de nier que la fin de l'Age
est arrivée, le jour du règlement des comptes, car, qu'elle
discerne ou non le temps à la lumière de la prophétie, les faits du
jugement lui sont imposés, et le résultat en sera discerné avant la fin
de cette période de la moisson.
LE MONDE ECCLÉSIASTIQUE PREND POSITION
ET INDIRECTEMENT REND LES COMPTES DE L'ÉGLISE
L'église sait que les yeux du monde entier sont tournés vers elle, que
d'une manière ou d'une autre, on a découvert que, si sa mission a été
comme elle l'a prétendu, de convertir le monde, le temps était venu où
ce travail devrait être sinon complètement achevé, du moins sur le
point de l'être, et qu'en somme, en dépit de ses déclarations publiques,
elle diffère bien peu du monde.
Ayant considéré que telle est sa mission actuelle, elle a perdu de vue
le véritable dessein de cet Age de l'Évangile, à savoir : « prêcher
cet évangile du royaume dans la terre habitée tout entière, en témoignage
à toutes les nations », aider à proclamer l'appel et à assister à la
préparation d'un « petit troupeau » qui constituera (avec le Seigneur)
ce Royaume millénaire lequel bénira alors toutes les familles de la
terre (Matt. 24 : 14 ; Actes 15 : 14-17). Elle est placée devant le fait
qu'après dix-huit siècles, elle est plus éloignée des résultats (que
ses prétentions exigeraient qu'elle eût obtenus) qu'elle ne l'était à
la fin du premier siècle. En conséquence, des justifications, des
excuses, une vérification des calculs et de nouveaux calculs, le rétablissement
des faits, des prédictions extravagantes de grandes réalisations dans un
très proche avenir, sont maintenant à l'ordre du jour. C'est ainsi que,
forcée par esprit de curiosité et par le désir de vérifier les faits
qui caractérisent les temps actuels, elle essaie de se défendre devant
ses nombreux accusateurs.
Pour relever l'accusation qui lui est faite d'avoir une doctrine
incompatible avec le modèle qu'elle reconnaît la Bible, nous la voyons
grandement perplexe, car elle ne peut nier que ses credo se contredisent.
Aussi a-t-elle recours à diverses méthodes que les gens réfléchis ne
sont pas lents à discerner comme étant la preuve de sa grande confusion.
Toutes les dénominations se cramponnent aux anciens credo parce que ce
sont là les cordes par lesquelles elles ont été liées ensemble en
organisations distinctes. Les détruire soudainement serait dissoudre les
organisations. Cependant, le clergé tout spécialement s'abstient le plus
possible d'en parler, car il en est profondément honteux à la lumière pénétrante
de ce jour de jugement.
Il en est certains qui sont si honteux de ces credo que, oubliant leur
prudence mondaine, ils préfèrent les rejeter tous. D'autres sont plus
conservateurs, et pensent qu'il est plus prudent de les abandonner
graduellement et de les remplacer petit à petit par de nouvelles
doctrines, pour amender, réviser, etc. Chacun connaît les longues
discussions qui ont lieu sur la révision des credo presbytériens ; on
connaît aussi les tentatives de la prétendue « haute-critique » pour
saper l'autorité et l'inspiration des Écritures sacrées, et pour suggérer
une inspiration du vingtième siècle et une théorie d'évolution
totalement subversive du divin plan de salut concernant la chute d'Adam
que la Bible affirme, mais qu'eux rejettent. En outre, il se trouve une
autre classe de nombreux membres du clergé qui favorisent une théologie
éclectique ou de compromis, nécessairement très sommaire et très libérale,
son objet étant d'écarter toutes les objections de tous les bigots, chrétiens
et païens, et si possible, de « les amener tous dans un seul camp »
selon l'expression de certains. Bon nombre de gens d'église se vantent
des grandes choses qui sont sur le point de s'accomplir grâce aux moyens
mis récemment en œuvre, l'idée motrice étant
l'union ou la coopération des chrétiens. Lorsqu'une telle union sera
obtenue (et on nous assure qu'elle aura lieu sous peu), alors la
conversion du monde au christianisme, suppose-t-on s'ensuivra rapidement.
L'église, accusée de manquer de piété et de vie pieuse, fait également
étalage d'« œuvres merveilleuses et nombreuses » qui font souvent penser aux paroles
de reproche du Seigneur rapportées en Matt. 7 : 22, 23. Mais ces
vanteries servent bien peu les intérêts de Babylone, car l'absence de
l'esprit de la loi d'amour de Dieu en elle, est hélas ! trop
douloureusement manifeste pour être cachée. A tout prendre, la défense,
présentée par l'église déchue, ne rend que plus visible la condition déplorable
dans laquelle elle se trouve. Si ce grand système ecclésiastique [« eccelesiasticism »
— Trad.] était réellement la véritable Église de Dieu, combien il
serait évident que Dieu aurait échoué dans son plan qui est de se
choisir un peuple pour son nom !
Cependant, tandis que l'église présente ces diverses excuses, apologies,
promesses et vanteries, ses conducteurs se rendent très clairement compte
qu'elles ne serviront plus longtemps à la préserver dans sa condition
actuelle de division, de trouble et de confusion. Ils discernent qu'il
s'ensuivra sous peu la désagrégation et la destruction à moins qu'un
puissant effort puisse unir ses sectes et ainsi, lui donner non seulement
une meilleure position devant le monde, mais aussi une puissance accrue
pour renforcer son autorité. C'est pourquoi nous entendons beaucoup
parler d'union chrétienne et chaque pas dans cette direction est proclamé
comme étant la preuve d'accroissement dans l'esprit d'amour et de
communion chrétienne. Cependant, le mouvement n'est pas suscité par un
amour et une communion chrétienne croissants, mais par la peur. La tempête
d'indignation et de colère qui a été prédite s'approche rapidement, et
les diverses sectes doutent sérieusement de pouvoir résister seules au
choc de cette tempête.
C'est pourquoi toutes les sectes plaident l'union, mais la réalisation de
cette union est le problème angoissant à cause de leurs credo opposés
les uns aux autres. Diverses méthodes sont suggérées. L'une consiste à
s'efforcer d'unir les sectes qui ont à peu près la même doctrine, comme
par exemple, les diverses branches des mêmes familles : presbytérienne,
baptiste, méthodiste, catholique, etc., en vue de la plus grande union
proposée. Une autre méthode consiste à cultiver chez les gens un désir
d'union, et une disposition à négliger la doctrine, et à offrir une généreuse
communion à tous ceux qui ont de bonnes dispositions morales et à
rechercher leur coopération dans ce qu'ils appellent l'œuvre chrétienne... Un tel sentiment trouve ses plus ardents soutiens
parmi les jeunes et les personnes d'âge mûr.
Ces dernières années, la tendance d'ignorer nombre des doctrines
controversées du passé a aidé à développer dans l'église une classe
de jeunes gens qui représentent bien le sentiment d'« union » de la chrétienté.
Ignorant les luttes sectaires du passé, ils ne sont pas travaillés par
la confusion qui règne parmi leurs aînés concernant la prédestination,
l'élection, la grâce libre, etc. Mais ils reçoivent encore, dès leur
enfance (en héritage de Rome et des Siècles de ténèbres),
l'enseignement de la doctrine néfaste du tourment éternel pour tous ceux
qui n'entendent et n'acceptent pas l'évangile dans l'Age présent, et de
celle suivant laquelle la mission de l'évangile serait de convertir le
monde dans l'Age présent, et de cette manière de le sauver de ce
tourment. Tous ceux-là sont groupés sous diverses appellations : Unions
chrétiennes de jeunes gens, Sociétés chrétiennes d'encouragement,
Ligues d'Epworth, Filles du Roi et Armées du Salut. Beaucoup d'entre eux
ont vraiment « un zèle pour Dieu », mais non selon la connaissance »
— Rom. 10 : 2.
Conformément à leurs conceptions erronées et non scripturales, ils
projettent qu'un « relèvement social du monde » ait lieu immédiatement.
Il est louable que leurs efforts soient faits non pour le mal, mais pour
le bien. Leur grande erreur est de poursuivre leurs propres plans ;
ceux-ci, aussi bienveillants et sages puissent-ils être dans l'estimation
humaine, sont de toute nécessité inférieurs à la sagesse divine et au
plan divin qui, seul, sera couronné de succès. Tous les autres plans
sont voués à l'échec. Ce serait grandement à la bénédiction des
vrais sincères parmi eux s'ils pouvaient discerner le plan divin, savoir
: la sélection (« élection ») actuelle d'un « petit troupeau »
sanctifié, et bientôt, du relèvement du monde par les membres de ce
petit troupeau lorsqu'ils seront, au complet (*) [Écrit en 1897 — Trad.]
et souverainement exaltés, régnant avec Christ comme ses co-héritiers
du Royaume millénaire. S'ils pouvaient discerner cela, l'effet en serait
ou en devrait être la sanctification de tous les sincères parmi eux (une
faible minorité naturellement), car la majorité de ceux qui se joignent
à ces sociétés, le font évidemment pour diverses raisons autres qu'une
entière consécration et dévotion à Dieu et à son service, « jusqu'à
la mort même ».
Ces jeunes gens chrétiens qui n'ont pas reçu les leçons de l'histoire
de l'église et qui ignorent les doctrines, deviennent facilement
partisans de l'« Union ». Ils concluent que « dans le passé, ce sont
les doctrines qui ont causé des divisions ! Obtenons donc l'union et
laissons de côté les doctrines ! ». Ils n'arrivent pas à apprécier le
fait que dans le passé tous les chrétiens étaient aussi en souci
d'obtenir l'union que le sont les gens de nos jours, mais ils la voulaient
basée sur la vérité ou sinon pas du tout. Leur règle de conduite fut :
« Combattez pour la foi qui a été une fois enseignée aux saints »,
« N'ayez rien de commun avec les œuvres infructueuses
des ténèbres, mais plutôt reprenez-les aussi » (Jude 3 ; Eph. 5 :
11). Beaucoup de gens, aujourd'hui, n'arrivent pas à discerner que
certaines doctrines sont de toute importance pour une vraie union
parmi de vrais chrétiens, une union agréable à Dieu, et que la faute du
passé fut que les chrétiens avaient trop de préjugés favorables
touchant leurs propres credo humains pour pouvoir les éprouver et les
corriger, ainsi que toutes les doctrines, avec la Parole de Dieu.
C'est pourquoi l'union, la fédération proposée et recherchée, ignorant
la doctrine biblique, mais tenant ferme aux doctrines humaines concernant
le tourment éternel, l'immortalité naturelle, etc., et dominée
simplement par un jugement humain quant à l'objet et aux méthodes, est
la chose la plus dangereuse qui pourrait arriver. Il est, certain qu'elle
tomberait dans une erreur extrême, parce qu'elle rejette les « doctrines
de Christ » et « la sagesse qui vient d'en-haut » pour se
reposer sur la sagesse de ses propres sages, laquelle est folie
lorsqu'elle s'oppose aux méthodes et conseils divins. « La sagesse
de ses sages périra » Es. 29 : 14.
Ensuite, il y a aussi de nombreuses idées qui sont avancées par des
membres progressifs (?) du clergé et autres quant à ce que devraient être
le caractère et la mission de l'église dans le proche avenir. Ils
proposent d'abaisser l'église, davantage encore qu'elle ne l'est
maintenant, au niveau des idées du monde. Son œuvre paraît-il, est d'introduire en elle le monde non régénéré
pour s'assurer ainsi un patronage financier libéral ; pour y parvenir, il
est nécessaire d'introduire toutes sortes de divertissements. Quel est le
vrai chrétien qui n'a pas été choqué en observant dans son pays les
tendances dans cette direction ou en prenant connaissance par la lecture
de celles d'ailleurs ?
Quelle meilleure preuve pourrions-nous avoir du déclin de la vraie piété
que ce qui suit, écrit par un membre du clergé méthodiste et publié
dans un journal méthodiste — « The Northwestern Christian Advocate
— et intitulé par le Rédacteur en Chef « Satire amicale sur l'état
actuel de l'église méthodiste ». Ce titre à lui seul
reconnaît l'état de choses existant. Que ce soit d'ailleurs une
approbation ou une satire, cela n'a pas d'importance, les faits sont les
faits, quels que soient les informateurs, mais ils sont plus convaincants
encore lorsqu'ils sont une sorte de confession faite par un ministre
directement intéressé et qui les relate dans le journal de sa propre église.
Nous reproduirons en entier cet article dans lequel nous avons souligne
certaines parties en italiques :
« QUELQUES ASPECTS DU MÉTHODISME AMÉRICAIN »
« Le réveil religieux du dix-huitième siècle, sous la direction des
Wesleys et de Whitefield, purifia le caractère moral de la race
anglo-saxonne ; de nouvelles forces furent mises en action pour l'élévation
de ceux qui n'avaient pas encore reçu l'Évangile. Des historiens laïques,
anglais et américains, furent unanimes à mettre au crédit du mouvement
créé par ces hommes remarquables, presque toute l'organisation de l'église
moderne et la déclaration actuelle de la doctrine qui tend à répandre
et à implanter notre civilisation. La doctrine du « libre arbitre », prêchée
par ces hommes et par leurs successeurs, a été, avec l'évolution des
expériences modernes dans les gouvernements du monde, l'un des dogmes les
plus populaires qui ait occupé l'esprit humain. Cette doctrine se répandit
d'une manière toute particulière parmi nos ancêtres américains.
Rejetant le joug des rois, et écœurés d'une église nationalisée et
dominée par des prêtres, rien ne pouvait mieux les réjouir, et être en
harmonie avec leurs aspirations politiques que la doctrine qui proclame
que tout homme est libre de faire sa propre destinée, bonne ou mauvaise,
ici-bas et dans l'au-delà.
« La doctrine de la « nouvelle naissance », sur laquelle méthodistes
insistaient, et que Whitefield prêcha dans la Nouvelle Angleterre,
produisit l’effet d'une histoire récente et inouïe. Les effets de
cette doctrine furent tels que les mondains et même les irréligieux les
prirent en considération en les approuvant. En effet, cette doctrine
exigeait non seulement un « changement de cœur », mais aussi un
changement dans la vie quotidienne tel, qu'un méthodiste se distinguait
facilement d'un homme du monde par sa conduite. Le grand dessein pour
lequel, l'église existait était de « répandre la sainteté dans ces
pays ». Telle était la devise sur sa bannière, et avec ce cri de
guerre, elle vainquit.
« Une autre raison qui explique le succès phénoménal du Méthodisme
dans ce pays est le fait que le commun peuple était accueilli avec
plaisir à son service simple et populaire. Il n'y a que ceux qui n'ont
pas été familiarisés avec les rites qui peuvent apprécier ce fait
apparemment insignifiant mais en réalité très important. Savoir que
vous pouvez entrer dans une église où vous pouvez prendre part au
service sans risquer de montrer votre ignorance des formes et des cérémonies
est de la plus grande importance si vous n'avez aucun désir de vous
mettre en évidence. Ainsi, le service simple, naturel, de l'église méthodiste
américaine primitive convenait-il exactement aux gens qui n'avaient que
depuis peu abandonné la pompe des religions du Vieux Monde. Les manches
de linon, les chapeaux saints, les diadèmes, les couronnes et les robes répugnaient
à leurs goûts rustiques et simples. La religion qui leur enseignait
qu'ils pouvaient adresser leurs prières au Tout-Puissant sans un intermédiaire
d'aucune sorte, faisait ressortir la dignité et la grandeur de leur
nature humaine et plaisait à leur amour de l'indépendance.
« Les remarquables triomphes de cette église peuvent également être
attribués en partie au fait qu'elle n'avait pas en ce temps-là, déposé
le fouet à petites cordes du Maître. Dans ces premiers jours, il y avait
de temps en temps une purification de l'église des fourbes et des
indignes, purification qui avait un effet des plus salutaires, non
seulement sur l'église elle-même, mais également sur la collectivité
environnante. Après les orages qui accompagnaient souvent « l'expulsion
» des sans foi, l'atmosphère morale du voisinage tout entier était
purifiée, et même les moqueurs se rendaient compte que faire partie de
l'église signifiait quelque chose.
« Un facteur qui aidait aussi au succès dont je viens de faire état était
le caractère purement itinérant du ministère
alors accordé. Sans aucun doute, il y eut à cette époque des héros
et des géants moraux. L'influence d'un homme vigoureux, courageux, possédé
par l'idée qu'ici-bas il n'avait pas de « cité permanente », ne
prévoyant rien pour ses vieux jours, n'exigeant aucun contrat pour
s'assurer son soutien ou salaire, se refusant à lui-même les choses mêmes
que les gens étaient des plus avides à obtenir, enflammé d'un zèle qui
devait bientôt le consumer, une telle influence devait être durable et
bienfaisante partout où elle s'exerçait.
« Le chant, du temps des premiers méthodistes, joua un grand rôle dans
l'acquisition par cette église d'une position éminente, dans ce pays.
Des paroles graves, impressionnantes, pleines de doctrines, jointes à des
mélodies qui existent encore et prévalent, exerçaient non seulement une
grande attraction musicale, mais renfermaient un enseignement théologique
; les gens, quelque rudes qu'ils aient pu être, étaient ainsi endoctrinés
dans les principaux dogmes de l'église. Une vérité chantée dans l'âme
d'un enfant ou d'un homme y demeure avec une puissance bien plus grande
que celle qu'on peut trouver dans n'importe quelle méthode d'instruction
de Kindergarten ou de Quincy. C'est ainsi que, sans discussion, les
doctrines étaient fixées dans l'esprit des enfants ou des convertis, si
bien qu'aucune controverse subséquente ne pouvait les ébranler. Il nous
reste maintenant à montrer que
« CES ÉLÉMENTS DE SUCCÈS SONT MAINTENANT SURANNÉS ET QU'UNE
NOUVELLE MÉTHODE MIEUX APPROPRIÉE A ÉTÉ ADOPTÉE DANS L'ÉGLISE ÉPISCOPAL
MÉTHODISTE.
« Je ne veux pas jouer le rôle d'un vantard, mais plutôt celui d'un
annaliste de faits publics, un narrateur de l'histoire récente. En ce qui
concerne la règle de doctrine, il n'y a aucun changement dans la position
soutenue par l'église, mais la manière d'agir et l'esprit qui prévalent
dans presque toutes ses affaires montrent tout de suite les progrès réalisés
et les innovations qui apportent la lumière. Le caractère et la
condition de cette puissante église sont changés à tel point que tous
ceux qui se soucient de la prospérité spirituelle de l'Amérique doivent
étudier ce changement avec un profond intérêt.
« La doctrine de la « nouvelle naissance », (« vous devez naître
de nouveau ») reste la même, mais le progrès moderne a éloigné le
rigorisme d'autrefois qui empêchait beaucoup de bonnes gens d'entrer dans
cette église parce qu'elles ne pouvaient pas accepter cette doctrine et
parce qu'elles n'avaient jamais eu ce qu'on appelait alors une « religion
expérimentale ». De nos jours, par contre, universalistes et
unitaires sont souvent en parfaite communion et accomplissent bravement
leur devoir.
« Les Ministres d'aujourd'hui, raffinés et cultivés comme ils le
sont dans les églises importantes, sont trop bien élevés pour insister
sur la « sainteté » de la façon dont
les pères comprenaient cette grâce ; au lieu de cela, ils prêchent
cette sainteté plus large qui ne pense mal de personne, pas même d'un
homme qui n'est pas entièrement sanctifié. Celui qui épouserait cette
doctrine du chemin étroit d'autrefois, ne serait pas bien vu
actuellement dans les cercles de Chautauqua et dans les associations
d'Epworth.
« Le culte simple d'autrefois subsiste encore parmi les populations
rurales ; dans les centres urbains et cultivés, par contre, on a le goût
de la belle musique, de l'art et de la littérature dans bien des cas, un
rituel élégant a remplacé les prières spontanées et les invocations
bruyantes qui caractérisèrent jadis les ancêtres. Contester la valeur
de telles améliorations équivaudrait à mettre en doute la supériorité
de la culture sur la grossièreté et le manque d'éducation.
« Dans ses débuts, l'église fut sans doute sage d'être aussi stricte
que l'étaient alors ses conducteurs. Il n'y avait pas grand-chose à
perdre en ce temps-là. De nos jours, par contre, des hommes sages,
discrets et prudents, refusent avec raison de compromettre la prospérité
d'une église riche et influente en administrant d'une manière bigote et
rigoureuse les affaires de l'église, ce qui indisposerait les riches et
les intellectuels. Si les gens ne sont pas flexibles, l'évangile l'est sûrement.
L'église a été faite pour sauver les hommes, et non pour les chasser et
les décourager. Aussi, nos idées plus larges et modernes ont-elles fait
déborder et jaillir la notion étriquée et égoïste que nous sommes
meilleurs que d'autres gens lesquels devraient être exclus de notre
communion.
« L'agape fraternelle avec ses préjugés dogmatiques, et la réunion de
la classe qui, pour beaucoup d'esprits était presque aussi mauvaise que
le confessionnal, ont été grandement abandonnées en faveur des
associations d'Epworth et des sociétés d'encouragement.
« De nos jours, plus qu'à aucun autre moment de l'histoire de l'église,
les distingués ministres de culte se conforment a l'injonction du Maître
d'être « prudents comme des serpents et simples comme des colombes ». Lequel
d'entre eux commettrait l'absurdité des prédicateurs d'antan de dire au
membre officiel le plus riche de son église qui roule sur l'or, de vendre
tout ce qu'il a pour Dieu et pour l'humanité, de prendre sa croix et de
suivre Christ ? Celui-là (je veux dire le ministre) pourrait s'en
aller en pleurant.
« Alors que l'évolution est la loi, et le progrès le mot d'ordre, on
doit toujours déplorer l'imprudence et l'extrémisme, mais le ministre
moderne est rarement coupable de l'une ou de l'autre. Le prédicateur
rigoureux, rude qui, autrefois, accusait le Dieu d'amour d'être courroucé
a disparu pour faire place à son successeur, lequel soigne son style, a
une diction élégante, et dont les pensées, les sensations et les
sentiments sont poétiques et inoffensifs.
« Le « temps-limite » durant lequel un ministre peut demeurer dans
la même charge pendant cinq années, sera abandonné en 1896 à la
prochaine Conférence générale. Au début, il ne pouvait servir que six
mois dans la même charge, puis la durée fut étendue à une année, puis
à deux, puis à trois, et dernièrement à cinq. Mais à présent, les
milieux dirigeants et cultivés de l'église estiment que si son prestige
social et sa prospérité doivent faire bonne figure en comparaison avec
les autres églises, ses pasteurs doivent avoir une situation stable,
afin que ses habiles prédicateurs puissent devenir les éléments
directeurs de cercles sociaux et littéraires. Il faut en effet se
souvenir que le rôle du prédicateur n'est plus aujourd'hui ce qu'il était
souvent, savoir, de tenir d’ennuyeuses réunions et d'être un évangéliste.
Personne ne comprend mieux cela que les prédicateurs eux-mêmes. Ceux
qui, dans le passé, lancèrent les grands revivals ou réveils religieux,
étaient un genre de prédicateurs très à la mode dans les églises, et
chaque année, ils avaient l'habitude de présenter le nombre de conversions
opérées au cours de l'année. De nos jours, cependant, laïques et ecclésiastiques
ont des idées différentes, moins excentriques. Les églises plus
importantes veulent des pasteurs qui aient le sens de l'esthétique, qui
sachent aussi détourner les coups du scepticisme moderne et attirer dans
l'église les classes intellectuelles et distinguées. Lors de la conférence
annuelle où le prédicateur présente un rapport général, ce qui en
fait l'objet essentiel c'est le produit de ses collectes missionnaires.
Le prédicateur méthodiste moderne a des talents remarquables pour
recueillir l'argent ; il sait pénétrer au fond du cœur de ses
paroissiens par des méthodes beaucoup mieux appropriées que les
exhortations et les appels d'autrefois.
« Quelle grande leçon ont bien apprise ces dirigeants de la pensée chrétienne,
à savoir que l'évangile ne doit jamais froisser le goût des gens
cultivés et distingués. Si une église sait se conformer aux exigences
de l'époque avec toute la souplesse voulue, elle voit s'ouvrir devant
elle toutes grandes, les portes de la prospérité future qui l'accueille
à bras ouverts. La devise la mieux appropriée pour une église
n'est-elle pas celle qui fut chantée par les anges messagers : « Paix
sur la terre, bonne volonté envers les hommes » ?
Signé : Rév. Chas. A. Crane ».
Ce qui suit, de la plume de l'évêque R. S. Foster, de l'église méthodiste
épiscopale, est un extrait du journal « Gospel Trumpet ». Il
donne le même témoignage,
bien qu'en des termes différents. Certains de ses paroissiens trouvèrent
peut-être ces vérités un peu trop franches, car depuis lors, l'évêque
a été mis à la retraite, malgré lui et malgré ses larmes.
DÉCLARATION DE L'ÉVÊQUE FOSTER :
« L'église de Dieu, aujourd'hui, courtise le monde. Ses membres essaient
de la faire descendre au niveau des impies. Le bal, le théâtre, le nu et
la lubricité dans l'art, le luxe social avec son relâchement moral, tout
ceci s'est frayé un chemin, a pénétré dans l'enceinte secrète de l'église.
Pour compenser toute cette mondanité, les chrétiens déploient une
grande activité pendant le Carême, Pâques et le Vendredi-saint et dans
la décoration de l’église. C'est la vieille astuce de Satan. L'église
judaïque a heurté contre ce roc ; l'église romaine a fait naufrage sur
le même roc, et l'église protestante ne va pas tarder à subir le même
sort.
« Tels que nous les discernons, les grands dangers que nous courons sont
: l'assimilation au monde, l'oubli des pauvres, la substitution de la
forme extérieure à la réalité de la piété, l'abandon de la
discipline, un pastorat mercenaire, un évangile impur, en bref, une église
à la mode. Le fait que les méthodistes soient sujets à une telle issue,
et qu'à cent ans de son départ, il puisse y avoir dans leur église de
tels signes, semble être presque le miracle de l'histoire ; pourtant,
quel est celui qui, regardant autour de lui aujourd'hui, pourrait ne pas
s'en rendre compte ?
« Les méthodistes, en violation de la Parole de Dieu et de leur propre
discipline, ne s'habillent-ils pas d'une manière aussi extravagante selon
la mode que n'importe quelle autre classe ? Les dames, et souvent les épouses
et les filles du pasteur, ne portent-elles pas « de l'or, des perles et
des parures coûteuses » ? La robe simple, conseillée par John
Wesley et l'évêque Asbury, et que portèrent Hester Ann Rogers, Lady
Huntington et beaucoup d'autres également distinguées, seraitelle
considérée maintenant dans les milieux méthodistes comme du fanatisme ?
Celui qui pénètre dans l'église méthodiste de n'importe laquelle de
nos grandes villes, peut-il distinguer les vêtements des communiants de
ceux que portent les personnes qui vont au théâtre ou au bal ? Ne
sent-on pas l'esprit mondain dans la musique ? Dans les chœurs, les chanteurs et
chanteuses, habillés avec soin et parés, ne faisant pas, dans la plupart
des cas, profession de religion mais étant souvent des moqueurs incrédules,
font une froide interprétation artistique ou à la façon d'un opéra, ce
qui est autant en harmonie avec un culte spirituel que l'est un opéra ou
un théâtre. Avec une exécution aussi mondaine, la spiritualité se
refroidit et meurt.
« Jadis, chaque méthodiste fréquentait la « classe » et donnait le témoignage
d'une religion vécue. A présent, la réunion de la « classe » (ou du
« groupe » — Trad.) est suivie par un très petit nombre, et dans de
nombreuses églises, elle a été abandonnée. Il est rare que les trésoriers,
les fondés de pouvoir et les conducteurs de l’église fréquentent la
classe. Autrefois, presque tous les méthodistes priaient, témoignaient
ou exhortaient dans la réunion de prières. Maintenant, on n'en entend
plus que quelques-uns. Autrefois, on entendait des acclamations et des
louanges : maintenant, de telles démonstrations d'un saint enthousiasme
et d'une sainte joie sont considérées comme du fanatisme.
« Des parties, des foires, des festivals, des concerts mondains et
d'autres choses semblables ont remplacé les rassemblements religieux, les
réunions de réveils religieux les réunions de « classe » et de
prières des premiers temps.
« Il est bien vrai que la discipline méthodiste est lettre morte.
Ses règlements interdisent le port d'or, de perles et de parures coûteuses
; cependant, jamais personne ne pense à reprendre les membres qui les
enfreignent. Ces règlements interdisent la lecture de livres impies ou
les distractions qui ne servent pas la piété ; cependant, l’église
elle-même va aux spectacles, aux amusements, aux festivals et aux foires
qui détruisent la vie spirituelle des jeunes aussi bien que des vieux. Il
est effrayant de constater à quel point ceci a lieu maintenant.
« Les premiers pasteurs méthodistes partaient pour sacrifier et souffrir
pour Christ. Ils ne recherchaient pas des places en vue et le confort,
mais celles de privation et de souffrance. Ils ne se glorifiaient pas de
leurs gros traitements, de membres éminents, et de leurs congrégations
cultivées, mais des âmes qu'ils avaient gagnées pour Jésus. Oh ! Comme
tout cela a changé ! Un pasteur mercenaire sera un faible ministre,
timide, servile, sans opinion personnelle, sans foi, sans endurance et
sans force de sainteté. Autrefois, le méthodisme s'occupait de la grande
vérité centrale. A présent, les chaires discutent amplement de généralités
et s'occupent de conférences populaires. On entend rarement dans les
chaires prêcher la glorieuse doctrine de la sanctification complète, et
on la porte peu souvent en témoignage ».
Tandis que des efforts spéciaux sont faits pour engager les sympathies et
la coopération des jeunes gens des églises dans l'intérêt de l'union
religieuse en les rassemblant d'une manière sociale, et en évitant la
controverse religieuse et l'enseignement doctrinal, des efforts plus
directs encore sont faits pour amener les membres adultes en sympathie
avec le mouvement d'union. C'est à cette fin que les conducteurs de
toutes les dénominations font des projets et travaillent, et beaucoup
d'efforts de modeste importance ont abouti au grand Congrès des Religions
qui se tint à Chicago pendant l'été de 1893. L'objet du Congrès était
très clair dans l'esprit des dirigeants et fut exprimé d'une manière très
claire, mais le, commun des fidèles des églises suivit les conducteurs
sans la moindre considération apparente du principe en jeu, savoir que c'était
là un grand compromis de la chrétienté avec tout ce qui n'est pas
chrétien. Et maintenant qu'il y a un projet d'extension du mouvement
en une fédération universelle de tous les corps religieux qui aurait
lieu en 1913, et en raison du fait que l'Union chrétienne est activement
orientée dans cette voie du compromis, que tous ceux qui désirent
demeurer fidèles à Dieu remarquent bien les principes exprimés par ces
conducteurs religieux.
Alors que le Rév. J. H. Barrows, D.D., l'esprit dirigeant du Congrès
mondial des Religions à Chicago, s'occupait de promouvoir l'extension de
ce dernier, un journal de San Francisco aurait rapporté qu'il avait déclaré
à son représentant au sujet du travail spécial qu'il accomplissait en
vue de l'unité religieuse :
« L'union des religions », dit-il en bref, se fera de l'une des
deux manières possibles. En premier lieu, les églises qui ont une base
de foi et de doctrine presque commune doivent s'unir, les diverses
branches du méthodisme et du presbytérianisme par exemple. Ensuite,
lorsque les sectes seront unies entre elles, tout le protestantisme en général
s'unira. La compréhension augmentant, catholiques et protestants découvriront
que les différences qui les séparent ne sont réellement pas majeures,
et ils envisageront de s'unir. Ceci accompli, l'union avec d'autres
religions différentes [c'est-à-dire le mahométisme, le bouddhisme, le
brahmanisme, le confucianisme, etc. — des religions païennes] n'est
plus qu'une question de temps.
« En second lieu, les religions et les églises pourraient s'unir sur une
base civile et morale, selon les vues de M. Stead [une victime du Titanic,
un spirite]. Les organisations religieuses ont des intérêts et des
devoirs communs dans les collectivités où elles existent, et il est
possible qu'elles s'associent pour promouvoir et accomplir ces desseins.
Quant à moi, je m'attends à voir cette union se réaliser par le premier
moyen. Quelle que soit la manière, les congrès de religion commencent à
prendre forme. Le Rév. Theo. E. Seward mentionne le succès croissant de
sa « Fraternité de l'unité chrétienne » à New York, tandis qu'à
Chicago a été organisée très récemment, sous la direction de C.C.
Bonney, une grande et vigoureuse « Association pour l'avancement de
l'unité religieuse ».
LE GRAND CONGRÈS DES RELIGIONS
Le « Chicago Herald », commentant favorablement les
travaux du Congrès (nous soulignons en italiques) déclara :
« Jamais depuis la confusion de Babel, autant de religions, autant
de credo, se sont tenus côte à côte, la main dans la main, et presque cœur
à cœur, comme ce fut le cas dans ce grand amphithéâtre hier soir.
Jamais depuis que l'histoire écrite existe, des humains de toutes races
n'ont été si fortement liés par la chaîne d'or de l'Amour. Les nations
de la terre, les credo de la chrétienté, bouddhistes et baptistes, mahométans
et méthodistes, catholiques et disciples de Confucius, brahmanes et
unitaires, shintoïstes et épiscopaux, presbytériens et panthéistes,
monothéistes et polythéistes, représentant toutes les nuances de la
pensée et des conditions humaines, se sont enfin rencontrés dans les
liens communs de la sympathie, de l'humanité et du respect ».
Comme il est significatif le fait que la pensée de cet approbateur
enthousiaste même du grand Congrès se soit reportée au temps de la mémorable
confusion des langues à Babel ! N'était-ce pas, en vérité, qu'il
reconnaissait instinctivement en ce Parlement un antitype remarquable ?
Le Rév. Barrows, cité plus haut, parla avec enthousiasme des rapports
amicaux qui se manifestèrent parmi les ministres protestants, les prêtres
catholiques, les rabbins juifs et, en fait, Ies conducteurs de toutes les
religions existantes, par leur accord à propos du grand Congrès de
Chicago. Il déclara :
« L'idée ancienne que la religion à laquelle j'appartiens est la seule
vraie, n'est plus de saison. On peut apprendre quelque chose de toutes les
religions, et aucun homme n'est digne de la religion qu'il représente
s'il n'accepte pas de saisir un homme par la main en le considérant comme
son frère. Quelqu'un a dit que le moment est maintenant propice pour
que la meilleure religion vienne au premier plan. Le temps est passé où
un homme prenait un air de supériorité au sujet de sa religion. Ici
se réuniront le sage, l'érudit et le prince de l'Orient en toute amitié
avec l’archevêque, le rabbin, le missionnaire, le prédicateur et le prêtre.
Pour la première fois, ils prendront place ensemble au Congrès. On espère
que cela aidera à supprimer les barrières des credo ».
Le Rév. T. Chalmers, de l'église des Disciples, dit :
« Ce premier Congrès des religions parait être le précurseur
d'une fraternité plus grande encore, une fraternité qui combinera en une
seule religion mondiale ce qu'il y a de mieux, non pas dans une seule
religion, mais dans toutes les grandes confessions de foi historiques. Il
se pourrait que, conduits par cette plus grande espérance, nous dussions
réviser notre phraséologie et parler davantage d'unité religieuse
que d'unité chrétienne. Je me réjouis de ce que tous les grands
cultes vont se rapprocher les uns des autres, et que Jésus viendra
prendre place aux côtés de Gautama, Confucius et Zoroastre ».
Le New York Sun, dans un éditorial sur ce sujet, dit :
« Nous ne pouvons distinguer exactement ce que le Congrès se propose
d'accomplir... Il est toutefois possible que le plan de Chicago soit de
mettre sur pied une sorte de religion nouvelle et combinée («
compound » — Trad.), qui comprendra et satisfera chaque variété
d'opinion religieuse et irréligieuse. C'est une entreprise considérable
que d'établir une religion nouvelle et éclectique qui satisfasse tout le
monde ; mais Chicago a confiance ».
En vérité, ce serait une chose bien étrange si, soudainement, l'esprit
de Christ et l'esprit du monde se prouvaient être en harmonie, et si ceux
qui sont animés d'esprits contraires comprenaient les choses de la même
façon. Mais il n'en est pas ainsi. Il est toujours vrai que l'esprit du
monde est toujours inimitié contre Dieu (Jacques 4 : 4) : que ses
conceptions et ses philosophies sont vaines et insensées et que, seule,
la révélation divine contenue dans les Écritures inspirées des apôtres
et des prophètes est la seule vérité divinement inspirée.
L'un des objets déclarés de ce Congrès, d'après son président, M.
Bonney, était de rassembler toutes les religions du monde « afin que
puissent être présentés leurs buts communs et leurs bases communes
d'union, et que le merveilleux progrès religieux du dix-neuvième siècle
puisse être reconsidéré ».
En fait, le véritable et seul objet de cette reconsidération était évidemment
de répondre à l'esprit investigateur des temps actuels — de cette
heure du jugement — afin de présenter sous son meilleur jour possible
la marche de l'église, et d'inspirer l'espoir qu'après tout l'échec
apparent de la chrétienté, l'église est juste sur le point de remporter
une victoire éclatante, que bientôt, très bientôt, sa prétendue
mission aura accompli la conversion du monde. Et maintenant, remarquez de
quelle façon elle se propose d'y parvenir, et observez qu'au lieu que ce
soit par l'esprit de vérité et de droiture, ce sera par celui de
compromission, d'hypocrisie et de tromperie. L'objet déclaré du Congrès
était la fraternisation et l'union religieuse ce qui s'y manifestait
d'une façon marquée était le désir ardent d'y parvenir à tout prix.
Pour disposer favorablement les bigots païens, ils étaient même
consentants, selon leurs déclarations précitées, de réviser leur phraséologie
et de l'appeler l'unité religieuse, en abandonnant le nom offensant de
chrétien et en étant tout à fait satisfaits de priver Jésus de sa supériorité
pour lui faire prendre humblement place aux côtés des sages païens
Gautama, Confucius et Zoroastre. L'esprit de doute et de perplexité, de
compromission et d'infidélité générale de la part des chrétiens
protestants, l'esprit de vantardise, de donneur de conseils (« counsel »)
et d'autorité de la part des catholiques romains et de tous les autres
bigots, tels furent les aspects les plus frappants du grand Congrès. Sa
première session fut ouverte avec la prière d'un catholique romain —
le Cardinal Gibbons — et sa dernière session fut terminée par la bénédiction
d'un catholique romain — l'Evêque Keane. Pendant la dernière session,
un prêtre shintoïste du Japon invoqua sur l'assemblée disparate la bénédiction
de huit millions de divinités.
Le Rév. Barrows a été depuis deux années en correspondance avec les
représentants païens des autres pays, lançant par le monde le cri macédonien
à tous les prêtres et apôtres païens : « Passez ici, et aidez-nous
! ». Que cet appel ait été lancé représentativement par l'église
presbytérienne qui, depuis plusieurs années, subit une ardente épreuve
de jugement, fut également un fait significatif de la confusion et d'une
inquiétude qui prévalent dans cette dénomination et dans toute la chrétienté.
Ainsi, la chrétienté était-elle prête pour la grande convocation.
Pendant dix-sept jours, des représentants chrétiens de toutes les dénominations
prirent place en conseil auprès des représentants de toutes les diverses
religions païennes. A ces derniers, les orateurs chrétiens firent à
maintes reprises allusion en termes complimenteurs comme à « des
sages de l'Orient » ; cette expression est empruntée aux Écritures
où, en fait, elle fut appliquée à une classe très différente, savoir
aux quelques personnes pieuses croyant au Dieu d'Israël et aux prophètes
d'Israël qui avaient prédit l'avènement de l'Oint de l'Éternel
; ces personnes attendaient patiemment et guettaient sa venue, en
ne prêtant aucune attention aux esprits séducteurs de la sagesse
mondaine qui ne connaissaient point Dieu. A ceux-là qui étaient vraiment
des sages, aussi humbles qu'ils pussent être, Dieu révéla son message béni
de paix et d'espérance.
Le thème annoncé pour le dernier jour du Congrès fut :
« L'union religieuse de la famille humaine tout entière »,
ou seraient considérés « Les éléments de religion parfaite tels
qu'ils sont reconnus et exposés dans les différentes croyances », en
vue de déterminer « les caractéristiques de la religion définitive »
et « le centre de l'unité religieuse prochaine des humains ».
Est-il possible que, de leur propre aveu, des ministres chrétiens (?)
soient incapables, après si longtemps, de déterminer ce qui devrait être
le centre de l'unité religieuse, ou les caractéristiques d'une religion
parfaite ? Sont-ils vraiment si désireux d'avoir une « religion
mondiale » qu'ils soient prêts à sacrifier l'un quelconque des
principes, ou tous les principes d'un vrai christianisme, et même le nom
de « chrétien », si nécessaire, pour l'obtenir ? C'est précisément
ce qu'ils avouent. « Je te jugerai par ta propre bouche, méchant esclave »
dit l'Éternel. Les jours qui précédèrent la conférence furent réservés
à la présentation, par leurs représentants respectifs, des diverses
religions.
Le projet était audacieux et hasardeux, mais il aurait dû ouvrir les
yeux de tout véritable enfant de Dieu devant plusieurs faits qui furent
très manifestes, savoir : (1) que l'église chrétienne nominale a
atteint son dernier espoir dans la capacité de se maintenir, sous les
jugements pénétrants de ce jour alors que « l'Éternel a un débat avec
son peuple », Israël spirituel nominal (Michée 6 : 1, 2) ; (2)
qu'au lieu de se repentir de leurs apostasies et de leur manque de foi, de
zèle et de piété, et ainsi de chercher à retrouver la faveur divine,
ces différentes églises s'efforcent, par une certaine sorte d'union et
de coopération, à se soutenir les unes les autres, et à faire appel à
l'aide du monde païen pour les aider à résister aux jugements de l'Éternel
qui révèlent les erreurs de leurs credo humains et les déformations de
son noble caractère ; (3) qu'elles sont prêtes à sacrifier en partie («
compromise ») Christ et son Évangile, afin d'obtenir l'amitié du monde
et les avantages qu'il accorde en pouvoir et en influence ; (4) que leur
aveuglement est tel qu'elles ne peuvent distinguer entre la vérité et
l'erreur, ou entre l'esprit de la vérité et l'esprit du monde ; et (5)
qu'elles ont déjà perdu de vue les doctrines de Christ.
Sans doute, une aide temporaire viendra des sources où on la cherche avec
tant d'enthousiasme, mais ce ne sera qu'une étape préparatoire qui
engagera le monde entier dans la condamnation imminente de Babylone,
amenant les rois, les marchands et les commerçants de la terre entière
à pleurer et à se lamenter sur cette grande cité — Apoc. 18 : 9, 11, 17-19.
En considérant l'évolution du grand Congrès, notre attention est
fortement attirée par plusieurs points remarquables : (1) L'esprit et
l'attitude de doute et de compromission de la chrétienté nominale, à
l'exception des églises catholiques romaine et grecque. (2) L'attitude
assurée et assertive du catholicisme et de toutes les autres religions.
(3) Les distinctions très nettes, observées par les sages païens, entre
le christianisme enseigné dans la Bible et celui enseigné par les
missionnaires chrétiens des diverses sectes de la chrétienté qui, en même
temps que la Bible, apportent leurs credo déraisonnables et
contradictoires dans les pays étrangers. (4) L'estimation par les païens
de l'effort missionnaire, et les futures perspectives de cet effort dans
leurs pays. (5) L'influence de la Bible sur nombre de gens dans les pays
étrangers, malgré ses mauvaises interprétations par ceux qui
l'apportent au loin. (6) L'influence actuelle et les résultats probables
du grand Congrès. (7) Son aspect général du point de vue prophétique.
LA COMPROMISSION DE LA VÉRITÉ
Le grand Congrès religieux a été convoqué par des chrétiens — des
chrétiens protestants ; il eut lieu dans un pays ouvertement protestant,
et sous la direction et l'impulsion de chrétiens protestants, de sorte
que les protestants peuvent être considérés comme responsables de
toutes ses assises. Qu'on veuille remarquer, alors, que l'esprit actuel du
protestantisme est celui de compromission et d'incrédulité. Ce Congrès
a été voulu afin de compromettre Christ et son Évangile pour gagner
l'amitié de l'antichrist et du paganisme. On donna les honneurs à la
fois de l'ouverture et de la clôture de ses délibérations aux représentants
de la papauté. Il est à remarquer aussi que si les credo des diverses
nations païennes furent présentés d'une manière convenable et détaillée
par leurs représentants, il n'y eut par contre, aucune présentation systématique
du christianisme dans aucune de ses phases, bien que des chrétiens
fissent des discours sur certains de ses thèmes. N'est-il vraiment pas étrange
qu'une telle assemblée ait laissé passer une pareille occasion de prêcher
l'Évangile de Christ à des représentants intelligents et influençables
du monde païen ? Les soi-disant représentants de l'Évangile de Christ
étaient-ils honteux de cet Évangile ? (Rom. 1 : 16). Les
catholiques romains eurent une part prépondérante dans les discours,
n'ayant pas été représentés moins de seize fois dans les sessions du
Congrès.
Non seulement cela, mais il y eut de prétendus chrétiens qui s'acharnèrent
à vouloir renverser les doctrines fondamentales du christianisme : ils
firent part aux représentants du monde païen des doutes qu'ils avaient
concernant l'infaillibilité des Écritures chrétiennes ; ils leur
dirent que les récits de la Bible doivent être reçus en tenant compte
de leur faillibilité, et que leurs enseignements doivent être complétés
par la raison et la philosophie humaines, et acceptés seulement dans la
mesure ou ils s'accordent avec elles. Il y en eut d'autres, se prétendant
des chrétiens orthodoxes, qui rejetèrent la doctrine de la Rançon,
laquelle est le seul fondement d'une vraie foi chrétienne : d'autres
niant la chute de l'homme, proclamèrent la conception opposée de l'évolution,
savoir que l'homme ne fut jamais créé parfait, qu'il ne tomba jamais, et
que, par conséquent, il n'avait pas besoin de rédempteur : depuis sa création,
affirmèrent-ils, dans une condition très inférieure et bien éloignée
de « l'image de Dieu » il s’est élevé graduellement, et il
est toujours en voie d'évolution dont la loi est la survivance des plus
aptes. Et cette conception qui est le contraire même de la doctrine
biblique de la Rançon et du Rétablissement, fut la plus populaire.
Ci-après, nous donnons quelques brefs extraits qui font ressortir
l'esprit de compromission du christianisme protestant, à la fois dans son
attitude envers le grand système anti-chrétien, l'église de Rome, et également
envers les confessions non chrétiennes.
Écoutez le Dr A. Briggs, professeur dans une Faculté de théologie
presbytérienne, déclamer contre les Écritures sacrées. Le monsieur fut
introduit par le Président, le Dr Barrows, qui déclara que « le savoir,
le courage et la fidélité de ce professeur à ses convictions, lui
avaient acquis une place élevée dans l'église universelle »,
et le Dr Briggs fut accueilli par de grands applaudissements. Voici
ce qu'il déclara :
« Tout ce que nous pouvons dire, c'est que la Bible est inspirée et
qu'elle est exacte dans tout ce qui a trait aux enseignements religieux
qu'elle donne. Dieu dit la vérité, il ne peut mentir ; il ne peut égarer
et tromper ses créatures. Mais lorsque le Dieu infini parle à l'homme
borné, ne faut-il pas qu'il se serve de paroles qui soient de l'erreur ?
[Comme cette question est absurde ! Si Dieu ne dit pas la vérité,
alors bien entendu, il n'est pas véridique]. Cela dépend non seulement
du langage de Dieu, mais aussi de la compréhension de l'homme, ainsi que
des moyens de communication entre Dieu et l'homme. Il est nécessaire de démontrer
que l'homme a la capacité de recevoir la parole, avant que nous puissions
être sûrs qu'il la transmette d'une manière exacte. [Ce professeur
de théologie « instruit et révérend » (?) devrait se souvenir que
Dieu était capable de choisir des instruments convenables tant pour
transmettre sa vérité que pour l'exprimer. Cela est évident pour tous
ceux qui étudient sincèrement sa Parole. Un tel argument avancé pour
mettre en doute, la véracité des Écritures sacrées n'est qu'un simple
subterfuge et fut une insulte à l'intelligence d'un auditoire éclairé].
L'inspiration des saintes Écritures ne comporte, pas l'infaillibilité
dans tous les détails ».
Écoutez comment le Rév. Théodore Munger, de New Haven, détrône Christ
et élève à sa place la pauvre humanité déchue, déclarant :
« Christ est plus qu'un ressortissant de la Judée crucifié sur le
Calvaire. Christ est l'humanité telle qu'elle se développe sous la
puissance et la grâce de Dieu, et tout livre s'inspirant de ce fait
[non que Jésus fut le Fils oint de Dieu, mais que l'humanité évoluée
comme un tout constitue le Christ, l'Oint] appartient à la littérature chrétienne
».
Il cita pour exemples Dante, Shakespeare, Goethe, Shelley, Matthew Arnold,
Emerson et d'autres, et ensuite ajouta :
« A quelques exceptions près, la littérature — toute littérature
inspirée — est complètement basée sur l'humanité, insiste sur la
question éthique et à des fins éthiques, et c'est cela l'essence du
christianisme... Une théologie qui insiste sur un Dieu transcendant
siégeant au-dessus du monde dont il tisse les fils de sa destinée, ne
recueille pas l'approbation de ces esprits qui s'expriment dans la littérature
; le poète, l'homme de génie, le penseur profond et universel, mettent
de côté une pareille théologie ; ces gens-là sont trop près de Dieu
pour se laisser tromper par de telles expressions de sa vérité ».
Le Rév. Dr Rexford, de Boston (universaliste) déclara :
« J'aimerais que nous puissions tous reconnaître qu'une adoration sincère,
n'importe où et partout dans le monde, est une adoration véritable... La
confession de foi aujourd'hui la plus générale, quoique non formulée,
est, je le présume, celle selon laquelle tout adorateur qui fléchit les
genoux devant l'Etre le meilleur qu'il connaisse, et marche en toute sincérité
à la plus pure lumière qui brille devant lui, a accès aux plus hautes bénédictions
du ciel ».